LE FEU ENGENDRE LE FEU

 

LE FEU ENGENDRE LE FEU

 

          Les hommes de prière doivent avoir des nerfs d’acier, car Satan les attaquera avant même qu’ils essaient d’attaquer son royaume.

 

          La prière qui consiste uniquement à remettre un cahier de doléances au Maître de l’univers, n’offre qu’un pâle reflet de cette vérité aux multiples facettes. Comme tous les autres domaines de la vie chrétienne, la prière peut, éventuellement, être sujette au déséquilibre. La prière ne remplace pas le travail ; inversement, le travail ne remplace pas la prière. Dans son ouvrage remarquable, mais peu connu, « L’arme de la prière », E.M. Bounds affirme : « Mieux vaut laisser le travail de côté que de négliger de prier. » Il ajoute un peu plus loin : « Les agents les plus efficaces pour faire connaître Dieu sur la terre, poursuivre son œuvre et s’opposer comme une digue aux flots du mal furent des responsables d’églises qui priaient. Dieu dépend d’eux, les emploie et les bénit. »

 

          Le réveil tarde parce que la prière se délabre. Rien ne fait davantage trembler Satan ou l’enfer que des hommes qui prient. Mais pour bien vivre, point n’est nécessaire de vivre vieux. Un jeune homme de vingt-huit ans seulement peut mourir centenaire en sagesse. La libellule déchire sa chrysalide et se carapace d’une fine cotte de mailles saphir pour un pèlerinage jusqu’aux prés mouillés de rosée, qui ne durera que quelques jours ; pourtant, aucune fleur n’arbore un bleu plus intense que celui de sa cuirasse. Cette image s’applique aussi au domaine spirituel ; on tisse les plus somptueux vêtements de l’âme sur le métier de la prière, et on les teint dans l’agonie qui accompagne les souffrances de Christ. Des missionnaires enviaient la spiritualité de Henry Martyn. L’un d’eux disait en parlant de lui : « O, parvenir à égaler sa perfection, sa grandeur dans la piété, sa diligence, son détachement du monde, son amour des âmes, son souci de profiter de toutes les occasions de faire du bien aux âmes, sa connaissance de Christ et de la nature céleste ! » Voilà les secrets de la merveilleuse impression qu’il produisit en Inde. Martyn reconnaissait lui-même : « Les chemins de la sagesse apparaissent plus doux et plus raisonnables que jamais, le monde plus insipide, plus ennuyeux... » « Ce qui me chagrine le plus, ajouta-t-il, c’est mon manque de puissance et de ferveur dans la prière, tout particulièrement quand j’intercède pour les païens. La chaleur ne s’intensifie pas en moi proportionnellement à la lumière que j’ai reçue. » Quelqu’un aurait-il envie de jeter la première pierre à Henry Martyn ? Ne devrions-nous pas tous avouer que nous manquons de « chaleur » dans l’intercession ?

 

          De par sa nature même, le feu engendre le feu. Si un autre matériau combustible se trouve à proximité, le feu se propagera. « Voici, comme un petit feu peut embraser une grande forêt. » (Jacques 3.5) De même que le feu ne se transformera jamais en glace, le diable ne produira jamais de saints ; pas plus que les pasteurs qui ne prient pas ne peuvent susciter des soldats qui intercèdent ; mais une étincelle échappée d’une enclume suffit pour embraser toute une ville. Dix mille chandelles peuvent briller à partir de la flamme d’une seule ! Grâce à l’incomparable vie de prière de David Brainerd, des étoiles remarquables se sont allumées dans le firmament des gagneurs d’âmes , tels Carey, Payson, etc.

 

Léonard RAVENHILL

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