LE BESOIN DE COMMUNION AVEC JESUS

 

LE BESOIN DE COMMUNION AVEC JESUS

 

« Dis-moi, ô toi que mon cœur aime, où tu fais paître tes brebis,

où tu les fais reposer à midi; car pourquoi serais-je comme une égarée

près des troupeaux de tes compagnons ?.»

(Cantique des cantiques 1.7)

 

Le berger aimé

 

          « Ô toi que mon coeur aime».

 

          Ce n'est pas la seule fois que la jeune fille parle ainsi de son berger. « Sur ma couche, pendant les nuits, j'ai cherché celui que mon cœur aime » (3.1). « Je chercherai celui que mon cœur aime » (3.2). « Avez-vous vu celui que mon cœur aime ? » (3.3). « ...J'ai trouvé celui que mon cœur aime » (3.4). Quelle belle déclaration!

 

          Et nous, comment parlons-nous de notre Jésus ? Il est question d'aimer Christ de tout notre cœur, et non de l'honorer seulement de nos lèvres.

 

          C'est un amour sans condition. Pas de « si », pas de « mais ». Certains chrétiens disent: « Je t'aimerai si... »; ou encore: « je t'aime, mais... » Du moins, s'ils ne le disent pas, leur style de vie témoigne d'un amour conditionnel pour le Seigneur.

 

          Il ne s'agit pas de « penser » ou d'espérer l'aimer. C'est malheureusement la position de celui ou de celle qui n'a connu qu'une pauvre et superficielle expérience avec Jésus, et qui en reste là. Personne ne devrait demeurer dans de telles dispositions de cœur, avec l'illusion d'une confiance sans fondement de leur amour. Les sentiments de l'apôtre Paul pour Christ avaient une base très solide: « C'est à cause de cela que je souffre ces choses; mais je n'en ai point honte, car je sais en qui j'ai cru, et je suis persuadé qu'il a la puissance de garder mon dépôt jusqu'à ce jour-là » (2 Timothée 1.12). Job, quant à lui, pouvait s'écrier: « Je sais que mon rédempteur est vivant » (Job 19.25).

 

          L'amour authentique pour le Seigneur est toujours l'œuvre du Saint-Esprit. C'est lui qui le répand dans notre cœur. Pour ce qui est du fondement de cet amour, il est en Jésus-Christ lui-même. Nous l'aimons, parce qu'il nous a aimés le premier. Nous le chérissons parce qu'il s'est livré pour nous. Nous le contemplons à cause de l'excellence de sa personne.

 

Un désir de communion

 

          « Dis-moi».

 

          Sulamith désire rejoindre son berger bien-aimé sur la montagne où il fait paître son troupeau, au milieu du jour, à l'ombre de la forêt. Mais elle ne voudrait pas errer en le cherchant. « Pourquoi serais-je comme une égarée ? ». On pourrait la prendre pour une femme qui se cache, rôdant dans de mauvaises intentions, « une égarée », ou selon une autre traduction « une femme qui se voile ».

 

          La jeune fille s'adresse à son bien-aimé absent, comme s'il pouvait l'entendre. Elle prie. L'être chéri est absent de corps, mais il est bien présent dans son cœur. N'en est-il pas ainsi pour nous ? Christ vit en nous. C'est ce qui fait notre force. C'est ce qui nous rend capables, comme Sulamith, d'être fermes et paisibles. Sulamith est continuellement en relation de cœur, en communion, avec celui qu'elle aime. Pour nous, chrétiens, notre grand modèle de communion avec Dieu, c'est Christ. « J'ai constamment l'Éternel sous mes yeux » (Psaume 16.8). « Celui qui m'a envoyé est avec moi; il ne m'a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable » (Jean 8.29). « ...J'ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour » (Jean 15.10).

 

          Avant de remonter au ciel, Jésus a fait une merveilleuse promesse: « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Matthieu 28.20). Ayons foi dans sa promesse. C'est d'elle que dépendent notre fermeté et notre paix. Lorsque le Seigneur n'est plus avec nous, ce n'est pas lui qui nous a quittés; c'est nous qui l'avons abandonné. « L'Éternel est avec vous quand vous êtes avec lui; si vous le cherchez, vous le trouverez; mais si vous l'abandonnez, il vous abandonnera » (2 Chroniques 15.2). Désirons, personnellement, mieux connaître notre berger. Pour nous, il n'y a pas d'autre nom que lui.

 

La découverte du berger

 

          « ...où tu fais paître les brebis, où tu les fais reposer à midi... »

          Le bien-aimé de Sulamith n'est donc pas le roi.. Nous en avons ici une première preuve dans le Cantique. Salomon n'a jamais été berger !

 

          Pour la première fois, le Cantique des cantiques parle du bien-aimé. Il a un troupeau. Il le nourrit. Il lui donne le repos.

 

          Qu'en est-il de Jésus ? Il a un troupeau: « Lorsqu'il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles; et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix...Je connais mes brebis, et elles me connaissent, comme le Père me connaît et comme je connais le Père; et je donne ma vie pour mes brebis. J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie; celles-là aussi, il faut que je les amène; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger...Mes brebis entendent ma voix; je les connais, et elles me suivent » (Jean 10.4,16-17,27).

 

          Il le nourrit. Il le fait reposer dans les verts pâturages de sa parole. Il lui donne le repos à midi, à l'heure de la chaleur, de la canicule et des brûlures du soleil. Souvenons-nous de l'ombre rafraîchissante de l'amour de Jésus dans nos épreuves, de l'abri reposant de sa fidélité au sein de nos tâches harassantes et des circonstances oppressantes de la vie. « Où tu fais paître...où tu fais reposer ». Là où Jésus se tient comme berger, venons-nous y reposer comme brebis. Nul autre ne peut nous satisfaire, ni répondre à nos besoins.

 

          « Où... » ? Chez toi ? Je me rendrai alors dans ta maison. Dans la prière privée ? Je me tiendrai en ta présence comme un ardent intercesseur, et je prierai sans cesse. Dans ta parole ? Je la lirai chaque jour avec application. Dans tes ordonnances ? J'y marcherai de tout mon cœur.

 

Ne pas être comme une égarée

 

          Entourée de luxe, la Sulamithe se sent complètement perdue, étrangère à ce milieu. Elle ne se reconnaît pas dans la vie de ces filles de Jérusalem qui s'estiment privilégiées d'avoir été choisies par Salomon.

          Il en est ainsi du chrétien qui appartient vraiment à son Seigneur, et qui vit dans sa communion. Il se trouve perdu en présence de certaines compagnies de ce monde, mal à l'aise à l'ouïe de certaines conversations, en complet décalage avec les personnes inconverties de la famille. C'est pourquoi l'apôtre Pierre parlait ainsi des enfants de Dieu: « Bien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs sur la terre... » (1 Pierre 2.11). Le contraire est inquiétant. Quand le prétendu chrétien se sent tout à fait à l'aise dans les cercles mondains, c'est le signe de son déclin spirituel. Son âme est malade, et sa communion avec Dieu altérée. Nous avons un esprit différent du monde. Au milieu des païens, notre cœur ne peut pas être satisfait, et nous cherchons celui que nous aimons, Jésus.

 

Les troupeaux de tes compagnons

 

          « Pourquoi serais-je comme une égarée près des troupeaux de tes compagnons ? »

 

          Sulamith va vers celui qui lui apprendra à distinguer SON troupeau de ceux de ses compagnons.

 

          Il existe un danger bien réel et subtil qui appelle notre discernement. Les troupeaux en question ne sont pas ceux de méchants hommes, ou de rivaux de Jésus-Christ. Nous pourrions penser qu'être auprès des troupeaux de « ses » compagnons est une bonne place, suffisamment intime. Combien de gens se contentent de suivre le troupeau de tel ou tel serviteur de Dieu zélé et dévoué. La place est bonne, certes, mais la question de la bien-aimée, ici, suggère une meilleure place. Pour elle, un seul troupeau l'attire: celui que son berger garde, nourrit, conduit. En sommes-nous là ? Nous contentons-nous d'avoir une bonne église ? D'être près des troupeaux de « ses » compagnons ? Ou y a-t-il une réalité spirituelle, personnelle, plus profonde, avec Jésus lui-même ? L'apôtre Paul nous adresserait-il, aujourd'hui, les reproches faits autrefois à l'église de Corinthe: « Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, à tenir tous un même langage, et à ne point avoir de divisions parmi vous, mais à être parfaitement unis dans un même esprit et dans un même sentiment. Car, mes frères, j'ai appris à votre sujet, par les gens de Chloé, qu'il y a des disputes au milieu de vous. Je veux dire que chacun de vous parle ainsi: Moi, je suis de Paul ! - et moi, d'Apollos ! - et moi, de Céphas ! - et moi, de Christ ! - Christ est-il divisé? Paul a-t-il été crucifié pour vous, ou est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? » (1 Corinthiens 1.10-13) ?

 

          Permettez-moi une autre réflexion. Pensons-nous que les troupeaux se ressemblent tous, et que très peu de différence existe entre eux ? Se contenter d'être auprès des troupeaux de « ses » compagnons, c'est manquer sa compagnie personnelle, sa garde, la nourriture qu'il donne. C'est un manque à gagner considérable ! Savez-vous que « ses » compagnons peuvent devenir un moyen de nous distraire de lui-même ? Et aussi excellents qu'ils puissent être, nous devons avoir une communion personnelle avec Jésus. C'est là l'unique place où il fait paître son troupeau.

 

Paul BALLIERE

www.batissezvotrevie.fr