LA PLUS BELLE DES FEMMES

 

LA PLUS BELLE DES FEMMES

 

« Si tu ne le sais pas, ô la plus belle des femmes,

sors sur les traces des brebis...»

(Cantique des cantiques 1.8)

 

          Dans le verset précédent, la Sulamithe avait exprimé son désir de communion avec son berger: « Dis-moi, ô toi que mon cœur aime, où tu fais paître tes brebis, où tu les fais reposer à midi ».

          Le Seigneur désire cette communion avec nous. « Dieu est fidèle, lui qui nous a appelés à la communion de son Fils, Jésus-Christ notre Seigneur » (1 Corinthiens 1.9).

          Nous avons fait la découverte du berger bien-aimé. Il a un troupeau. Il le nourrit et lui donne le repos.

          Dans ce verset 8, les jeunes filles présentes entrent complaisamment dans la pensée de Sulamith, et lui répondent.

 

La beauté de l'Église

 

          « La plus belle des femmes », ou « la plus belle entre les femmes » (version Chouraqui).

 

          Cependant Salomon dit ailleurs: « Voici ce que mon âme cherche encore, et que je n'ai point trouvé. J'ai trouvé un homme entre mille; mais je n'ai pas trouvé une femme entre elles toutes » (Ecclésiaste 7.28). Mais ce qui est impossible aux hommes, est possible à Dieu.

 

          L'épouse de Christ, « la femme de l'Agneau » (Apocalypse 21.9), est la plus belle des femmes. Nous ne doutons pas que certaines philosophies, certains principes moraux, quelque voie religieuse, voire une bonne éducation, puissent offrir à l'être humain une vie propre, morale. Mais qu'est-ce que tout cela comparé à la vie divine insufflée dans le cœur du chrétien ? Tout croyant authentique peut s'écrier: « Christ en moi, c'est l'espérance de la gloire ». Toute beauté morale forgée par l'homme est bien pâle face à la splendeur de Christ en nous !

 

Une beauté connue et reconnue

 

          Salomon admire la beauté de la jeune fille (Cantique des cantiques 1.15; 4.1; 6.4; 7.7)

          Le berger reconnaît la beauté de sa bien-aimée: 2.13.

          La Sulamithe disait d'elle-même: « Je suis belle » (Cantique des cantiques 1.5).

          Mais les jeunes filles du harem reconnaissent qu'elle est la plus belle. Voyez encore Cantique des cantiques 5.9, 6.1.

          Quel témoignage général !

          Nous possédons ce que le monde n'a pas. Il est bien et bon qu'il le sente et le reconnaisse !

 

Identification de nature avec l'époux désiré

 

          Christ est le plus beau, ainsi que le déclare l'Écriture: « Tu es le plus beau des fils de l'homme » (Psaume 45.3). Sa bien-aimée, l'Église, est la plus belle. Il y a donc une identification de nature. C'est ce que l'apôtre Paul, inspiré par le Saint-Esprit, explique dans sa première lettre aux Corinthiens: « ...Christ a aimé l'Église, et s'est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier par la parole, après l'avoir purifiée par le baptême d'eau, afin de faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible » (Ephésiens 5.25-27).

          Il n'est pas surprenant que le diable déploie tous ses efforts pour s'attaquer à cette beauté !

          L'Église est destinée à être « la plus belle ». Elle doit être digne de Christ. « En lui [Jésus], Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui » (Ephésiens 1.4). « Et vous, qui étiez autrefois étrangers et ennemis par vos pensées et par vos mauvaises œuvres, il vous a maintenant réconciliés par sa mort dans le corps de sa chair, pour vous faire paraître devant lui saints, irrépréhensibles et sans reproche » (Colossiens 1.21-22). Nous devons avoir de saintes ambitions en ce qui concerne la qualité de notre vie spirituelle. Avons-nous vraiment une haute vision de ce que le Seigneur désire accomplir en nous ?

 

          L'union du berger et de Sulamith est donc celle des deux êtres les plus beaux. La parole de Dieu emploie un superlatif pour parler des deux. Le monde ne peut rien offrir de semblable. Parmi toutes les révélations reçues par Jean sur l'île de Patmos, figure celle-ci:

 

          « Une voix sortit du trône, disant: Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands ! Et j'entendis comme une voix d'une foule nombreuse, comme un bruit de grosses eaux, et comme un bruit de forts tonnerres, disant: Alléluia ! Car le Seigneur notre Dieu tout-puissant est entré dans son règne. Réjouissons-nous et soyons dans l'allégresse, et donnons-lui gloire; car les noces de l'agneau sont venues, et son épouse s'est préparée, et il lui a été donné de se revêtir d'un fin lin, éclatant, pur. Car le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints » (Apocalypse 19.5-8).

 

          Comment entretenir, et développer cette beauté spirituelle ? Par une communion intense avec Jésus. « Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l'Esprit » (2 Corinthiens 3.18).

 

Une beauté désirée par l'Époux divin

 

          Il est écrit dans le Psaume 45 (Psaume messianique): « La reine est à ta droite, parée d'or d'Ophir. Écoute, ma fille, vois, et prête l'oreille; oublie ton peuple et la maison de ton père. Le roi porte ses désirs sur ta beauté; puisqu'il est ton Seigneur, rends-lui tes hommages... » (v.10-12).

 

          Par ailleurs, Sulamith est capable d'apprécier l'excellence de son berger, ainsi que sa valeur inégalable, au point que tout le faste et le luxe de Salomon l'indiffèrent. Il devrait en être ainsi pour nous. Si nous apprécions l'excellence de la connaissance de Christ, si nous savourons les charmes de sa personne bénie, si nous contemplons la perfection de son caractère divin, le monde sera misérable à nos yeux, et insipide à notre cœur. Nous nous écrierons alors comme Paul: « Ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte à cause de Christ. Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l'excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ, et d'être trouvé en lui... » (Philippiens 3.7-8).

 

          C'est cette appréciation juste de son berger qui rend la jeune fille attractive et attirante. C'est pourquoi la suite du Cantique nous livre des expressions d'amour de la part du berger. Nous aurons l'occasion d'en reparler abondamment.

 

L'amour de Christ est un étincelant diamant à multiples facettes

 

          Contemplons son amour souverain, découlant de sa plénitude. Cet amour se déploie indépendamment de la condition ou de l'état moral de l'être aimé. C'est l'amour du Sauveur, l'amour de la croix.

 

          Goûtons son amour plus distinctif, attiré par les traits aimables des siens. Tel est l'amour de Christ pour l'Église. C'est l'amour de l'Époux. Jésus dit: « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai, et je me ferai connaître à lui...Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14.21,23).

 

          Bénéficions enfin de l'amour particulier qu'il réserve à ceux qui vivent dans une communion intime avec lui. Parmi le groupe des douze, Jean put goûter l'excellence de cet amour. Voici le témoignage des Écritures: « Pierre, s'étant retourné, vit venir après eux le disciple que Jésus aimait, celui qui, pendant le souper, s'était penché sur la poitrine de Jésus, et avait dit: Seigneur, qui est celui qui te livre ? » (Jean 21.20). D'autres aussi semblent avoir été l'objet de cet amour-là. Un foyer en particulier: « Jésus aimait Marthe, et sa sœur, et Lazare » (Jean 11.5). Pourquoi Marthe ? « Comme Jésus était en chemin avec ses disciples, il entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison » (Luc 10.38). Pourquoi Marie ? « C'était cette Marie qui oignit de parfum le Seigneur et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux... » (Jean 11.2). Pourquoi Lazare ? L'évangile précise, en effet: « Les sœurs envoyèrent dire à Jésus: Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade » (Jean 11.3). Nous avons de bonnes raisons de croire que lui aussi, comme ses sœurs, a cherché une communion étroite avec Christ.

 

          Imitons-les !

 

Paul BALLIERE

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