LA TETE DES HIBOUX ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 photo ci-contre: une chouette-effraie

 

LA TÊTE DES HIBOUX…

OU FAIRE FACE DANS LES DEUX SENS

 

          Qu’y a-t-il chez les hiboux qui nous pousse à entretenir avec eux une relation d’amour-haine ? Ils nous fascinent et nous effraient tout à la fois. D’une part, il y a cette façon qu’ils ont de se tenir droit, de regarder fixement en avant et de pouvoir cligner de leur paupière supérieure, ainsi que leurs disques faciaux semblables à d’énormes lunettes, qui nous font penser à un savant plutôt pompeux et sont peut-être à l’origine de leur réputation de « vieux sage ». D’autre part, ce sont pour la plupart des oiseaux nocturnes, certains d’entre eux ont un penchant pour les cimetières et les ruines (« Je suis pareil au chat-huant qui hante les lieux désolés », Psaume 102.6), et ils ont un répertoire de hululements et de cris perçants qui donne des frissons, ce qui fait que dans plusieurs cultures, on les considère comme des oiseaux de mauvaise augure.

          Cependant, les hiboux sont supérieurs aux êtres humains à au moins un égard important. La tête d’un hibou est montée sur des appuis si flexibles qu’elle peut pivoter au moins sur 180° et même (c’est ce qu’on avance pour le cas du hibou moyen-duc) jusqu’à 270° ; Le corps d’un hibou peut donc faire face d’un côté, alors que sa tête regarde dans la direction opposée. C’est une gymnastique que nous les humains sommes bien incapables de faire.

          Pourtant, d’une autre façon, chaque chrétien devrait ressembler aux hiboux, car nous devrions sans cesse regarder en arrière, vers le passé, avec reconnaissance, et en avant, vers le futur, avec espérance. Il n’est pas facile de faire les deux simultanément. Certains chrétiens sont des futuristes tellement avides qu’ils se réjouissent uniquement de ce qui est nouveau et qu’ils n’ont aucun respect pour ce qui est passé, vieux ou traditionnel. D’autres font l’erreur inverse. Ils sont des traditionalistes tellement ardents qu’ils s’opposent à tout changement. Ils restent embourbés dans la boue du passé et la boue s’est solidifiée comme du béton. Par contraste avec ces attitudes, la sagesse de l’Église a toujours été de rester au milieu, entre les deux extrêmes, lesquels consistent soit à tout refuser avec obstination, soit à admettre toute variation avec indulgence.

          Il y a ensuite une autre façon par laquelle les chrétiens font toujours face des deux côtés, car nous regardons toujours en arrière vers la première venue de Christ au premier jour de Noël, quand il naquit dans l’étable en toute humilité, et nous regardons toujours en avant vers sa deuxième venue, quand il apparaîtra avec puissance et dans la gloire. En attendant, nous vivons entre ces deux moments, entre ces deux apparitions du Seigneur, entre le royaume déjà venu et le royaume à venir, entre le royaume inauguré et le royaume consommé, entre le « déjà » et le « pas encore » de notre salut.

          Le Repas du Seigneur ou Sainte Cène nous rappelle constamment ces choses, car, « chaque fois que vous mangez de ce pain et que vous buvez de cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, et ceci jusqu’à son retour » (1 Corinthiens 11.26). Il est vraiment remarquable que, en un seul verset, Paul fasse allusion à la fois à la mort du Seigneur (qui est passée) et au retour du Seigneur (qui est à venir), et qu’il indique que le Repas du Seigneur constitue un pont entre les deux. Car quand il viendra en personne, et que la réalité des choses apparaîtra pleinement, les signes et les symboles ne seront plus nécessaires.

          Nous devons donc apprendre à imiter les hiboux, qui font pivoter leur tête jusqu’à la retourner. Car alors nous pourrons exécuter notre contorsion spirituelle essentielle : regarder en arrière vers la mort de Christ et sa résurrection, avec une immense reconnaissance, et regarder en avant vers son retour avec une vive espérance.

 

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LA  FORCE  DE  L’ÉGLISE, L’ÉPOUSE DE CHRIST  

 

« Ton cou est comme la tour de David, bâtie pour être un arsenal;

mille boucliers y sont suspendus, tous les boucliers des héros. »

(Cantique des cantiques 4.4)  

 

          C'est le sixième trait de la beauté de l'épouse. Ailleurs dans le Cantique, il est parlé du cou de la bien-aimée: « Ton cou est comme une tour d'ivoire » (7.5). Cette image nous laisse imaginer un cou élancé, fort, droit, digne. Déjà, au chapitre premier, Salomon avait parlé de la beauté de la jeune fille: « Ton cou est beau au milieu des rangées de perles. » (1.10)  

 

          « Mille boucliers y sont suspendus, tous les boucliers des héros ». C'est une allusion au collier et à son ornement précieux, fait de plaques d'or ou de pièces de monnaie. Elles entouraient le cou comme les boucliers ronds suspendus autour des tours. Le prophète Ézéchiel en parle: « ...ils [des hommes de guerre] suspendaient chez toi le bouclier et le casque, ils te donnaient de la splendeur. Les enfants d'Arvad et tes guerriers garnissaient tes murs, et de vaillants hommes occupaient tes tours; ils suspendaient leurs boucliers à tous tes murs, ils rendaient ta beauté parfaite. » (Ézéchiel 27.10-11)  

 

          Le cou est symbole de force. Il indique l'endroit où se trouve la force.    

 

L'image du cou  

 

          « Ton cou... »  

 

          Avant de connaître le Seigneur, beaucoup étaient courbés, moralement et spirituellement, comme la femme de l'évangile de Luc l'était dans le domaine physique: « Et voici, il y avait là une femme possédée d'un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans; elle était courbée, et ne pouvait aucunement se redresser...Il [Jésus] lui imposa les mains. A l'instant, elle se redressa, et glorifia Dieu. » (Luc 13.11,13) L'Éternel redresse ce qui est courbé. Il a le pouvoir de relever notre tête. Il a déclaré à Israël : « Je suis l'Éternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d'Égypte, qui vous ai tirés de la servitude; j'ai brisé les liens de votre joug, et je vous ai fait marcher la tête levée. » (Lévitique 26.13)  

 

          D'autres avaient le cou raide. Il est vrai que, par nature, l'être humain agit de lui-même, selon sa propre volonté, et pour sa propre gloire.  

 

          D'autres encore avaient le cou tendu d'orgueil et de vanité, pleins d'effronterie, comme les filles de Jérusalem décrites par le prophète Esaïe: «L'Éternel dit: Parce que les filles de Sion sont orgueilleuses, et qu'elles marchent le cou tendu et les regards effrontés... » (Esaïe 3.16)  

 

          Mais lorsque la grâce du Seigneur intervient et produit ses effets, les désirs du cœur humain sont changés. Un cœur et un cou qui acceptent de porter le joug de Jésus-Christ, connaissent une transformation totale. Que d'êtres humains auxquels s'applique cette parole de Dieu: « ...Tu es endurci...ton cou est une barre de fer, et...tu as un front d'airain » ! (Esaïe 48.4). La découverte de la grâce et de la gloire de Jésus bouleverse la vie. Il en fut ainsi de Saul de Tarse. Lui qui était « auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent » a obtenu miséricorde (1 Timothée 1.13). Après l'apparition de Christ sur le chemin de Damas, le même homme put s'écrier: « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » (Actes 9.6). Son cœur était changé. Son cou aussi. Saul avait vraiment pris sur lui le joug de Jésus. A partir de ce jour, il renonça à sa volonté propre, afin de connaître et d'accomplir la volonté de son Seigneur.

          Jésus dit: « Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. » (Matthieu 11.29) Le joug de Jésus-Christ devrait être porté avec la pensée de notre glorieuse destination en tant qu'épouse de l'Agneau. Notre force est dans l'obéissance. La grâce de Dieu nous rend malléables, dociles entre les mains de Dieu. Elle nous rend forts. N'oublions pas que le cou est la partie de notre organisme qui relie la tête au corps. Si notre cou est soumis à notre Tête (Christ), tout notre être spirituel sera comblé. Le Seigneur nous communiquera sa force, et nous triompherons en son nom dans tous nos combats.    

 

La tour de David  

 

          « Ton cou est comme la tour de David... »    

 

          Le roi David est un type de notre Seigneur Jésus-Christ. L'Écriture dit de lui: « Il [Dieu] leur suscita pour roi David, auquel il a rendu ce témoignage: J'ai trouvé David, fils d'Isaï, homme selon mon cœur, qui accomplira toutes mes volontés. » (Actes 13.22) Il n'était pas l'homme au cou raide, gouverné par sa volonté personnelle, assoiffé du désir de dominer, et manifestant son opposition à Dieu. Loin de là ! Le triomphe de la grâce éclata dans sa vie et dans son règne.  

 

          Pourquoi le cou de la Sulamithe est-il comparé à la tour de David ? La Bible emploie cette comparaison pour souligner l'inflexibilité de la jeune fille devant toute influence hostile à la volonté de Dieu. Elle demeure ferme dans ses voies. C'est ce à quoi l'apôtre exhortait les Corinthiens: « Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables », leur écrivait-il (1 Corinthiens 15.58). Établi pour la défense de l'Évangile au sein d'un monde où tout lui était hostile, Paul savait ce qu'était la volonté de Dieu en Christ.  

 

          Dans sa lettre aux Philippiens, il déclara: « ...Je vous porte dans mon cœur, soit dans mes liens, soit dans la défense et la confirmation de l'Évangile, vous qui tous participez à la même grâce que moi...sachant que je suis établi pour la défense de l'Évangile... » (Philippiens 1.7,16) Quel homme fort ! Son cou était comme la tour de David.    

 

          Étienne, le martyr du premier siècle, avait, lui aussi, un cou comme la tour de David. Il fit courageusement face au Sanhédrin, et il maintint tout ce qui était essentiel à l'Évangile. « Étienne, plein de grâce et de puissance, faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple. Quelques membres de la synagogue dite des Affranchis, de celle des Cyrénéens et de celle des Alexandrins, avec des Juifs de Cilicie et d'Asie, se mirent à discuter avec lui; mais ils ne pouvaient résister à sa sagesse et à l'Esprit par lequel il parlait...Ils émurent le peuple, les anciens et les scribes, et, se jetant sur lui, ils le saisirent et l'emmenèrent au sanhédrin...Tous ceux qui siégeaient au sanhédrin ayant fixé les regards sur Étienne, son visage leur parut comme celui d'un ange. » (Actes 6.8-10,12,15)  

 

          Paul rendit témoignage à un couple dont le cou était incontestablement comme la tour de David. « Saluez Prisca et Aquilas, mes compagnons d'œuvre en Jésus-Christ, qui ont exposé leur tête pour sauver ma vie... » (Romains 16.3-4)  

 

          Tout chrétien doit avoir un cou comme la tour de David. Quelle beauté alors, aux yeux du Seigneur lui-même ! C'est la beauté de la bien-aimée, l'Église véritable, que Christ, l'Époux divin, apprécie avec délices.    

 

Les boucliers des héros y sont suspendus    

 

          « Mille boucliers y sont suspendus, tous les boucliers des héros ».   

 

          Une autre traduction dit: « tous armes d'hommes forts ». Ces boucliers avaient été conquis sur de vaillants guerriers. Quelle belle victoire pour David ! Il avait été plus fort que ces héros, plus fort que ces hommes forts. « David battit Hadadézer, fils de Réhob, roi de Tsoba, lorsqu'il alla rétablir sa domination sur le fleuve de l'Euphrate. David lui prit mille sept cents cavaliers et vingt mille hommes de pied; il coupa les jarrets à tous les chevaux de trait, et ne conserva que cent attelages. Les Syriens de Damas vinrent au secours d'Hadadézer, roi de Tsoba, et David battit vingt-deux mille Syriens. David mit des garnisons dans la Syrie de Damas. Et les Syriens furent assujettis à David, et lui payèrent un tribut. L'Éternel protégeait David partout où il allait. Et David prit les boucliers d'or qu'avaient les serviteurs d'Hadadézer, et les apporta à Jérusalem. » (2 Samuel 8.3-7)    

 

          La tour de David, l'une des nombreuses tours des murailles de Jérusalem, se distinguait donc par les boucliers d'or qui y étaient suspendus. Ces boucliers étaient les trophées de la victoire de David sur les rois Syriens du Nord.

          Avons-nous des boucliers à suspendre ? Des trophées acquis ? Des victoires remportées? Combien notre Dieu est puissant dans les combats ! Par notre union avec lui, nous sommes rendus capables de droiture, de constance, d'enthousiasme, de fidélité, de vérité, et nous sommes rendus invincibles. Nous sommes ainsi prêts pour la guerre contre les puissances de ténèbres qui intensifient leur action dans ces temps de la fin, et à mesure que l'Église progresse dans la vie divine.  

 

          Soulignons enfin que notre texte renferme aussi la pensée d'une défense collective de notre foi. Paul exhortait les chrétiens de Philippes en ces termes: « Que...j'entende dire de vous que vous demeurez fermes dans un même esprit, combattant d'une même âme pour la foi de l'Évangile, sans vous laisser aucunement effrayer par les adversaires... » (Philippiens 1.27-28)    

 

          Que le Seigneur nous aide à cultiver ce trait de la beauté spirituelle: la force en Dieu, par Dieu, et pour Dieu.  

 

Paul BALLIERE

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