CEUX QUI ENTRENT EN CANAAN

 

CEUX QUI ENTRENT EN CANAAN

 

          Lecture: Josué 1.10-18.

 

          Après nous avoir présenté le conducteur (Josué), le pays (Canaan) et les qualités morales indispensables pour y entrer (l’énergie spirituelle, l’obéissance, la méditation de la Parole de Dieu, la fermeté et le courage), ce passage de l’Écriture nous parle de ceux qui sont appelés à prendre possession du pays promis. Il s’agit du peuple, et aussi des Rubénites, des Gadites et de la demi-tribu de Manassé.

 

          « Josué donna cet ordre aux officiers du peuple : Parcourez le camp, et voici ce que vous commanderez au peuple : Préparez-vous des provisions, car dans trois jours vous passerez ce Jourdain pour aller conquérir le pays dont l’Éternel, votre Dieu, vous donne la possession. » (Josué 1.10-11) Maintenant qu’il a été fortifié par le Seigneur, Josué encourage le peuple au combat et à la prise de possession de l’héritage de Dieu. Agissons ainsi à l’égard de nos frères et sœurs en la foi lorsque le Seigneur nous a bénis, encouragés et fortifiés. Jésus dit à Simon Pierre : « J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne cesse point ; et toi, une fois revenu, affermis tes frères. » (Luc 22.32)

 

La bénédiction de Dieu sur Josué

 

          Nous constatons, tout d’abord, qu’aucun officier ne conteste les ordres de Josué. C’est une grâce de la part de Dieu ! Songez que Moïse n’était plus. Mais Dieu veille et il bénit son successeur.

 

          Josué doit maintenant faire face à une situation délicate. La parole de Dieu dit : « Quand l’Éternel approuve les voies d’un homme, il dispose favorablement à son égard même ses ennemis. » (Proverbes 16.7) Dans le cas présent, il ne s’agit pas d’ennemis, mais de la position particulière de deux tribus et demie. Elles ont été installées, du temps de Moïse, à l’est du Jourdain, préférant ne pas aller plus loin...Moïse n’avait pas accepté cette solution de bon cœur. Il avait posé des conditions que Josué ne manque pas de rappeler en cet instant : combattre aux côtés de leurs frères pour s’emparer de Canaan (v.12-15). Moïse étant mort, allaient-elles obéir à Josué ? C’est précisément là que nous voyons la bénédiction de Dieu sur le nouveau conducteur du peuple. Les Rubénites, les Gadites et la demi tribu de Manassé sont disposés à obéir pleinement : « Ils répondirent à Josué : Nous ferons tout ce que tu nous as ordonné...Nous t’obéirons entièrement, comme nous avons obéi à Moïse. » (Josué 1.16, 17) Ils sont prêts à aller partout où ils seront envoyés : « Nous irons partout où tu nous enverras. » (Josué 1.16) Ils sont décidés à punir, s’il le faut, toute désobéissance parmi le peuple : « Tout homme qui sera rebelle à ton ordre, et qui n’obéira pas à tout ce que tu lui commanderas, sera puni de mort. » (Josué 1.18)

 

          Notez deux « seulement » très significatifs dans notre texte :

 

          Au v.17 : « Veuille seulement l’Éternel, ton Dieu, être avec toi, comme il a été avec Moïse ! » Ce qui sous-entend : « Que nous voyions que Dieu est réellement avec toi ! » C’est encourageant et redoutable à la fois !

          Au v.18 : « Fortifie-toi seulement, et prends courage ! » Ce qui veut dire : « Sois un vrai chef, sans faiblesse, sans crainte ». Dieu le lui avait déjà dit, maintenant c’est le peuple qui le stimule. Il est heures où Dieu nous parle directement ; il en est d’autres où il nous parle par nos frères. Sachons le reconnaître, l’entendre, et lui obéir.

 

L’affaire des deux tribus et demie

 

          Pour un rappel plus complet de leur situation, et pour une bonne compréhension du texte, je vous invite à relire Nombres 32.1-5.

          Comprenons bien leur choix, plus précisément leur convoitise, car il s’agit bien de convoitise. Leur décision est déterminée par les circonstances de la vie : « ...Ce pays que l’Éternel a frappé devant l’assemblée d’Israël, est un lieu propice pour des troupeaux, et tes serviteurs ont des troupeaux. » (Nombres 32.4) Tout est dit dans ce verset. Ils avaient beaucoup de bétail, le pays était un lieu tout à fait adapté pour des troupeaux, donc… ! Mais notez un détail important dans le texte. Quand l’Écriture parle de Canaan, elle précise : « Le pays dont l’Éternel votre Dieu, vous donne la possession » (v.11), « ...pays que l’Éternel, votre Dieu, leur donne » (v.15). Lorsqu’il s’agit du territoire convoité par les deux tribus et demie, il est écrit : « Le pays que vous a donné Moïse de ce côté-ci du Jourdain » (v.14), « ...pays qui est votre propriété, et que vous a donné Moïse, serviteur de l’Éternel, de ce côté-ci du Jourdain » (v.15). Quelle différence entre « le pays que l’Éternel donne » et « le pays que Moïse donne » - à contre cœur – devant la convoitise terrestre !

          Il en est de même aujourd’hui pour une foule de chrétiens. Ils sont tellement nombreux qu’à l’heure actuelle, ce sont « neuf tribus et demie » qui ont élu leur domicile en deçà du « Jourdain » ! Ce qui détermine le fond de la vie chrétienne de beaucoup de croyants, ce qui dicte leur choix et détermine leur position, ce sont les circonstances de la vie : les besoins quotidiens, les affaires, l’abondance ou la disette, la famille. « Nous construirons ici des parcs pour nos troupeaux et des villes pour nos petits enfants », disaient les Rubénites et les Gadites (Nombres 32.16). La volonté de Dieu est, pour de nombreux soi-disant chrétiens, le dernier de leur souci.

 

          Ces chrétiens-là ne manquent pas de foi. Ils sont convaincus que le Seigneur peut leur faire grâce dans toutes leurs circonstances et ils font, de par la miséricorde et la patience de Dieu, de fort belles expériences avec leur Seigneur.

          D’autre part, ils ne sont pas séparés de cœur de leurs frères. Apprenons ici une grande leçon spirituelle. Ces croyants n’ont pas un christianisme mondain (quoique pour certains…), mais ils ont un christianisme terrestre. Vous comprenez ? Ce n’est pas la même chose. Quand Israël a refusé de monter « à la montagne des Amoréens » et d’entrer en Canaan, c’était par incrédulité, et il voulut retourner en Égypte. Voilà le christianisme mondain (relisez Nombres 14.1-4). Le peuple mourut dans le désert, sous le jugement de Dieu. Quand les deux tribus et demie refusent de passer le Jourdain, ce n’est pas par incrédulité (la suite va le prouver), mais c’est par opportunisme terrestre. Elles sont le type de ceux qui rabaissent le christianisme à une vie de foi pour les circonstances terrestres ; les choses de la terre étant le centre de leur intérêt. Ils ne pactisent pas avec les choses coupables du monde, mais ils ne sont attachés au Seigneur que pour les choses terrestres de l’existence. Le motif de leur marche, c’est « beaucoup de bétail ». Ils arrangent alors leur vie plus ou moins fidèlement en fonction de ce qu’ils possèdent. Cette tendance à rabaisser la vie chrétienne s’étale complaisamment, de nos jours, comme doctrine. Avec beaucoup de prétentions à la puissance, on a une connaissance qui ne va pas au-delà d’un Christ auquel on se confie pour la santé, la conduite des détails grands ou petits de la vie journalière. On ne va pas plus loin ! Avec quelles lunettes certains chrétiens lisent-ils le Psaume 23 ? Quand David dit : « Je ne manquerai de rien », il ne fait pas allusion uniquement aux biens terrestres ! Au-delà des verts pâturages, des eaux paisibles, il y a la justice, le nom, du Berger ! Au delà des autres grâces mentionnées dans ce Psaume (présence divine dans la vallée de l’ombre de la mort, réconfort, protection devant les adversaires) il y a le bonheur, la grâce, le séjour permanent dans la maison de Dieu, c’est-à-dire la communion avec l’Éternel.

          Mais les « deux tribus et demie » n’ont que faire de ces richesses-là ! Pourtant l’Écriture déclare : « Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d’en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre » (Colossiens 3.1-2) ; et encore : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ » (Éphésiens 1.3). Jésus dit : « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses [le manger, le boire, les vêtements] vous seront données par-dessus. » (Matthieu 6.33)

          Bien-aimés frères et sœurs, goûtons le bonheur d’entrer là où se trouve Christ glorifié. Savourons la pleine satisfaction d’être attirés hors du monde, et introduits avec Jésus dans notre Canaan spirituel.

          Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » (Matthieu 16.24). Il a dit aussi : « Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple. » (Luc 14.33)

          Laissons tout derrière nous, y compris nos intérêts et nos avantages, et combattons pour prendre possession de tous nos privilèges en Christ, par la puissance de l’Esprit.

 

Un manque à gagner

 

          Nous découvrons un fait inouïe : les deux tribus et demie vont s’associer à leurs frères et être au premier rang pour combattre, mais non pas pour prendre elles-mêmes possession du pays. Qu’ils leur ressemblent les chrétiens d’aujourd’hui, qui prient avec les autres, intercèdent pour les autres, s’engagent dans les divers services de leur église, rendent visite à leurs frères et sœurs éprouvés, tout en demeurant eux-mêmes en deçà des richesses spirituelles. Certes, « ils passent le Jourdain » pour aider leurs frères, mais ce n’est que provisoire. C’est un simple fait, non une expérience profonde, durable, définitive. Ils reviennent vite dans leur petit territoire confortable, pour leurs familles et leur « bétail ». Ils semblent pourtant consacrés. A les voir, vous pourriez vous y tromper. Ils combattent avec leurs frères contre l’incrédulité, contre la puissance de Satan, mais la mort et la résurrection avec Christ et en Christ – dont le Jourdain est le symbole – n’est pour eux qu’un simple fait biblique, sûrement pas une expérience profonde dans leur vie.

 

          Après avoir vu le bon pays de Canaan, les deux tribus et demie auraient pu changer d’avis et décider de s’établir là où Dieu les voulait. Mais non ! Elles ont passé à nouveau le Jourdain, en marche arrière, pour...leur bétail ! Quel dommage !

 

          Pour entrer en Canaan, et le posséder, il faut passer le Jourdain, et ne pas revenir en arrière. Pour connaître la plénitude de Christ, notre divin Josué, il nous faut mourir avec lui et en lui. C’est à ce prix que nous nous établirons avec bonheur dans notre « terre promise ». Le voulez-vous ?

 

Paul BALLIERE

www.batissezvotrevie.fr

 

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