LA VALEUR DES MOINEAUX

 

LA VALEUR DES MOINEAUX

 

          L’estime de soi L’un des facteurs les plus nécessaires à la maturité humaine est le développement d’une estime de soi correcte. Certaines personnes ont une vue exagérée de leur propre importance, tandis que d’autres ont des sentiments d’infériorité paralysants. Entre ces deux extrêmes (regards humains ou profil bas), nous devons porter sur nous-mêmes, écrit l’apôtre Paul, une sage appréciation : « Par la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun de vous de n’avoir pas de lui-même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun. » (Romains 12.3) Pour cela, laissons l’Écriture nous rappeler qui nous sommes. D’un côté, nous avons de la valeur en tant qu’êtres humains faits à l’image de Dieu, et de l’autre, nous sommes méprisables en tant que pécheurs placés sous le jugement de Dieu. Nous sommes les produits à la fois de la création et de la chute. Ceci est le paradoxe de notre humanité.

          De ces deux positions extrêmes de la balance, la seconde est sûrement la plus fréquente aujourd’hui. Plusieurs personnes se sentent non désirées et mal-aimées, et se considèrent comme ne valant rien. Le fait que Jésus ait parlé de notre « valeur » en tant qu’êtres humains et l’ait comparée et mise en contraste avec la valeur des moineaux est donc extrêmement important. « Ne craignez donc point », dit-il ; « vous valez plus que beaucoup de passereaux. »

(Matthieu 10.31 ; Luc 12.7) Il a délibérément choisi la créature la plus insignifiante qu’il pouvait évoquer, puis a poursuivi son raisonnement en allant de plus petit au plus grand : « Ne vend-on pas cinq passereaux pour deux sous ? Cependant, aucun d’eux n’est oublié devant Dieu » (Luc 12.6) ; et encore : « Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou ? Cependant, il n’en tombe pas un à terre sans la volonté de votre Père. » (Matthieu 10.29) Si « Dieu prend soin » de chaque moineau, et si pas un seul moineau « ne tombe à terre » indépendamment de sa connaissance et de sa permission, combien plus se souviendra-t-il de ses enfants humains et les protégera-t-il !

          Et nous pouvons nous enhardir dans une telle confiance si nous nous rappelons que les moineaux ont une piètre réputation et sont souvent considérés comme inutiles. Ils font partie des oiseaux terrestres les plus communs et les plus largement répandus. L’adaptabilité est la principale explication de l’universalité des moineaux domestiques. Ils mangent de tout, et ils nichent partout. En plus de leur apparente insignifiance, due simplement à leur nombre, certains écrivains ont dit du mal de leur caractère. On les considère comme des animaux outrecuidants, bruyants, loquaces, effrontés, maussades, et encore bien d’autres choses horribles.

          Ces estimations très négatives – et il en est d’autres encore – rendent la référence positive de Jésus aux moineaux d’autant plus saisissante. Car Dieu, dit-il, chérit quand même ces petites créatures, à qui il manque un plumage coloré et un chant musical, il s’en souvient et les protège.

          Dans le texte de l’Évangile de Matthieu cité plus haut, Jésus demanda si on ne vendait pas deux moineaux pour un sou (Matthieu 10.29). Selon Luc, sa question était plutôt si on ne vendait pas cinq moineaux pour deux sous (Luc 12.6). Cette arithmétique a toujours intrigué les commentateurs. Il faut noter tout d’abord que, parmi tous les oiseaux vendus sur le marché en tant que nourriture pour les pauvres, les moineaux étaient les moins chers. Deuxièmement, ils étaient vendus soit par paires soit par lot de cinq. Troisièmement, le prix du marché au temps de Jésus était d’un sou la paire, et, avec une réduction due à la quantité, de deux sous pour cinq. « Pauvres, misérables petites créatures, voletant là, en si grands nombres, dans les cages des vendeurs ! On peut en obtenir beaucoup pour une très petite somme, tant leur valeur est négligeable. Et pourtant le Père céleste aimait chacun d’eux. Combien plus Dieu s’occupera-t-il de l’homme, dont l’âme vaut plus que le monde entier ! » (Deissmann)

 

          A la fin de cet article, revenons à l’endroit même où il a commencé, à savoir la question de l’estime de soi. La seule manière d’avoir une juste estimation de notre propre valeur est de reconnaître notre valeur pour Dieu. Jésus déclara d’une part que pas un seul moineau n’est oublié de Dieu, et de l’autre que nous valons plus que plusieurs moineaux. Si Dieu prend soin des moineaux, qui de certaines façons (comme nous l’avons vu) sont les oiseaux les plus insignifiants, combien plus prend-il soin de nous ? En effet, il a prouvé son amour pour nous par la croix de Jésus-Christ. « Ma valeur est ce que je vaux pour Dieu, et c’est beaucoup, merveilleusement beaucoup, car Christ mourut pour moi. » (William Temple)

 

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