LA PROPHETIE

 

LA PROPHÉTIE

 

« Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour

l’utilité commune.En effet, à l’un est donnée par l’Esprit

une parole de sagesse…à un autre, la prophétie... »

1 Corinthiens 12.7-8,10

 

          Ce don spirituel appartient au groupe des dons d’inspiration, avec la diversité des langues et l’interprétation des langues.

          Il est le meilleur des dons d’inspiration, plus grand que le parler en langues. Mais si le parler en langues est accompagné de l’interprétation, alors on peut dire que la prophétie est équivalente aux deux autres dons réunis. Je parle d’équivalence quant à l’utilité et à l’édification pour l’église, et non pas d’équivalence au niveau du contenu du don, ainsi que nous le soulignerons lorsque nous étudierons la diversité des langues. L’apôtre Paul déclare : « Je désire que vous parliez tous en langues, mais encore plus que vous prophétisiez. Celui qui prophétise est plus grand que celui qui parle en langues, à moins que ce dernier l’interprète, pour que l’Église en reçoive de l’édification. » ( 1 Corinthiens 14.5)

 

Ce que n’est pas le don de prophétie

 

          La prophétie n’est pas la prédication. Si en réalité, il en était ainsi, il ne serait pas nécessaire de préparer la prédication, mais il suffirait d’attendre l’inspiration de l’Esprit. Celui qui remplirait un tel ministère devrait alors s’attendre à l’efficacité de son don. Mais il n’en est rien. Il se peut que, dans une prédication, il y ait quelque chose de prophétique, mais la prédication n’est pas la prophétie.

 

          Le don de prophétie, dans le cadre du Nouveau Testament, n’est pas non plus une révélation. Cette dernière relève du domaine d’autres dons tels qu’une parole de sagesse, une parole de connaissance ou le discernement des esprits. Dans 1 Corinthiens 14.6, l’apôtre Paul distingue nettement la prophétie de la révélation : « Et maintenant, frères, de quelle utilité vous serais-je, si je venais à vous parlant en langues, et si je ne vous parlais pas par révélation, ou par connaissance, ou par prophétie, ou par doctrine ? »

 

          La prophétie n’est pas une prédiction.

 

Les prophètes et le don de prophétie

 

          La prophétie dans son sens général est toute parole divinement inspirée.

 

          Il est nécessaire de bien distinguer trois choses :

 

          Premièrement, le prophète de l’Ancien Testament : il est infaillible, parce qu’il donne mot à mot la parole divinement inspirée.

 

          Secondement, le prophète du Nouveau Testament : aujourd’hui, la parole de Dieu écrite est achevée. Le ministère de prophète, dans le cadre du Nouveau Testament, donne une pensée inspirée de Dieu et peut annoncer des choses à venir, conformes à l’Écriture : « En ce temps-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche. L’un d’eux, nommé Agabus, se leva, et annonça par l’Esprit qu’il y aurait une grande famine sur toute la terre. Elle arriva, en effet, sous Claude [l’un des empereurs romains]. Les disciples résolurent d’envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habitaient la Judée. Ils le firent parvenir aux anciens par les mains de Barnabas et de Saul. » (Actes 11.27-30)

          « Jude et Silas, qui étaient eux-mêmes prophètes, les exhortèrent et les fortifièrent par plusieurs discours. » (Actes 15.32)

          « Comme nous étions là depuis plusieurs jours, un prophète, nommé Agabus, descendit de Judée, et vint nous trouver. Il prit la ceinture de Paul, se lia les pieds et les mains, et dit : Voici ce que déclare le Saint-Esprit : L’homme à qui appartient cette ceinture, les Juifs le lieront de la même manière à Jérusalem, et le livreront entre les mains des païens. » (Actes 21.10-11)

 

          Troisièmement, la prophétie : elle est un don spirituel, et non pas un ministère. Elle donne à l’Église une pensée inspirée.

 

          Le prophète aura le simple don de prophétie, mais celui ou celle qui a le simple don de prophétie ne sera pas nécessairement prophète. Il y a une grande différence entre le ministère de prophète et le don de prophétie. Un prophète exerce, dans le cadre de son ministère des dons de révélation : une parole de sagesse, une parole de connaissance, le discernement des esprits. Dans le simple don de prophétie, il n’y a aucune révélation, mais une inspiration de l’Esprit de Dieu. Si une personne étant prophète, utilise le simple don de prophétie, il est tout à fait normal qu’un ou plusieurs dons de révélation fonctionnent conjointement au don de prophétie.

 

          Le prophète peut donner ses révélations en les citant dans une conversation ordinaire, ou en prophétisant sous l’onction de l’Esprit. Et en plus de ce ministère surnaturel, un prophète est un prédicateur, un homme qui a reçu de Christ le ministère de la Parole de Dieu : « Et il [Christ] a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs. » (Éphésiens 4.11)

          « Et Dieu a établi dans l’Église premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs... » (1 Corinthiens 12.28)

 

          Une personne, venant à prophétiser (exercice du don de prophétie), peut apporter dans sa prophétie, une révélation. Que se passe-t-il alors ? Elle exerce plusieurs dons spirituels à la fois : la prophétie et un ou plusieurs dons de révélation. Si cette personne n’avait jamais auparavant exercé de dons de révélation, l’a-t-elle, ou les a-t-elle reçus à ce moment-là ? On peut le supposer. Les dons peuvent être donnés de façon soudaine et inattendue. Il se peut qu’une personne reçoive un don de révélation au moment où elle exerçait le simple don de prophétie. N’importe quel don peut être donné à n’importe quel moment, lorsque le Seigneur voit l’occasion propice pour l’accorder.

 

Le but du don de prophétie

 

          « Celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console. » (1 Corinthiens 14.3)

          Le but du don de prophétie est donc d’édifier, d’exhorter, et de consoler l’Église. La prophétie s’adresse aux hommes, à la différence de la diversité des langues qui s’adresse à Dieu : « En effet, celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu, car personne ne le comprend, et c’est en esprit qu’il dit des mystères. Celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console. » (1 Corinthiens 14.2-3)

 

          La prophétie est donnée comme un signe (de miséricorde, de grâce) pour les croyants : Dieu parle à son peuple. « La prophétie...est un signe, non pour les non-croyants, mais pour les croyants. » (1 Corinthiens 14.22)

 

          La prophétie est utile pour les non-croyants : ils peuvent être ainsi convaincus, jugés, les secrets de leurs cœurs peuvent être dévoilés, et ils peuvent être conscients de la présence de Dieu au sein de l’Assemblée. « Mais si tous prophétisent, et qu’il survienne quelque non-croyant ou un homme du peuple, il est convaincu par tous, il est jugé par tous, les secrets de son cœur sont dévoilés, de telle sorte que, tombant sur sa face, il adorera Dieu, et publiera que Dieu est réellement au milieu de vous. » (1 Corinthiens 14.24-25).

          Il faut noter que la conversion peut naturellement suivre la conviction après que les secrets du cœur de l’incroyant ait été dévoilés. Les dons de l’Esprit sont des signes pour attirer l’attention des hommes, mais le salut est provoqué par la prédication de la Parole de Dieu.

 

A qui est réservé le don de prophétie ?

 

          La Parole de Dieu insiste beaucoup pour que chaque croyant le possède :

          « Recherchez la charité. Aspirez aussi aux dons spirituels, mais surtout à celui de prophétie...Je désire que vous parliez tous en langues, mais encore plus que vous prophétisiez...Ainsi donc, frères, aspirez au don de prophétie... » (1 Corinthiens 14.1, 5, 39)

 

Comment exercer le don de prophétie ?

 

          Il est nécessaire d’être à l’écoute de Dieu, et d’entretenir avec le Seigneur une étroite communion. Les eaux calmes d’un étang ou d’un lac portent facilement la voix ; les flots de la mer ne le peuvent pas. Il en est ainsi de notre cœur et de la voix de Dieu en nous.

 

          Le don de prophétie doit être exercé avec foi : « Puisque nous avons des dons différents, selon la grâce qui nous a été accordée, que celui qui a le don de prophétie l’exerce selon l’analogie de la foi. » (Romains 12.6) La version Ostervald traduit : « ...selon la mesure de foi qu’il a reçue. » La version Darby : « Selon la proportion de foi... »

          Le don de prophétie sera perfectionné et précis dans la proportion de foi de celui qui exerce ce don. Certaines pensées inspirées sont plus ou moins faciles à transmettre au peuple de Dieu ; certaines demandent plus de foi que d’autres.

 

          Le don de prophétie n’est pas infaillible. Il est exercé dans l’imperfection : « Nous prophétisons en partie [imparfaitement]. » (1 Corinthiens 13.9) Il n’est pas le mot à mot d’un message de Dieu, mais une pensée inspirée qui sera exprimée plus ou moins fidèlement. C’est pourquoi nous devons rester dans l’équilibre réclamé par l’Écriture : « N’éteignez pas l’Esprit. Ne méprisez pas les prophéties. Mais examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon. » (1 Thessaloniciens 5.20-21)

 

          Que penser de l’exercice du don de prophétie, exercé quelquefois à la première personne du singulier ? « Moi, le Seigneur, je te dis...je t’exhorte... » Une telle façon de s’exprimer semble équivaloir à l’infaillibilité et être contraire à l’enseignement du Nouveau Testament. En effet, si c’est le Seigneur qui parle directement, exhorte…, il n’y a rien à examiner ; tout est à retenir, parce que tout est bon. Mais vous savez bien que dans l’exercice du don de prophétie, il n’en est rien. Comment Dieu ferait-il des fautes de français (si le don de prophétie s’exerce en France, bien évidemment) ? Il n’y a, en fait, aucune infaillibilité dans les dons de l’Esprit, autrement l’apôtre ne préciserait pas : « Pour ce qui est des prophètes, que deux ou trois parlent, et que les autres jugent. » (1 Corinthiens 14.29) Bien qu’il ne semble pas y avoir là aucune raison de l’Écriture pour qu’une personne, sous l’onction du Saint-Esprit et puissamment poussée par Dieu, ne soit utilisée pour apporter son message au peuple, et de ce fait, parler à la première personne, il me semble néanmoins préférable d’employer des expressions comme : « Le Seigneur te dit...t’exhorte... », ce qui paraît plus conforme à l’esprit du Nouveau Testament concernant le don de prophétie.

 

Quand exercer le don de prophétie ?

 

          Quand nous sommes sous l’onction bienfaisante de l’Esprit de Dieu. Nous avons l’impression d’être sollicités par une très agréable visitation du Saint-Esprit, qui nous fait sentir une liberté d’expression en même temps qu’une douce contrainte à parler. Nous devons avoir un témoignage intérieur de l’Esprit.

 

          Lorsqu’une pensée inspirée est déposée par Dieu dans notre esprit. Elle peut être plus ou moins complète. A nous d’être à l’écoute de Dieu en même temps que disposés à exercer notre foi, s’il plaît à Dieu de ne nous donner que les premiers mots ou les premières phrases. Combien de croyants ont alors fait l’expérience de s’être abandonnés à l’Esprit de Dieu avec foi et d’avoir été comme emportés par un flot prophétique !

 

          Une personne ne sentant qu’une légère onction de l’Esprit doit-elle se préparer à prophétiser ? C’est souvent lorsque la puissance de Dieu est la moins sensible dans une réunion, qu’une manifestation de l’Esprit sera le plus profitable. Dans une réunion où une grande puissance est à l’œuvre, on sent normalement une grande onction. Lorsqu’il y a une petite bénédiction dans une réunion, nous avons une toute petite onction. Lorsque nous avons le moins de puissance de l’Esprit sur nous, c’est sans doute le moment où nous aurions besoin de la plus grande puissance. Contrairement, lorsqu’une réunion est riche en puissance de l’Esprit, c’est le moment où nous pouvons nous modérer.

          Ainsi, nous ne sommes pas obligés de répondre et d’exercer les dons chaque fois que nous sentons l’onction de l’Esprit sur nous. Des directives sont données dans 1 Corinthiens 14.27 : « En est-il qui parlent en langue, que deux ou trois au plus parlent, chacun à son tour, et que quelqu’un interprète. » Au verset 29, nous lisons : « Pour ce qui est des prophètes, que deux ou trois parlent, et que les autres jugent. » La parole de Dieu nous montre clairement que les manifestations de l’Esprit doivent être limitées dans une réunion. N’oublions pas que l’esprit du prophète est soumis au prophète (1 Corinthiens 14.32)

 

Combien de prophéties peuvent être données dans une réunion ?

 

          « Pour ce qui est des prophètes, que deux ou trois parlent, et que les autres jugent. » (1 Corinthiens 14.29)

 

          Il y a une limite à chaque chose dans le monde. Nos réunions ayant une durée limitée, nous devons veiller à ne pas prendre trop de temps avec l’un des aspects du culte. Si dans nos réunions tous prophétisaient, ou si tous parlaient en langue et interprétaient, ou si tous devaient chanter dans l’Esprit l’un après l’autre, nous devrions conclure que celui qui préside manque de sagesse. L’Église doit être instruite de ces choses.

 

          Que veut dire 1 Corinthiens 14.31 : « Car vous pouvez tous prophétiser successivement, afin que tous soient instruits et que tous soient exhortés » ? Cela signifie que tous ceux qui ont le don de prophétie pourraient prendre leur place, mais qu’il ne serait pas sage qu’il en soit ainsi, bien évidemment, pour le bon déroulement de la réunion.

 

Comment recevoir le don de prophétie ?

 

          Il faut le désirer avec avidité : « « Recherchez la charité. Aspirez aussi aux dons spirituels, mais surtout à celui de prophétie...Ainsi donc, frères, aspirez au don de prophétie... » (1 Corinthiens 14.1, 39)

 

          Il faut prier avec foi pour le recevoir, tout comme pour l’interprétation des langues : « C’est pourquoi, que celui qui parle en langue prie pour avoir le don d’interpréter. » (1 Corinthiens 14.13)

 

          Quand Dieu nous donne des encouragements surnaturels, nous montrant que nous avons reçu ce que nous avons demandé, il faut ensuite commencer à exercer le don pour l’édification de l’Église.

          Très souvent, lorsque nous avons reçu le don de prophétie, nous en prenons conscience pour la première fois lorsqu’un autre croyant prophétise et apporte la même pensée qui était sur notre cœur. C’est ainsi que Dieu nous encourage à avancer dans le surnaturel de l’Esprit.

 

Quelques remarques

 

          La prophétie ne peut pas être substituée à la prédication. Ce serait une erreur de ne se considérer comme bénis dans une réunion que si le don de prophétie a pu se manifester. Dieu nous parle d’abord par sa parole.

 

          La prophétie est toujours en accord avec l’Écriture. Le Saint-Esprit ne donnera jamais une pensée en contradiction avec la Parole qu’il a inspirée.

 

          « Les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes. » (1 Corinthiens 14.32) Dieu ne va pas au-delà du contrôle de nous-mêmes. Nous restons maîtres de nous-mêmes dans l’exercice du don de prophétie. Dieu ne nous contraint pas. Nous pouvons contrôler le don.

 

          Le don de prophétie s’exerce dans le cadre de l’église :

          « Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune...à un autre la prophétie... » (1 Corinthiens 12.7, 10)

          « Je désire que vous parliez tous en langues, mais encore plus que vous prophétisiez. Celui qui prophétise est plus grand que celui qui parle en langues, à moins que ce dernier l’interprète, pour que l’Église en reçoive de l’édification...De même vous, puisque vous aspirez aux dons spirituels, que ce soit pour l’édification de l’Église que vous cherchiez à en posséder abondamment. » ( 1 Corinthiens 14.5, 12) 

          « Si donc, dans une assemblée de l’Église entière, tous parlent en langues, et qu’il survienne des hommes du peuple ou des non-croyants, ne diront-ils pas que vous êtes fous ? Mais si tous prophétisent, et qu’il survienne quelque non-croyant ou un homme du peuple, il est convaincu par tous, il est jugé par tous, les secrets de son cœur sont dévoilés, de telle sorte que, tombant sur sa face, il adorera Dieu, et publiera que Dieu est réellement au milieu de vous. » (1 Corinthiens 14.23-25)

          « Pour ce qui est des prophètes, que deux ou trois parlent, et que les autres jugent...Car vous pouvez tous prophétiser successivement, afin que tous soient instruits et que tous soient exhortés. » (1 Corinthiens 14.29, 31)

 

          La manière la plus importante et la plus sûre de juger la prophétie est celle de la Bible. Il est nécessaire de savoir si la prophétie est en parfaite harmonie avec l’enseignement de la Parole de Dieu.

          Le don de discernement des esprits n’a rien à faire avec le jugement des messages prophétiques. Par contre, il peut aider à discerner la personne qui prophétise. Si cette personne était un faux prophète, elle pourrait être reconnue comme telle par un croyant possédant le don de discerner les esprits.

 

Paul BALLIERE

www.batissezvotrevie.fr

 

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Commentaires: 2
  • #1

    Cecile Garin (vendredi, 16 novembre 2018 08:08)

    Merci cher frère pour cet excellent message , qu’il soit profitable au plus grand nombre . Merci Seigneur pour les dons du Saint-Esprit , restons humblement réceptif à la voix de l’Esprit de Dieu , qui nous a donné sa parole et ses dons ,afin que nous les pratiquions , pour l’édification commune .

  • #2

    Rosemée Bourgeois (dimanche, 18 novembre 2018 20:27)

    Bonjour Pasteur; super message très bonne explication. Nous ne sommes plus enseignés la dessus. Alors je dirai simplement "béni soit nos anciens pasteurs" véritable hommes de Dieu. Merci au Seigneur avant tout et merci à vous soyez richement béni