L'INTERPRETATION DES LANGUES

 

L’INTERPRÉTATION DES LANGUES

 

« Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour

l’utilité commune. En effet, à l’un est donnée par l’Esprit

une parole de sagesse…à un autre, l’interprétation des langues... »

1 Corinthiens 12.7-8,10

 

Ce que n’est pas le don appelé « l’interprétation des langues »

 

          Il n’est pas la faculté d’interpréter un parler en langue (voir notre étude précédente sur « la diversité des langues ») par une simple connaissance intellectuelle de la langue dans laquelle le don a été exercé. Les dons spirituels relèvent tous du surnaturel divin et non d’une connaissance intellectuelle.

 

La nature de ce don

 

          Il n’est pas nécessairement une traduction littérale. Ceux qui exercent le don de prophétie le font imparfaitement (1 Corinthiens 13.9) ; il en est de même pour ceux qui exercent le don d’interprétation des langues. L’interprétation sera plus ou moins « fidèle » selon que celui ou celle qui exerce le don sera plus ou moins dans l’Esprit et sous son influence bénie.

 

          Comme tous les autres dons spirituels, le don d’interprétation des langues est surnaturel et provient du Saint-Esprit. Celui qui interprète ne connaît pas le moins du monde la langue qui vient d’être parlée. Il en résulte que l’interprétation est reçue non par un effort d’attention portant sur les mots prononcés par celui qui parle en langues, mais plutôt par une communion avec l’Esprit du Seigneur qui seul donne l’interprétation. Les paroles sont données par inspiration.

 

La nécessité de ce don dans l’Église

 

          Le don d’interpréter est indispensable pour que le don des langues puisse être pratiqué avec fruit dans l’Église. L’apôtre Paul déclare : « Je désire que vous parliez tous en langues, mais encore plus que vous prophétisiez. Celui qui prophétise est plus grand que celui qui parle en langues, à moins que ce dernier n’interprète, pour que l’Église en reçoive de l’édification. » (1 Corinthiens 14.5). Un peu plus loin dans sa lettre, Paul écrit : « S’il n’y a point d’interprète, qu’on se taise dans l’Église, et qu’on parle à soi-même et à Dieu. » (1Corinthiens 14.28) En effet, si dans une église locale, personne ne possède le don d’interprétation des langues, à quoi bon exercer « la diversité des langues » ?

 

          C’est pourquoi, tous ceux qui parlent publiquement en langue sont invités à prier pour recevoir le don d’interpréter : « C’est pourquoi, que celui qui parle en langue prie pour avoir le don d’interpréter. » (1 Corinthiens 14.13) Ainsi, ils pourront toujours employer le don des langues d’une manière profitable. En effet, l’apôtre précise : « Et maintenant, frères, de quelle utilité vous serais-je, si je venais à vous parlant en langues, et si je ne vous parlais pas par révélation, ou par connaissance, ou par prophétie, ou par doctrine ? Si les objets inanimés qui rendent un son, comme une flûte ou une harpe, ne rendent pas des sons distincts, comment reconnaîtra-t-on ce qui est joué sur la flûte ou sur la harpe ? Et si la trompette rend un son confus, qui se préparera au combat ? De même vous, si par la langue vous ne donnez pas une parole distincte, comment saura-t-on, ce que vous dites ? Car vous parlerez en l’air. Quelque nombreuses que puissent être dans le monde les diverses langues, il n’en aucune qui ne soit une langue ; si donc je ne connais pas le sens de la langue, je serai un barbare pour celui qui parle, et celui qui parle sera un barbare pour moi. De même vous, puisque vous aspirez aux dons spirituels, que ce soit pour l’édification de l’Église que vous cherchiez à en posséder abondamment. » (1 Corinthiens 14.6-12)

 

          Le but du don d’interprétation est donc de rendre compréhensibles pour tous les paroles prononcées dans l’inspiration en une langue inconnue des personnes présentes, en les répétant, dans la langue courante.

 

          On peut sentir dans son esprit la beauté, l’élévation, la richesse d’une parole en langue inconnue, mais le but du don d’interprétation est de rendre ces choses accessibles à l’intelligence, en sorte que les autres puissent participer eux aussi par l’intelligence à l’inspiration, à l’élévation, à la prière de celui qui parle. « Que faire donc, frères ? Lorsque vous vous assemblez, les uns ou les autres parmi vous ont-ils un cantique, une instruction...une langue, une interprétation, que tout se fasse pour l’édification. » (1 Corinthiens 14.26)

 

Comment exercer ce don ?

 

          Comment l’interprétation des langues nous parvient-elle ? Celui qui a le don doit être dans l’Esprit au moment où est donné le parler en langue, de façon que les paroles puissent lui être inspirées dans son esprit.

 

          L’esprit du croyant se sentira alors poussé par Dieu à dire ce qu’il lui donne.

 

          L’esprit du croyant que le Seigneur veut employer pour l’interprétation se sentira touché immédiatement par les paroles prononcées en langue. Cette réaction dépendra sans nul doute de l’état spirituel de celui qui interprète et de ses dispositions de cœur à ce moment-là.

 

          L’interprète est-il conscient de ce qu’il va dire ? Généralement, il n’est pas conscient de l’entière importance et de la direction de son interprétation. Quelquefois, lorsqu’un parler en langue est exprimé, toutes les grandes lignes de l’interprétation peuvent venir à l’interprète, mais en général, le parler en langue est donné et terminé, et l’interprète n’a que quelques mots ou quelques phrases. Il doit, comme pour celui qui prophétise, s’avancer dans une foi simple et interpréter suivant la façon dont il est conduit par le Saint-Esprit.

 

Remarques générales

 

          Dieu permet parfois des confirmations magnifiques de l’authenticité de la vie de l’Esprit dans nos réunions de Pentecôte. Ma mère, qui ne connaissait pas un mot d’anglais, exerça « la diversité des langues » lors d’un culte, dans un anglais parfait. Alors que personne n’interprétait le parler en langue, un frère osa se manifester publiquement, et dit : « Je ne possède pas le don d’interprétation des langues, mais je parle couramment l’anglais. Madame Ballière vient de s’exprimer en anglais, et je vais vous traduire ce qui vient d’être dit ».

          Lors d’un culte, un collègue, servant le Seigneur dans la même équipe pastorale, parla en langue. C’était de l’allemand – dont il ne connaissait pas un seul mot. Un chrétien interpréta le parler en langue, alors que lui non plus ne connaissait pas un mot d’allemand. L’interprétation était fidèle au mot près. Ce que nous ne savions pas, c’est qu’une chrétienne avait invité une amie ce dimanche matin-là ; et cette amie parlait couramment l’allemand. Elle fut bouleversée d’apprendre que ni mon collègue pasteur, ni le chrétien qui avait interprété le parler en langue, ne connaissait l’allemand. Le Saint-Esprit sait ce qu’il fait !

          Lors d’une convention pastorale à laquelle je participais, un frère, sous l’inspiration de l’Esprit, parla en langue. Le pasteur, assis à côté de moi, et qui comprenait ce qui était dit, me chuchota : « Il parle en hébreu ! » L’interprétation qui suivit était la traduction mot à mot du parler en langue ! Alléluia ! Gloire à Dieu, pour la vie surnaturelle de l’Esprit !

 

          Quel est le contenu du don d’interprétation des langues ? Je vais toucher là un point sensible. Pour répondre à cette question, il faut consulter l’Écriture et découvrir, bien évidemment, ce qu’est le contenu du parler en langue. La Bible dit : « En effet, celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu, car personne ne le comprend, et c’est en esprit qu’il dit des mystères » ( 1 Corinthiens 14.2) ; plus loin, l’Écriture déclare encore : « Car si je prie en langue, mon esprit est en prière...Je prierai par l’esprit...Je chanterai par l’esprit...Si tu rends grâces par l’esprit...Tu rends, il est vrai, d’excellentes actions de grâces... » (1 Corinthiens 14.14, 15, 16, 17). Résumons : celui qui parle en langue parle à Dieu, il prie, il adresse des louanges et magnifie le Seigneur, il rend d’excellentes actions de grâces. La prophétie, au contraire, s’adresse aux hommes, elle les édifie, les exhorte, les console. Le parler en langue, s’adressant à Dieu, n’est donc pas un « message » inspiré. Dieu n’a nul besoin d’être édifié, exhorté, ou consolé !

          Je défie mes lecteurs de trouver un seul texte de l’Écriture nous montrant que le parler en langue est identique, dans son contenu, à la prophétie. Il n’en existe aucun !

 

          Cette constatation appelle plusieurs remarques.

          En premier lieu, il faut noter que chaque don spirituel a son caractère spécifique. Pourquoi le Saint-Esprit emploierait-il trois dons pour le même usage ? Tantôt, il utiliserait directement la prophétie pour s’adresser aux hommes ; tantôt il se servirait du parler en langue, suivi de l’interprétation. Même sur le plan de la pure logique, nous ne pouvons admettre une telle démarche divine qui ne s’inscrit nullement dans la diversité et la complémentarité des neuf dons spirituels.

          Pourquoi alors, entend-on presque toujours « l’interprétation » d’un parler en langue comme un message s’adressant aux hommes – un chrétien en particulier, ou l’église tout entière ? La question est très pertinente. Dans ce genre de situation, j’ai très souvent posé la question à ceux qui exerçaient « l’interprétation des langues » ou pensaient exercer ce don : à quel moment avez-vous reçu « l’interprétation » ? Était-ce pendant le parler en langue, ou avant ? La réponse était toujours la même : « avant » ! Comment peut-on interpréter quelqu’un qui n’a pas encore parlé ? Ces croyants ont, en fait, exercé le don de prophétie. Le parler en langue les a, en quelque sorte, enhardis et leur a permis de donner ce qu’ils avaient reçu du Seigneur. Mais très souvent, l’Église est alors privée de la véritable interprétation d’une prière inspirée, ou d’une louange, ou d’une action de grâces. Je me souviens de cette sœur qui, lors de nos cultes, exerçait le don « d’interprétation des langues ». C’était toujours la « traduction » d’une prière, ou d’une louange, ou d’une action de grâces. Lorsqu’elle avait terminé, un vent de l’Esprit passait sur l’église, et l’embrasait pour magnifier le Seigneur.

          J’entends ici tous ceux et toutes celles qui mettront en avant leurs expériences pour combattre mon propos. A cet égard, je préciserai deux choses :

          La première est que l’on ne fonde pas une doctrine sur des expériences, mais sur les déclarations de l’Écriture. S’appuyer sur des expériences en marge du fondement biblique, est une voie dangereuse.

          La seconde, c’est que Dieu est souverain et Maître chez lui. Par conséquent, il peut, pour des raisons qui presque toujours nous échappent, agir comme bon lui semble. Se peut-il alors, très occasionnellement, qu’un parler en langue s’adresse aux hommes ? Pourquoi pas, si Dieu a des raisons de le faire, comme ce fut le cas lors d’une grande convention en Angleterre, au siècle dernier. Lors d’une réunion plénière, un croyant poussa un cri aussi puissant qu’étrange, et parla en langue. Une missionnaire demanda à prendre la parole : « Je travaille dans une tribu en Afrique, dit-elle. Lorsque le chef du village a un message important à communiquer à sa tribu, il pousse le cri que vous venez d’entendre. Le parler en langue est le dialecte de la tribu au sein de laquelle je sers le Seigneur ». Et elle donna la traduction du parler en langue. Dans cet exemple, Dieu avait ses raisons : confirmer l’authenticité de la vie de Pentecôte, devant des centaines de personnes. Ce fait isolé, ne bouscule en rien l’enseignement de la parole de Dieu : « Celui qui parle en langue, ne parle aux hommes, mais à Dieu ».

 

          Pour la bonne marche des réunions de l’Église, quel est le nombre de parlers en langues et d’interprétations fixé par la parole de Dieu ? « En est-il qui parlent en langue, que deux ou trois au plus parlent, chacun à son tour, et que quelqu’un interprète. » (1 Corinthiens 14.27)

 

          Pourquoi certains parlers en langue ne sont-ils pas interprétés ? C’est qu’il n’y a pas d’interprètes présents ou que les interprètes ne sont pas dans l’Esprit à ce moment-là, de sorte que le don spirituel n’est pas en exercice.

 

          Le don des langues et le don d’interprétation sont les seuls qui ne soient jamais manifestés sous aucune forme dans l’Ancien Testament.

 

          Ces deux dons semblent avoir été réservés par Dieu pour caractériser le temps de la grâce qui régit l’Église. Cela fait mieux comprendre la place qu’occupa le phénomène des langues le jour de la Pentecôte, qui inaugura le temps de l’Église. Dieu créait une ère nouvelle : elle s’accompagnait d’un signe nouveau, et d’une manifestation de l’Esprit éternel.

 

          Le parler en langue et la prophétie sont des dons que Dieu a destinés à servir de signes dans le temps actuel (le temps de l’Église). Voyez 1 Corinthiens 14.22. Y a-t-il rien d’étonnant dès lors que nous soutenions résolument qu’ils doivent se perpétuer jusqu’à ce que ce qui est parfait soit venu, dans le siècle nouveau, lorsque nous verrons Dieu face à face ?

 

Paul BALLIERE

www.batissezvotrevie.fr

 

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Commentaires: 2
  • #1

    Sogna (mardi, 04 décembre 2018 09:14)

    Merci pour ce message.
    La question que je me pose depuis bien longtemps est " Pourquoi cet enseignement de Paul, qui me paraît clair, a-t-il été ainsi détourné".
    Systématiquement, dans nos églises, les parlers en langues s'adressent à des chrétiens.
    Une fois, dans mon assemblée, un parler en langue a été suivi d'une louange faite sous l'onction, mais immédiatement après, un ancien a apporté sa traduction. On ne reconnaît donc pas le don tel que nous l'enseigne la Parole. La tradition a pris le dessus.
    Et je dis moi aussi, comme vous le dites, s'il en est ainsi, ces dons font doublons avec le don de prophétie. Cependant notre Dieu n'est pas un Dieu brouillon, s'Il nous a donné les deux c'est qu'ils sont différents et ont leur utilité.
    J'ai une fois posé la question à un pasteur ancien qui m'a répondu qu'il ne voulait pas entrer dans ce débat. Dommage car alors nous faisons comme l'église officielle qui a ses dogmes.
    J'ai entendu, une fois un pasteur prêcher de même, cependant, dans son assemblée les choses se font selon la tradition.
    Nous avons déplacé cette borne ancienne et nous sommes en train d'en déplacer bien d'autres.

  • #2

    Nathalie (mercredi, 05 décembre 2018 14:01)

    Merci pour la leçon