L'APOSTASIE ARRIVE ! (1)

 

L’APOSTASIE ARRIVE !

(1)

 

« Que personne ne vous séduise d’aucune manière ;

car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant... »

2 Thessaloniciens 2.3

 

Qu’est-ce que l’apostasie ?

 

          Dans la langue originale, ce mot signifie toute défection d’un parti politique. Son sens le plus large est « défection, abandon, rébellion, déviation, déchéance, désertion, battre en retraite, revenir sur un engagement ».

          D’après l’ensemble de la prophétie de ce texte (voyez 2 Thessaloniciens 2.1-12), l’apostasie indique une infidélité ou une révolte morale contre Dieu, et contre la vérité de Dieu. L’apostasie renferme l’idée d’un éloignement.

          Un dictionnaire encyclopédique de la Bible donne cette définition : « abandon public d’une foi pour une autre ».

          En étudiant le mot de plus près, voici ce qu’on découvre : il est formé d’une préposition « apo », signifiant « au loin, à l’écart », et d’un radical « stasis » signifiant « ce qu’on pose debout, ce qui est posé, dressé, fixé », comme par exemple une colonne, un pilier, un édit, un statut .

          Dans la traduction française de la Bible, c’est le seul texte où l’on trouve ce mot. Mais dans le texte grec, il y en a un second. Dans Actes 21.21, il est écrit : « Ils [les Juifs] ont appris que tu enseignes à tous les Juifs qui sont parmi les païens à renoncer à Moïse, leur disant de ne pas circoncire les enfants et de ne pas se conformer aux coutumes ». L’expression « renoncer à Moïse » pourrait donc être traduite comme « la défection (apostasie) à l’égard de Moïse ».

          En résumé, l’apostasie c’est l’éloignement, l’abandon volontaire, délibéré, de la base posée, fixée, dressée par le Seigneur. C’est l’acte d’un prétendu chrétien qui rejette délibérément la vérité révélée, comme par exemple la divinité de Jésus-Christ, le rachat par son sacrifice expiatoire, etc.

 

Quelle est la base ?

 

          Jésus dit : « C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison : elle n’est point tombée, parce qu’elle était fondée sur le roc. » (Matthieu 7.24-25)

          La base est la parole de Dieu, la parole de Christ, qui implique notre écoute et notre obéissance.

          Jésus dit encore : « Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison : elle est tombée, et sa ruine a été grande. » (Matthieu 7.26-27)

          Le sable n’est ni plus ni moins que de la roche désagrégée, réduite en grain. Bâtir sur le sable, c’est édifier sa vie sur la parole de Dieu désagrégée. On jongle alors avec la vérité divine, on en prend et on en laisse, on y ajoute ou on en retranche, on arrondit certains angles, on assouplit, on adapte, on modernise…

 

          Jésus posa la question : « Pourquoi m’appelez-vous Seigneur, Seigneur ! et ne faites-vous pas ce que je dis ? Je vous montrerai à qui est semblable tout homme qui vient à moi, entend mes paroles, et les met en pratique. Il est semblable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profondément [le second mot grec traduit par « creusé » n’est pas le même que le premier ; il signifie « approfondi »], et a posé le fondement sur le roc. Une inondation est venue, et le torrent s’est jeté contre cette maison, sans pouvoir l’ébranler, parce qu’elle était bien bâtie. » (Luc 6.46-48) Et il ajouta : « Mais celui qui entend, et ne met pas en pratique, est semblable à un homme qui a bâti sa maison sur la terre [le texte grec dit : « sur le sol »], sans fondement... » L’apostasie consiste à bâtir sur la terre ! Superficialité, légèreté, insouciance sont l’apanage des chrétiens apostats. Par ailleurs, ce sont les opinions du monde, ses pensées, son style de vie, son langage, ses loisirs qui gouvernent leur existence.

 

          En découvrant le vrai visage de l’apostasie, nous discernerons mieux les dangers bien présents, bien réels, qui menacent aujourd’hui l’Église de Jésus-Christ.

 

Les champs et les bornes

 

          La Parole de Dieu nous dévoile une autre image de l’apostasie. Dans le livre des Proverbes, Dieu déclare : « Ne déplace pas la borne ancienne, que tes pères ont posée. » (Proverbes 22.28) Le texte hébreu dit : « Que tu ne déplaces pas la limite de toujours » ! Cette pensée est tellement importante qu’elle est répétée quelques lignes plus loin : « Ne déplace pas la borne ancienne, et n’entre pas dans le champ des orphelins. » (Proverbes 23.10) Une telle pensée avait déjà été exprimée, bien longtemps auparavant, par la bouche de Moïse : « Tu ne reculeras point les bornes de ton prochain, posées par tes ancêtres, dans l’héritage que tu auras au pays dont l’Éternel, ton Dieu, te donne la possession. » (Deutéronome 19.14) Or, il suffit que Dieu donne des ordres pour que la nature déchue de l’homme ait envie de désobéir. A l’époque de Job, on faisait ce constat : « On déplace les bornes, on vole des troupeaux. » (Job 24.2) Une malédiction s’attachait à celui qui transgressait cette ordonnance divine : « Maudit soit celui qui déplace les bornes de son prochain ! Et tout le peuple dira : Amen ! » (Deutéronome 27.17) « Tout le peuple dira... » ; il n’y avait pas de place pour nuancer cet ordre divin, arrondir les angles, modifier un peu la pensée divine. Non, Dieu n’avait pas donné la possibilité d’émettre des opinions ou des points de vue personnels.

 

          Une propriété acquise était délimitée par des bornes. On en connaissait les dimensions et la surface exactes. Les générations suivantes ne devaient pas céder au mauvais désir de changer ces choses en déplaçant ou en reculant les bornes, d’une part pour amoindrir le bien du prochain et par voie de conséquence pour augmenter son propre bien. Les bornes fixaient « la limite de toujours », « posée par les ancêtres ».

 

          Déplacer les bornes équivalait à un vol. Une telle attitude pouvait être engendrée par l’égoïsme, l’avarice, l’envie, l’ambition de ceux qui voulaient ajouter maison à maison, champ à champ (voyez Esaïe 5.8), l’orgueil, la jalousie, la méchanceté…

 

          Si nous appliquons cette parole du Seigneur au domaine de la vie spirituelle, elle prend une tout autre dimension. Nous sommes le champ de Dieu, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul : « Vous êtes le champ de Dieu, l’édifice de Dieu » (1 Corinthiens 3.9) Pour ce qui est du champ, Dieu y a placé des bornes. Pour l’édifice, Dieu a posé des fondements. Qui aurait l’audace de modifier les dimensions fixées par Dieu ? Qui aurait l’arrogance de s’attaquer aux fondements divins ? C’est, hélas, ce que fait et fera l’apostasie, de plus en plus effrontément, dans les temps de la fin.

 

La nouvelle Jérusalem

 

          La nouvelle Jérusalem – qui symbolise l’Église – nous est présentée dans le livre de l’Apocalypse comme une ville ayant des dimensions précises (même si ces précisions sont symboliques) ; Jean écrit : « Celui qui me parlait avait pour mesure un roseau d’or, afin de mesurer la ville, ses portes, et sa muraille. La ville avait la forme d’un carré, et sa longueur était égale à sa largeur. Il mesura la ville avec le roseau, et trouva 12 000 stades [environ 2 000 km] ; la longueur, la largeur et la hauteur en étaient égales. Il mesura la muraille, et trouva 144 coudées, mesure d’homme, qui était celle de l’ange. » (Apocalypse 21.15-17)

 

          Notons également que non seulement la nouvelle Jérusalem a des dimensions précises, mais elle a aussi des fondements...antiques : « La muraille de la ville avait douze fondements, et sur eux les douze noms des douze apôtres de l’Agneau. » (Apocalypse 21.14)

 

          Les fondements sont en rapport avec la muraille, image de protection. Quelle protection peuvent avoir les croyants qui abandonnent les fondements de la Parole de Dieu ? Ne déplaçons pas ce qui appartient à Dieu, ce qui touche au domaine de Dieu. Ces « bornes » et ces « fondements » ont été posés par les ancêtres : les apôtres et les prophètes, selon qu’il est écrit : « Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. » (Éphésiens 2.20)

 

          Nous comprenons mieux alors les dangers qui menacent l’Église de Christ aujourd’hui. Ils sont de deux sortes : les dangers extérieurs et les dangers intérieurs. Il est indispensable de les identifier et de savoir comment s’en protéger, et comment les vaincre. C’est ce dont nous parlerons dans notre prochain article.

 

Paul BALLIERE

www.batissezvotrevie.fr

 

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Commentaires: 2
  • #1

    Rene (lundi, 15 avril 2019 08:50)

    Amen

  • #2

    Pico (mardi, 16 avril 2019 21:45)

    Gloire à dieu