LES DOUZE PIERRES A GUILGAL

 

LES DOUZE PIERRES A GUILGAL

 

Lecture biblique : Josué 4.1-8,20-24

 

          Dans le chapitre précédent, nous avons vu que la foi en Christ nous apprend (après une expérience souvent aussi longue que les quarante années du désert pour Israël) la délivrance de notre ancien état et notre introduction dans un nouvel état en Christ. L’âme depuis longtemps travaillée, apprend enfin – et c’est Dieu qui le révèle à la foi – que ce qu’elle cherchait inutilement à atteindre ne reste pas à faire, mais est un fait actuel, un fait accompli en Christ par la foi.

          Quand l’âme fait cette découverte, elle apprend que la délivrance – inaccessible pour elle – Dieu l’avait déjà opérée par Christ et en lui. Ce n’est pas une chose à accomplir ; c’est un fait accompli, que l’âme découvre et s’approprie, comme étant préparé depuis longtemps pour la foi. Alors, dans le calme et la paix qui remplissent son âme, le croyant peut dire : « Désormais je suis mort, parce que je suis en Christ ; mort avec Christ ; mort au péché, à la loi, au monde ; et je vis, non pas moi, mais Christ vit en moi, selon ce que déclare l’apôtre Paul : « J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi » (Galates 2.20) ; et encore : « Il [Christ] est mort, et c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes ; il est revenu à la vie, et c’est pour Dieu qu’il vit. Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ » (Romains 6.10-11). Dans sa lettre aux Galates, Paul écrit : « Pour ce qui me concerne, loin de moi la pensée de me glorifier d’autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui [ou par laquelle] le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde » (Galates 6.14)

 

          C’est une vérité qui n’est pas du domaine de l’intelligence, que le raisonnement n’explique pas. Que d’âmes sincères qui cherchent à s’emparer de l’affranchissement de leur nature charnelle par leurs propres efforts ! Qu’arrive-t-il alors ? Lorsque, après bien des luttes, des résolutions, des promesses, elles croyaient avoir remporté la victoire sur elles-mêmes, il suffisait d’un court instant pour voir s’échapper ce qu’elles croyaient tenir, comme la rosée du matin qui très vite se dissipe.

 

Le désert avant le Jourdain

 

          L’affranchissement du péché, de notre moi, ne peut se trouver qu’à la suite de notre expérience en la chair ; et sans cette expérience, l’affranchissement n’est pas connu, pas plus qu’il n’y a eu de Jourdain pour Israël, avant le désert.

          Comprenons, bien-aimés en Christ, que l’affranchissement dont nous parlons n’est pas une expérience mais un état saisi par la foi. La rédemption a été saisie comme une œuvre accomplie en dehors de nous-mêmes, d’où son caractère expérimental. L’affranchissement de la chair résulte, lui, de notre regard sur Jésus. Nous nous voyons en Christ, nous contemplons les conséquences glorieuses de cette position en notre bien-aimé Seigneur. C’est ainsi que nous jouissons d’un état de réel affranchissement.

 

Les douze pierres à Guilgal

 

          Telle est la signification du Jourdain pour nous. Dieu veut que nous ayons continuellement sous les yeux de la foi le mémorial de cette victoire.

          Josué commanda aux représentants des douze tribus d’Israël, de prendre douze pierres du milieu du Jourdain, du lieu où les sacrificateurs s’étaient arrêtés de pied ferme. A plusieurs reprises, dans les Ecritures, un monument de pierres était souvent utilisé pour rappeler de génération en génération le souvenir des hauts faits du Seigneur, de sa délivrance et de sa grâce envers son peuple.

          Ces pierres dressées à Guilgal devaient être un signe parmi les enfants d’Israël. Elles devaient être posées au lieu où le peuple passerait sa première nuit dans la terre de Canaan.

 

          Que signifiaient ces pierres ? Elles représentaient les douze tribus, le peuple arraché de la mort en présence de l’arche de l’Éternel. Cette arche s’était tenue au lieu même duquel il fallait être délivré. Les eaux du Jourdain avaient été coupées par la puissance de Dieu pour qu’Israël franchisse le fleuve.

          Mais ces pierres devinrent un monument à l’entrée même de Canaan, en Guilgal, dans un endroit où le peuple aurait à revenir toujours (nous l’étudierons plus tard). Elles étaient un signe destiné à être désormais constamment sous les yeux des Israélites et sous les yeux de leurs enfants.

 

          Chers amis chrétiens, comme Israël, nous sommes ces trophées de la victoire remportée sur les eaux impétueuses du « fleuve ». Christ s’est placé dans la mort, parce que nous y étions ! Rappelez-vous la parole de l’apôtre Paul : « L’amour de Christ nous presse, parce que nous estimons que, si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts » (2 Corinthiens 5.14). C’est afin que nous soyons sortis de la mort et amenés à une vie nouvelle dans sa propre résurrection. N’est-ce pas ce que l’Écriture rappelle à notre foi ? « Dieu qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c’est par grâce que vous êtes sauvés) ; il nous a ressuscités ensemble » (Éphésiens 2.4-6).

 

          Il y a là, au-delà du Jourdain, le monument de cette œuvre mémorable, établi en permanence pour servir de nourriture à la foi d’Israël ; monument que le peuple retrouvera toujours à l’entrée de Canaan. Pour nous, c’est Christ, objet de notre foi, le premier-né d’entre les morts, ressuscité et assis dans les lieux célestes, qui nous représente là et nous associe à lui dans sa vie de résurrection, comme il fut associé à nous dans la mort.

 

          Or Dieu veut que son Fils bien-aimé, placé ainsi devant nos yeux, produise une vie spirituelle puissante et victorieuse. Il désire que notre conscience soit engagée et sanctifiée de façon durable par cette contemplation de Christ. « Ces pierres serviront de mémorial aux fils d’Israël pour toujours », dit l’Éternel. Le croyant ressuscité avec Christ porte sur lui le caractère ineffaçable de sa mort. Si telle est ma place en Christ, puis-je vivre encore avec les choses que j’ai délaissées, que Christ a laissées au fond du « Jourdain » ? « Il [Christ] est mort, et c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes ; il est revenu à la vie, et c’est pour Dieu qu’il vit. Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ » (Romains 6.10-11)

 

          Les douze pierres en Guilgal sont donc, non seulement notre mort et notre résurrection avec Christ – le Jourdain signifiait symboliquement et prophétiquement cela – mais le mémorial de cette mort et de cette résurrection, vu en Christ ressuscité et entré dans la gloire. Ce monument nous rappelle ce que nous devons être désormais.

          Au Jourdain, Dieu nous déclare morts, et c’est la part de tout le peuple ; tout chrétien authentique est mort et ressuscité avec Christ.

          A Guilgal, les douze pierres dressées en monument en sont la réalisation spirituelle, concrète et pratique, au quotidien.

          Tous avaient passé le Jourdain, mais combien étaient empreints de la signification du monument de Guilgal, et de ses pierres parlantes ? Ces pierres qui nous projettent, nous les croyants du XXI° siècle, dans une glorieuse réalité, et qui ne cessent de nous dire : « Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ ».

 

Paul BALLIERE

www.batissezvotrevie.fr

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Hanja RAMANANARIVO (jeudi, 11 juillet 2019)

    Je suis morte et ressuscitée en Christ. Christ est ma vie ! Si je vis c'est pour lui, si je meurs c'est pour lui.