LES DOUZE PIERRES AU MILIEU DU JOURDAIN

 

LES DOUZE PIERRES AU MILIEU DU JOURDAIN

 

          Dans notre précédent article, nous avons parlé des douze pierres dressées à Guilgal (Josué 4.1-8). Elles représentaient les douze tribus du peuple d’Israël, arrachées de la mort en présence de l’arche de l’Éternel. Cette arche s’était tenue au lieu même duquel il fallait être délivré. Les eaux du Jourdain avaient été coupées par la puissance de Dieu pour qu’Israël franchisse le fleuve.

          Mais ces pierres devinrent un monument à l’entrée même de Canaan, en Guilgal, dans un endroit où le peuple aurait à revenir toujours. Elles étaient un signe destiné à être désormais constamment sous les yeux des Israélites et sous les yeux de leurs enfants.

 

          Un autre monument a été édifié sur l’ordre de l’Éternel. Douze autres pierres ont été dressées par Josué au milieu du Jourdain. Ce monument devait parler au cœur du peuple de Dieu.

          Qui pouvait voir ces pierres ? Quels yeux auraient pu les regarder alors que les eaux du Jourdain coulaient par-dessus, recouvrant les rivages du fleuve ? Elles n’étaient connues que de l’expérience de la foi. Quel en était le symbole ? Elles étaient en quelque sorte le monument de la mort.

 

          Les pierres dressées à Guilgal étaient le symbole d’une vie de résurrection, qui avait traversé la mort et en portait les insignes et le caractère. L’apôtre Paul écrit : « ...vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l’a ressuscité des morts » (Colossiens 2.12) ; et encore : « il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Jésus-Christ, afin de montrer dans les siècles à venir l’infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus-Christ » (Éphésiens 2.6-7). Les pierres en Guilgal étaient, en type, le monument de l’introduction par Christ dans nos privilèges ; privilèges dans lesquels nous n’entrons qu’après avoir passé par la mort avec lui. L’Écriture déclare : « Si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui » (2 Timothée 2.11) ; et aussi : « ...afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie » (Romains 6.4).

          Par contre, les douze pierres dans le Jourdain nous rappellent la communion à laquelle Christ nous appellent ; la communion avec lui dans sa mort. « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort » (Romains 6.3-4).

          Chère âme, voudrais-tu retourner t’asseoir, pour ainsi dire, au bord du « Jourdain », le fleuve de la mort, et dire : « Voilà ma place ; c’est là que je me trouvais ; c’est là que mon Sauveur est entré pour moi. Il m’a délivré du péché, de ma vieille nature ; il l’a laissée avec sa propre vie au fond du « Jourdain ». J’ai été enseveli dans la personne de Christ. « Nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort...notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché ; car celui qui est mort est libre du péché...Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ » », écrit l’apôtre (Romains 6.5, 6, 7, 11).

          Oh, mon Sauveur bien-aimé, qui t’obligeait à prendre cette place maudite ? Toi seul, le Saint, le Juste, l’Innocent, parfait pour l’éternité, avais le droit de ne jamais l’occuper. Toi seul, ayant donné ta vie, avais le droit de la reprendre. Mais ton amour infini pour l’être souillé et corrompu que je suis, t’a fait boire jusqu’à la lie l’amertume de la croix. Quelle autre raison, si ce n’est encore la gloire du Dieu saint que j’avais déshonoré, n’a pu te faire descendre des gloires célestes jusqu’au sépulcre d’une terre dépravée ? Tu as victorieusement arrêté pour moi les eaux du « Jourdain », en livrant seul le combat, « jusqu’à l’entière exécution de ce que l’Éternel avait ordonné », et que ton peuple tout entier se hâte de passer (Josué 4.10). Mais plus encore : ces eaux elles-mêmes ont passé sur toi, selon que l’avait annoncé l’Écriture : « Un flot appelle un autre flot au bruit de tes ondées ; toutes tes vagues et tous tes flots passent sur moi » (Psaume 42.8). Je peux contempler, dans ces douze pierres du Jourdain, ce que la mort a représenté pour ton âme pure. J’y retrouve le souvenir de l’absinthe versée dans le calice du Calvaire.

 

          Les douze pierres « y sont restées jusqu’à ce jour » (Josué 4.9). Le « monument » reste, la croix demeure, témoignage éternel d’un amour que j’ai appris à connaître là, témoignage aussi de la seule place où Dieu puisse mettre tout ce qui est de ma vieille nature.

 

          Remarquons encore le verset 18 de ce chapitre 4 : « Lorsque les sacrificateurs qui portaient l’arche de l’alliance de l’Éternel furent sortis du milieu du Jourdain, et que la plante de leurs pieds se posa sur le sec, les eaux du Jourdain retournèrent à leur place, et se répandirent comme auparavant sur tous ses bords. »

          Le Jourdain était autrefois un obstacle, empêchant Israël d’entrer en Canaan. L’obstacle a été « renversé » par l’arche de l’Éternel qui a frayé le chemin pour le peuple de Dieu. Désormais, le même Jourdain est devenu, après le passage du peuple, ce qui le séparait de la lointaine Égypte et du désert de Sinaï.

          Que signifient ces choses pour moi aujourd’hui ? La sentence est exécutée, le vieil homme crucifié, la condamnation passée, la mort vaincue. Cependant, la mort vaincue reste. Elle me délivre constamment de moi-même.

 

          Suis-je satisfait d’en avoir fini avec ce qui est humain, charnel, en un mot avec moi-même ? S’il en est autrement, il n’y a pas pour moi de jouissance durable dans mon « Canaan » spirituel. Que je puisse, comme Paul, aspirer de tout mon être à « connaître Christ, et la puissance de sa résurrection [les douze pierres à Guilgal], et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort [les douze pierres au milieu du Jourdain], pour parvenir, si je puis, à la résurrection d’entre les morts » (Philippiens 3.10-11) !

          Alors, je pourrais proclamer la victoire : « J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi » (Galates 2.20).

 

Paul BALLIERE

www.batissezvotrevie.fr

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Francis (samedi, 12 octobre 2019 14:20)

    Merci pour ce message qui nous édifie. Que Dieu vous garde et vous guide toujours pour notre bien, car vous éclairez pour nous ce qui est dans l'ombre dans la première alliance, et donne de la puissance à la Parole de Dieu dans l'alliance actuelle. Par égard à votre humilité qui est certaine, c'est notre Seigneur à qui je rends grâce pour le don qu'il nous fait à travers vous, par son Saint Esprit. Merci Seigneur pour les serviteurs que tu as honorés de ton onction, pour le bien de Ton Église.