LA CLEF DE DAVID

 

LA CLEF DE DAVID

 

          « Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n’ouvrira : Je connais tes œuvres. Voici, parce que tu as peu de puissance, et que tu as gardé ma parole, et que tu n’as pas renié mon nom, j’ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer.» (Apocalypse 3.7-8)

 

          Ce verset de l’Apocalypse fait allusion à un passage d’Esaïe 22.22, relatif à la fonction de l’intendant du palais et rapporté par la tradition juive au Messie lui-même : « Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David : quand il ouvrira, nul ne fermera ; quand il fermera, nul n’ouvrira ».

 

          « Sur son épaule » : Les clés d’alors, lourdes et de grandes dimensions, étaient souvent portées sur l’épaule.

          « La clef » : « En Orient (Juges 3.25), pièce de bois servant à soulever ou à mouvoir la barre assujettie derrière la porte ; la clef ne se tournait pas. » (Nouveau dictionnaire biblique)

          « Les portes des anciens hébreux étaient fermées au moyen de barres de bois ou de fer... Les verrous, d’ordinaire en bois, mesuraient de 30 à 60 cm, pour les portes extérieures, et de 15 à 20 cm environ pour les portes intérieures. Le verrou glissait dans une pièce creuse, percée dans sa partie supérieure, de 4 à 9 orifices ; ces derniers laissaient passer des chevilles de bois ou de fer qui permettaient de fixer le verrou grâce à des trous correspondant (Juges 3.23). La clef avait un même nombre de saillies ; introduite de façon à être placée sous les chevilles, elle les soulevait et faisait reculer le verrou (Cantique des cantiques 5.5). Les clefs pouvaient mesurer de 15 à 60 cm de long ; elles étaient parfois si lourdes qu’elles constituaient la charge d’un homme. C’est d’une clef semblable qu’Esaïe dit : « Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David » (Nouveau dictionnaire biblique).

          « On se sert encore en Orient de grosses clefs de bois, que l’on porte sur l’épaule. La charge, symbolisée par la clef, est d’ailleurs envisagée aussi comme un fardeau qui repose sur l’épaule (voyez Esaïe 9.5) » (Frédéric Godet, Bible annotée, AT 7).

 

          « La clef de la maison de David : signe de la puissance suprême : nul ne pourra, sans sa permission, entrer dans la maison royale, ou en sortir, y remplir quelque fonction, ou avoir une audience du roi. Même figure pour représenter la toute-puissance de Christ. » (Frédéric Godet, Bible annotée, AT 7)

 

          Le contexte de ce passage du livre d’Esaïe nous enseigne que, « comme la clef de la forteresse de Sion, du palais de David, fut confiée à Eliakim, en signe du pouvoir qu’il devait exercer, de même, dans le royaume de Dieu, toute puissance a été donnée à Jésus-Christ. « Jésus, s’étant approché, leur parla ainsi : Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. » (Matthieu 28.18) Quand il ouvre une porte (Apocalypse 3.8) dans le monde et dans les âmes pour y faire pénétrer l’Évangile de sa grâce, personne ne peut la fermer ; mais aussi quand il ferme, pour rendre vains tous les efforts des adversaires, personne n’ouvre. Avec cette double conviction, son Église ne saurait être découragée ; elle est invincible. » (Louis Bonnet, Bible annotée, NT 4)

 

          « Ce verset (Apocalypse 3.7) nous renvoie tout naturellement à une déclaration faite par Esaïe, lors de la période tourmentée de l’invasion de Juda par le roi d’Assyrie, sous le règne d’Ézéchias ; Jérusalem était menacée. Or, à ce moment-là, un certain Schebna avait usurpé l’office de gouverneur du palais royal. Il avait même poussé l’audace jusqu’à se creuser un sépulcre dans le roc, comme pour marquer sa prétention d’appartenir à la classe riche, et son intention de s’incruster dans sa place de gouverneur jusqu’à sa mort. Dieu envoya alors le prophète Esaïe pour dénoncer cet imposteur, et révéler en même temps l’instrument choisi, celui à qui il allait confier le pouvoir et l’autorité (Esaïe 22.20-22).

          « Dans l’Écriture, la clé est toujours un symbole d’autorité. Au-delà d’Eliakim – dont le nom signifie « Dieu est en train d’établir » - l’Esprit de Dieu entrevoyait Jésus-Christ, celui qui rétablira toutes choses, celui à qui Dieu remettra un jour le pouvoir universel, le Fils de David qui aura bientôt autorité sur le monde […] Effectivement, il possède seul le pouvoir d’admettre ou d’exclure, d’ouvrir le ciel ou de le fermer, d’associer quelqu’un à son règne ou de l’en priver. » (John H. Alexander)

 

Paul BALLIERE

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