EST-IL BIBLIQUE QUE LA FEMME EXERCE UN MINISTÈRE DANS L’ÉGLISE ?

 

EST-IL BIBLIQUE QUE LA FEMME EXERCE

UN MINISTÈRE DANS L’ÉGLISE ?

 

          Je suis étonné que l’on pose une telle question. En effet, la Parole de Dieu est très claire à ce sujet, et elle ne nous cache rien de la manière dont l’Église primitive était organisée.

 

Les femmes n’étaient pas tenues à l’écart

 

          Le livre des Actes et les épîtres de Paul nous montrent que les femmes n’étaient pas systématiquement tenues à l’écart, comme on le croit quelquefois, et que certaines d’entre elles, ont eu une grande part d’activité dans les Églises fondées par les apôtres.

 

          Le siège de la première église établie par Paul en Europe, dans la ville de Philippes, se trouvait dans la maison de Lydie : « Le jour du sabbat, nous nous rendîmes, hors de la porte, vers une rivière, où nous pensions que se trouvait un lieu de prière. Nous nous assîmes, et nous parlâmes aux femmes qui étaient réunies. L'une d'elles, nommée Lydie, marchande de pourpre, de la ville de Thyatire, était une femme craignant Dieu, et elle écoutait. Le Seigneur lui ouvrit le cœur, pour qu'elle fût attentive à ce que disait Paul. Lorsqu'elle eut été baptisée, avec sa famille, elle nous fit cette demande: Si vous me jugez fidèle au Seigneur, entrez dans ma maison, et demeurez-y. Et elle nous pressa par ses instances...Quand ils [Paul et Silas] furent sortis de la prison, ils entrèrent chez Lydie, et, après avoir vu et exhorté les frères, ils partirent. » (Actes 16.13-15, 40)

 

          Dans l’épître adressée à cette même Église de Philippes, Paul mentionne deux autres femmes parmi ses collaboratrices, Evodie et Syntyche : « J'exhorte Évodie et j'exhorte Syntyche à être d'un même sentiment dans le Seigneur. Et toi aussi, fidèle collègue, oui, je te prie de les aider, elles qui ont combattu pour l'Évangile avec moi, et avec Clément et mes autres compagnons d’œuvre, dont les noms sont dans le livre de vie. » (Philippiens 4.2-3) Ces paroles de l’apôtre indique que certaines femmes ont eu une activité importante dans l’œuvre de Dieu, parfois non exempte de dangers et de souffrances, au service du Seigneur.

 

          Parmi les premiers membres d’une autre Église d’Europe, Athènes, il est relevé deux noms ; et, sur les deux, figure celui d’une femme : Damaris. Pour être ainsi désignée, il faut que cette dernière y ait eu quelque activité : « Quelques-uns néanmoins s'attachèrent à lui [Paul] et crurent, Denys l'aréopagite, une femme nommée Damaris, et d'autres avec eux. »

 

          A Corinthe, c’est une femme nommée Chloé qui a fait avertir l’apôtre Paul, alors absent, des dissentiments graves qui divisaient l’Église. Cette intervention montre en Chloé une femme d’esprit énergique, qui ne craignait pas de prendre des initiatives : « Car, mes frères, j'ai appris à votre sujet, par les gens de Chloé, qu'il y a des disputes au milieu de vous. » (1 Corinthiens 1.11)

 

          Priscille et Aquilas, mari et femme, sont mentionnés plusieurs fois dans la Parole de Dieu :

          « Il [Paul ] y trouva un Juif nommé Aquilas, originaire du Pont, récemment arrivé d'Italie avec sa femme Priscille, parce que Claude avait ordonné à tous les Juifs de sortir de Rome. Il se lia avec eux...Il [ Apollos] se mit à parler librement dans la synagogue. Aquilas et Priscille, l'ayant entendu, le prirent avec eux, et lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu. » (Actes 18.2, 26)

          « Saluez Prisca et Aquilas, mes compagnons d’œuvre en Jésus Christ. » (Romains 16.3)

          « Salue Prisca et Aquilas, et la famille d'Onésiphore. » (2 Timothée 4.19)

          « Les Églises d'Asie vous saluent. Aquilas et Priscille, avec l'Église qui est dans leur maison, vous saluent beaucoup dans le Seigneur. » (1 Corinthiens 16.19)

          Vous aurez remarqué que dans deux de ces passages, le nom de la femme, Priscille (ou Prisca), précède celui d’Aquilas, ce qui est tout à fait contraire aux habitudes du temps et témoigne de la haute estime dans laquelle Paul tenait Priscille.

 

          C’est encore une femme, Phœbé, que l’apôtre Paul a chargé de porter à ses destinataires une de ses plus importantes lettres, l’épître aux Romains. Il parle d’elle avec une affectueuse reconnaissance et signale aux Chrétiens de l’Église de Rome son activité : « Je vous recommande Phœbé, notre sœur, qui est diaconesse de l'Église de Cenchrées, afin que vous la receviez en notre Seigneur d'une manière digne des saints, et que vous l'assistiez dans les choses où elle aurait besoin de vous, car elle a donné aide à plusieurs et à moi-même. » (Romains 16.1-2)

 

          Dans les salutations qui terminent l’épître aux Romains, à côté de Priscille et de Phœbé, Paul cite encore bien d’autres femmes : Marie (16.6), Perside (16.12), la mère de Rufus (16.13) Julie, la sœur de Nérée, et Olympe (16.15). Il est à remarquer qu’il ne leur fait pas une place à part ; mais que leurs noms viennent mélangés à ceux des hommes, et que rien n’indique dans l’esprit de l’apôtre qu’il fasse une différence sur la qualité et l’importance de leur service pour Christ. Pour ce qui est de Perside, par exemple, Paul dit : « Elle m’est très chère et a beaucoup travaillé pour le Seigneur ».

 

          L’apôtre Paul ne fut pas l’adversaire acharné du ministère féminin, comme certains se plaisent à le dépeindre. Il y eut bien des femmes autour de l’apôtre, parmi ses compagnons d’œuvre ; il savait apprécier leurs travaux, leurs sacrifices, leur engagement ; il ne les oubliait pas et parlait d’elles avec tact, délicatesse, affection, et reconnaissance.

 

Durant le ministère terrestre de Jésus

 

          Jésus lui-même avait donné l’exemple. Il y avait, parmi ceux qui l’accompagnaient et l’assistaient de leurs biens, le groupe formé par celles qu’on a appelées « les saintes femmes ». Il est remarquable que le Seigneur ressuscité a chargé une femme, Marie-Madeleine, d’aller apporter la triomphale nouvelle de sa victoire sur la mort : « Jésus lui dit: Ne me touche pas; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » (Jean 20.17)

 

          Après l’ascension de Jésus, les disciples prièrent, dans l’attente du baptême du Saint-Esprit, avec les femmes, et Marie, la mère de Jésus : « Tous d'un commun accord persévéraient dans la prière, avec les femmes, et Marie, mère de Jésus, et avec les frères de Jésus. » (Actes 1.14)

 

Une véritable révolution

 

          Quant on se rapporte à l’époque et que l’on sait dans quel mépris et dans quel éloignement la femme était tenue dans tous les domaines qui ne concernaient pas strictement son foyer, on voit dans tous les faits qui viennent d’être rappelés ci-dessus, les indices d’une véritable révolution. L’Église primitive a fait aux femmes – les textes que nous avons cités le prouvent – une place qu’elles n’avaient jamais occupée nulle part. La considération dont elles étaient entourées, la situation reconnue à certaines d’entre elles comme compagnons d’œuvre des apôtres, tout cela est quelque chose d’absolument nouveau.

 

          D’ailleurs, cette pratique s’appuie sur la doctrine. A propos de l’égalité homme femme dans le plan de salut de Dieu, Paul écrit : « ...Il n’y a plus ni homme, ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. » (Galates 3.28) Autrement dit, au point de vue spirituel, l’homme et la femme, rachetés l’un et l’autre par le sang de Jésus-Christ, sont égaux. D’ailleurs, la prophétie de Joël, citée par l’apôtre Pierre, le jour de la Pentecôte, déclarait : « Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront...Oui sur mes serviteurs et sur mes servantes, dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit. » (Actes 2.17-18)

 

Une femme peut-elle exercer le ministère de la Parole ?

 

          Pour reprendre la liste des « ministères-dons », comme les théologiens pentecôtistes les ont appelés, une femme peut-elle être « apôtresse » (pardonnez-moi le néologisme), ou « prophétesse », ou évangéliste, ou « pasteure-doctoresse » ? Une femme peut-elle exercer le ministère d’ « ancienne » ?

 

          Là encore, je suis étonné que l’on puisse poser de telles questions. La Parole de Dieu, permanente, immuable, est tout aussi claire sur cette question que sur la précédente.

 

          Lorsque Jésus dut établir les douze apôtres, il passa toute la nuit à prier Dieu (Luc 6.12-16). Il avait besoin de tout le conseil et de toute la direction du Père céleste, notamment pour faire choix de Judas ! Aucune femme n’a figuré dans l’élection divine ; pourtant, comme nous l’avons souligné ci-dessus, celles qui le suivaient et l’assistaient, ne manquaient pas, sans nul doute, de qualités morales et spirituelles. Certaines d’entre elles sont allées jusqu’au Golgotha, à l’heure de la crucifixion, alors que les apôtres, à l’exception de Jean, avaient pris la fuite dans le jardin de Gethsémané et n’avaient pas reparu !

 

          Lorsque Jésus étendit le nombre de ses envoyés, de douze à soixante-dix, et qu’il les envoya deux à deux, aucune femme ne fait partie de cette « désignation » divine (Luc 10.1).

 

          Lorsqu’il s’est agi de remplacer le traître Judas dans le groupe des douze, deux hommes furent présentés : Joseph et Matthias. C’est ce dernier qui fut associé aux onze apôtres. N’en doutez pas, des femmes de grande qualité spirituelle étaient au nombre des disciples de Christ, mais le ministère apostolique requérait une autorité et une responsabilité masculines.

 

          Quant au ministère d’ancien, nous ne trouvons aucun exemple scripturaire de candidature féminine. Il existait dans l’Église primitive des diacres et des diaconesses ; mais nous ne trouvons pas trace d’ « anciennes » ayant la responsabilité de surveiller, de paître, d’enseigner le troupeau du Seigneur. Quelques textes de l’Écriture sont, on ne peut plus clair, sur le sujet :

          « Cette parole est certaine : Si quelqu’un aspire à la charge d’évêque, il désire une œuvre excellente. Il faut donc que l’évêque soit irréprochable, mari d’une seule femme... » (1 Timothée 3.1-2). Vous ne trouverez aucun texte biblique où il soit recommandé : « Il faut que l’évêque [femme] soit irréprochable, femme d’un seul mari... » Paul écrit à Tite : « Je t’ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens [non des anciennes] dans chaque ville, s’il s’y trouve quelque homme [et non pas quelque femme] irréprochable... » (1.5-6)

 

          Pour ce qui est du ministère de la Parole de Dieu, je défie qui que ce soit de trouver dans l’histoire de la première Église, rapportée dans les Saintes Écritures, un seul exemple d’une femme qui ait exercé le ministère d’apôtre, ou de prophète, ou d’évangéliste, ou de pasteur-docteur, ni même d’ancien. Il n’y en a pas.

 

          L’Écriture va plus loin. « Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence. » (1 Timothée 2.12) Nous pourrions nous étendre sur l’argumentation paulinienne, inspirée par le Saint-Esprit, dans les versets suivants, pour justifier de telles directives divines, mais à quoi bon ? La Parole de Dieu est limpide. Elle « ne permet pas à la femme d’enseigner dans l’Église, ni d’y déployer aucune activité publique » (L. Bonnet, Bible annotée, AT 3).

 

Quand l’argumentation ne craint pas le ridicule…

 

          Les farouches défenseurs du sacerdoce féminin dans l’Église, n’hésitent pas à puiser des exemples dans l’Ancien Testament. Ils mettent en avant Débora, prophétesse, juge (Juges 4.4), et qui s’est levée comme une mère en Israël (Juges 5.7) dans un temps où les chefs étaient sans force, et Barak timoré (Juges 5.7, 4.6-9). Mais comment des exégètes scrupuleux, soucieux d’exactitude, pourraient-ils mélanger ancienne et nouvelle alliance, dispensation de la loi et dispensation de la grâce, Israël et l’Église ? D’ailleurs, l’épître aux Hébreux peut faire sourire les uns, et grincer des dents les autres lorsque, parlant des héros de la foi, elle mentionne Barak et « oublie » Débora ? « Et que dirai-je encore ? Car le temps me manquerait pour parler de Gédéon, de Barak, de Samson... » (Hébreux 11.32)

 

          Mais le Nouveau Testament ne nous parle-t-il pas de Marie-Madeleine ? Certains Mouvements évangéliques et pentecôtistes ont attendu près d’un siècle pour découvrir chez cette humble servante de Christ un réel ministère d’évangéliste ! « Va trouver mes frères » lui dit Jésus, le jour de sa résurrection, « et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu ». Jean ajoute : « Marie de Magdala alla annoncer aux disciples qu’elle avait vu le Seigneur, et qu’il lui avait dit ces choses » (Jean 20.17-18). Si Marie-Madeleine reçut ce jour-là un ministère d’évangéliste, l’ordination a été expresse, pour ne pas dire expéditive. Et comment se fait-il que l’on n’entende plus jamais parler d’elle dans l’Église primitive ?

          Tout accueil sérieux de l’Écriture portera le lecteur à considérer que la « mission » de Marie-Madeleine a été circonscrite dans le temps et l’espace : le temps de ce jour de résurrection du Maître ; l’espace : le cercle restreint du groupe apostolique. Quant au « message » : l’information, certes glorieuse, de la rencontre avec le Christ vivant.

          Aller plus loin que l’Écriture, c’est verser allègrement dans le ridicule.

 

Qualifications humaines ou organisation divine ?

 

          Si le ministère de la Parole de Dieu n’est pas destinée aux femmes, ce n’est pas qu’elles n’en soient pas capables. Loin s’en faut. Je suis pleinement persuadé que certaines femmes chrétiennes, de par la profondeur de leur communion avec Christ, l’étendue de leurs connaissances bibliques, la valeur de leurs diverses expériences, leur équilibre, leur sagesse, leur caractère bien trempé, auraient la capacité d’exercer l’un des ministères de la Parole de Dieu. Mais cela ne leur est pas permis. « Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. Et Dieu a établi dans l’Église [et nous avons vu comment et avec qui] premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs... » (1 Corinthiens 12.27-28) Ainsi, il n’est pas question de débattre sur les qualifications, encore moins sur l’organisation ecclésiale, telle que la sagesse de Dieu a voulu l’établir.

 

          La sécurité de l’Église, au fil des siècles, a toujours été de s’en tenir à l’Écriture. Il n’en sera pas autrement dans cette fin des temps.

 

Paul BALLIERE

www.batissezvotrevie.fr

 

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Commentaires: 6
  • #1

    René (lundi, 03 août 2020 09:08)

    Excellent et clair exposé biblique

  • #2

    Chantal (lundi, 03 août 2020 09:18)

    Amen ! Alléluia ! Merci cher Frère pour cette exposé ! Je suis tout à fait d'accord avec vous et pour ma part j'ai toujours été convaincue que la femme ne doit pas être pasteur. Comme vous le dites, c'est on ne peut plus clair. Notre Dieu est un Dieu d'ordre ! L'obéissance lui est dû tellement il est Merveilleux !
    Dans 1 cor. 11, 9, nous lisons (même si ce passage concerne le voile), ..." comme Christ est le chef de tout homme, l'homme est le chef de la femme ; alors que le CHEF de Christ, c'est Dieu."

    Et dans 1 cor. 15, 27, 28 : ... " Et lorsque tout sera ainsi ramené sous son autorité, alors le Fils lui-même rendra hommage à celui (Dieu le Père) qui lui aura tout soumis et (Christ) se placera sous son autorité. Ainsi Dieu sera pour tous et en tous, le souverain incontesté, centre et but unique de tout." ( Parole Vivante).

    Christ est soumis au Père ! Et nous pauvres humains ... désobéissants ... cela fait réfléchir !!

    Oui notre Dieu est un Dieu d'ordre ! Quelle grâce ! Quel amour ! Quelle patience !

    Que Dieu vous bénisse toutes et tous.

  • #3

    Jean-Paul (lundi, 03 août 2020 10:10)

    Merci Paul pour cet exposé clair, précis sans équivoque et puisant ainsi véritablement dans les racines de La PAROLE De DIEU.
    Cela confirme 2 Pierre ch3 v16 ==> "des gens ignorants et instables déforment le sens des Écritures"
    Alors, merci frère Paul pour votre courage en prenant fermement position dans la Vérité de La PAROLE.
    Chaque enfant de Dieu devrait connaître par coeur Apocalypse ch22 v18 et 19 (Ne rien ajouter ou retrancher aux ÉCRITURES) ==> sachant que chacun rendra compte à Dieu de sa vie!!!


  • #4

    Moreno (lundi, 03 août 2020 23:54)

    Amen. Quelle vérité. Que dieu vous bénisse mr balliere

  • #5

    Moïse (mercredi, 05 août 2020 10:52)

    Quel équilibre de la Parole de Dieu ! Eph2.21 Vous avez étaient édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes... Merci frère Paul de toute la droiture de votre enseignement

  • #6

    jeannine pesnel (vendredi, 07 août 2020 21:28)

    Bonjour Pasteur,
    Merci pour cet exposé très clair et qui remet les choses à leur place !!!