AIME CIZERON, PIONNIER DE L’OCÉAN INDIEN

 

 

 AIME CIZERON,

PIONNIER DE L’OCÉAN INDIEN

 

Une vie et un appel

          A 18 ans, il s’engage volontairement dans la Marine Nationale et obtient son diplôme de scaphandrier. Pendant la guerre, Aimé Cizeron obtient les cartes « d’ancien combattant », et la « médaille de la France Libre ». Ces titres lui seront très utiles pour avoir un local, lors de la première mission à La Réunion. Puis il travaille à l’arsenal de Toulon dans une entreprise pour le renflouement des navires sabordés. En novembre 1949, il entend le message de l’Évangile prêché par le pasteur Marcel Lefillâtre. Il lit la Bible et se convertit, ainsi que son épouse. Le 2 février 1950, tous deux s’engagent par le baptême d’eau. Ils sont baptisés dans le Saint-Esprit au cours d’une réunion de prières avec le missionnaire Douglas Scott. Dieu appelle Aimé Cizeron par cette parole : « Le Seigneur en a besoin » comme pour cet ânon de l’Évangile de Luc qui a porté Jésus.

          Le pasteur Lucien Vivier le présente à la Convention et une porte s’ouvre pour le service de Dieu.

 

 

Débuts dans le ministère pastoral

          En 1950, Aimé Cizeron commence le ministère pastoral dans les Églises de Saint-Jean-du-Gard et Anduze (Gard). Il apporte dans ces paroisses la fraîcheur de la vie de l’Esprit. Il est muté en 1953 à Voiron, dans l’Isère. C’est là qu’il ressent un appel divin pour la Mission. Il y a de nombreux baptêmes. En 1959, il prend la charge de l’Église des Assemblées de Dieu d’Aix-en-Provence. Pendant sept ans et avec succès, sous un grand chapiteau, il organise l’évangélisation des quartiers et des villages. Il y a de nombreuses guérisons et conversions.

 

 

Une urgente nécessité

          A la suite d’une rencontre avec le président de la fédération protestante, Aimé Cizeron apprend qu’il n’y a pas d’Église protestante à La Réunion. Le pasteur Robert Burki lui fait savoir simultanément qu’un gendarme membre des Assemblées de Dieu a été nommé dans l’île, et souhaiterait une ouverture d’œuvre.

          Le 30 mars 1966, son projet de départ en Mission est présenté à la Convention France-Sud, à Montpellier, et le départ est voté à l’unanimité. Dis Assemblées s’engagent aussitôt à le soutenir financièrement.

          Le 2 juin 1966, Aimé Cizeron part pour La Réunion. Il n’y a aucune Église des Assemblées de Dieu, le message « Jésus sauve, guérit, baptise du Saint-Esprit, revient » n’y a jamais été prêché.

          Le pilote adjudant-chef de la gendarmerie Monsieur Machu, ainsi que l’adjudant Monsieur Narolles et leur famille, membres des Assemblées de Dieu de France, les accueillent et contribueront efficacement à la sécurité des grandes réunions.

 

Réveil à La Réunion

 

Saint-Denis

          Du 3 au 31 août 1967, se déroule la grande mission à Saint-Denis, dans le local des Anciens Combattants. Ce lieu est accordé à M. Cizeron, parce qu’il présente ses cartes d’ancien combattant. Cet endroit très connu s’ouvre sur une grande place en front de mer, à côté de la gare routière où arrivent les bus de l’île ; aussi la banderole « Mission Salut et Guérison » est-elle très remarquée. Le Seigneur confirme sa Parole par de nombreux miracles et guérisons spectaculaires et l’auditoire ne cesse d’augmenter, atteignant cinq mille personnes qui occupent la salle et toute la grande place. De toute l’île, les gens accourent, apportant les malades sur des civières. On ne parle plus que de « la Mission », dans les banques, les mairies, à la préfecture. Les gens arrivent très tôt et patientent jusqu’à l’ouverture des conférences, à 15 et 18 heures.

 

 

Du renfort !

          Devant l’ampleur du Réveil, les Assemblées de Dieu de France envoient des pasteurs. Il y a foule dans chaque ville évangélisée ; l’écho de ces bénédictions s’étend à toute l’île, car les gens ont entendu parler de la mission de Saint-Denis.

          De ville en ville, les Églises sont implantées, avec de nombreux baptêmes. En août 1967, toutes les villes importantes de l’île sont ouvertes à l’Évangile, avec des Assemblées légalement déclarées.

 

 

Réveil à l’île Maurice

 

          La mission commence le 18 octobre à Beau-Bassin et à Port-Louis. La prédication n’est jamais très longue, puis il est demandé aux malades de se lever pour la prière. A la suite de la délivrance spectaculaire de trois possédés, la renommée du Seigneur se répand dans toute l’île. La salle est trop petite, il faut aller sur le terrain de football de Rose-Hill. Les auditoires ne cessent d’augmenter jusqu’à atteindre dix-huit mille personnes à Rose-Hill, huit mille à Port-Louis. Chaque jour, pendant une heure avant le début des conférences, cent cinquante personnes donnent leur témoignage de guérison au micro.

 

 

Après la prédication, c’est la prière collective pour les malades

          Cette foule de plusieurs milliers de personnes élève la voix avec ferveur pour prier Jésus. C’est comme le bruit de grosses eaux et de très nombreux malades sont guéris. Cet instant est appelée « la prière miracle ». Le retentissement de cette campagne, sans précédent, qui dure quarante-cinq jours, est inouï. L’Évangile atteint tous les milieux sociaux, même les plus élevés.

 

 

Les premiers baptêmes

          Le 5 janvier 1968, voici les cent-quarante premiers baptêmes sur la plage de Flic-en-Flac. Une mission à Curepipe et Mahébourg se déroule du 5 juin au 31 juillet. Elle est suivie de cent vingt-sept baptêmes sur la plage de Blue-Bay.

          Bientôt la soif du Saint-Esprit se répand et la croissance de l’œuvre est là aussi spectaculaire.

 

 

Mission à Rodrigue

 

          Aimé Cizeron évangélise l’île Rodrigue en octobre 1969. M. et Mme Blakburn, qui travaillaient tous les deux au gouvernement mauricien, sont nommés à Rodrigue à leur demande, pour deux ans. Leur venue dans cette petite île est miraculeuse. Il n’y a ni hôtel ni location, ils préparent tout sur place, l’hébergement du missionnaire et les autorisations en vue de la mission.

          Elle débute le 3 octobre à Port-Mahurin, sur la jetée mise à la disposition du missionnaire par le magistrat et le chef de la police de l’île. Tous sont étonnés de voir tant de monde venir écouter l’Évangile, prier avec ferveur et se rendre à l’imposition des mains. A partir du 3 novembre, les réunions continuent trois fois par semaine dans un cinéma, les autres jours dans les communes de la Baie-aux-Huîtres, la Roche-Noire, la Ferme et la Roche-Coco. Partout les gens attendent pour écouter l’Évangile et prier Jésus-Christ. Les premiers baptêmes ont lieu à l’Anse aux Anglais.

          Jim Henry, travaillant lui aussi pour le gouvernement, vient ensuite pour deux ans, afin d’installer l’œuvre pour la suite.

 

          Aimé Cizeron continuera durant des années à faire une œuvre de pionnier en établissant des Églises, selon le modèle du Nouveau Testament, au Vietnam, en Côte-d’Ivoire, au Congo, à Madagascar, à Mayotte et aux Comores.

 

 

L’influence et le style

 

          Il était simple et humble, bien qu’instrument de Dieu pour des guérisons et des miracles. Il affirmait que Dieu marchait devant lui avec ce verset : « Ni par la force, ni par la puissance, mais par mon Esprit ». Infatigable voyageur, il aimait défricher les terres non évangélisées. Il a poursuivi son œuvre tout au long de sa vie.

          Aujourd’hui encore, c’est surtout de la « Mission Salut et Guérison » dont on parle quand on désigne les Assemblées de Dieu. Il a largement élargi la base de sa famille spirituelle.

 

          Il est décédé le 30 janvier 2003, à Saint-Denis de La Réunion.

 

Revue « PENTECÔTE »

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