L’ASSURANCE CHRÉTIENNE FACE A DIEU

 

 L’ASSURANCE CHRÉTIENNE FACE A DIEU

 

          D’une façon très générale, d’après certaines observations et les nombreuses confessions qui m’ont été faites, je puis affirmer, sans crainte de me tromper, que l’homme naturel, l’inconverti, le pécheur a peur de Dieu. Cette peur est souvent refoulée, masquée, inavouée, mais elle hante quand même les demeures de son esprit. C’est fatal, car le pécheur impénitent n’arrive pas facilement à tuer le travail de sa conscience. Quand il y est parvenu, il a simplement prouvé qu’il avait peur de découvrir l’épée de la justice de Dieu. C’est pourquoi il s’est rendu aveugle.

          Le converti, lui, se trouve dans une tout autre position. Il a saisi qu’il a été purifié de ses péchés et rendu juste aux yeux de Dieu, par l’œuvre expiatoire et rédemptrice de Jésus. Il a donné sa foi à l’unique Sauveur que Dieu nous ait proposé. Il est justifié, non par ses bonnes œuvres personnelles, mais par la foi en l’œuvre de salut accomplie une fois pour toutes par Jésus sur la croix. « Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ, à qui nous devons d'avoir eu par la foi accès à cette grâce, dans laquelle nous demeurons fermes, et nous nous glorifions dans l'espérance de la gloire de Dieu. » (Romains 5.1-2)

          Désormais, le converti ne vit plus dans la crainte. Il se sait adopté par Dieu et lui dit : « Père ». «Et vous n'avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions: Abba! Père! » (Romains 8.15)

          N’est-il pas merveilleux qu’en acceptant Jésus-Christ comme notre Sauveur personnel, nous puissions être sûrs d’être passés de la mort spirituelle à la vie ?

          « Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés, dans lesquels vous marchiez autrefois, selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l'air, de l'esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion. Nous tous aussi, nous étions de leur nombre, et nous vivions autrefois selon les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres… Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c'est par grâce que vous êtes sauvés); il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus Christ, afin de montrer dans les siècles à venir l'infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus Christ. Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. » (Éphésiens 2.1-8)

          Nous pouvons affirmer, quand il le faut, en face de l’ancienne crainte : « Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus Christ. » (Romains 8.1) Nous nous savons enfants de Dieu. « Mais à tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jean 1.12) ; « Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu! Et nous le sommes. » (1 Jean 3.1) Nous pouvons sans cesse répéter avec une entière foi : Dieu m’a adopté, Dieu m’a adopté ! Et nous savons bien que, lorsque quelqu’un  adopte un enfant, c’est définitif ! Dieu nous a adoptés, amis convertis, et il se charge de nous élever et de nous éduquer spirituellement, pour que l’on reconnaisse en nous, petit à petit, une ressemblance d’esprit avec lui, un peu de son amour. Cette expérience de confiance filiale et d’action paternelle est le privilège de tout chrétien converti, ayant donné sa foi à Jésus pour sa justification et son union nouvelle à Dieu. C’est là le message certain de l’Évangile tout entier.

          Comme nous sommes navrés pour ceux qui essaient de calmer leur conscience, de faire leur salut par leurs propres mérites ! Souvent ils agonisent pour mériter ce que Jésus leur a acquis lui-même par sa propre agonie sur la croix. Et, ce qui est pire, c’est qu’ils n’arrivent même pas ainsi à la paix intérieure. Je pense avec émotion à ce que m’a raconté un ami qui a vécu bien des années dans un couvent. Il y avait parmi les moines un frère qui, dans son intense désir d’obtenir la paix du cœur, s’imposait la règle de l’ordre, aujourd’hui abandonnée, tant elle exigeait de privations, d’humiliations douloureuses et de souffrances physiques volontairement recherchées. Ce qui frappa mon ami et le fit intensément réfléchir, c’est qu’au moment de s mort, vieilli prématurément, le dos couvert des plaies causées par ses fustigations, ce vieillard s’écriait avec angoisse : « Mes frères, priez pour moi, priez pour le repos de mon âme, priez pour que Dieu me fasse échapper aux tourments du purgatoire ! » Mon ami fut profondément troublé par cette mort sans paix. Il dut réaliser ce que l’Écriture Sainte enseigne clairement, c’est que le salut, la véritable paix du cœur, ne peuvent s’obtenir par nos œuvres, mais uniquement par notre foi en l’œuvre rédemptrice et toute suffisante de Jésus. « Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. » (Éphésiens 2.8-9) Il sonda les Saintes Écritures, et n’y vit nulle trace d’un purgatoire futur. Il saisit la Bonne Nouvelle du salut par grâce et expérimenta ce qu’il avait vainement cherché au couvent, la paix du cœur, l’assurance humble mais reconnaissante d’une âme qui peut dire à Dieu, sans crainte et avec amour : « O Dieu, tu es en vérité mon Père ».

          Nous, chrétiens évangéliques, nous savons bien que nous ne sommes sauvés de la perdition et de la peur de Dieu, que par une foi ferme, une confiance inébranlable en ce que Jésus a été et en ce qu’il a fait pour nous offrir gratuitement ces grâces. Dès que nous cherchons notre assurance ailleurs, nous sommes sur le sable des sentiments et non plus sur le Rocher de la foi qui est Jésus-Christ, lui seul. « Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus Christ » (1 Corinthiens 3.11) ; «Il n'y a de salut en aucun autre; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Actes 4.12)

          Une femme bien éprouvée, une veuve qui avait perdu son mari très brutalement, assista à une réunion d’évangélisation. Elle saisit l’offre du salut faite à toute âme repentante et déclara recevoir Jésus pour son Sauveur personnel et vouloir suivre les indications de sa Parole. Elle reçut alors un petit carton sur lequel était inscrit ce verset : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. » (Jean 5.24) Elle crut de toute son âme à cette déclaration de Jésus et sut qu’elle avait la vie éternelle, la paix avec Dieu. Sa joie était grande. Son garçon de douze ans avait saisi les mêmes choses et son cœur d’enfant battait d’un bonheur spirituel tout neuf. Le lendemain, sa mère était de nouveau triste, la foi avait fait place au doute.

          - Qu’y a-t-il, maman ? tu étais si heureuse hier soir. 

          - Ah ! mon fils, j’ai cru que j’étais sauvée, mais aujourd’hui ma certitude est ébranlée.

          - Mais maman, le verset s’est-il effacé de la Parole de Dieu ?

          Il ouvrit la Bible et chercha pendant un long moment, puis s’écria tout joyeux :

          - Maman, il y est toujours, donc ton salut est encore vrai !

 

          Cette femme raconta comment elle fut ainsi convaincue et apprit que la foi qui sauve et donne de l’assurance vient en vérité « de ce que l’on entend de la Parole de Dieu » (Romains 10.17). Cela m’amène à la déclaration suivante : Si tu veux avoir de l’assurance devant Dieu, confie-toi tout entier à Jésus, mais n’oublie pas de nourrir ta foi de la Parole de Dieu. La vraie foi s’étiole quand elle n’est pas ainsi soutenue.

          Si l’on néglige la méditation des Saintes Écritures, cet aliment désigné de la foi, cette dernière se transforme peu à peu en efforts de persuasion. Alors réapparaissent les doutes, les incertitudes, les craintes, malgré nos actes de piété. Trouves-tu que dix minutes de méditation et de lecture de la Bible soient de trop ? Si tu ne le penses pas et que tu cultives cette indispensable discipline de vie spirituelle, tu verras ta foi et ton assurance se fortifier de jour en jour.

          - Ma vie spirituelle a été transformée, me disait un homme d’affaires, depuis que je lis régulièrement les Saintes Écritures, chaque jour, avant de me mettre à genoux pour prier.

          Ta vie peut l’être par le même moyen, ami lecteur !

          Avant de vous laisser vous livrer à vos réflexions personnelles, je désire encore vous rappeler un autre secret pour jouir d’une pleine assurance devant Dieu. Il est contenu dans cette très importante déclaration : « Si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l’assurance devant Dieu » (1 Jean 3.21).

          Par contre, si notre cœur est partagé, si nous aimons ce que Dieu réprouve, nous créons un sentiment de condamnation en nous. Il est bien évident que, dans ces conditions, il ne peut y avoir de joie spirituelle réelle, de foi vigoureuse, de véritable assurance devant Dieu.

          Y a-t-il dans ta vie des choses qui enlèvent ton assurance ? Si tu es converti, il ne peut pas y en avoir beaucoup. Mais il vaut la peine de les éliminer les unes après les autres. Cela ne sera pas si difficile qu’il y paraît, car, si nous sommes décidés à rejeter les causes de trouble, nous pouvons être certains de rencontrer le secours efficace de la puissance de Dieu. N’oublions jamais qu’il est plus facile de plaire à Dieu que de plaire à notre ami le plus cher. Notre Père céleste est un juge bien disposé à l’égard des actes de son enfant désireux de lui obéir, même si cet enfant ne réussit pas toujours parfaitement dans l’accomplissement de ses bonnes intentions.

          - Je n’arrive pas toujours à mettre en œuvre ce que je comprends être la volonté de Dieu, me disait une chrétienne souriante et spirituelle, mais je ne me décourage jamais d’accomplir des actes qui prouvent que mon désir est de ne pas avoir un cœur partagé.

          Comme elle avait raison ! Si je devais résumer ce qu’il faut faire pour obtenir et garder une humble, mais saine et forte assurance devant Dieu, je dirais :

          1. Affirmer notre justification devant Dieu par Jésus-Christ, lui seul, en disant souvent à ce Sauveur : « Jésus, c’est toi qui me justifies. Tu me couvres du manteau de ta vie parfaite. Tu as obtenu ma grâce, mon pardon, mon adoption. Dieu n’est plus mon juge, mais par toi, il est mon Père ! »

          2. Nourrir notre foi par la méditation personnelle et régulière de la Parole de Dieu.

          3. Ne pas tolérer un cœur divisé, aimant ce que Dieu n’approuve pas !

          Si ces trois règles de foi sont appliquées, je puis vous affirmer que votre regard vers Dieu sera confiant. L’amour aura banni la crainte ! Vos mains se saisiront aisément des encouragements que votre Père vous réserve, même dans les circonstances les plus douloureuses de la vie.

          Votre cœur sera paisible en face du Tout-Puissant !

          Quelle grâce, quelle étonnante réalité !

 

Adolphe HUNZIKER

www.batissezvotrevie.fr

 

Prochain article : L’assurance chrétienne face à la vie (NDLR)

 

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