L’AUTEL DES HOLOCAUSTES

 

L’AUTEL  DES  HOLOCAUSTES

 

Exode 27.1-8 ; 38.1-7

 

 

          En entrant dans le parvis, nous arrivons immédiatement à un autel d’airain. Il barrait en quelque sorte le chemin du Tabernacle que l’on apercevait derrière lui. Symboliquement, nous découvrons là les exigences de Dieu pour entrer dans sa communion. Une mention spéciale apparaît au v.8 : « Il sera fait tel qu’il t’est montré sur la montagne ». Le pécheur qui est parvenu jusque là est maintenant comme « prisonnier » de la volonté divine. Il ne peut en faire à sa guise (voyez Romains 6.16-18).

 

          L’autel des holocaustes était le lieu où étaient mises à mort les victimes animales. L’Israélite confessait ses péchés en posant ses mains sur la tête de l’animal innocent. Le sang de la victime était offert pour l’expiation du pécheur.

 

          L’autel des holocaustes nous parle du sacrifice expiatoire de Jésus à la croix. Ce sacrifice est le seul chemin de la communion de Dieu : Hébreux 9.22. Caïn, type de l’homme religieux non régénéré, qui croit en Dieu et en une religion, mais selon sa conception, et qui rejette la rédemption par le sang, n’a pas offert un sacrifice sanglant (Genèse 4.3). Son sacrifice ne fut pas agréable à Dieu (Genèse 4.5). L’aboutissement malheureux fut la malédiction divine.

 

          Notez encore que l’autel des holocaustes se trouvait juste en face de la porte d’entrée, ce qui signifie que l’expiation est la première bénédiction. Le pardon des péchés est la première étape de toute la vie avec Dieu.

 

 

Description

 

          L’autel des holocaustes était carré : 2,50 m de côté et 1,50 m de hauteur. Il était fait de bois d’acacia, recouvert d’airain.

 

          On suppose qu’il y avait une montée et terre qui aboutissait à mi-hauteur de l’autel. En effet, à cause de sa hauteur, il était difficile aux sacrificateurs d’officier sans cette montée (voyez  Exode 20.26 ;  Lévitique 9.22).

 

          Aux quatre coins de l’autel, il y avait quatre cornes faisant corps avec lui.

 

          Il y avait aussi des ustensiles d’airain :

               des cendriers (ou chaudrons) destinés à emporter les cendres.

               des pelles pour rassembler ce qui devait être emporté.

               des bassins pour recueillir le sang.

               des fourchettes pour manier les morceaux de chair des victimes.

               des brasiers, sorte de vases pour transporter les braises.

 

          A l’intérieur et à mi-hauteur, se trouvait une grille servant à consumer les chairs des sacrifices.

 

          Aux angles, se trouvaient quatre anneaux d’airain destinés à recevoir les barres (en bois d’acacia recouvert d’airain) pour le transport de l’autel.

 

 

L’autel

 

          v.1 : « L’autel » signifie « lieu élevé ». Ce mot renferme l’idée d’une élévation dans le sacrifice (comparez  Jean 3.14-15 ;  Jean 12.32-33 ;  Jean 1.29 : « …qui ôte… » ou encore « qui élève… ». C’est le merveilleux message de la croix. Le sacrifice de Jésus nous élève vers la communion de Dieu.

 

          En Exode 27.1, il est question de l’autel. En Exode 30.28, il est précisé l’autel des holocaustes. C’est l’autel par excellence. Nous comprendrons dans la suite de notre étude l’importance de cette remarque.

 

          « …de bois d’acacia… » : une autre traduction dit : « bois de Sittim » . C’est le véritable acacia, et non le faux de nos contrées qui n’est d’ailleurs pas de la même famille végétale. La traduction signifie littéralement « épine », c’est-à-dire un bois épineux, à l’exception du tronc. Comment ne pas penser à la couronne placée sur le front de Jésus lors de la crucifixion ?

 

          Quelles sont les propriétés de ce bois d’acacia ? Il est tout d’abord très léger, ce qui rendait le transport moins pénible. Il est aussi très dur. Il ne risquait pas de se briser au cours des nombreux déplacements. Il est imputrescible. Il peut rester longtemps à l’humidité ou dans l’eau sans pourrir. Il n’es pas endommagé par les pluies ou les endroits humides. Il résiste à toutes les influences extérieures. On comprend aisément les raisons pour lesquelles Dieu demanda l’utilisation de l’acacia pour tout ce qui devait être en bois dans le Tabernacle.

 

          Quels sont ici les enseignements concernant la personne et l’œuvre de notre Seigneur Jésus-Christ ?

          La légèreté du bois d’acacia : Jésus n’est pas venu pour faire peser sur les hommes un joug insupportable (comparez  Matthieu 11.29-30). Jésus n’accablait pas ceux qui venaient à lui, mais il les libérait. Ceux-là étaient délivrés de l’esclavage de la chair pour goûter à la liberté glorieuse des enfants de Dieu. S’il est vrai que la vie avec Jésus est sainte, néanmoins  elle n’est pas pesante.

          La dureté du bois d’acacia :  Jésus a résisté à tous les assauts, sans jamais plier (voyez  Esaïe 42.4).

 

          Le bois d’acacia est imputrescible : Jésus a vécu dans le monde, mais le monde n’a jamais pénétré en lui. Aucune corruption n’a atteint n’autre Seigneur. Sa sainteté est restée intacte jusqu’au bout (Jean 8.46 ;  Actes 3.14).

 

 

L’acacia recouvert d’airain

 

          L’airain est l’image de la justice divine. Jésus est venu pour satisfaire la justice de Dieu : Matthieu 3.15.

 

          L’airain est aussi l’image du jugement de Dieu sur le péché. Ce jugement est tombé sur Jésus au calvaire (Jean 19.30). Jésus est mort pour nous (Romains 5.8). Par la mort de Christ sur la croix, la justice divine fut désarmée, le règne de la grâce pouvait alors commencer.

 

          Le sang des victimes sur l’autel des holocaustes fait allusion au sang de Jésus. Sous la Loi, le sang des victimes était imparfait et incapable d’ôter définitivement le péché (voyez  Hébreux 10.1-4). Mais le sang de Jésus est pleinement efficace pour nous purifier entièrement (1 Jean 1.7 ; 2.2 ; Ephésiens 1.7).

 

          L’airain recouvrait l’acacia. Le bois supportait donc tout le poids du métal et était, de ce fait, invisible. On aurait pu penser que l’autel n’était fait que d’airain. Quelle image ! Jésus a été seul à soutenir le jugement de Dieu. Les disciples dormaient à Gethsémané (Matthieu 26.40,43,45). Jésus a été abandonné de tous, même du Père, parce qu’il portait nos iniquités (Matthieu 26.56). A ce moment-là, le Seigneur Jésus semblait disparaître sous la condamnation de Dieu (lisez  Esaïe 53.2-5 ;  52.14 ;  Romains 8.32). Le jugement qui est tombé sur Jésus a fait jaillir la grâce. Reconnaissons la sévérité et le jugement de Dieu à l’égard du péché. Mais glorifions Dieu sans cesse pour sa grâce et son pardon ! Ils lui ont coûté extrêmement cher ! Comprenons que sur la croix où se trouvait Jésus, Dieu n’a pas fait grâce : la mort expiatoire de Christ fut horrible. Mais par la croix, Dieu nous fait grâce.

 

 

L’autel et les sacrifices

 

          L’autel des holocaustes et les animaux qui étaient sacrifiés dessus, étaient une nécessité absolue pour Israël. Par ce seul moyen, le peuple de Dieu pouvait entrer et demeurer en contact avec Dieu. Sinon, aucun culte n’aurait été possible.

 

          Les objets du Tabernacle avaient dû être d’abord purifiés par le sang des sacrifices. Une fois l’an, le sang d’une victime était porté dans le lieu très saint par le souverain sacrificateur.

 

          Sans le sang, le Tabernacle n’avait plus aucune raison d’être. Dieu n’aurait pu le reconnaître comme sa demeure.

          Il en est ainsi pour nous aujourd’hui. Il n’y a pas de relation possible entre Dieu et nous en dehors du sacrifice de Jésus à la croix (lisez  Colossiens 1.19-20). Dieu n’accepte pas de culte là où la croix n’a pas la place centrale. Toute religion où le sacrifice de Jésus est voilé ou affaibli, ne peut être agréable à Dieu. Elle ne peut réconcilier l’homme avec Dieu.

 

          Par contre, après l’autel d’airain, on pouvait aller plus loin dans la présence de Dieu. Le chemin de la communion avec Dieu était ouvert. Il en est ainsi pour nous en Jésus-Christ (voyez  Ephésiens2.18).

 

 

L’importance de l’autel

 

          Il n’y avait qu’un seul autel. Il ne devait exister aucun autel privé, personnel. Le message de la grâce nous rappelle qu’il n’y a de salut qu’en Jésus-Christ, et en Jésus-Christ seul ! Lisez  Actes 4.12.

 

          Dès l’entrée dans le parvis, la première chose qui s’offrait aux regards était l’autel des holocaustes. Par ses dimensions, il dépassait tous les autres objets sacrés du Tabernacle, comme l’autel des parfums par exemple, ou la table des pains de proposition, ou même encore l’arche de l’alliance.

 

          Le Saint-Esprit nous enseigne symboliquement ici les « dimensions » que l’œuvre de Jésus à la croix doit avoir dans notre cœur et dans notre vie. La notion de sacrifices qui apparaît déjà en Genèse 3.21, n’est que le premier anneau d’une longue chaîne dans les Ecritures (voyez par exemple  1 Corinthiens 2.2 ; Apocalypse 5.6).

 

          Le sacrifice de Jésus doit marquer chaque jour son empreinte dans notre vie : il ne doit y avoir aucune place pour le péché : Matthieu 16.24 ; Galates 6.14. Certains croyants de nom de l’église de Philippes vivaient complètement en marge de cette voie tracée par Dieu : comparez  Philippiens 3.18-19.

          C’est ce qui explique la raison pour laquelle le péché revient en force dans la vie de tant de prétendus chrétiens, et de beaucoup d’églises aujourd’hui.

 

 

Employé tous les jours

 

          L’autel des holocaustes était utilisé tous les jours, sans aucune exception : le matin et le soir. D’autre part, il était utilisé les jours de solennité. Les sacrifices étaient multipliés. Sans compter les offrandes volontaires des Israélites. L’autel avait un rôle permanent.

 

          Quel est donc, ici, l’enseignement des Ecritures ? Le sacrifice de Jésus est présent et efficace, à chaque instant, pour accueillir l’homme repentant.

 

Un aspect repoussant

 

          Le spectacle qu’offrait l’autel des holocaustes était affreux. Imaginez-vous devant cet autel. Vous auriez eu un mouvement de répulsion très vive. Vous y auriez vu des morceaux de chairs pantelantes ou consumées. C’était horrible. Nous sommes très loin des autels dorés des cathédrales ! Pensez également aux odeurs de mort émanant de l’autel !

 

          De la même manière, le sacrifice de Jésus à la croix offre aux regards humains un spectacle épouvantable, à cause de nos péchés. Notre péché est abominable, et le désordre qu’il a introduit dans le monde ne l’est pas moins. Il fallait un tel sacrifice pour l’expier. Il fallait l’offrande du corps du Fils de Dieu.

 

          Réfléchissez un instant, dans un esprit de prière. La croix de Jésus doit autant nous attirer que nous « inquiéter », à cause du péché (Romains 11.22). Elle nous attire dans son message de grâce, mais elle est également redoutable dans la manifestation de la haine de Dieu pour le péché (considérez attentivement  2 Corinthiens 13.4-5).

 

 

La grille

 

          Dans certaines formes de sacrifices, elle servait à brûler entièrement les victimes.

 

          Le message de la Nouvelle Alliance nous enseigne que Jésus s’est donné entièrement sur la croix ; il a été « consumé » par l’ardeur du feu du jugement de Dieu le Père.

 

          La grille se trouvait au milieu de l’autel. Elle était destinée à recevoir les victimes et les combustibles. Les cendres tombaient par ce treillis. Remarquez ceci : la grille se situait à une coudée et demie de hauteur. Quand vous comparez la hauteur du propitiatoire (le couvercle en or de l’arche de l’alliance, symbole de la présence de Dieu, de son trône, de son gouvernement), vous vous apercevez qu’elle est identique (Exode 25.10). Le message est magnifique ! La croix de Jésus est au même niveau que le trône. Du point de vue divin : le trône de la grâce descend au niveau de la croix. Du point de vue humain : l’œuvre de la croix doit nous élever jusqu’au trône de la sainteté divine.

 

 

Les cornes

 

          Exode 27.2 et 29.12. Chez les Orientaux, la corne est symbole de force, de puissance.

          Les cornes aux quatre coins de l’autel d’airain nous parlent de la puissance dégagée par le sacrifice. Quelle puissance dans l’œuvre de Jésus à la croix ! Le sacrifice de Christ a le pouvoir de briser les cœurs les plus endurcis, de mettre en fuite les démons, de triompher du diable.

 

          Ces cornes, dirigées en quelque sorte vers les quatre points cardinaux, ne nous rappellent-elles pas le sacrifice de Jésus pour le monde entier ? Lisez  1 Timothée 2.4.

 

          L’Ecriture nous apprend qu’il y avait un recours pour le pécheur : saisir les cornes de l’autel, autrement dit saisir la puissance du sacrifice pour le pardon des péchés. Nous parlons, bien évidemment, du péché commis par erreur, même d’un crime s’il avait été commis par inadvertance. Pour celui qui pèche sciemment la croix n’a pas, ou n’a plus d’efficacité (voyez  Exode 21.14 ;  1 Rois 2.28-31 – pensez à tout le contexte de la vie de Joab ! – comparez  Hébreux 10.25-31). Cette terrible réalité s’applique au symbole de la sainte cène : 1 Corinthiens 11.26-30. Celui qui s’approche indignement de la table du Seigneur n’est pas au bénéfice d’une riche bénédiction, mais il mange et boit un jugement contre lui-même.

 

          Les cornes offraient aussi la possibilité d’attacher la victime : voyez  Psaume 118.27. Jésus s’est « attaché » lui-même à la croix (Jean 10.17-18 ; Philippiens 2.8 ; comparez  Matthieu 26.53). De plus, n’y a-t-il pas ici, pour nous chrétiens, un grand appel de Dieu à une consécration totale et constante au Seigneur ? Ne devons-nous pas lui offrir notre vie tout entière ? C’est l’exhortation que Paul adressait aux croyants de Rome : Romains 12.1.

 

          La croix de notre Seigneur Jésus-Christ a eu quatre « cornes ». Nous y découvrons :

               1. La puissance de l’obéissance de Jésus à toute la parole de Dieu, dans la puissance de l’Esprit : Hébreux 9.14.

               2. La puissance de l’amour de Jésus pour le pécheur : Jean 15.13.

               3. La puissance de l’amour de Jésus pour son Eglise : Ephésiens 5.25.

               4. La puissance de la volonté de Jésus de vaincre Satan : Hébreux 2.14 ; Colossiens 2.15.

 

 

Les barres

 

          Elles servaient à porter l’autel : Exode 27.7.

 

          Quel est, ici, l’enseignement pour notre âme ? L’esprit et la réalité de la croix doivent être avec nous, en nous, partout, à chaque instant. Nous ne devons pas mener une vie à l’église le dimanche, et une autre en semaine. Nous « portons » l’esprit et la réalité de la croix à chaque instant (Luc 9.23). Nous ne devons pas mener une vie à la maison et une autre au travail, ou quand nous sommes loin du foyer. Nous ne devons pas avoir une vie dans l’année et une autre en vacances. Nous sommes identifiés à Jésus dans sa mort au monde et au péché, chaque jour, en quelque lieu que ce soit.

 

Les cendres de l’autel

 

          Lisez  Lévitique 6.1-4.

 

          Les sacrifices étaient accomplis au moyen d’un feu dévorant. Ainsi l’offrande du pécheur était agréée. Les cendres étaient la dernière chose que l’Israélite voyait à la fin du sacrifice. Elles étaient finalement portées hors du camp, dans un lieu pur.

 

          Tout cela était « l’ombre des choses à venir, mais la réalité est en Christ » (Colossiens 2.17). Verrons-nous par la foi la fin du sacrifice de Jésus ? L’entendrons-nous prononcer ces paroles sublimes : « Tout est accompli » ? Qu’elles sont belles ces cendres du sacrifice consumé sous l’ardeur du feu dévorant de la justice divine ! Les contemplons-nous lorsqu’elles sont portées hors du camp (Luc 23.53) ?

 

 

L’autel et le sang

 

          Lévitique 1.3-5.

 

          Le sang des victimes était répandu au pied de l’autel.

 

          Lévitique 17.11 : « La vie est dans le sang ».

 

          Job 2.4 : quand un homme donne sa vie, il donne réellement tout ce qu’il possède (comparez  2 Corinthiens 8.9).

 

          Saisissons bien avec le cœur le double aspect de la mort de Jésus :

               1. Jésus fait l’expiation du péché devant et pour le Dieu saint.

               2. Jésus fait l’expiation pour l’homme coupable.

 

          Aucun homme ne peut se présenter les mains vides devant le Dieu saint et juste. Il faut que ses mains soient « remplies du sacrifice de Jésus ».

 

          Le mot hébreu qui parle d’expiation est utilisé de trois manières différentes :

               1. Pour purifier : Lévitique 16.30.

               2. Pour couvrir : Genèse 3.21.

               3. Pour apaiser : Genèse 32.20.

 

          La mort de Jésus accomplit ces trois choses.

 

 

L’autel et le feu

 

          Lévitique 6.1,5,6 : « continuellement » :

               1. Aujourd’hui encore, la croix garde toute sa valeur et son efficacité. Le feu continuel réclamait un sacrifice continuel. Aujourd’hui, Jésus est au ciel avec les marques de la croix sur son corps. Adorons-le pour l’actualité de son sacrifice !

               2. Les exigences du Dieu Très-Saint ne seront jamais changées, ni abaissées. Elles sont satisfaites dans la mort de Jésus.

 

Paul BALLIERE

www.batissezvotrevie.fr

 

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