LA TRAVERSEE DU DESERT

   

LA TRAVERSEE DU DESERT

 

« Qui est celle qui monte du désert, appuyée sur son bien-aimé ? »

Cantique des cantiques 8.5

 

Ici commence l’acte final du drame qui en renferme le dénouement. C’est le triomphe après la victoire ! Salomon a déposé les armes en face de la fière et inébranlable résistance de Sulamith, et il a renvoyé la jeune fille dans sa demeure. 

Regardez ! Deux personnages avancent dans le lointain : c’est un jeune homme avec une jeune fille qui s’appuie sur lui avec confiance et tendresse. Elle paraît, réunie à son bien-aimé. Elle nous racontera dans la suite du récit comment elle l’a retrouvé.

 

« Qui est celle qui monte du désert… ? » Cette même question avait été posée lors de l’entrée en scène de Sulamith arrivant au palais dans le palanquin de Salomon, et entourée de sa garde (3.6). Que faisait-elle là ? Comment avait-elle pu se laisser entraîner dans cette lamentable situation ? Elle montait alors du désert vers une prison dorée, certes, mais une prison dans laquelle elle perdit tant de vraies et inestimables richesses !

Soudainement, on la voit dans un caractère entièrement nouveau. Elle est maintenant restaurée dans un plein épanouissement. Elle sait maintenant qu’elle ne peut marcher sans son bien-aimé.

 

Pour connaître le secret de la liberté et de la puissance, nous avons besoin de Jésus, capable de nous secourir, de nous soutenir et dont l'amour nous donne le désir de nous appuyer sur lui. Le désert est le lieu où nous sommes éprouvés et disciplinés dans les voies de Dieu à notre égard, et où nous faisons l'expérience de notre faiblesse, en même temps que nous apprenons à connaître la perversité de la chair. Mais là aussi nous apprenons la dépendance et faisons connaissance avec la grâce de la sacrificature de Christ. C'est pourquoi nous pouvons monter du désert, nous appuyant sur le Bien-aimé; notre faiblesse est si grande que nous ne pouvons faire un seul pas sans être soutenus par lui; la grâce et la puissance de Christ sont alors mises en évidence. Le support sacerdotal de Christ et sa puissance vont ensemble.

Appuyés sur le Bien-aimé, nous marchons par l'Esprit et ne donnons pas de place à la chair ; maintenir cette attitude de l'âme, marcher pas à pas dans l'Esprit, doit être un exercice constant. Le Seigneur voudrait nous y encourager, afin que non seulement nous soyons libérés des œuvres de la chair, mais capables de monter du désert vers les régions du plaisir divin. Nous devons nous appuyer constamment sur le Seigneur ; car notre faiblesse est absolue, comme aussi notre dépendance de Dieu. Apprenons que rien ne doit empiéter sur les heures sacrées de recueillement devant lui, même pas les besoins des autres : réels ou imaginaires. En service actif, les heures de solitude avec Dieu sont plus nécessaires que jamais. Jésus lui-même dans les jours de sa chair en avait besoin. Il est écrit que « de grandes multitudes venaient pour l’entendre et pour être guéries… Mais il se retirait dans les déserts pour prier » (Luc 5.15-16). Devant les besoins réels de ces multitudes venues vers lui, il se retirait ! Ah mes amis ! Ce n’est pas là un temps perdu. C’est au contraire du temps gagné. Le service est stérile sans la toute-puissance de la vie abondante qui doit être renouvelée à ses pieds, jour après jour.

Dès qu’il y a un sentiment de pression, il est nécessaire que notre âme se retire en Dieu. Ceci peut paraître impossible tant l’œuvre à faire est absorbante, mais il peut rendre la chose possible, dès que nous la sentons nécessaire, et si nous acceptons de quitter la vigne dès qu’il appelle, laissant tout à ses soins et entre ses mains. Lui seul est responsable du travail, lui seul le dirige.

 

Le bien-aimé a vu que Sulamith ne discernait pas ce besoin de solitude, de recueillement. Alors, il l’a attirée au désert, détournant ainsi son attention de la vigne et des « fruits précieux », pour qu’elle entende ce qu’il avait à lui dire.

 

Le but que poursuit le Seigneur, c’est d’amener notre âme à se reposer uniquement sur lui, à dépendre uniquement de lui. 

 

Au verset 13 de ce même chapitre, le bien-aimé s'adresse à sa fiancée comme à celle qui habite « les jardins ». 

Dans le « désert », nous sommes à l’école de Dieu, nous marchons dans ses voies éducatives, nous sommes les objets de sa discipline, tandis que dans les « jardins » nous avons atteint la sphère de son plaisir. Avec l'aide de Christ nous pouvons passer des exercices du désert dans la place que l'appel divin nous octroie, selon le dessein de l'amour infini qui nous a choisis en Christ, dès avant la fondation du monde.

Les exercices du désert sont tous pour notre bien ; qu'ils nous viennent de circonstances

difficiles, d'afflictions dans le corps, de deuil ou d'épreuves parmi les frères, ils font partie des voies de Dieu envers nous et contiennent tous des instructions. Les traverser avec Dieu nous procurera ce qui soutiendra et réjouira nos âmes pour l'éternité. Ainsi, quand nous montons du désert, ce n'est pas simplement pour nous débarrasser de ses épreuves, mais nous emportons, avec nous, un vrai gain acquis pour la gloire de Dieu. Quand un saint quitte ce monde pour être avec Christ, il laisse à toujours le désert derrière lui, mais en emporte tout ce qu'il y a gagné spirituellement. Même avant de quitter cette terre, il est possible de monter du désert, en esprit, appuyé sur notre Bien-aimé. 

La présence du Seigneur au milieu de l'assemblée est une chose tout à fait en dehors des exercices du désert. S'il nous amène comme ses associés, ses frères, dans la présence de son Dieu et Père que nous connaissons maintenant comme notre Dieu et notre Père, nous sommes en un tel moment en dehors du désert. Notre Bien-aimé nous aidant, nous pouvons monter avec lui dans une région qui lui appartient spécialement, mais qui, par grâce, devient nôtre. En y venant, nous apportons tout ce que nous avons acquis par les exercices du désert.

Dans le désert, nous prenons la cène du Seigneur, mais c'est afin qu'il vienne à nous et

nous conduise avec lui jusqu'à Dieu, le Père. Même étant ici-bas, il voudrait que nous jouissions de notre place d'association avec lui, en dehors de tout ce qui appartient au désert. Mais ce n'est qu'avec son aide sacerdotale que nous y parvenons.

 

Au-delà de ce texte et de son contexte, retenons une grande leçon. Soyons de fermes résistants devant l’ennemi de nos âmes ; tenons bon face à ses sollicitations multiples, plus ou moins grossières, souvent plus subtiles les unes que les autres. La Bible dit : « Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable, et il fuira loin de vous » (Jacques 4.7). Soyons les imitateurs de notre Maître qui, au désert, et tout au long de son ministère terrestre, a durci sa face pour l’opposer à Satan. L’apôtre Pierre nous exhorte à résister au diable avec une foi ferme (1 Pierre 5.9). Le bouclier de la foi dans une main, l’épée de l’Esprit (la Parole de Dieu) dans l’autre, feront de nous des guerriers conquérants et vainqueurs.

 

L’Eglise, la véritable Eglise ? On l’observe. Partout, et pour tout. On s’interroge sur son identité. Qui est donc celle qui monte du désert ? La bien-aimée, l’Église fidèle ! Elle suscitera toujours de brûlantes questions. Ne disait-on pas de Jésus lui-même : « Quel est celui-ci ? » (Luc 5.21) ; de l’Évangile : « Qu’est-ce que cela ? » (Marc 1.27) ; et des premiers chrétiens remplis du Saint-Esprit : « Que veut dire ceci ? » (Actes 2.12). Montrons hardiment notre identité spirituelle et soyons reconnus pour être avec Jésus.

 

Permettez-moi de partager avec vous une autre pensée. En attendant la gloire céleste, la bien-aimée n’a pas d’autre alternative que la traversée du désert.

Tous les chrétiens en savent long sur ce douloureux parcours. La marche est parfois solitaire, souvent difficile, et presque toujours accomplie dans les épreuves et les persécutions.

Il n’empêche que la bien-aimée monte, et que rien ne l’arrête. La douce voix de l’Époux lui donne énergie et consolation.

Jésus « bâtit son Église, et les portes du séjour des morts ne peuvent prévaloir contre elle. » (Matthieu 16.18) Tout en traversant le monde, cette Église se souvient qu’elle n’est pas du monde. La colonne des rachetés est composée d’étrangers et de voyageurs sur la terre. Elle monte du désert. Elle marche de progrès en progrès. Chaque pas la rapproche de la demeure de l’Époux. Ce n’est pas l’heure pour elle de se reposer. Bientôt, au-delà du labeur et des souffrances, s’ouvrira pour elle un pays de délices. En attendant, son privilège, sa joie, et sa force, c’est de poursuivre le chemin, appuyée sur le Bien-aimé ; comme David qui, dans une grande angoisse, « reprit courage en s’appuyant sur l’Éternel » (1 Samuel 30.6) ; comme David encore, lorsqu’il était dans le désert de Juda, et qui dit à l’Eternel : « Tu es mon secours, et je suis dans l’allégresse à l’ombre de tes ailes. Mon âme est attachée à toi, ta droite me soutient » (Psaume 63.8-9) ; comme Paul et Barnabas qui, à Icone, devant l’incrédulité des Juifs et l’hostilité des païens, parlèrent avec assurance « appuyés sur le Seigneur » (Actes 14.3).

L’éternité dira les richesses spirituelles puisées par les chrétiens qui auront traversé le désert, sans faux-pas, sans égarements, parce qu’appuyés sur le Seigneur. C’est, présentement, l’héritage délicieux qui leur est échu. Vie simple, vie bénie !

 

Paul BALLIERE

www.batissezvotrevie.fr

 

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