STABLE (1° partie)

        

STABLE

(1° partie)

 

Lectures : Matthieu 16.13-23 ; 1 Pierre 2.5 ; Matthieu 18 ; 26.31-41 et 69-75 ; Marc 14.54 et 66-72.

 

Une autre qualité indispensable à tout serviteur de Dieu est la stabilité. Beaucoup de chrétiens sont très versatiles. Hélas ! leur humeur change avec le temps, et ils deviennent, par moments, le jouet des circonstances, de sorte qu'on ne peut pas se fier à eux. Ils ont de bonnes intentions, mais, en se laissant aller à leurs émotions, ils perdent souvent l'équilibre.

La Bible nous dépeint un homme de tempérament inconstant, que nous connaissons sous le nom de Simon Pierre. Un jour, le Seigneur demanda à ses disciples l'avis des gens à son sujet, et eux de répondre que certains le prenaient pour Jean-Baptiste, d'autres pour Elie, d'autres encore pour Jérémie, ou pour l'un des prophètes. Alors, il leur posa la même question : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? ». La réplique de Simon Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » entraîna aussitôt cette déclaration : « Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise » (Matthieu 16.13-18).

Notez bien : « Sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise ». Le Seigneur semble rappeler ici le contraste qu'il établit, dans le Sermon sur la Montagne, entre le sage qui avait construit sa maison sur le roc, de sorte qu'elle résista aux eaux et à la tempête, et l'insensé qui l'avait construite sur le sable tant et si bien qu'elle s'effondra. Peu importe l'épreuve que l'Eglise est appelée à, affronter : elle ne peut pas s'écrouler, car elle est fermement établie sur le Roc, Jésus-Christ.

Plus tard, Pierre écrivit : « Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle » (1 Pierre 2. 5). La superstructure de l'Eglise est composée de la même substance que les fondations ; et comme les fondations sont stables, la superstructure l'est aussi. La stabilité est un trait nécessaire dans le caractère de tout serviteur de Dieu, car chacun d'entre eux est une « pierre vivante ». Jésus-Christ dit à Pierre : « Tu es Pierre (en grec petros : une pierre) et sur cette pierre (en grec :petra), je bâtirai mon Eglise ; et les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle ». Dans un édifice, une pierre n'est pas une masse énorme de rocher comme le sont les fondations ; mais, quoique différentes par leurs dimensions, fondations et superstructure, elles sont néanmoins semblables par leur substance. Tout membre qui constitue une partie de l'édifice de l'Eglise est peut-être infime quant à sa dimension, mais quant à sa nature, il ne diffère en rien de la Tête de l'Église.

Remarquez la suite du passage que nous avons cité : « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux ». Cette promesse faite à Pierre fut adressée ensuite à l’Eglise  (voyez Matthieu 18.18). Il est évident que Pierre est pris ici comme individu, mais c'est en tant que ministre de Christ que les clefs du Royaume lui sont remises. Elles lui sont confiées afin qu'il puisse remplir la fonction de celui qui ouvre les portes. C'est ce qu'il a fait à la Pentecôte et plus tard dans la maison de Corneille. Dans le premier cas, il a ouvert la porte du Royaume aux Juifs, et, dans le deuxième, aux Gentils. Pourtant, lorsqu'à Césarée de Philippes, le Seigneur Jésus s'adressa à Pierre, son caractère ne correspondait pas à son nom, de sorte qu'il fut incapable d'employer, cette fois-là, les clefs du Royaume. Cependant, après avoir été, par la grâce du Seigneur, délivré de son instabilité naturelle, il devint un ministre de Christ, ferme comme le roc, capable d'utiliser les clefs qui lui avaient été confiées, de lier et délier avec l'autorité promise par son divin Maître.

Aucune personne de tempérament inconstant ne peut exercer un ministère de cette nature. Le caractère du serviteur doit aller de pair avec celui du ministère. Il faut que tous deux soient semblables à l'Eglise contre laquelle les portes de l'Enfer ne prévaudront pas. Hélas ! elles prévalent sur le serviteur de Dieu qui reste vacillant. C'est pourquoi on ne peut compter sur lui dans l'œuvre. Si nos natures instables ne sont pas transformées, nous demeurons incapables d'assumer les fonctions du ministère spécifique qui nous est confié ; mais, gloire soit rendue au Seigneur, car il dispose de grandes ressources pour transformer nos caractères ! Il l'a fait pour Pierre. Il peut venir à bout de toutes les formes de faiblesse qui altèrent nos vies et, ainsi, nous façonner à nouveau pour nous rendre propres à l'accomplissement de son dessein.

La Bible nous dit que ce fut par révélation que Pierre reconnut Jésus comme le Christ, le Fils du Dieu vivant. Il n'aurait jamais pu faire de lui-même cette merveilleuse découverte et aucun n'aurait pu transmettre une telle connaissance ; mais c'est Dieu qui

la lui révéla. Après cette confession de Pierre, «Jésus se mit à révéler aux disciples quelque chose des souffrances par lesquelles il allait bientôt passer ; et il leur parla en détail de son imminente crucifixion et de sa résurrection. Pierre, l'ayant pris à part, se mit à le reprendre en disant : « A Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne t'arrivera pas ! ». Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre : « Arrière de moi, Satan » (Matthieu 16.22-23).

Remarquez l'oscillation soudaine du pendule. Pierre, qui vient d'atteindre des sommets sublimes, tombe déjà dans un abîme redoutable. A peine après avoir confirmé que l'apôtre a eu une révélation divine et merveilleuse, le Seigneur le traite d’instrument entre les mains de Satan. A un certain moment, Pierre déclare au Seigneur : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » ; peu après, il s'oppose brutalement à lui. Ces deux moments, tellement rapprochés, sont deux pôles différents dans l'expérience spirituelle ; et, ce même homme, après avoir été un vase de la révélation divine, en un clin d'œil, devient un instrument entre les mains de Satan pour essayer d’empêcher le Seigneur d’aller à la Croix.

Le Seigneur réagit sur-le-champ, et, interpellant directement Pierre qu'il vient de déclarer bienheureux, il lui dit : « Arrière de moi, Satan ». Un laps de temps bien court s'est écoulé depuis que Pierre a entendu les paroles : « Tu es Pierre, et, sur ce roc, je bâtirai mon Eglise ». Comment un homme, vaincu lui-même par Satan pouvait-il servir à l’édification de l’Eglise contre laquelle, selon le Seigneur, les portes de l'enfer ne devaient pas prévaloir ? Si jamais Pierre devait être appelé à quelque service, il lui fallait subir un changement radical. Et c'est justement ce qui s'est produit. Étudions le récit relaté au chapitre 26 de l'évangile de Matthieu.

Lorsqu'après la célébration de la Pâque, les disciples furent réunis autour du Seigneur, II leur dit : « Cette nuit, je serai pour vous tous, une occasion de chute ; car, il est écrit : « Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées ». Pierre, mû par son caractère impulsif, protesta aussitôt : « Quand tu serais pour tous une occasion de chute, tu ne le seras jamais pour moi ». Il contredisait clairement le Seigneur, mais, ce faisant, il n'agissait pas par bravade. Il était fermement convaincu qu'il disait la vérité. Ce fut à cause de cette confiance de Pierre en lui-même que le Seigneur insista sur ce fait qui, par ailleurs, concernait tous les disciples. Il s'adressa donc directement à lui afin de lui enlever le moindre doute de ne pas être inclus dans le nombre de ceux qui l'abandonneraient. Il prit même le soin de lui donner des détails décrivant les profondeurs dans lesquelles il allait tomber. Mais la confiance de Pierre en lui-même avait de si profondes racines que toutes les affirmations du Seigneur ne purent le convaincre et il se mit à protester avec plus de véhémence que jamais : « Même s'il me faut mourir avec toi, je ne te renierai pas ». Pierre ne voulait décevoir personne et il était sincère dans ce qu'il disait. Il aimait le Seigneur et il voulait le suivre sans réserve.

En tenant de tels propos, il exprimait sans doute le désir profond de son cœur, mais se faisait des illusions sur l'homme qu'il aurait voulu être. Pierre désirait ardemment payer le prix le plus élevé en suivant le Seigneur, mais il n'était pu le genre d'homme qu'il pensait être. Il ne possédait pas les ressources nécessaires pour payer un tel prix.

Peu de temps après que Pierre eut, à plusieurs reprises, déclaré au Seigneur qu'il le suivrait à tout prix, Jésus lui dit, ainsi qu'aux deux autres disciples qu'il avait emmenés avec lui en un lieu retiré du jardin de Gethsémané : «Mon âme est triste jusqu’à la mort ;

restez ici et veillez avec moi ». Mais ils s'assoupirent tous les trois. Il s'adressa de nouveau à Pierre, de façon plus personnelle, en disant : « Vous n'avez donc pu veiller une heure avec moi ? ». Sans attendre sa réponse, il ajouta : « L'esprit est bien disposé, mais la chair est faible ». Tel était Pierre : plein de bonne volonté, mais versatile !

 

(À suivre)

Watchman NEE

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