DES CRENEAUX D’ARGENT BÂTIS SUR NOTRE VIE

 

 

DES CRENEAUX D’ARGENT BÂTIS SUR NOTRE VIE

 

« Nous avons une petite sœur, qui n'a point encore de mamelles; 

que ferons-nous de notre sœur, le jour où on la recherchera ? 

Si elle est un mur, nous bâtirons sur elle des créneaux d'argent… » 

(Cantique des cantiques 8.8,9)

 

Pour la compréhension de ce qui suit, j’invite mes lecteurs à se reporter à l’article précédent, « La petite sœur ».

 

Les véritables chrétiens qui n’ont pas encore atteint un stade de maturité spirituelle, ont néanmoins en eux la vie de Dieu. Ne sont-ils pas encore parvenus « à l’état d’hommes faits, à la mesure de la stature parfaite de Christ » ? Ils ont cependant accepté volontairement et joyeusement dès leur nouvelle naissance d’être une « muraille » en face d’un monde corrompu. Ils se sont séparés d’une génération mauvaise et impie. Le monde est crucifié pour eux, et ils sont crucifiés pour le monde. Ils maintiennent fermement leur position contre le mal qui les entoure.

« Sauvez-vous de cette génération perverse », prêchaient les apôtres aux premières lueurs d’un christianisme qui n’avait pas encore eu le temps de se dénaturer. 

Jésus a payé le prix fort de cette indispensable séparation : « … notre Seigneur Jésus-Christ, qui s’est donné lui-même pour nos péchés, afin de nous arracher du présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père » (Galates 1.4). Le Messie s’est donné en exemple et a prié le Père céleste pour que nous soyons cette « muraille » devant un monde gisant sous la puissance du Malin : « Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde » (Jean 17.15-16).

 

Être une muraille est le caractère indispensable de tous ceux qui avancent vers la sainte cité du chapitre 21 de l’Apocalypse. Cette « ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel d’auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu… avait une grande et haute muraille » (Apocalypse 21.10, 12)

 

Bien-aimés, si nous savons nous mettre à part, si nous prenons la ferme résolution de nous sanctifier pour notre Dieu, tout ce qui est noble, tout ce qui provient de la rédemption sera bâti sur nous ; c’est ce qu’évoquent symboliquement les « créneaux d’argent ». Si, grâce à l’action puissante du Saint-Esprit, nous nous détachons du monde, nous jouirons des innombrables grâces et des infinies richesses de la rédemption. Sachons-le, la séparation du mal ne suffit pas. Il est nécessaire qu’il y soit ajouté la connaissance du caractère précieux qui s’attache aux croyants, affermis dans la grâce. Considérons la manière dont notre âme a été mise à l’abri, pour le plaisir de Dieu, par l’œuvre de Jésus-Christ. Soyons enrichis par le sentiment de toute la faveur divine reposant sur nous, en tant que rachetés. L’Ecriture nous parle d’un « droit de rachat » (voyez Lévitique 25.25-34). Il fut magnifiquement illustré dans l’histoire de Ruth. Nous qui étions autrefois perdus, dans l’ignorance, dans les ténèbres les plus épaisses, loin de Dieu, ne nous contentons pas aujourd’hui d’être « une muraille » - ce qui est déjà beaucoup. Mais atteignons une pleine maturité en Christ. Désirons les « créneaux d’ardent » du rachat. Emparons-nous d’une bénédiction pleine et entière. Laissons le Saint-Esprit nous enseigner. Nous reconnaîtrons que tout nous a été acquis par notre Sauveur lorsque, rejeté, il est allé à la mort pour nous. Cette pensée rendra Christ très précieux à nos yeux, et nos affections se développeront. Pour reprendre l’image du Cantique, nos « seins seront des tours » (8.10).

Nous craignons Dieu et lui appartenons. Le Saint-Esprit veut ajouter à notre cœur le sentiment béni que nous sommes dans cette position dans toute la valeur de la rédemption. Il bâtit sur notre vie des « créneaux d’argent ». 

 

Il nous rend pleinement conscients d’une œuvre glorieuse, parfaite, accomplie aux dépens de Dieu et de son Fils bien-aimé. « En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce » (Ephésiens 1.7).

 

Rachetés, nous sommes libérés de toute vaine conduite et de toutes traditions : « Ce n'est pas par des choses périssables, par de l'argent ou de l'or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vous avez héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d'un agneau sans défaut et sans tache » (1 Pierre 1.18, 19).

 

L’un des glorieux fruits de la rédemption est la réception du Saint-Esprit : « Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous-car il est écrit: Maudit est quiconque est pendu au bois, - afin que la bénédiction d'Abraham ait pour les païens son accomplissement en Jésus-Christ, et que nous recevions par la foi l'Esprit qui avait été promis » (Galates 3.13, 14).

 

Nous jouissons du privilège de l’adoption divine : « Lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme, né sous la loi, afin qu'il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous recevions l'adoption. Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils, lequel crie: Abba! Père! » (Galates 4.4-6).

 

Ô la multitude des créneaux d’argent ! Ô l’inépuisable trésor des richesses divines ! Il serait impossible, je crois, que ces créneaux d’argent soient bâtis sur nous sans qu’il y ait pour résultat le développement de nouvelles et saintes affections. 

 

Mes bien-aimés frères et sœurs en la foi, notre réponse à Dieu et à Christ – celle de notre amour – dépend de l’appréciation que nous avons de ce que le Père céleste et son Fils bien-aimé sont à notre égard, et de celle du terrain sur lequel nous sommes désormais, celui de la rédemption en Christ. Rien ne peut être plus émouvant pour le cœur.

 

C’est pourquoi Paul écrivait aux Ephésiens : « C'est pourquoi moi aussi, ayant entendu parler de votre foi au Seigneur Jésus et de votre charité pour tous les saints, je ne cesse de rendre grâces pour vous, faisant mention de vous dans mes prières, afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père de gloire, vous donne l’Esprit de sagesse et de révélation, dans sa connaissance, et qu'il illumine les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle est l'espérance qui s'attache à son appel, quelle est la richesse de la gloire de son héritage qu'il réserve aux saints, et quelle est envers nous qui croyons l'infinie grandeur de sa puissance, se manifestant avec efficacité par la vertu de sa force » (1.15-19).

Et encore : « … Je fléchis les genoux devant le Père, duquel tire son nom toute famille dans les cieux et sur la terre, afin qu'il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d'être puissamment fortifiés par son Esprit dans l'homme intérieur, en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi; afin qu'étant enracinés et fondés dans l'amour, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l'amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu'à toute la plénitude de Dieu » (3.14-19).

 

Paul BALLIERE

 

 

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