LA THEOLOGIE DE REMPLACEMENT

 

 

LA THEOLOGIE DE REMPLACEMENT

 

La 200e ! Pas de hasard si cette 200e vidéo évoque le sujet glorieux que Dieu a pour Israël en faveur de l’humanité. Pourtant, bon nombre de théologiens chrétiens s’opposent à ce que le « peuple choisi de l’Eternel » (Deut. 7.6) conserve sa destinée dans le projet divin, et qu’à leurs yeux, il a failli, et il est remplacé par l’Eglise – on appelle cela la « théologie de remplacement ». Il est crucial, aujourd’hui où l’Etat hébreu vit une guerre terrible qui peut être la guerre de Gog, et devenant l’opprobre des peuples… il est crucial que nous comprenions qu’Israël a un besoin urgent de la prière de l’Eglise. Reconnaître Israël comme le peuple de Dieu, et prier pour eux en tant que croyants de la Nouvelle Alliance, n’est pas une option ; il y va de l’honneur de Dieu.

 

Joël 2.17 : « Qu'entre le portique et l'autel pleurent les sacrificateurs, serviteurs de l'Eternel, et qu'ils disent : Eternel, épargne ton peuple ! Ne livre pas ton héritage à l'opprobre, aux railleries des nations ! Pourquoi dirait-on parmi les peuples : où est leur Dieu ? » 

 

 

Israël, l’Horloge de Dieu

 

Le message du prophète Joël est un message plein d’espérance, pour Israël et pour l’Eglise qui bénéficie des promesses antiques. Après avoir supplié Israël à revenir à lui et de se repentir, Dieu s’adresse aux Lévites, aux sacrificateurs, pour crier à lui, pour pleurer afin que son nom ne soit pas bafoué, quand les nations conspuent Israël. Ne sommes-nous pas nous-mêmes des sacrificateurs (Apoc. 4.10) – ne sentons-nous pas l’exhortation de Dieu ?... Ecoutons Moïse qui parle aux nations :

 

Deut. 32.43 : « Nations, chantez les louanges de son peuple ! Car l'Eternel venge le sang de ses serviteurs, il se venge de ses adversaires, et il fait l'expiation pour son pays, pour son peuple ».

 

Les paroles de Moïse sont tellement prophétiques et actuelles ! Nous sommes l’Eglise des nations : 

1) nous devons bénir ce peuple que Dieu a choisi ; 

2) Dieu a promis de venger Israël ;

3) nous croyons au salut d’Israël, car, selon la parole de Moïse, Dieu s’en occupe – « Il fait l’expiation pour son peuple ». Alléluia !

 

Israël rythme le temps prophétique. Je veux citer un pasteur qui m’a aidé dans la compréhension d’Israël, Pierre Despagne (1921-2008) : « Israël, c’est toute la Bible, pas seulement l’Ancien Testamant mais aussi le Nouveau Testament. La Bible est une seule et même révélation … C’est le même Esprit qui court au travers de toute cette révélation… Dieu accomplit ses desseins dans le temps par le moyen de ce peuple qu’il s’est choisi, qu’il a mis à part. Nous sommes au bénéfice de ce peuple, Israël, tout d’abord au travers de la Bible hébraïque. Israël est l’horloge prophétique. Israël marque les heures à ce cadran ; il est lui-même l’aiguille de ce cadran, qui marque les heures solennelles de notre génération, puisqu’il nous est donné de voir la résurrection nationale et la délivrance de Jérusalem ». 

 

 

La terre d’Israël

 

Les partisans de la théologie de remplacement disent généralement que les Evangiles ne présentent pas Jésus préoccupé par la question de l’indépendance politique de son pays, mais plutôt par la justice du Royaume de Dieu. Et la terre désigne le monde nouveau attendu (Apoc. 21.1, « un ciel nouveau et une terre nouvelle »). Donc, selon eux, la terre donnée en héritage à Israël n’a aucun sens. Et pourtant, combien les promesses de la terre données aux Patriarches sont nombreuses, et précises ! Ecoutons la prière de Moïse : 

 

Deut. 32.13 : « Souviens-toi d'Abraham, d'Isaac et d'Israël, tes serviteurs, auxquels tu as dit, en jurant par toi-même: Je multiplierai votre postérité comme les étoiles du ciel, je donnerai à vos descendants tout ce pays dont j'ai parlé, et ils le posséderont à jamais. ». 

 

Dieu l’a juré « par lui-même » ! 47 fois dans la Bible, Dieu a juré de donner à Israël la terre en héritage, en possession perpétuelle. Dieu ne serait-il pas fidèle à ses promesses ? 

C’est pourquoi l’ennemi emploie tous les moyens pour s’attaquer à la terre de Dieu depuis que les nations ont accordé un territoire au peuple juif. 

 

Or, Dieu s’est servi de chrétiens pour aider Israël à entrer dans son héritage. Le 2 novembre 1917, c’est un chrétien, Lord Balfour, ministre britannique des Affaires étrangères, qui a déclaré l'établissement d'un « foyer national juif » en Palestine pour le peuple juif. 

Et déjà, au Congrès de Bâle en août 1897, un autre chrétien britannique, William Hechler, a démontré à son ami juif Theodor Herzl l’importance de restaurer le peuple juif, en lui donnant « un Etat juif » dans l’antique terre biblique - une vraie résurrection après le génocide nazi. 

 

 

La terre, épouse

 

Il est intéressant de voir que, littéralement, selon Deut. 32.43 (cité plus haut), Dieu « fera l’expiation pour la terre et le peuple ». La terre en Israël, qui premièrement appartient à Dieu, a une fonction qui dépasse le rôle normal d’une terre, elle est l’écrin du peuple choisi, elle est le plaisir de l’Eternel, elle est le réceptacle du Messie qui vient :

 

Esaïe 62.4 : « On ne te nommera plus délaissée, on ne nommera plus ta terre désolation ; mais on t'appellera « mon plaisir en elle » (Hefsiba), et l'on appellera ta terre épouse ; car l'Eternel met son plaisir en toi, et ta terre aura un époux ». 

 

 

Le Royaume sur terre

 

Les partisans de la théologie du remplacement occultent l’idée d’un Royaume sur terre en Israël ; ils passent directement au jugement dernier (dixit le Credo). Ce problème vient des Pères de l’Eglise tel St Augustin (4e siècle) qui a jugé bon de lire la Bible selon une interprétation allégorique. Ainsi, tout ce qui concerne Israël désigne l’Eglise, qui prend toutes les promesses pour elle (sans les malédictions !), en les « spiritualisant ». Les croyants de la Réforme ont suivi, hélas, le même chemin … d’interprétation allégorique. Selon eux, Israël a échoué en rejetant la messianité de Jésus, et Dieu a choisi l’Eglise pour devenir le « vrai » (verus) Israël.

 

Cette « théologie » occulte les promesses bibliques innombrables en faveur d’Israël, sans compter les paroles de Jean dans le livre de la Révélation qui mentionne six fois le « règne de mille ans » (Apoc. 20). La Bible enseigne clairement le règne du Messie sur terre, le retour du Royaume davidique sur terre (2 Sam. 7.16 ; Act. 1.6). Le Nouveau Testament le confirme : Jésus est celui qui en sera le Roi, selon l’annonce de Gabriel :

 

Luc 1.32 : « Et voici (Myriam), tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Yeshoua. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ». 

 

 

Jérusalem, un enjeu messianique

 

Plutôt que d’opposer l’Eglise à Israël, il est bon, avec humilité, de croire que l’Eglise est aux côtés d’Israël, greffée sur le même Olivier (Rom. 11.17), et qu’elle a une fonction différente, spirituelle, n’effaçant en rien le rôle prophétique d’Israël. Jacques Ellul (1912-1994) résume les choses ainsi : « Les païens convertis à Christ doivent être reconnaissants envers les Juifs. Dans la mesure où l’Eglise est bien chargée pour le monde de la même promesse, elle n’est pas la remplaçante du peuple juif mais son héritière… Le peuple d’Israël est témoin de la fidélité de Dieu et de la permanence de la promesse ; l’Eglise est témoin de son universalité et de sa liberté ». 

 

Jérusalem, selon la Bible, est une pierre pesante pour les nations, et une coupe d’étourdissement pour les nations arabes (Zach. 12). C’est un combat spirituel incroyable qui se déroule dans le ciel. 

 

Chers amis, non, l’Eglise n’a pas remplacé Israël. Le Seigneur de gloire vient établir son Royaume à Jérusalem (Ez. 43) - voilà l’enjeu, il est messianique. Voilà pourquoi Israël, la terre, et Jérusalem sont précieux pour Dieu ! En tant que chrétiens et serviteurs de l’Eternel, il est primordial de participer à ce combat dans la prière et l’intercession !

 

Gérald FRUHINSHOLZ

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0