MON PASTEUR A BESOIN DE MES PRIERES

 

 

MON PASTEUR A BESOIN DE MES PRIERES

 

« Frères, priez pour nous » (1 Thessaloniciens 5.25).

 

J'ai longtemps pensé, comme beaucoup d'autres d'ailleurs, que j'avais besoin des prières de mon pasteur. N'est-ce pas légitime ? Dieu ne l'a-t-il pas placé à la tête de l'Eglise pour qu'il prodigue ses soins à la brebis fatiguée, blessée, ou malade ? L'intercession n'est-elle pas une arme efficace contre les attaques du diable ? J'avais donc raison.

 

Dès lors, mon pasteur devait prier quand j'étais malade, quand il y avait une difficulté à la maison, quand il fallait trouver une solution à un problème ou une réponse à une situation embarrassante. Il devait prier pour que mes enfants réussissent leurs examens, aient une bonne situation, et un mariage béni, sans oublier d'intercéder pour mes problèmes professionnels, quand il y en avait. En résumé, il était là pour prier, prier encore, prier toujours, pour moi, moi, moi. Au

tréfonds de mon âme, j'étais persuadé de la qualité supérieure des prières de mon pasteur.

 

Etant donné sa position spirituelle, à coup sûr, il priait mieux que moi, et Dieu devait l'écouter bien plus volontiers.

 

Là je n'avais plus raison.

 

Mais je n'étais pas au bout de mes surprises. Une lecture attentive de la Parole de Dieu m'a fait découvrir la nécessité de renverser la vapeur. Ma mentalité devait changer. Mon pasteur avait autant besoin de mes prières que j'avais besoin des siennes. Je n'en revenais pas ! « Surprise ? », direz-vous ; « mais nous savons depuis toujours qu'il faut prier pour notre pasteur et nous ne manquons pas de le faire régulièrement ». Je le savais aussi, et je le faisais. Mais le Seigneur a néanmoins bousculé mes conceptions.

 

 

Exhortation générale

 

L'apôtre Jacques écrit : « … priez les uns pour les autres... » (Jacques 5.16). « Les autres », c'est aussi mon pasteur. Je dois donc prier pour lui. La Bible me le recommande.

 

Mais pourquoi mon pasteur a-t-il besoin d'être soutenu dans la prière ?

 

 

Pour prêcher avec assurance

 

N'est-il pas étonnant de lire l'exhortation de Paul à l'Eglise d'Ephèse : « Priez pour tous les fidèles, ainsi que pour moi; qu'il me soit donné, quand j'ouvre la bouche, de parler courageusement, de faire connaître le mystère de l'Evangile (moi son ambassadeur, et qui suis aux fers) ; oui, que j'en parle avec assurance comme je le dois »? (Ephésiens 6.19-20).

 

Le serviteur de Dieu doit être rempli de courage, de hardiesse, d'assurance pour prêcher l'Evangile. S'il est jeune, s'il manque d'expérience, s'il est dépourvu d'éloquence, le secours de Dieu lui est indispensable.

 

S'il est plus âgé, s'il a l'habitude de parler en public, s'il a quelque facilité naturelle dans ce domaine, il a besoin tout autant de la grâce du Seigneur, tant il est vrai que la sagesse d'en-bas n'est d'aucun secours dans le service de Dieu.

 

Il faut toute la force de Dieu à mon pasteur, pour annoncer l'Evangile à l'heure où lui-même se trouve dans l'épreuve. Paul était dans les chaînes, mais il brûlait du désir de proclamer le mystère de l'Evangile avec puissance.

 

Mon pasteur a besoin du courage divin quand les forces démoniaques s'opposent à la prédication, quand les visages sont glacés, les cœurs fermés.

 

N'est-ce pas au pasteur, direz-vous, de prier pour que Dieu lui donne la force dans le service ? N'est-ce pas à lui de rechercher les qualités qui le rendront vainqueur sur le champ de bataille, là où le salut des âmes est l'enjeu du combat ? Le Seigneur

lui-même ne doit-il pas revêtir son serviteur de tout ce dont il a besoin ? Certes oui. Mon pasteur a sa part de responsabilités. Mais il est nécessaire de prier pour que les grâces de Dieu lui soient communiquées. Au lieu de critiquer si facilement une prédication qui n'était pas à mon goût, de juger un peu trop hâtivement d'une réunion, ne devrais-je pas plutôt me demander combien de temps j'ai passé dans la prière pour que mon pasteur prêche le mieux possible selon le cœur de Dieu ?

 

La grâce qui reposera sur lui dans son prochain discours dépend aussi de mes prières.

 

 

Pour de nouvelles victoires

Dans l’évangélisation

 

A cet égard, Paul avait besoin de la prière de ses frères et sœurs en la foi. Il écrit aux Thessaloniciens: « Au reste, frères, priez pour nous, afin que la Parole du Seigneur coure et qu'elle soit glorifiée, comme elle l'est aussi chez vous » (2 Thessaloniciens 3.1). 

 

Apôtres et évangélistes sont des hommes de terrain, défrichant, plantant, bâtissant. Des missionnaires, dans le monde entier, dressent la bannière de Christ dans le cœur de multitudes affamées de vérité. Mais le jour vient où le Seigneur mettra en lumière la puissance spirituelle déployée par « l'arrière-garde » et permettant ces victoires.

 

Ici, une veuve demeurée dans l'isolement, persévère nuit et jour dans les supplications et les prières. Là, dans le secret d'une chambre, un frère à genoux plaide avec Dieu chaque jour, sérieusement, longuement, avant de partir à son travail ; sa fervente intercession vole au-dessus des frontières ; elle se rit des barrières humaines, des ghettos, des murs de haine ; elle ne connaît pas les préjugés raciaux ; son seul objectif est de permettre à la Parole de Dieu de se répandre. Il se peut qu'à des milliers de kilomètres, sur le front spirituel, des hommes de Dieu soient alors puissamment fortifiés. Très loin d'eux, des lèvres inconnues se sont ouvertes devant Dieu pour eux, des mains fidèles ont tenu fermement les liens de l'Esprit.

 

Ici encore, c'est l'heure de la réunion de prière. Des frères et sœurs y sont fidèles, chargés du fardeau des âmes perdues. Ils sont là, remplis de l'esprit de prière. Des pierres précieuses sont déjà serties dans leur couronne céleste. Ils n'en savent rien encore. Mais l'heure des récompenses divines approche et l'œuvre de chacun sera révélée.

Dieu compte sur moi pour une fidèle intercession. La nuit s'épaissit. L'Evangile doit gagner du terrain. Il reste beaucoup à faire, au loin comme au près.

 

C'est pourquoi mon pasteur a besoin de mes prières.

 

 

Pour des ouvertures

Dans l’évangélisation

 

« Persévérez et veillez dans la prière, en l'accompagnant d'actions de grâces. Priez aussi pour nous, afin que Dieu nous ouvre une entrée pour prêcher sa Parole, et pour annoncer le mystère de Jésus-Christ… » (Colossiens 4.2-3).

 

Quel encouragement à prier pour mon pasteur ! Des portes vont s'ouvrir pour l'Evangile en réponse à mes requêtes.

Ces portes, ce sont des champs de mission encore dans les ténèbres du péché et des forces démoniaques, et dans lesquels l'Evangile va s'engouffrer victorieusement. Ce sont aussi, plus près de nous, des villes importantes, des villages, des campagnes entières où le nom de Jésus sera bientôt proclamé dans toute sa puissance, pour la première fois. Plus près encore, ce sont des cœurs jusque-là impénétrables, qui seront vaincus par l'amour du Christ. En réponse à mes prières, Dieu ouvrira une entrée à mon pasteur pour la Parole.

 

 

Pour briser certaines oppositions

 

L'Eglise de Thessalonique reçut cette recommandation de la part de l'apôtre Paul :  « Frères, priez pour nous, afin que nous soyons délivrés des hommes méchants et pervers ; car tous n'ont pas la foi » (2 Thessaloniciens 3.1-2) .

Le même apôtre écrivit à l'Eglise de Dieu de Rome : « Je vous exhorte frères, par notre Seigneur Jésus-Christ et par l'amour de l'Esprit, à combattre avec moi, en adressant des prières à Dieu en ma faveur, afin que je sois délivré des incrédules de la Judée » (Romains 15.30-31) .

 

Que ce soit en Judée ou ailleurs, il affronta l'opposition d'hommes intraitables et fâcheux.

 

« Du temps que Gallion était proconsul de l'Achaïe, les Juifs se soulevèrent unanimement contre Paul, et le menèrent devant le tribunal... » (Actes 18.12).

 

« Il était sur le point de s'embarquer pour la Syrie, quand les Juifs lui dressèrent des embûches » (Actes 20.3).

 

« Les Juifs d'Asie, ayant vu Paul dans le temple, soulevèrent toute la foule, et mirent les mains sur lui… » (Actes 21.27).

 

En tant d'autres circonstances défavorables, il dut compter sur le secours miraculeux de Dieu.

 

Il est fort probable qu'en France, aujourd'hui, mon pasteur n'ait pas à rencontrer une opposition aussi ouverte. Mais que les adversaires de l'Evangile vomissent la flamme, qu'ils aient un gosier comme un sépulcre ouvert, ou qu'ils rampent dans le velours, mon pasteur doit être soutenu dans la prière pour les vaincre. Si je combats dans la foi, des forteresses tomberont au nom de Jésus, et le travail sera fructueux.

 

 

Pour la délivrance de certaines épreuves

 

L'Eglise primitive dut souvent recourir à la prière pour que ses pasteurs soient libérés de prison. Enfermés à cause de leur message, ils apprirent à compter sur les supplications des leurs en Jésus-Christ. Il est évident qu'ils se reposaient sur le

Seigneur, sur sa fidélité et sa puissance, mais ils savaient aussi l'importance des prières de l'Eglise dans de telles circonstances. Pourrais-je justifier ma démission dans la prière en disant : « nous ne connaissons pas la volonté de Dieu… le Seigneur sait ce qu'il doit faire... C'est à lui d'agir... »?

 

Au chapitre douzième des Actes, nous avons une démonstration de la réaction de l'Eglise primitive dans des moments dramatiques. « Le roi Hérode se mit à maltraiter quelques membres de l'Eglise, et il fit mourir par l'épée Jacques, frère de Jean. Voyant que cela était agréable aux Juifs, il fit encore arrêter Pierre. Après l'avoir saisi et jeté en prison, il le mit sous la garde de quatre escouades de quatre soldats chacune, avec l'intention de le faire exécuter devant le peuple après la Pâque » (Actes 12.1-4). Que fit alors l'Eglise ? Elle ne cessa d'adresser pour lui des prières à Dieu. Pas de démission, pas de résignation, pas de découragement, pas de fatalisme, mais une farouche détermination à vaincre. La délivrance miraculeuse de Pierre par un ange du Seigneur, était l'exaucement des prières du peuple de Dieu. Que se serait-il passé si l'Eglise n'avait pas combattu pour l'un de ses pasteurs, en demandant à Dieu la victoire ?

 

Force nous est de constater l'équilibre des apôtres dans la foi. Ils avaient une pleine confiance dans la délivrance de Dieu, mais ils s'appuyaient aussi sur l'intercession des chrétiens. L'une n'allait pas sans l'autre. Plusieurs de leurs paroles m'encouragent à prier pour mon pasteur.

 

« Nous ne voulons pas, en effet, vous laisser ignorer, frères, au sujet de la tribulation qui nous est survenue en Asie, que nous avons été excessivement accablés, au-delà de nos forces, de telle sorte que nous désespérions même de conserver la vie. Et nous regardions comme certain notre arrêt de mort, afin de ne pas placer notre confiance en nous-mêmes, mais de la placer en Dieu, qui ressuscite les morts. C'est lui qui nous a délivrés et qui nous délivrera d'une telle mort, lui de qui nous espérons qu'il nous délivrera encore, vous-mêmes aussi nous assistant de vos prières, afin que la grâce obtenue pour nous par plusieurs soit pour plusieurs une occasion de rendre grâces à notre sujet » (2 Corinthiens 1.8-11).

 

Paul écrit à Philémon : « Prépare-moi un logement, car j'espère vous être rendu, grâce à vos prières » (Philémon 22). Il aurait pu dire : « grâce à Dieu » ou quelque chose du genre. Mais non! Il souligne ici à quel point Dieu est sensible à la prière du chrétien pour son pasteur.

 

L'auteur de l'épître aux Hébreux écrit, quant à lui: « Priez pour nous ; car nous croyons avoir une bonne conscience, voulant en toutes choses nous bien conduire. C'est avec instance que je vous demande de le faire, afin que je vous sois rendu plus tôt » (Hébreux 13.18-19).

Dans notre génération, des chrétiens vivent ces textes au sens littéral. Leur pasteur est emprisonné à cause de l'Evangile. Pour eux, la parole contenue en Hébreux 13.3 prend toute sa signification et son actualité : « Souvenez-vous des prisonniers comme si vous étiez aussi prisonniers... de ceux qui sont maltraités comme étant aussi vous-mêmes dans un corps ». Assurément, ils comprennent mieux que nous

encore toute la profondeur de cette parole de Paul : « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Corinthiens 12.26).

 

Mon pasteur n'est pas emprisonné pour sa foi. Mais il est possible qu'il connaisse une autre sorte de prison. Est-il « enfermé » dans une maladie grave, voire incurable ? L'épreuve se déchaîne-t-elle contre sa vie, contre la vie de l'un des siens ? Des coups répétés essaient-ils de détruire son ministère ? Est-il la proie de quelque difficulté ? A l'instar des apôtres, lui aussi espère m'être rendu grâce à mes prières ; lui aussi attend d'être libéré plus tôt par l'efficacité de mon intercession.

 

 

Pour le renversement de situations pénibles

 

Paul a subi des attaques d'une nature bien particulière et ce, de la part d'adversaires pour le moins étonnants. Il écrit à l'Eglise de Philippes : « Quelques-uns prêchent Christ par envie et par esprit de dispute... animés d'un esprit de dispute, ils annoncent Christ par des motifs qui ne sont pas purs et avec la pensée de me susciter quelque tribulation dans mes liens. Qu'importe ? de toute manière, que ce soit pour l'apparence, que ce soit sincèrement, Christ n'est pas moins annoncé... Je sais que cela tournera à mon salut, grâce à vos prières, et à l'assistance de l'Esprit de Jésus-Christ » (Philippiens 1.15-19). Ici encore, apparaît l'équilibre de la foi. L'apôtre attend, de deux éléments précis, le renversement de la situation, à son avantage. D'une part l'action du Saint-Esprit, et d'autre part la prière des Philippiens. Les deux étaient liées. Quel stimulant dans le combat ! Que mon pasteur et l'Eglise soient les cibles de mauvais ouvriers chargés de l'esprit de dispute, de concurrence, et de desseins malveillants, Dieu peut orienter l'épreuve dans la direction du triomphe, grâce à la prière des siens. D'ailleurs, que d'expériences bénies dans ce domaine !... Que de victoires manquées aussi, malheureusement, par démission et manque de combativité.

 

 

Pour le succès de missions spéciales

 

En Judée, Paul eut une tâche spéciale à accomplir, pour laquelle il devait être entouré de prières. Il s‘adressa à l'Eglise de Rome : « Je vous exhorte, frères… à combattre avec moi, en adressant des prières à Dieu en ma faveur, afin que... les dons que je porte à Jérusalem soient agréés des saints, en sorte que j'arrive chez vous avec joie, si c'est la volonté de Dieu, et que je jouisse au milieu de vous de quelque repos » (Romains 15.30-32).

 

Mon pasteur peut avoir certaines missions précises et délicates à accomplir, et qui demandent la sagesse de Dieu et sa protection. Dieu peut-il compter sur moi pour combattre à genoux ?

 

Que Dieu m'accorde la sagesse et la sobriété nécessaires pour vaquer à la prière, en privé et dans mon Assemblée. Si souvent j'ai laissé ma place vacante à la réunion de prière, pour des motifs futiles et mondains ! Aujourd'hui je veux réformer mes voies.

 

Paul BALLIERE

 

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Commentaires: 3
  • #1

    Pesnel (dimanche, 25 février 2024 05:57)

    Bj Pasteur,
    Merci pour cet article, prions pour nos Pasteurs.
    Que le Seigneur les fortifie.
    et les bénisse.

  • #2

    Jean-Paul (dimanche, 25 février 2024 08:45)

    MON PASTEUR À BESOIN DE MES PRIÈRES (du 24 Février) ==> je dis tout simplement "AMEN" pour cet article complet, compréhensif et plein de sagesse.
    Vivons ce temps de la prière comme pour le rythme de la respiration du corps et que DIEU soit toujours glorifié à chaque jour qu'il fait.

  • #3

    Yannick (lundi, 26 février 2024 08:56)

    J'ai reçu à travers ce message un encouragement à prier pour mon pasteur. Mon intercession était timide et petit à petit je me suis relâchée. Aujourdhui,je suis galvanisée, il me faut prier et prier encore .