LE GOUSH KATIF

 

 

LE GOUSH KATIF

 

Il y a tout juste 20 ans, en 2005, Israël a évacué de force plus de 8 000 habitants juifs du Goush Katif, dans la bande de Gaza, espérant que ce retrait ouvrirait la voie à la paix. Au lieu de cela, ce désengagement a été suivi d'attaques terroristes incessantes et, plus dévastateur encore, du massacre du 7 octobre, qui a coûté la vie à 1 200 Juifs (au Festival Nova). Aujourd’hui, de nouvelles propositions du président américain Donald Trump et d'autres dirigeants régionaux, notamment saoudiens et égyptiens, relancent le débat sur le retour des Juifs à Gaza. Nous sommes arrivés en Israël, Sophie et moi et notre fils, le jour même du Désengagement, le 17 août 2005. 

En tant que chrétien, il importe de comprendre ce que signifie ce déracinement, et quelle position nous devons avoir. Il ne s’agit pas de politique politicienne, mais de géopolitique à la lumière de la Parole de Dieu. Nous ne pouvons rester neutres quand il s’agit de la terre d’Israël, de l’Héritage de Dieu. La neutralité n’est pas biblique. 

Genèse 26:3 « Habite dans ce pays-ci. Je serai avec toi et je te bénirai, car je te donnerai toutes ces terres, à toi et à ta descendance. Je tiendrai le serment que j'ai fait à ton père Abraham. Je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel, je donnerai toutes ces terres à ta descendance, toutes les nations de la terre seront bénies en ta descendance ». 

 

 

Le Goush Katif 

 

Il y a plusieurs Goush en Israël : le Goush Dan correspondant à Tel-Aviv et ses alentours, le Goush Etsion qui regroupe des villages en Judée. Le Goush Katif signifie « le Bloc des récoltes ». Cet endroit ne représentait que des dunes. Les Juifs et leurs ancêtres vivaient à Gaza depuis l'époque biblique. Parmi les résidents figuraient des rabbins médiévaux. Gaza a été proclamée « la ville juive la plus sainte » au XVIIe siècle selon le prophète Nathan de Gaza. Au 4e siècle, Gaza était le principal port juif d’Israël pour le commerce international. Selon la Torah, Abraham et Isaac ont séjourné dans ce territoire. Genèse 20 décrit Abraham s'installant à Guérar, une ville de Gaza. Plus tard, lors d'une famine, Isaac envisagea de se rendre en Égypte, mais Dieu lui ordonna de rester à Guérar (Genèse 26:6). 

Josué 15:45-47 « Ékron, avec ses villages et ses hameaux ; depuis Ékron et vers la mer, tout ce qui est du côté d’Ashdod, avec ses dépendances. Ashdod, ses villages et ses hameaux ; Gaza, ses villages et ses hameaux... » 

Gaza, Ashdod et Ékron font partie de l’héritage donné à la tribu de Juda. Gaza fait partie du territoire de Juda. 

Nous connaissons tous l’histoire de Samson (=petit soleil). La Bible consacre 4 chapitres (Juges 13-16) sur l’histoire de ce héros. Dieu avait donné comme mission à Samson de délivrer Gaza et le territoire de Juda de l’occupation des Philistins. […] C’est dans la prison de Gaza que Samson fut enfermé, les yeux crevés, et dans le palais de Gaza qu’il fut placé entre deux colonnes. 

Juges 16:28 « Alors Samson fit appel à l'Eternel en disant : « Seigneur Eternel, souviens-toi de moi, je t'en prie ! O Dieu, donne-moi de la force cette fois seulement, et que d'un seul coup, je tire vengeance des Philistins pour mes deux yeux ! … ». 

Le but fut atteint : Samson détruisit la forteresse des Philistins et leur idole Dagon. Cela ne nous rappelle-t-il pas ce que vit Israël aujourd’hui ?... 

 

 

Colons ou pionniers ? 

 

La sémantique est importante lorsque l’on parle d’Israël. Dans les médias, nous entendons parler des « colons israéliens ». Ce terme est évidemment péjoratif. Ici, on ne parle pas de colonies et de colons, on parle d’implantations et de pionniers, en hébreu ‘Haloutsim. 

Ben Gourion disait que « les ‘haloutsim sont des pionniers du travail, des sciences et de la construction, armés d'une volonté puissante et conscients d'une mission ». Pour l’accomplissement d’un grand rêve, celui de la reconstruction d’une nation, selon les prophéties antiques. 

Amos 9:14 « Je ramènerai les captifs de mon peuple d'Israël ; ils rebâtiront les villes dévastées et les habiteront, ils planteront des vignes et en boiront le vin, ils établiront des jardins et en mangeront les fruits ». 

Le peuple juif n’a pas colonisé sa terre ! C’est Dieu qui le lui a donné en héritage. Gaza est dans le territoire de Juda qui appartient à Israël. 

Genèse 13:14 « L'Eternel dit à Abram, après que Lot se fut séparé de lui : Lève les yeux, et, du lieu où tu es, regarde vers le nord et le midi, vers l'orient et l'occident ; car tout le pays que tu vois, je le donnerai à toi et à ta postérité pour toujours ». 

 

 

L’Histoire de Gaza 

 

Pendant des siècles, les Juifs ont vécu à Gaza, avant d'être expulsés à plusieurs reprises. Les Romains les ont chassés, suivis par les Croisés, les Turcs ottomans, les Britanniques en 1929 et les Égyptiens en 1948. Kfar Darom (= village du sud) dans le Goush Katif fut acheté dans les années 1930 et habité en 1946 ; il fut évacué ensuite lors du siège égyptien pendant la Guerre d’indépendance de 1948. Ainsi, lorsqu’Israël a repris Gaza lors de la Guerre des Six Jours de 1967, il a semblé naturel pour les Juifs de revenir et de reconstruire. Une vingtaine de kibboutzim s’établirent. Les autorités israéliennes pensaient que pour protéger le sud d'Israël, il fallait de vraies communautés à Gaza, et pas seulement des bases militaires. 70 % des communautés étaient religieuses ou traditionalistes, les autres laïques. La plupart dépendaient de l'agriculture. Pendant 36 ans, le Goush Katif a prospéré, produisant de grandes quantités de légumes, de fleurs et autres cultures pour Israël et au-delà. 

Le Goush Katif fut un miracle ! À leur arrivée, les Arabes leur demandèrent ce qu'ils comptaient faire de cette terre, puisqu'il ne s'agissait que de dunes. Les Juifs leur parlèrent d'agriculture. Les Arabes répondirent qu'il n'y avait aucune chance, que c'était le désert. Mais les pionniers leur dirent : « Ne vous inquiétez pas, vous verrez. Cette région prospérera ». Et c'est ce qui arriva, le Goush Katif est devenu le verger d’Israël. 

Esaïe 62:4 : « On ne nommera plus ta terre désolation ; mais on t'appellera ‘Hephtsiba- mon plaisir en elle, et l'on appellera ta terre épouse. Car l'Eternel met son plaisir en toi, et ta terre aura un époux ». 

 

 

Notre arrivée en 2005 

 

Dieu a choisi notre date d’arrivée en Israël, le 17 août 2005. Sophie était habillée en orange de la tête aux pieds, et les sourires à l’aéroport nous ont obligés à vouloir comprendre pourquoi. Dans des conflits, il y a souvent des couleurs auxquelles on s’identifie. Là, le bleu désignait ceux qui voulaient expulser les pionniers juifs, et l’orange désignait les pionniers sionistes, qui aiment la terre. Dès le début, le Seigneur nous a clairement montré notre position spirituelle, et comment nous devions diriger nos prières. 

 

Ce retrait unilatéral de Gaza était censé « donner la paix » à Israël. En 2005, avec la pression des nations et sous le gouvernement d’Ariel Sharon, le plan de désengagement s’est appliqué : les habitants ont été expulsés, leurs maisons détruites, les serres saccagées, les synagogues abandonnées ou brûlées. Résultat ? Le Hamas a pris le contrôle de Gaza, jetant du haut des immeubles les gens du Fatah (mouvement de Mahmoud Abbas) et a transformé les villages juifs détruits en bases terroristes. Des dizaines de milliers de roquettes ont été tirées depuis cette région contre Israël. Le Goush Katif est devenu un symbole du déracinement et de la retraite face à la Terre promise. 

 

Le Goush Katif nous rappelle que la terre d’Israël n’est pas simplement un enjeu géopolitique. On ne brade pas la terre de Dieu. C’est une terre d’Alliance, une terre de promesse, une terre pour laquelle Dieu a parlé. La politique peut se tromper, les hommes peuvent céder, mais la Parole de Dieu demeure. 

Mais un jour, dit la Parole, ce qui a été déraciné sera replanté - non par puissance humaine, mais par l’Esprit du Seigneur (Zach 4:6). En tant que chrétiens, nous ne pouvons pas rester neutres, nous devons être solidaires des Juifs sionistes, passionnés pour Dieu et sa terre. 

 

Gérald FRUHINSHOLZ

 

 

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