LE SERVICE DES LEVITES
(3° partie)
Le service au désert
(Nombres 4)
Le principal service des Lévites au désert consistait à transporter le tabernacle. En ligne générale, les Kehathites portaient le sanctuaire et l'autel d’airain, les Guershonites avaient la charge de la partie textile et les Merarites de toute la structure solide.
Le tabernacle nous parle, d’une part, de la manifestation de Dieu en Christ, d'autre part, de la maison de Dieu dans laquelle il veut habiter sur la terre, telle qu’elle est aujourd’hui, composée de tous les croyants. Les objets du sanctuaire: l'arche, la table des pains de proposition, le chandelier, l’autel d’or, ainsi que l'autel d’airain représentent Christ. Les tapis et les couvertures sont plutôt un type de la maison de Dieu et des caractères qu'ont à revêtir les rachetés, reflétant ceux du Seigneur lui-même. La partie solide du tabernacle: les bases, les ais, les pieux, nous présente la structure fondamentale de cette maison fondée sur la rédemption. « Porter » le tabernacle à travers le désert, n'est-ce pas aujourd’hui, par le ministère oral et écrit de la Parole de Dieu et par le témoignage de la vie pratique, maintenir intact et vivant pour le peuple de Dieu, l’enseignement relatif à la personne et à l'œuvre de Christ, et à son assemblée ?
Sans les Lévites portant le tabernacle, le peuple n'aurait pu poursuivre sa route. Les trois familles devaient collaborer pour que l'édifice soit toujours complet. Rien ne devait être oublié ni endommagé.
Ce n’était pas les princes des Lévites qui dirigeaient leur activité. Le « prince des princes » (3.32), Éléazar, fils d’Aaron, était établi sur ceux qui avaient la charge du lieu saint, les Kehathites. Ithamar dirigeait les mouvements des Guershonites et des Merarites (4. 28, 33). Autrement dit, les Lévites étaient sous la dépendance des sacrificateurs.
« Un ministère digne de ce nom, doit être rendu au Seigneur; il doit prendre une position d'humilité, de petitesse et d’infériorité à l'égard de la famille sacerdotale, qui comprend aujourd’hui tous les croyants, et ne doit pas être exercé par des hommes qui domineraient sur des héritages considérés par eux comme leur appartenant » (H. Rossier). Voir 1 Pierre 5.3.
Dans le tabernacle, les sacrificateurs exerçaient le service envers Dieu, c’est-à-dire le culte. Ils devaient eux-mêmes envelopper de diverses couvertures les objets du sanctuaire et l'autel d’airain pour que les Lévites les portent. Entre deux étapes, la responsabilité incombait aux Lévites de maintenir le tabernacle intact et prêt pour la halte suivante. Il était dressé pour rendre culte à Dieu. Aujourd’hui, c'est toute l'assemblée qui rend culte au Seigneur par l’'adoration.
Mais d’un culte à l’autre, il est nécessaire que les saints soient formés par le ministère de la Parole, apprennent à mieux connaître le Seigneur et à le refléter dans leur marche et leur témoignage. Ainsi les cœurs seront préparés pour le culte suivant. S'il y a ministère sans culte, on ne rend pas à Dieu, au Père, ce qu’il recherche. Mais s'il y a culte sans ministère, le niveau du culte baissera certainement, et l'intelligence spirituelle de ceux qui le rendent s’en ressentira.
Aaron et ses fils plaçaient les Lévites « chacun à son service et à son fardeau» (4. 19, 49). La sphère d'activité et le poids de responsabilité vont de pair. Nul ne saurait avoir à cœur les intérêts du Seigneur dans son œuvre, sans ressentir le « fardeau » qui s'y rattache. Mais personne ne devrait se charger seul de la totalité ! Chacun avait et son service et son fardeau. Il ne s’agit pas de choisir soi-même l'activité que l'on veut exercer pour le Seigneur. Il importe de reconnaître, de discerner à quelle « famille » de Lévites nous appartenons, quelle sphère (elle peut changer à travers les étapes du désert), quel service et quel fardeau le Seigneur désire nous confier.
Les Lévites étaient très nombreux en comparaison du volume et du poids à transporter; huit mille cinq cent quatre-vingt avaient entre trente et cinquante ans (v. 48). Personne n’était surchargé, chacun accomplissait sa tâche et ils pouvaient souvent se relayer dans le transport. Pourquoi les serviteurs du Seigneur sont-ils en général aujourd'hui si chargés ? Serait-ce que le nombre des Lévites – comme au temps d'Esdras et de Néhémie – a beaucoup diminué ? Plus d'un racheté du Seigneur ne discerne pas, ou même refuse, le service et le fardeau que son Maître lui a confiés. Les âmes ne sont pas cherchées, pas nourries. Les saints ne sont ni enseignés, ni exhortés, ni consolés. Le témoignage pratique de séparation et de dévouement s’en ressent, la vie de Christ n’est pas vécue dans les siens. « Il ne vaut pas la peine de vivre, si ce n’est pour servir le Seigneur », écrivait un jeune croyant que peu après le Seigneur devait reprendre auprès de lui. Pourtant, des quelques années durant lesquelles il l'avait servi, il restait certainement du fruit à la gloire de son Maître.

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