LES EGLISES DU PREMIER SIECLE
ET CELLES D’AUJOURD’HUI
Il ressort clairement de l’étude du Nouveau Testament que les églises fondées par les apôtres étaient composées d’hommes et de femmes qui avaient passé par la nouvelle naissance, qui en avaient rendu témoignage par leur baptême, qui persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la marche chrétienne et dans la fraction du pain. Ces communautés étaient ce que nous appelons aujourd’hui des « églises de professants ». Etaient-elles des « églises de purs » ? Il suffit de jeter un coup d’œil dans les églises de Corinthe, de Pergame, de Thyatire, de Sardes, de Laodicée pour mesurer la différence entre ces deux appellations. D’autre part, aucune des églises fondées par les apôtres eux-mêmes n’aurait pu garantir que tous ses membres étaient effectivement régénérés. Si la fourberie de Simon le Magicien n’avait été démasquée tout de suite il aurait bien fait partie de l’église de Samarie puisqu'il venait d’être baptisé.
Ainsi, même dans l’église primitive, l'appartenance à l’église locale ne signifiait pas « ipso facto » qu’on avait passé par la nouvelle naissance ; seule l’appartenance à l’Eglise universelle donne cette garantie parce qu’elle est enregistrée par Dieu seul. Nous avons vu également que les réunions des églises primitives n’étaient nullement fermées aux non-croyants (1 Cor. 14.23). Pour toutes ces raisons l'assemblée, en tant que rassemblement local, ne put jamais prétendre correspondre cent pour cent à ce que Dieu avait enregistré comme fraction locale de l’Eglise universelle.
Et cependant il y a une différence essentielle entre les églises apostoliques et les églises actuelles de principe multitudiniste. Pour devenir membre de l’Eglise au premier siècle, il fallait faire personnellement profession de conversion, il fallait témoigner de sa foi au moment de l’admission par le baptême. On pouvait certes se faire illusion sur sa nouvelle naissance ou chercher à produire cette illusion chez d’autres ; on ne pouvait ignorer que la régénération personnelle était la condition « sine qua non » de l’appartenance à l’église. Personne n'était enrégimenté dans l’église sans le désirer et sans remplir les conditions – ou du moins sans donner l’impression qu’il les remplissait. Il faut ajouter d’ailleurs que la Parole était annoncée avec clarté, fidélité et puissance ; là où le Saint-Esprit était à l’œuvre, les illusions étaient certainement rares et de courte durée : on peut se demander si l’incestueux de Corinthe avait jamais passé par une expérience réelle de la nouvelle naissance, mais on sait en tout cas que l’apôtre a demandé aux Corinthiens de l’ « ôter du milieu d’eux ».
Alfred KUEN

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