LA REVELATION PROGRESSIVE

 

 

LA REVELATION PROGRESSIVE

 

 

Il serait fou de ne pas vouloir connaître Dieu quand il se révèle. C’est le but de tout croyant biblique, comme l’a déclaré le Seigneur : « La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu… » (Jean 17.3). 

C’est de manière progressive que Dieu s’est révélé aux hommes. Tout d’abord aux travers de ses noms ou titres avec le peuple hébreu. Ensuite, dans l’histoire de l’Eglise, au travers de réveils qui permettent de grandir dans la foi. Occulter des révélations sous des prétextes théologiques, équivaut à rater des étapes dans la connaissance de Dieu. 

Enfin, on peut discerner un parallèle prophétique entre les réveils spirituels dans l’Église et les moments-clés de l’histoire d’Israël moderne. C’est comme si Dieu utilisait les deux horloges – celle d’Israël et celle de l’Église – pour marquer des étapes vers l’accomplissement final. 

Nous devons réaliser que l’Eglise d’aujourd’hui traverse une crise profonde, par manque de connaissance et de vision prophétique. 

Proverbes 29.18 « Quand il n'y a pas de révélation, le peuple est sans frein ; Heureux s'il observe la loi ! » 

 

 

Au travers des noms 

 

C’est progressivement que Dieu s’est révélé aux hommes au travers des Ecritures. Il était Elohim lors de la Création, Adonaï (quand il a créé l’homme, puis il s’est révélé à Abraham par les noms El Elyon avec Melchisédek, El Shaddaï, et Adonaï Yiré au Moriyah – il est celui qui pourvoit. En Esaïe (9.5), Dieu a révélé l’identité du Messie : « Un enfant nous est né… on l’appellera Pélé Yo ‘etz, El Gibbor, Avi-‘Ad, Sar Shalom ». En un seul verset, nous découvrons plusieurs attributs jusque-là révélés séparément : sa sagesse, sa puissance, son éternité, sa paix. 

Enfin la Nouvelle Alliance donnera le nom qu’il portera sur terre – Yeshoua’ - qui résume tout ce que le Messie juif doit être (Luc 1.31-32) : celui qui sauve, qui baptise, qui guérit, et qui vient comme Roi sur la terre. Les Evangiles révéleront le Messie par d’autres vérités : la porte, la paix, la justice, le bon et le grand Berger, l’Époux, Alpha et Oméga, la Parole de Dieu, le Roi des rois et Seigneur des seigneurs. 

Exode 3.14 « Dieu dit à Moïse : Je suis celui qui suis. Et il ajouta … Tu parleras ainsi aux enfants d'Israël : L'Eternel, le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob, m'envoie vers vous. Voilà mon nom pour l'éternité, voilà mon nom de génération en génération ». 

 

 

Le renouveau de la Parole dans l’Eglise 

 

Durant le temps de l’Eglise, c’est au travers de « réveils » que le Seigneur se révéla. Au XVIᵉ siècle, c’est une redécouverte et une mise en lumière puissante de vérités bibliques qui existaient déjà, mais qui étaient obscurcies : l’Église médiévale avait accumulé traditions, systèmes hiérarchiques et doctrines humaines qui avaient étouffé l’accès direct à la Parole de Dieu. 

La Réforme, avec Calvin, Luther et d’autres, a ramené en pleine lumière la foi chrétienne, avec les cinq « Sola » de Luther : Sola Scriptura : la Parole unique et vivante ; Sola Fide : le salut par la foi seule ; Sola Gratia : par la grâce seule ; Solus Christus : Yeshoua’ est seul médiateur ; Soli Deo Gloria : à Dieu seul la gloire. 

Ce réveil de la Réforme fut puissant : des millions de croyants eurent accès à la Bible dans leur langue. Ce fut la redécouverte d’une relation personnelle avec Dieu sans médiation humaine ou ecclésiale. Cela apporta un feu missionnaire : les Réformateurs voyaient leur travail comme un retour à la foi apostolique. 

1 Thess. 2.13 « C'est pourquoi nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce qu'en recevant la Parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l'avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu'elle l'est véritablement, comme la parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez. » 

 

 

Du 17e au 19e siècle 

 

Il est intéressant de voir ce que ces siècles dans l’Eglise représentent, concernant les révélations liées à la fin des temps. Les XVIIe et XVIIIe siècles sont souvent moins évoqués que le XIXe (le siècle des missions), mais ils constituent un tremplin spirituel décisif. 

Le XVIIe siècle est un siècle contrasté : sécheresse institutionnelle, mais aussi germes de renouveau. La Guerre de Trente ans entre catholiques et protestants est une énorme saignée spirituelle et démographique. En parallèle, il y a les Puritains en Angleterre : recherche de sainteté, fidélité à l’Écriture ; le Piétisme en Allemagne avec l’insistance sur la nouvelle naissance, la piété vécue, les petits groupes de prière, et les Quakers (George Fox) en Angleterre ; c’est la mise en avant de la voix intérieure de l’Esprit. 

Le XVIIIe siècle est le siècle des réveils évangéliques. Le Comte de Zinzendorf et les Frères Moraves seront des missionnaires pionniers avec un esprit de prière 24h/24. En Angleterre et aux États-Unis eurent lieu de grands Réveils (Jonathan Edwards, John Wesley). Le Méthodisme de Wesley mit l’accent sur la conversion personnelle, la sanctification, l’évangélisation. 

Le XIXe siècle est le siècle des missions. C’est l’époque de l’industrialisation, du colonialisme, de l’ouverture du monde. C’est la naissance de grandes sociétés missionnaires, la diffusion massive de la Bible (Sociétés bibliques), l’Évangile répandu jusqu’aux extrémités de la terre. 

 

Un desséchement de l’Eglise 

 

C’est étonnant de voir combien les siècles précédents ont préparé la voie. Tout s’articule : 

1) Dieu a purifié l’Église dans le désert au 17e. 

2). Il l’a ranimée par des réveils au 18e. 

3) Il l’a envoyée aux nations, au 19e. 

4) Puis il a ramené Israël au centre au 20e et 21e siècle. 

Pourtant nous devons noter que le XVIIIe siècle jusqu’au XIXe, est aussi le temps du rationalisme et du dessèchement de la foi. 

Le XVIIIe siècle est le choc des Lumières (Voltaire, Diderot, Rousseau, Kant, Nietzsche) – ces philosophes veulent libérer la pensée de toute tutelle religieuse. La raison humaine devient la mesure de toute chose : scepticisme face aux miracles, rejet de la révélation divine. 

En théologie naît un déisme froid : Dieu existe peut-être, mais il n’intervient plus, c’est un Horloger. Beaucoup d’élites européennes se détournent de la foi. Résultat : dans beaucoup d’Églises, la foi devient culturelle, formelle, desséchée. 

Même si le XIXe siècle est le siècle des missions, il est aussi celui d’un rationalisme religieux qui attaque la Parole par la critique biblique. Avec la Théologie libérale allemande (David Strauss, Ernest Renan, Julius Wellhausen, etc.), la Bible est étudiée comme un simple texte humain. Les miracles sont niés. Jésus est présenté comme un simple homme. En parallèle, c’est la montée du scientisme, la confiance absolue dans le progrès et la science, au détriment de la foi. 

Résultat : le Christianisme est affaibli en Europe, même si l’élan missionnaire reste puissant ailleurs. 

 

 

La renaissance d’Israël 

 

Alors que les nations se dessèchent, Dieu commence à faire reverdir Israël. C’est un basculement prophétique : Dieu permet le vide spirituel en Europe, avec le rationalisme, l’incroyance, l’apostasie… pour mettre en lumière un nouveau centre de son plan : Israël restauré. 

Ce vide prépare le terrain pour que l’Église entende l’appel : « Consolez, consolez mon peuple » (Ésaïe 40.1). 

Autrement dit : le dessèchement des nations annonce que leur temps est presque accompli, et que le temps d’Israël s’ouvre. 

Luc 21.24 « Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis. » 

C’est le passage central : Jésus annonce que Jérusalem sera sous domination des nations jusqu’à une limite fixée par Dieu. Il est tellement important de comprendre les plans divins ! 

 

Gérald FRUHINSHOLZ

 

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