LE SERVICE DES LEVITES (4° partie)

  

LE SERVICE DES LEVITES

(4° partie)

 

Purification et consécration

Nombres 8.5-22

 

Contrairement à ce que nous aurions peut-être pensé, la Parole de Dieu nous présente la purification et la consécration des Lévites après nous en avoir décrit le service, et non avant. C’est que le service appartient au Seigneur; il y appelle qui il veut. En Actes 20.24, Paul dit: « pourvu que j'achève ma course et le service. »  

Au début de notre chapitre brille la lumière du chandelier, montrant que la purification des Lévites doit avoir lieu en laissant la lumière divine éclairer les motifs intérieurs du cœur comme aussi les actes.  

Il ne s’agit pas ici de conversion, mais de préparation morale indispensable pour le service. Dans la Parole, préparation intérieure et formation se retrouvent dans la vie de plusieurs serviteurs de Dieu. Lors de sa conversion, Paul était déjà désigné pour porter le nom du Seigneur devant les nations. Bien des années se sont écoulées jusqu’à ce que Barnabas aille le chercher à Tarse pour l’amener à Antioche où ils enseignèrent dans l'assemblée (Paul était alors un jeune lévite de « vingt-cinq ans » !). Après une période à Antioche, l'Esprit Saint met à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle il les avait appelés (Actes 13.2). Paul entrait alors dans le plein service d’un lévite âgé de trente ans. Avant d'accomplir l’œuvre pour laquelle Dieu l'avait préparé, Moïse est longuement formé, si bien qu'il dépasse l’âge de la vigueur humaine fixé dans son psaume 90 à quatre-vingts ans. Toute la force d’en-haut était nécessaire pour qu'il puisse suffire à sa tâche. Une longue période s'écoule jusqu’au moment où Josué prendra la tête du peuple. Avec patience et condescendance, l'Éternel éduque Gédéon jusqu’au jour de la victoire sur les Madianites.  

Cette préparation au service comporte divers aspects, dont le premier est la purification : l’aspersion de l’eau, le rasoir, et le lavage des vêtements.  

L'eau de purification du péché rappelle la génisse rousse de Nombres 19, dont les cendres mêlées à l'eau, étaient aspergées sur celui qui avait manqué, en vue d'opérer sa restauration. Le souvenir de la mort de Christ, entièrement consumé dans le feu du jugement alors qu'il était fait péché pour nous, appliqué à la conscience, rétablit la communion après que le péché a été confessé. Moise devait faire aspersion sur les Lévites. Ils ne faisaient pas aspersion sur eux-mêmes de l’eau de purification.  Nous n'avons pas à nous « faire mourir » nous- mêmes, mais à accepter par la foi, comme une chose accomplie, notre mort avec Christ.  

Par contre, les Lévites eux-mêmes devaient faire passer le rasoir sur toute leur chair. Cela correspond aux verbes « mortifiez » et « rejetez » de Colossiens 3. Le jugement de soi-même doit toujours être renouvelé. L'apôtre l’exprime aussi dans 2 Corinthiens 4.10: « portant toujours, partout dans le corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, aussi, soit manifestée dans notre corps ». Bien des choses sont à réviser et à retoucher dans nos pensées et notre comportement, si nous désirons vraiment servir le Seigneur.  

Enfin, les Lévites devaient laver leurs vêtements. Le témoignage extérieur, la manière de vivre, ceux que l’on fréquente, nos choix — tout doit être soumis à l’action de la Parole de Dieu, afin de laisser de côté ce qu’elle n’approuve pas. Remarquons que cette mise au point du témoignage extérieur vient en dernier lieu, après l'opération intérieure de l’eau de purification et du rasoir.  

Venaient ensuite les sacrifices. Les Lévites, lors de leur consécration, étaient conscients de cinq sacrifices :  

— L'agneau de Pâque offert pour que les premiers-nés dont ils avaient pris la place, fussent rachetés (v.16-17).  

— La génisse rousse dont l’eau de purification avait été aspergée sur eux.  

— Le sacrifice pour le péché représenté par le taureau, sur la tête duquel ils posaient la main.  

— L'holocauste, pour lequel était de même offert un taureau : une pleine contemplation par la foi de la mort de Christ s’offrant à Dieu pour le glorifier ; là aussi les Lévites posaient la main sur la tête de l'offrande.   

— L'offrande de gâteau liée à l’holocauste, rappelant la vie parfaite de Christ, glorifiant Dieu jusqu'au bout.    

Les fils d'Israël posaient leurs mains sur la tête des Lévites et s'identifiaient ainsi avec eux. Combien est heureuse cette main d'association envers les serviteurs du Seigneur, qui peuvent jouir de la communion de leurs frères et éviter toute indépendance. À Antioche, les « prophètes et les docteurs » sont dans le jeûne et dans la prière, jusqu'à ce qu'ils « laissent aller» ceux que le Seigneur avait appelés par son Esprit (Actes 13.1-3). L'assemblée ne cesse ensuite de les recommander à la grâce du Seigneur (Actes 14. 26). Actuellement, dans la dispensation de la grâce et du Saint Esprit, c’est le Seigneur lui-même qui appelle, forme et envoie ses serviteurs. L’ouvrier aura le désir de la communion avec ses frères, comme il faudra du discernement pour soutenir moralement et spirituellement un serviteur. En procédant pas à pas, avec humilité et dépendance, la confiance s’établira progressivement, avec parfois beaucoup d'exercices de cœur nécessaires et salutaires, si le Seigneur le veut.    

« Après cela », les Lévites étaient offerts en offrande tournoyée à l'Éternel. L’offrande tournoyée — de même dans les sacrifices — était présentée à Dieu de tous les côtés, sous toutes ses faces. Elle était donnée à Dieu sans réserve pour soi-même, sans partie non éclairée. Tout était consacré, « entièrement donné » au Seigneur (v. 16). Pour nous, il ne s’agit pas d’un don, d’une offrande que nous présentons à Dieu, mais nous laissons le Seigneur prendre possession de ce qui lui appartient de droit: nos cœurs, nos vies, nos membres (Romains 6.13, 19; 12. 1).  

« Après cela », nous est-il répété encore une fois au verset 22, les Lévites venaient pour faire leur service. Ils avaient été mis à part et purifiés. Les sacrifices sur lesquels ils avaient posé la main avaient été présentés à Dieu en offrande tournoyée. Ensuite ils pouvaient servir. S'engager dans l’œuvre du Seigneur, si peu apparent soit le service, est une chose sérieuse. S'occuper d’un groupe d’enfants à l’école du dimanche, ou prononcer une prière dans l'assemblée, demande d’avoir affaire personnellement à lui tout autant que pour répondre à son appel pour présenter la Parole dans le rassemblement ou s’engager dans la diffusion de l’évangile au dehors, ou encore pour partir au loin, là où le Maître enverrait. Ésaïe dit du parfait Serviteur : « Il ne se lassera pas et il ne se hâtera pas » (Ésaïe 42.4). Celui qui se hâte de s'engager dans un service, se lassera bientôt, car les sujets de découragement et de larmes ne manquent pas. Un jeune croyant qui se sera laissé former, purifier, établir par le Seigneur, avec le sincère désir d'accomplir ce qui était placé devant lui avec humilité et dépendance, en recherchant la communion de ses frères, pourra, par la grâce de Dieu et la force d’en-haut, persévérer dans l’activité confiée. Mais jamais, si éminent que soit le serviteur, il ne sera capable par lui-même de quoi que ce soit. « Non pas que nous soyons capables… nous-mêmes… mais notre capacité vient de Dieu », dit l’apôtre Paul (2 Corinthiens 3.5). « Si quelqu’un sert, qu’il serve comme par la force que Dieu fournit », ajoute Pierre (1 Pierre 4.11).

 

 

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