LES SOUFFRANCES DE JESUS (8° partie)

 

 

LES SOUFFRANCES DE JESUS

(8° partie)

 

 

GETHSEMANE

 

Ceux qui se trémoussent aujourd’hui dans leurs églises, lors des cultes et autres rassemblements, sur des airs de chansonnettes évangéliques, n’ont certainement jamais été conduits par l’Esprit de Dieu sur les traces de Christ à Gethsémané !

La Parole de Dieu déclare : « Celui qui s’attache au Seigneur est avec lui un seul esprit » (1 Corinthiens 6.17). La vraie joie du peuple de Dieu est la joie de l’Esprit. « Le fruit de l’Esprit », écrit Paul, « c’est la joie » (Galates 5.22). Elle est citée en second, juste après l’amour. Il serait bon que nous réfléchissions et méditions sur cette parole du psalmiste : « Réjouissez-vous avec tremblement » (Psaume 2.11).

Certes, la joie de l’Esprit est puissante, envahissante ; elle transporte l’âme dans la félicité céleste et divine, mais elle est aussi teintée d’une sainte crainte.

 

Suivons Jésus dans le jardin des oliviers.

 

 

Avoir nos yeux sur Jésus

 

A Gethsémané, les disciples ne nous donnent aucune leçon positive. Il n’y a absolument rien dans leur attitude que l’on puisse imiter.

Il ne nous reste que Jésus comme modèle. Mais lorsque nous avons Jésus, nous possédons toutes choses. Nous pouvons parfois nous trouver dans des situations où nous éprouvons un sentiment terrible de solitude. Nous n’avons aucun appui. Nous ne recevons aucun encouragement de nos semblables. Vers qui nous tourner ? Béni soit Dieu pour les ministères fidèles ! Béni soit Dieu pour les Eglises qui restent établies sur la parole de Dieu ! Béni soit Dieu pour la communion fraternelle ! Mais nous entrons dans un temps où, plus que jamais, nous avons besoin d’un tête-à-tête avec Christ.

 

 

Le pressoir à huile

 

Le mot « Gethsémané » signifie « pressoir à huile ». On pense que ce jardin planté d’oliviers était pourvu d’un pressoir à huile, d’où son nom.

 

Comment obtenait-on l’huile ? 

Le premier acte consistait à secouer les oliviers pour abattre les olives. 

En cueillant les olives avant leur pleine maturité, et en purifiant le jus qu’on en exprimait, on obtenait ce que la Parole de Dieu appelle « l’huile pure d’olives concassées » ou « broyées ». L’Eternel avait donné cet ordre à Moïse : « Tu ordonneras aux enfants d’Israël de t’apporter pour le chandelier de l’huile pure d’olives concassées, afin d’entretenir les lampes continuellement » (Exode 27.20.

On écrasait les olives avec une grosse pierre ou une meule.

 

 

Le Fils de l’huile

 

L’Ecriture emploie une très belle expression pour parler des « oints ». En Zacharie 4.14, nous lisons : « Ce sont les deux oints qui se tiennent devant le Seigneur » ; littéralement, « ce sont les deux fils de l’huile fraîche… »

 

Ceux qui étaient oints, étaient des hommes choisis pour de hautes fonctions : les rois, les prophètes, les sacrificateurs. Aucun d’eux ne pouvait cumuler ces fonctions-là. Un homme était roi, ou sacrificateur, ou prophète.

 

Le seul qui est venu comme le « fils de l’huile fraîche » par excellence, c’est Jésus. Il réunit en sa personne les trois fonctions à un degré d’excellence absolue : 

Il est prophète : « Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde… » (Hébreux 1.1-2).

Il est roi : « Jésus étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d'Orient arrivèrent à Jérusalem, et dirent: Où est le roi des Juifs qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer » (Matthieu 2.1-2 ; et une multitude d’autres textes).

Il est souverain sacrificateur : « De plus, il y a eu des sacrificateurs en grand nombre, parce que la mort les empêchait d'être permanents. Mais lui, parce qu'il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n'est pas transmissible… Il nous convenait, en effet, d'avoir un souverain sacrificateur comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux… » (Hébreux 7.23-24, 26).

 

Le mot « oint » est le sens du mot hébreu « Messie » et du mot grec « Christ ».

 

 

L’onction et la souffrance

 

J’aimerais vous parler maintenant du rapport entre l’onction et la souffrance – que la souffrance soit la source ou la conséquence de l’onction).

Avant sa venue sur terre, Jésus est Dieu, Eternel, Créateur. Il n’est pas encore le Messie manifesté. Il l’est dans le cœur de Dieu le Père, mais il n’a pas encore été envoyé comme Messie.

Considérez à quel prix Jésus est devenu le Messie, le « fils de l’huile fraîche ». Il dut être « broyé ». A Gethsémané, il est à la fois celui qui foule au pressoir, et celui qui est foulé, écrasé.

Voyez-le durant toute sa carrière terrestre. Il paie constamment ce prix. « Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l'eau. Et voici, les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui » (Matthieu 3.16). L’ombre de la croix n’était pas là, dans les eaux du Jourdain ? 

« Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture, et on lui remit le livre du prophète Ésaïe. L'ayant déroulé, il trouva l'endroit où il était écrit: L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur » (Luc 4.16-19). Et quelques instants après : « Ils furent tous remplis de colère dans la synagogue, lorsqu'ils entendirent ces choses. Et s'étant levés, ils le chassèrent de la ville, et le menèrent jusqu'au sommet de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, afin de le précipiter en bas. Mais Jésus, passant au milieu d'eux, s'en alla » (Luc 4.28-30).

 

Pour que l’Esprit de Dieu agisse avec plénitude dans une vie, il faut n’être plus rien ! Jésus a emprunté ce chemin-là jusqu’à la croix. C’est ce même chemin que nous sommes appelés à suivre. Tout l’enseignement apostolique nous le confirme.

 

 

L’éclairage

 

Dans l’usage domestique, l’huile servait à l’éclairage. A quel prix Jésus-Christ a-t-il été la lumière du monde ? « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu…Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père » (Jean 1.1, 14) ; et : « Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme » (Jean 1.9). L’apôtre Paul écrit à propos de Christ : « mais il s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix » (Philippiens 2.7-8). Quel anéantissement ! N’y a-t-il pas déjà, dans son incarnation, l’homme du pressoir, l’homme broyé ? Jésus sera broyé tout au long de sa vie, « homme de douleur, habitué à la souffrance ». A quel prix Jésus-Christ sera-t-il le flambeau éternel pour son Eglise, la nouvelle Jérusalem ? Il est écrit, en effet : « La ville n'a besoin ni du soleil ni de la lune pour l'éclairer; car la gloire de Dieu l'éclaire, et l'agneau est son flambeau » (Apocalypse 21.23).  Il sera le flambeau de la nouvelle Jérusalem parce qu’il a accepté d’être broyé dans la mort de la croix.

 

 

Et nous ?

 

Mes chers amis, nous sommes appelés à suivre Jésus-Christ jusqu’à Gethsémané, et jusqu’à Golgotha. Je vous l’accorde, c’est beaucoup moins agréable que de le suivre aux noces de Cana, sur la montagne de la transfiguration, à l’heure de la multiplication des pains et des poissons, ou bien encore lors de la pêche miraculeuse ! Mais ne sommes-nous pas appelés à être, nous aussi, la lumière du monde, des flambeaux dans le monde ? Paul écrit aux Philippiens : « … que vous soyez irréprochables et purs, des enfants de Dieu irrépréhensibles au milieu d'une génération perverse et corrompue, parmi laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde » (2.15). 

Connaissons-nous le prix à payer ? Sommes-nous prêts à le payer ? 

Il s’agit d’être broyés dans la vie, sous les coups des autres, affronter, endurer leurs railleries, leurs moqueries, leur rejet, leurs injures, leurs calomnies, leur médisance, leurs complots, leurs accusations mensongères. Comme Jésus.

Il s’agit d’être broyés dans la mort, de porter notre croix, d’être une même plante avec Jésus dans sa mort, de mourir à nous-mêmes. 

Beaucoup de chrétiens ne sont pas broyés dans la vie. Leur témoignage est une trahison de l’évangile. Sur leur lieu de travail, au milieu des païens, dans leur propre famille, dans les relations fraternelles, ils ne sont pas le reflet de Christ.

Mais certains, qui ont un comportement extérieur acceptable, ne sont pas broyés dans la mort : ils sont encore les esclaves d’un péché, ils sont asservis à leur caractère, à leur égoïsme…

Paul dit : « … selon ma ferme attente et mon espérance que je n'aurai honte de rien, mais que, maintenant comme toujours, Christ sera glorifié dans mon corps avec une pleine assurance, soit par ma vie, soit par ma mort… » (Philippiens 1.20). Cette parole ne pourrait-elle pas être considérée, quelques instants, sur un plan spirituel ? Chers lecteurs, arrêtons-nous quelques instants, et réfléchissons : qu’avons-nous fait de notre vie prétendue chrétienne ? Faisons le point très sérieusement devant Dieu.

 

(à suivre)

Paul BALLIERE

 

 

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