YOM TEROUA’

 

 

YOM TEROUA’

 

 

… Israël revient au centre des plans divins. « Il nous rendra la vie dans deux jours ; le troisième jour, il nous relèvera, et nous vivrons devant lui », déclare le prophète Osée (Os.6 :2). 

Selon la Bible, nous entrons dans le 7e mois (Lév. 23:24) avec la convocation de Yom Teroua’, la Fête des trompettes. Dans la tradition juive, c’est une nouvelle année – Rosh hashana. 

Ce jour est « une sainte convocation » (Lév 23 :24). Les convocations de l’Eternel sont au-delà des souffrances qu’Israël endure depuis des siècles – elles doivent être honorées. Durant la Shoah, dans les camps de la mort, à Souccot, les rabbins dansaient avec des pierres tenant lieu de Torah. Aujourd’hui, Israël vit encore la douleur du 7 octobre, et Dieu le sait. 

Esaïe 49:13 et 16 : « Cieux, réjouissez-vous ! Terre, sois dans l'allégresse ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! Car l'Eternel console son peuple, il a pitié de ses malheureux … Voici, je t'ai gravée sur mes mains ; tes murs sont toujours devant mes yeux ». 

 

 

Le droit d’aînesse 

 

Le droit d’aînesse/ la Bekhorah, est un héritage : Israël est le fils aîné au sein des nations, c’est un fait incontournable. Exode 4:22 : « Israël est mon fils, mon premier-né (beni bekhori) ». Dieu attribue à Israël, mis à part (qadosh), le droit d’aînesse, la primauté sur les nations. La bekhorah comprend deux dimensions : le premier-né reçoit une double part de l’héritage (Deut. 21:17), mais il est soumis à une responsabilité spirituelle : il a un rôle dans la transmission de la foi. Tout premier-né appartient à Dieu, il est attaché au service de l’Eternel. 

Exode 13:2 : « L'Eternel parla à Moïse, et dit : consacre-moi tout premier-né, tout premier-né parmi les enfants d'Israël, tant des hommes que des animaux : il m'appartient ». 

Ainsi Dieu donne ce principe : le premier-né est consacré à Dieu, c’est une dimension de service et de témoignage. En hébreu, il existe un lien fort entre servir et adorer, c’est la même racine. Avodah est à la fois le service, et le culte ou l’adoration. 

Il y a bien sûr une correspondance dans la Nouvelle Alliance : du fait que le Messie est le Fils premier-né par excellence - Col. 1 :15 : « Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création » - tout chrétien né de nouveau devient premier-né, en Christ. L’Église est appelée « l’assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux » (Héb. 12:23). 

Israël a comme mission de faire le tikkoun’Olam, la réparation du monde, en collaborant avec Dieu pour la justice et l’harmonie dans la création, et il est aussi appelé à être « la lumière du monde ». Le chrétien a également cette responsabilité d’être « le sel et la lumière » (Matt. 5:13) dans un monde perverti. Ainsi, Israël (collectivement) est appelé à être « lumière des nations », c’est la mission du peuple élu. Le chrétien (individuellement et collectivement dans l’Église) est appelé à être « sel et lumière », c’est la mission des disciples du Messie. 

Les deux ne s’opposent pas, mais se complètent : Israël garde sa vocation prophétique et historique (Ex. 4:22 ; Ésaïe 42 et 49). L’Église issue des nations reçoit en Christ la mission de manifester le Royaume dans le monde. 

 

 

Le droit d’aînesse pour l’Eglise 

 

Il est intéressant de voir qu’il y a eu, selon la révélation progressive, un glissement, un changement concernant le porteur du droit d’aînesse. 

1 Chron. 5:1-2 : « Ruben était le premier-né d'Israël, mais parce qu'il avait eu des relations sexuelles avec l'une des femmes de son père, son droit d'aînesse fut donné aux fils de Joseph, fils d'Israël… Juda fut puissant parmi ses frères, et de lui est issu le prince d'Israël, mais le droit d'aînesse appartenait à Joseph ». 

Selon l’aspect prophétique, le droit d’aînesse est transmis à Joseph, plus précisément à son fils Ephraïm (Jér. 31:9). Ephraïm représente l’Eglise (l’Israël du Nord, du fait de sa population étrangère). Durant 2000 ans, Israël/Juda sera exilé et caché dans les nations, pour réapparaître lors de la création de l’Etat hébreu, le 14 mai 1948. Durant les deux millénaires de cette parenthèse prophétique, c’est l’Eglise qui est passée au premier plan. Le droit d’aînesse a ainsi été posé sur la tête de l’Eglise, pour son mandat de répandre l’Evangile dans le monde, comme un manteau prophétique […]

 

 

La Fête des trompettes 

 

La Fête des trompettes, en hébreu Yom Teroua’, est ce Jour qui ouvre le cycle des Fêtes d’automne, c’est comme un coup de Shofar ! Dans la perspective biblique, c’est à la fois un appel au réveil, un jour de jugement, et l’annonce du règne de Dieu. Ce n’est pas seulement le premier jour d’une nouvelle année : c’est le jour où toute la création passe devant le Créateur. Ce jugement ne concerne pas seulement Israël, mais l’humanité entière. 

Joël 4:1-2 : « Quand je ramènerai les captifs de Juda et de Jérusalem, je rassemblerai toutes les nations et je les ferai descendre dans la vallée de Josaphat. Là, j'entrerai en jugement avec elles au sujet de mon peuple, Israël, mon héritage, qu'elles ont dispersé parmi les nations, et au sujet de mon pays qu'elles se sont partagé. » 

Cette année, la veille de ce grand rendez-vous céleste, les nations du monde se rassemblent à l’Organisation des Nations Unies. Leur voix résonnera dans les assemblées diplomatiques au moment même où la voix des Juifs s’élèvera dans les synagogues. Les nations croient se tenir en juges, délibérant sur l’avenir de Jérusalem et d’Israël pour un « Etat palestinien ». Mais en vérité, elles ne savent pas qu’elles se tiennent elles-mêmes devant le tribunal suprême. 

 

Ce que nous voyons aujourd’hui n’est pas un accident de calendrier, mais un signe. Yom Teroua’ est le jour où les rois et les nations sont pesés dans la balance. Et voilà qu’à la veille de ce jugement, les peuples se rassemblent pour décider du sort d’Israël. Ce moment recèle un secret extraordinaire : ces nations, croyant condamner Israël, « prunelle des yeux de Dieu » (Deut. 32:10), se condamnent elles-mêmes. 

 

Un rabbin a écrit : « A la veille du Jour du jugement, les nations choisissent de donner une légitimité non pas à une vision de paix, mais à la négation d’Israël, ayant pour seul projet sa destruction. En récompensant la haine, elles se rangent du côté du mensonge. En cherchant à donner suite au pogrom du 7 octobre par une reconnaissance politique, elles inscrivent leur propre accusation dans le livre du jugement. Le verdict des nations envers Israël scelle leur propre destin ». 

Puis, il s’adresse aux siens : « Frères et sœurs, sachons entendre l’appel de ce moment. Si les nations s’assemblent à l’ONU, alors nous devons nous rassembler, nous aussi, mais non pas pour voter, ni pour débattre, mais pour prier d’une seule voix, comme un seul cœur tourné vers le ciel. Plus que jamais, l’unité d’Israël est la clé. Car quand nous proclamons ensemble : Hachem Melekh, Hachem Malakh, Hachem Yimlokh le’olam va’ed, nous affirmons que la royauté n’appartient pas aux hommes, mais à l’Éternel, Roi de toute la création ». 

C’est une proclamation de la royauté éternelle de Dieu : Il règne, il a régné, il régnera. Cette formule vient du Ps. 10:16 : « L’Éternel est Roi à toujours et à perpétuité », et du Cantique de Moïse (Ex. 15:18) : « L’Éternel régnera à toujours et à perpétuité ». 

 

Chers amis, en tant que chrétiens, nous n’avons pas d’autre choix que de nous associer à Israël dans ce combat, et d’être « un seul cœur » à l’image du peuple juif. Comme Daniel l’a rappelé, nous sommes dans un combat céleste (Dan. 10). Sonnons fort le shofar spirituel pour Yom teroua’ (Lév. 23:24), premier jour de l’année pour Israël ! Amen.

 

Gérald FRUHINSHOLZ

 

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