LE SERVICE DES LEVITES (5° partie)

 

 

LE SERVICE DES LEVITES

(5° partie)

 

Le service dans le temple :

1 Chroniques 23.3-6, 24-32

 

Nous retrouvons ici les Lévites dans une nouvelle période de leur histoire, avec un service différent de celui du désert. Ils n'avaient plus à porter le tabernacle, car l'Éternel avait donné du repos à son peuple et l’arche avait enfin abouti à Jérusalem (v. 25 à 26). David avait été l'instrument qui avait tout accompli pour que le peuple puisse ainsi jouir du repos. À lui incombe de donner les instructions pour le jour où Salomon bâtira le temple. Dans notre chapitre, le temple n’est pas encore construit ; Salomon est déjà établi roi, mais il ne règne pas encore seul. N'y a-t-il pas une correspondance avec l’époque actuelle ? En considérant le service des Lévites dans le temple, nous trouverons plus d’une analogie avec celui des croyants dans l'assemblée de Dieu.  

C’est le temps du repos. Le ministère au désert venait en aide au peuple de Dieu en marche vers le but. Israël est maintenant réuni, paisible autour d’un centre ; les Lévites ont des fonctions correspondantes à remplir. 

Le temps du repos est marqué par la vigilance ! (v. 28). Il faut veiller au service de la maison de Dieu, veiller aux portes, veiller aux trésors. Trente-huit mille Lévites assuraient cette tâche contre huit mille cinq cent quatre-vingts au désert. Selon l'ordonnance de David, ils entraient en activité déjà à l’âge de vingt ans (v 27), mais leur plein service s'accomplissait comme au désert depuis trente ans  (v. 3) sans limite à cinquante ans, sans doute au vu de la nature des fonctions. Tout est soigneusement réglé, chacun sait quelle place il doit occuper: Vingt-quatre mille dirigent l'œuvre de la maison de l'Éternel, six mille sont intendants et juges, quatre mille sont portiers, et quatre mille louent.  

 

 

1. L'œuvre de la maison de Dieu

 

Le plus grand nombre des Lévites y était affecté. En parlant de service, spécialement en rapport avec les jeunes, on pense tout naturellement à une tâche «extérieure»: évangélisation, travail parmi les enfants, visites aux malades, etc. mais n'oublions pas que le service le plus important selon la pensée de Dieu, est celui dans l'assemblée. Entrer progressivement dans ce service, sous la dépendance du Seigneur et avec humilité, sera pour le bien des frères et la gloire du Seigneur.  

Les versets 28 à 32 décrivent l’activité des Lévites dans la maison de l'Éternel. Ils devaient d’abord veiller sur les parvis et les chambres. Le parvis sépare le sanctuaire du brouhaha de la vie journalière. Veillons à ne pas laisser les occupations quotidiennes envahir ce qui doit être réservé à Dieu. Les chambres devaient être remplies de ce qui parlait de Christ. Mais en Néhémie 13, nous voyons Éliashib, le sacrificateur, établi sur ces chambres, en aménager une, et une grande, pour un ennemi de l'Éternel. Précédemment, elle avait été destinée à recevoir les offrandes de gâteau et l'encens… Les Lévites n'avaient pas veillé !  Tenir le mal à l'écart, de sorte que rien ne vienne souiller « les choses saintes », est un service indispensable, mais en une mesure, négatif. Il y a aussi un travail positif: présenter Christ, auquel font penser les pains à placer en rangée, la fleur de farine, les galettes, ce qui se cuit sur la plaque et mêlé avec de l'huile (v. 29, voir Lévitique 2). Les jeunes prophètes à l'école d'Élisée avaient mis dans le potage des coloquintes sauvages, de sorte qu'on ne pouvait le manger. Que fait l'homme de Dieu ? Il prend de la farine, Christ dans sa parfaite humanité, et la jette dans la marmite. Plus rien de mauvais ne s’y trouvait ! (2 Rois 4.38-41). Ce n’est pas seulement en défendant, en interdisant, en reprenant toujours, que l’on gardera les jeunes dans l'assemblée de Dieu. Chaque chose à sa place, mais avant tout il faut chercher à imiter « l’esclave fidèle et sage que son maître a établi sur les domestiques de sa maison, pour leur donner leur nourriture au temps convenable » (Matthieu 24 45).  

Les Lévites veillaient aussi aux mesures de capacité et de longueur (v. 29). Aucun tort ne devait être fait, ni aucune faveur accordée aux uns aux dépens des autres. L'équilibre devait être maintenu (Deutéronome 25.13-15).  

Ils devaient enfin «être de service pour tous les holocaustes qu'on offrait à l'Éternel». Le sacrificateur offrait l'holocauste, mais les Lévites l'assistaient. Comme application pour nous, nous souvenant que nous sommes aussi sacrificateurs, nous pourrions voir en ceci les prières adressées à Dieu, tout spécialement dans le culte. Un jeune frère qui a l'habitude de prier seul fera bien de rechercher les occasions de le faire avec deux ou trois amis. Il apprendra ainsi à s’exprimer devant d’autres. Puis, conduit par le Seigneur, il aura à cœur de participer effectivement à la réunion de prière, et sera conduit, dans sa dépendance, à prononcer aussi des prières d’adoration dans le culte. Mais celui qui n'aura pas commencé «à vingt ans » à saisir les occasions que le Seigneur plaçait devant lui, n’atteindra jamais les « trente ans » d’un plein service. Ce que le Seigneur attendait n'aura pas été rendu, et l'assemblée en subira une perte.  

Dans tout leur service, les Lévites devaient être conscients d'agir devant l'Éternel et pour lui, et dans la soumission aux sacrificateurs. Cette attitude d'humilité est particulièrement nécessaire pour le service dans l'assemblée, d’où sera exclu tout esprit de domination ou désir de se faire valoir.  

 

 

2. Chantres

 

Chaque matin et chaque soir, les Lévites devaient se tenir là afin de célébrer et louer l'Éternel (v. 30). Tant que l'arche voyageait à travers le désert, le peuple ne chantait pas. Mais « depuis que l'arche fut en repos » (1 Chroniques 6. 31), David institue le chant et remet à Asaph le «premier» psaume pour célébrer l'Éternel (1 Chroniques 16.7). Chanter est le privilège et la joie des rachetés. Il est bon de chanter souvent, louer sans cesse (Psaume 84.4) ; chanter dans l'assemblée,  mais chanter aussi dans la famille. Il est bon de chanter quand on est joyeux (Jacques 5.13), mais chanter aussi quand le fardeau semble lourd et que la maladie vous arrête; chanter aux malades pour les encourager, chanter comme témoignage lorsque l'évangile est annoncé, et surtout chanter de son cœur au Seigneur par des psaumes, des hymnes, des cantiques spirituels (Colossiens 3.16).  

La musique est liée aux paroles, sinon il n'y aurait pas de chant. Dans Apocalypse 5, les anges disent, mais ne chantent pas. Seuls les rachetés ont cette joie, d’où l'importance de la musique, merveilleux moyen d'expression, et du soin à apporter au chant des cantiques: « Instruits dans l’art de chanter à l'Éternel » (1 Chroniques 25.7) ! Pensons dans notre cœur d’abord aux paroles chantées. Quelle formation spirituelle donnent les cantiques! Que de fois, en réfléchissant à telle ou telle strophe, un rayon de la gloire du Seigneur Jésus nous est apparu, une pensée mal saisie s’est éclairée, notre foi a été fortifiée.  

Toute l’action des chantres au chapitre 25 était «sous la direction d’Asaph» et «sous la direction du roi» (v. 2, 6). Une grande dépendance est nécessaire pour proposer un cantique dans les réunions de l'assemblée et dans le culte. Indiquer le cantique qui nous a été mis à cœur et qui « cadre » avec le courant des pensées du moment ou bien ne pas indiquer de cantique, si l'Esprit n’y conduit pas positivement, demande aussi de la dépendance! La Parole nous instruit à chanter avec l'esprit, mais chanter aussi avec l'intelligence (1 Corinthiens 14.15).   

Les chantres étaient divisés en vingt-quatre classes (25. 9-31), correspondant à celles des sacrificateurs : la louange est liée au sacrifice! Aux jours d'Ézéchias, comme nous le verrons, «au moment où commença l’holocauste, le cantique de l'Éternel commença… et le cantique se chanta... tout le temps jusqu’à ce que l’holocauste fût achevé» (2 Chroniques 29.27-28).    

 

 

3. Portiers (1 Chroniques 26. 1-19)

 

Les portiers, est-il dit à plusieurs reprises, étaient des hommes forts et vaillants. Cette charge n'est exercée que par quatre mille Lévites sur trente-huit mille. Elle reste des plus importantes: veiller à l'entrée des portes de la maison de Dieu demande un discernement qui n’est pas le fait de tous (voir 1 Corinthiens 12.8-10). IL faut du discernement quant aux personnes qui désirent s'approcher de la table du Seigneur, mais aussi du discernement et de la vigilance quant à l'enseignement qui est apporté,  aux doctrines qui se répandent, aux habitudes qui pourraient s'infiltrer. Les portes doivent être ouvertes pour tous ceux que le Seigneur désire voir entrer,  mais fermées à toute impureté.    

Parmi les portiers, la famille d’Obed-Edom occupe une place de choix. C’est dans sa maison que l'arche avait été placée quelques mois. Il en était résulté une grande bénédiction. Cette famille avait donné la première place au Seigneur.    

Il faut accepter que le Seigneur confie ce discernement et cette fonction de portiers à ceux qu'il a qualifiés pour cela. Nous devons donner un grand poids à leur jugement, lorsque Dieu a mis son sceau sur leur service.    

 

 

4. Intendants (26.20-28)

 

Certains Lévites étaient préposés pour veiller sur les trésors de la maison de Dieu et les trésors des choses saintes. Quels sont pour nous ces trésors ?  Nous pouvons y découvrir entre autres deux significations.    

Du point de vue spirituel, les trésors qu'ont amassés nos prédécesseurs, ne sont-ils pas tout ce ministère écrit à notre disposition aujourd’hui ? Il est si important que les jeunes et moins jeunes sachent en bénéficier. Les uns ont été qualifiés pour amasser ce trésor, d’autres y veillent, et le Seigneur peut faire fructifier. Nous pouvons tous l'utiliser largement, pour être affermis dans la vérité, et devenir des  «Mérarites » capables de s'occuper de la structure du tabernacle, ou des «Guershonites», ou même des «Kehathites » qui présentent la personne et l’œuvre de Christ.    

Dans un sens matériel, ces trésors font penser à l'administration des fonds de l'assemblée, provenant des collectes. Il importe de les distribuer avec sagesse, tant aux Ouvriers du Seigneur qu’à ceux qui sont dans le besoin (voir spécialement 2 Chroniques 31.4-19).    

 

 

5. Administrateurs et juges (v. 29-32)

 

Certains hommes, spécialement d’entre les Hébronites qui avaient entouré David au début de son règne, sont choisis pour l'administration d'Israël,  et comme juges. C’est une fonction bien nécessaire dans l'assemblée de Dieu, afin que toute chose se fasse avec ordre selon le Seigneur, et que les différends entre frères puissent être aplanis ou réglés (1 Corinthiens 6.1-7). Là aussi, le nombre des hommes choisis était beaucoup plus limité que pour d’autres fonctions: mille sept cents hommes d’un côté, deux mille sept cents de l’autre.    

Les services dans la maison de Dieu sont des plus variés. Le même Seigneur, le même Esprit confie et qualifie. C’est à chacun de discerner ce à quoi il est appelé pour remplir la fonction confiée — pas toujours la même à toute époque de la vie — et réaliser vraiment, dès l’âge de « vingt ans », l'exhortation de l’apôtre: « Suivant que chacun de vous a reçu quelque don de grâce, employez-le les uns pour les autres, en bons dispensateurs de la grâce variée de Dieu » (1 Pierre 4. 10). « Désirez avec ardeur des dons de l'Esprit. pour l'édification de l'assemblée » (1 Corinthiens 14. 12).  

 

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