LES SOUFFRANCES DE JESUS
(10° partie)
JESUS FACE A LA VOLONTE DE DIEU
« Là-dessus, Jésus alla avec eux dans un lieu appelé Gethsémané, et il dit aux disciples: Asseyez-vous ici, pendant que je m'éloignerai pour prier. Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, et il commença à éprouver de la tristesse et des angoisses. Il leur dit alors: Mon âme est triste jusqu'à la mort; restez ici, et veillez avec moi. Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta sur sa face, et pria ainsi: Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. Et il vint vers les disciples, qu'il trouva endormis, et il dit à Pierre: Vous n'avez donc pu veiller une heure avec moi! Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation; l'esprit est bien disposé, mais la chair est faible. Il s'éloigna une seconde fois, et pria ainsi: Mon Père, s'il n'est pas possible que cette coupe s'éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite! Il revint, et les trouva encore endormis; car leurs yeux étaient appesantis. Il les quitta, et, s'éloignant, il pria pour la troisième fois, répétant les mêmes paroles. Puis il alla vers ses disciples, et leur dit: Vous dormez maintenant, et vous vous reposez! Voici, l'heure est proche, et le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs. Levez-vous, allons; voici, celui qui me livre s'approche. » (Matthieu 26.36-46)
La mort de Jésus approche. Satan revient à l’assaut et lance une ultime attaque. L’évangéliste Luc avait souligné un point important : « Après l’avoir tenté de toutes ces manières, le diable s’éloigna de lui, jusqu’à un moment favorable » (4.13). Le diable a été à l’affût durant toute la vie de Jésus-Christ, cherchant à exploiter toutes les occasions favorables.
C’est une leçon pour nous. Soyons vigilants. La parole de Dieu nous exhorte en ces termes : « C'est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté » (Ephésiens 6.13). Restons donc vigilants. Ne nous relâchons jamais. Ne vivons pas dans l’illusion d’être à l’abri de tout assaut de l’ennemi.
Mais voici maintenant un autre temps pour Jésus. Il y avait eu le grand temps de sa vie, voici maintenant le temps de sa mort.
Pour Satan, « le moment favorable » arrive ! Il va mobiliser toutes ses forces pour ébranler, effrayer si c’est possible, l’Homme parfait qui veut demeurer obéissant à son Père céleste jusqu’au bout.
Prenons conscience de l’enjeu. Si le diable était parvenu à détourner Jésus du chemin d’obéissance – la croix – toute l’œuvre de salut, prévue de toute éternité, aurait été anéantie. Quelle victoire alors pour l’ennemi de nos âmes !
Nous avons ici encore une très grande leçon spirituelle. Il ne suffit pas d’être fidèle à Dieu pendant un temps. Il faut l’être jusqu’au bout. Des défaillances « tardives » ont anéanti certains plans divins pour bon nombre de vies. Considérons quelques textes de l’Ecriture :
Paul déclare : « J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi » (2 Timothée 4.7). Combattre, achever, garder !
Jésus dit à l’Eglise de Smyrne : « Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie » (Apocalypse 2.10).
Jésus dit à ses disciples : « Mais celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé » (Matthieu 24.13).
« Et sa maison, c'est nous, pourvu que nous retenions jusqu'à la fin la ferme confiance et l'espérance dont nous nous glorifions » (Hébreux 3.6).
« Car nous sommes devenus participants de Christ, pourvu que nous retenions fermement jusqu'à la fin l'assurance que nous avions au commencement… » (Hébreux 3.14)
Rappelons-nous les paroles de Jésus : « Le prince du monde vient. Il n'a rien en moi » (Jean 14.30). Satan n’a pu rien trouver en Christ, dans son être moral, aucun point où il pût l’attaquer, rien pour le détourner du chemin d’obéissance dans lequel il s’était engagé.
Souvenons-nous de la la parole prophétique : « C'est pourquoi Christ, entrant dans le monde, dit: Tu n'as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m'as formé un corps; tu n'as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour le péché. Alors j'ai dit: Voici, je viens (dans le rouleau du livre il est question de moi) pour faire, ô Dieu, ta volonté.
Après avoir dit d'abord: Tu n'as voulu et tu n'as agréé ni sacrifices ni offrandes, ni holocaustes ni sacrifices pour le péché (ce qu'on offre selon la loi), il dit ensuite: Voici, je viens pour faire ta volonté. Il abolit ainsi la première chose pour établir la seconde » (Hébreux 10.5-9). L’auteur de l’épître aux Hébreux reprend ici les paroles du Psaume 40 (v.7-9) : « Tu ne désires ni sacrifice ni offrande, tu m'as ouvert les oreilles; tu ne demandes ni holocauste ni victime expiatoire. Alors je dis: Voici, je viens avec le rouleau du livre écrit pour moi. Je veux faire ta volonté, mon Dieu! Et ta loi est au fond de mon cœur ».
C’est maintenant à Gethsémané que Jésus va donner la preuve de sa détermination à faire toute la volonté de son Père.
Tristesse, angoisse, soumission
Satan vient. Il est là ! Le combat s’engage. Quelle angoisse !
Gethsémané peut se résumer en trois mots : tristesse, angoisse, soumission.
La tristesse ? « Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, et il commença à éprouver de la tristesse et des angoisses. Il leur dit alors: Mon âme est triste jusqu'à la mort; restez ici, et veillez avec moi » (Matthieu 26.37-38).
Que représente la mort aux yeux du Seigneur ?
Tout d’abord, la faiblesse totale, absolue, de l’homme.
La victoire de Satan depuis le jardin d’Eden.
Le sommet du pouvoir du diable (voyez Hébreux 2.14).
Le châtiment du péché.
La juste vengeance d’un Dieu qui ne pouvait renoncer à aucune exigence de sa sainteté et de sa justice.
Mais Jésus n’était pas comme le reste des hommes ! Il dit : « Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable » (Jean 8.29).
Le chemin de la mort – avec tout ce qu’il représente – s’ouvre devant Jésus, à Gethsémané, dans toute son horreur. C’est pourquoi son âme est triste jusqu’à la mort.
Considérons attentivement les paroles prophétiques, et messianiques, du Psaume 55 (v.5-6) : « Mon coeur tremble au dedans de moi, et les terreurs de la mort me surprennent; la crainte et l'épouvante m'assaillent, et le frisson m'enveloppe ». Les versets 13 à 15 font allusion à la trahison de Judas : « Ce n'est pas un ennemi qui m'outrage, je le supporterais; ce n'est pas mon adversaire qui s'élève contre moi, je me cacherais devant lui. C'est toi, que j'estimais mon égal, toi, mon confident et mon ami! Ensemble nous vivions dans une douce intimité, nous allions avec la foule à la maison de Dieu! »
A Gethsémané, les disciples eux aussi sont tristes : « Après avoir prié, il se leva, et vint vers les disciples, qu’il trouva endormis de tristesse » (Luc 22.45). Mais quelle différence entre la tristesse de Christ, très profonde, spirituelle, ancrée dans son esprit, et celle des disciples, superficielle, siégeant dans leurs sentiments humains.
La tristesse de Jésus-Christ le pousse dans un ardent combat dans la prière. La tristesse des disciples les pousse au sommeil. Quelle leçon pour nous ! Il existe des sentiments qui paraissent très beaux, nobles, louables, mais qui ne nous amèneront jamais dans une piété puissante.
L’angoisse ? « … Il commença à éprouver… des angoisses ».
Jésus éprouve de l’angoisse par anticipation de ce que serait la coupe qu’il allait recevoir de la main du Père. Satan va se servir de cette angoisse pour tenter Jésus de se détourner de l’œuvre qu’il doit accomplir. Boire :
La coupe de la colère divine.
La coupe d’une affreuse solitude. Il allait être abandonné du Père.
La coupe qu’il devait boire jusqu’à la lie des profondeurs des abîmes où seul, il n’aurait plus aucune des consolations de la l’amour de Dieu.
A Gethsémané, Jésus voit tout ce qui l’attend. Le frisson de terreur atteint l’âme de Jésus, à cette heure où il a devant lui la croix, et toutes les souffrances, non seulement physiques, mais aussi morales et spirituelles.
Il sait qu’il va être fait péché.
Il sait qu’il va être la propitiation pour le péché, lui le Saint et le Juste.
Il sait qu’il va être abandonné de son Père dont il n’a cessé de goûter la communion tout au long de sa carrière terrestre.
Il sait qu’il doit passer par la mort, salaire du péché de l’homme.
Quelle angoisse tout cela a-t-il provoqué dans l’âme de Jésus !
Mourir à 33 ans !
Une souffrance s’ajoute encore à toutes les autres. Il n’est pas indifférent à Jésus, en tant qu’homme, de devoir mourir à 33 ans. La parole prophétique du Psaume 102 nous en donne la preuve : « Il a brisé ma force dans la route, il a abrégé mes jours. Je dis: Mon Dieu, ne m'enlève pas au milieu de mes jours, toi, dont les années durent éternellement ! » (v.24-25)
Pourquoi Jésus-Christ est-il étreint de tristesse et d’angoisse à la pensée d’être enlevé à la moitié de ses jours ? La réponse nous est donnée dans le Psaume 55 : « Et toi, ô Dieu! tu les feras descendre au fond de la fosse; les hommes de sang et de fraude n'atteindront pas la moitié de leurs jours. C'est en toi que je me confie » (v.24). Ce qui signifie que Jésus-Christ va être assimilé à un homme de sang et de fraude ; il sera traité comme un malfaiteur. Cette horrible souffrance morale est contenue dans la coupe que le Fils de Dieu va recevoir de la main du Père. Comment ne pas comprendre, alors, l’angoisse à la pensée de tout ce qui se présente devant lui.
Le combat spirituel que Jésus mène à Gethsémané est d’une intensité qui dépasse tout compréhension :
« Ils allèrent ensuite dans un lieu appelé Gethsémané, et Jésus dit à ses disciples: Asseyez-vous ici, pendant que je prierai. Il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à éprouver de la frayeur et des angoisses. Il leur dit: Mon âme est triste jusqu'à la mort; restez ici, et veillez. Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta contre terre, et pria que, s'il était possible, cette heure s'éloignât de lui. Il disait: Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. Et il vint vers les disciples, qu'il trouva endormis, et il dit à Pierre: Simon, tu dors! Tu n'as pu veiller une heure! Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation; l'esprit est bien disposé, mais la chair est faible. Il s'éloigna de nouveau, et fit la même prière. Il revint, et les trouva encore endormis; car leurs yeux étaient appesantis. Ils ne surent que lui répondre. Il revint pour la troisième fois, et leur dit: Dormez maintenant, et reposez-vous! C'est assez! L'heure est venue; voici, le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs. Levez-vous, allons; voici, celui qui me livre s'approche. » (Marc 14.32-42)
Quelques « détails » supplémentaires figurent dans l’Evangile de Luc :
« Après être sorti, il alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers. Ses disciples le suivirent. Lorsqu'il fut arrivé dans ce lieu, il leur dit: Priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation. Puis il s'éloigna d'eux à la distance d'environ un jet de pierre, et, s'étant mis à genoux, il pria, disant: Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne. Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier. Étant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre. Après avoir prié, il se leva, et vint vers les disciples, qu'il trouva endormis de tristesse, et il leur dit: Pourquoi dormez-vous? Levez-vous et priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation. » (22.39-46)
Plus Satan attaque Jésus, plus Jésus se confie en Dieu ; plus il recherche la face de son Père ; plus il invoque son secours.
Aucun homme n’a jamais éprouvé l’intensité de l’angoisse et de la frayeur de Christ, à ce moment précis.
Nous avons besoin de considérer Jésus, d’avoir les regards sur lui, nous qui, devant les assauts de l’ennemi, baissons si facilement les bras et sommes si prompts à nous décourager et à abandonner la lutte.
Notez encore la posture de Jésus :
« Il se jeta sur sa face » (Matthieu 26.39).
« Il se jeta contre terre » (Marc 14.35).
« S’étant mis à genoux » (Luc 22.41).
Quant à sa prière elle-même, elle témoigne de l’entière soumission de Jésus à la volonté du Père céleste :
« Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Matthieu 26.39).
« Il disait: Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » Marc 14.36).
« Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne. Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier. Étant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre » (Luc 22.42-44).
Sa supplication prend le caractère d’un combat d’où il sort en vainqueur.
(à suivre : « Jésus se relève en vainqueur »)
Paul BALLIERE

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