DANIEL ET LA FIN DES TEMPS
Daniel est un homme qui joua un rôle significatif à Babylone, auprès de plusieurs rois chaldéens et perses. Il y a des similitudes frappantes entre la vie de Daniel et celle de Joseph, fils de Jacob : tous deux ont prospéré sur une terre étrangère après avoir interprété les rêves de leur roi et ont connu leur ascension grâce à leur fidélité à Dieu. Tous deux ont vécu de grandes épreuves, et par leur sagesse et leur soumission à Dieu, ont accédé aux postes les plus élevés. Daniel est le seul parmi les prophètes qui parle clairement des « temps de la fin ». Jésus confirme Daniel comme prophète : « Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel... » (Matt. 24 :15).
Daniel 12 :4 « Toi, Daniel, tiens secrètes ces paroles, et scelle le livre jusqu'au temps de la fin. Plusieurs alors le liront, et la connaissance augmentera ».
Le’eth qets signifie « jusqu’au temps de la fin ». La fin, le bout (qets), dans la bouche de Daniel, est une expression prophétique correspondant aux jours derniers. La Bible dit que « la connaissance augmentera », et que « ceux qui auront du discernement comprendront » (Dan. 12 :10). Nous qui sommes « de la fin », ayons ce discernement, cette compréhension des temps prophétiques !
Le Millenium
Ce terme dont parle Jean (Apoc. 20) désigne un règne de mille ans. Daniel évoque ce royaume terrestre clairement. Il décrit cette superbe vision de la passation du pouvoir du « Maître du temps » (Atiq Yomin, l’Ancien des jours) au « Fils de l’Homme » ; c’est confirmé par Jean (Apoc. 19 :11-16).
Daniel 7 :14 « Et voici, sur les nuées des cieux arriva quelqu'un de semblable à un fils de l'homme ; il s'avança vers l'Ancien des jours, et on le fit approcher de lui. On lui donna la domination, la gloire et le règne ; et tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit ». Qu’est-ce qui n’est pas clair dans cette vision ? Pourtant, encore aujourd’hui, l’Eglise doute de ces paroles, à cause d’une théologie polluée par la pensée grecque et platonicienne. Jésus lui-même confirme la vérité du royaume terrestre (Matt. 24 :30) : « Alors le signe du Fils de l'homme paraîtra… et toutes les familles de la terre verront le Fils de l'homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et une grande gloire ». De même, Jean dira : « Tu as fait d’eux un royaume et des sacrificateurs pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre » (Apoc. 5 :10).
Un Royaume terrestre prophétique
Le Millenium a une dimension prophétique qui dérange. Il suppose :
1) un retour réel de Yeshoua’ sur la terre,
2) un jugement sur les nations,
3) une révélation d’Israël comme peuple témoin,
4) un gouvernement messianique où justice et sainteté régneront. C’est un message qui bouscule l’ordre établi, et qui remet Israël au centre de la politique de Dieu.
Dans les premiers siècles, beaucoup de chrétiens (notamment les Pères apostoliques comme Papias, Justin Martyr, Irénée) croyaient à un règne littéral du Messie sur la terre après son retour. Mais aux IIIᵉ–IVᵉ siècle, certains courants ont exagéré cette attente, parlant d’un royaume terrestre fait de festins et de plaisirs sensuels. Résultat, l’Église institutionnelle (surtout après Augustin) a réagi par le rejet total de toute lecture littérale.
Augustin a popularisé l’idée que le « millénium » symbolise le règne spirituel du Christ dans l’Église depuis la résurrection. Ce qu’on appelle « amillénarisme » est le règne qui n’est ni futur ni terrestre, mais présent et spirituel. Cette lecture a dominé toute la théologie occidentale (catholique, réformée et évangélique) jusqu’à aujourd’hui. Que dit Jésus ?
Actes 1 :6-7 « Les apôtres réunis demandèrent : Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d'Israël ? Il leur répondit : Ce n'est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité ».
En outre, on nous a enseigné l’Église comme ayant remplacé Israël dans le plan de Dieu. Or le Millenium, selon Apocalypse 20 et les prophètes, réhabilite Israël et rétablit Jérusalem comme centre du royaume messianique.
Daniel et les « semaines »
A présent, voyons les calculs donnés par Daniel aux « temps de la fin » : des exégètes - comme l’écossais Sir Robert Anderson (1841-1918) - se sont penchés sur la question, considérant qu’il s’agit d’années prophétiques - un mois prophétique = 30 jours - et que le départ de ces 70 semaines commence à l’édit d’Artaxerxès, en – 445 av. JC (Néhémie 2 :1).
Daniel 9 :25 « Sache-le donc, et comprends ! Depuis le moment où la parole a annoncé que Jérusalem sera rebâtie jusqu’au Messie, au Conducteur, il y a 7 semaines, dans 62 semaines, les places et les fossés seront rétablis, mais en des temps fâcheux. »
Il est donc question de 70 semaines (d’années prophétiques) : 7 semaines, 62 semaines, et 1 semaine (la 70e semaine).
D’après ce passage, nous pouvons penser que la reconstruction des murailles et la restauration complète de la souveraineté de Jérusalem allait prendre 7×7 = 49 années bibliques prophétiques (un jubilé). A partir de là, une nouvelle période de 62 semaines d’années allait conduire sans interruption à un autre moment capital de l’Histoire : le Messie allait se révéler comme tel à son peuple. Cela s’est produit le 10 du mois de Nisan, juste avant Pessa’h, quatre jours avant la crucifixion du Seigneur Jésus. Cette année marquante serait l’année 32 (selon R. Anderson, « le théologien de Scotland Yard »). En résumé, on a 49 ans auxquels s’ajoutent 434 ans (62 semaines), ce qui donne 483 années prophétiques. Ainsi, les 483 années prophétiques correspondent exactement au nombre d’années écoulées entre le jour de la publication de l’édit d’Artaxerxés en faveur de Néhémie, et le jour de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem !
La « 70e semaine »
La 69ème semaine s’est achevée à la fin de ce jour unique qui marquait l’entrée triomphale de Jésus dans Jérusalem. En ce jour particulier, ce fut la seule occasion où il accepta de remplir publiquement son rôle de Messie. La foule l’avait acclamé : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d’Israël ! » (Jean 12 : 13).
Le temps, entre la 69e et la 70e semaine, est le temps de la grâce (shnat ratson), correspondant à l’Eglise et l’expansion de l’Evangile jusqu’aux extrémités de la terre.
Esaïe 61 :1-3 « L'Esprit du Seigneur, l'Eternel, est sur moi, car l'Eternel m'a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux ; il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté, et aux prisonniers la délivrance ; pour publier une année de grâce de l'Eternel ».
Les 69 premières semaines de Daniel se terminent au moment où le Messie achève son ministère terrestre de grâce. Tout au long de sa première venue, nous voyons que le ministère du Seigneur a surtout été un ministère de sacrificateur dévoilant la grâce de l’Eternel (Es. 61). Quand il reviendra sur la terre, il exercera les deux ministères : il sera à la fois sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek, et roi. Le Messie occupera en effet ces deux fonctions royales, tout au long du Millénium à venir.
Zach. 6 :12-13 « Ainsi parle l'Eternel des armées : Voici, un homme, dont le nom est Germe, germera dans son lieu, et bâtira le temple de l'Eternel. Il bâtira le temple de l'Eternel ; il portera les insignes de la majesté ; il s'assiéra et dominera sur son trône, il sera sacrificateur sur son trône, et une parfaite union régnera entre l'un et l'autre ».
Si l’on est aujourd’hui dans un temps de confusion, nous savons que Dieu est un Dieu d’ordre, et que ses plans s’accomplissent parfaitement. Dans les ténèbres qui viennent, la lumière brillera d’autant plus ! A la fin de la 70e semaine, le Seigneur reviendra à Jérusalem, en tant que roi des rois, monté sur un cheval blanc. Le lion de la tribu de Juda, le Fils de David, imposera son règne de justice à toute la terre. Amen.
Gérald FRUHINSHOLZ

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