L'ACCEPTATION AVEC DIEU
Les êtres qui ont le bonheur d’être délivrés de la domination du péché ne sont plus «sous la loi, mais sous la grâce» (Romains 6:14). Ils n'ont plus besoin de chercher à se justifier en observant la loi et ils ne sont plus assujettis à sa malédiction. Ils sont entièrement justifiés par la faveur gratuite et libre de Dieu et ils vivent sous la puissante influence de cette dernière. Ceux qui sont sous la loi, en tant qu’alliance, ou qui cherchent l'acceptation auprès de Dieu par leurs propres œuvres, demeurent sous la domination du péché, quelle que soit la bonne opinion qu’en ont leurs semblables ou les revendications dont ils se targuent eux-mêmes. Ceux qui sont sous la loi n'ont pas de véritable sainteté. Ils ne peuvent donc pas servir Dieu de manière acceptable. «Ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu» (Romains 8:8). La loi condamne ceux qui vivent sous son régime et, tant qu'ils sont dans cet état, leurs œuvres ne peuvent être acceptées, quelles qu’elles soient. Dieu doit accepter la personne avant de trouver plaisir en ses œuvres.
Qu'est-ce qu’une œuvre «bonne» ?
Trois caractéristiques particulières sont nécessaires pour qu’une œuvre soit vraiment bonne.
1. Elle doit découler d’un principe juste. C’est l'amour pour Dieu. Le grand commandement de sa loi immuable est : «Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu» (Marc 12:30). Quelle que soit l'approbation des hommes qu’elle reçoit, toute œuvre accomplie à partir d’un autre principe que celui-ci n’est pas acceptable aux yeux de celui qui sonde les cœurs. Dieu pèse les principes tout autant que les actions.
2. Elle doit se faire selon une règle juste. C’est la volonté révélée de Dieu. La loi morale, en particulier, est la règle de notre obéissance. C’est un système complet de responsabilité et, dans sa dimension morale, elle est la règle immuable de notre conduite. L'homme peut considérer ses œuvres comme très valables et les accomplir avec un zèle remarquable. Toutefois, si Dieu ne les exige pas, elles tombent sous la condamnation de cette question : «Qui vous l’a demandé ?» (cf. Ésaïe 1:12) Ceux que trompe la superstition religieuse prétendent que leurs œuvres ont pour principe l'amour de Dieu et pour but sa gloire. Mais si l'Écriture, la seule règle de foi et de vie, ne leur enjoint pas de faire ce qu'ils font, leurs efforts n’ont aucune valeur et Dieu les rejettera certainement. Quel que soit le plaisir de son auteur, ou l’orgueil que son œuvre lui procure, on ne peut le féliciter pour son obéissance. Là où il n'y a pas d'ordre divin, explicite ou implicite, il ne peut y avoir d’obéissance ni, en conséquence, d'œuvre bonne.
3. Elle doit aussi viser une juste fin. C’est la gloire de l'Être suprême. «Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu» (1 Corinthiens 10:31). Tel est l’ordre du Très-Haut auquel nous sommes assujettis en tout temps, le but pour lequel il œuvre, à la fois dans la providence et dans la grâce. Il s’agit donc du but le plus élevé que nous puissions viser. Mais personne ne peut agir en vue d’une fin aussi sublime à moins que Dieu lui ait appris que la justification est entièrement par grâce et qu’elle ne dépend en aucun cas de conditions venant de lui-même. Tant que l’homme n’a pas appris cette leçon, il s'imagine toujours que ses soi-disant bonnes œuvres peuvent lui obtenir l'acceptation auprès de Dieu. Les hommes du monde accomplissent effectivement de bonnes choses pour cette raison ou pour d’autres, mais les œuvres véritablement «bonnes», ce que le Saint- Esprit appelle «les fruits de la justice», appartiennent au croyant qui les fait «à la gloire et à la louange de Dieu» (Philippiens 1:11).
Un homme non régénéré peut accomplir de nombreuses œuvres bonnes en elles-mêmes, et les faire même selon une règle juste. Mais, ne connaissant pas l'Évangile de la grâce de Dieu, il est incapable d’agir selon le principe de l’amour pour Dieu ou pour un but aussi exalté que la gloire divine. Or, ces choses sont absolument nécessaires pour qu’une œuvre soit véritablement bonne.
Gardons à l'esprit que l’être humain est une créature déchue, entièrement destituée de la sainte image et de l’amour de Dieu. Loin d’aimer son Créateur et de se réjouir dans ses voies, l’homme est ennemi de Dieu. Le vrai langage de son cœur se manifeste par les propos des misérables qui disent à Dieu : «Retire-toi de nous ; nous ne voulons pas connaître tes voies. Qu'est-ce que le Tout-Puissant, pour que nous le servions ? Que gagnerions-nous à lui adresser nos prières ?» (Job 21:14,15).
En outre, il est impossible que les saints commandements de la loi de Dieu ou les menaces de punition contre toute désobéissance n'éveillent le moindre degré d'amour pour Dieu dans le cœur naturel. Nous sommes des créatures apostates et placées sous la malédiction divine. Plus la loi divine est pure, plus elle s'oppose au penchant et à la corruption de la nature humaine. Il est évident que ceux qui gisent sous la puissance de condamnation de la loi ne peuvent pas se délecter de ses saintes exigences. Ils ne peuvent aimer le Législateur divin comme ils le devraient tant qu’ils demeurent dans cette condition déplorable.
Abraham BOOTH

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