L'IMPORTANCE DE L’AU-DELA

 

L'IMPORTANCE DE L’AU-DELA

 

 

Chercher à connaître l'autre monde, n'est-ce pas se livrer à de dangereuses spéculations ? D'ailleurs, diront certains, que pouvons-nous savoir de précis sur ce mystérieux sujet ? La terre ne nous suffit-elle pas pour le moment ? À l’heure de la mort, ce sera bien assez tôt pour s'inquiéter de la suite, si elle existe ! Pour l'instant, ne nous arrêtons pas à des idées macabres !  

Ce langage, aujourd’hui très courant, révèle une profonde ignorance de l'importance de l'éternité, de l'étendue des révélations bibliques, et du danger que courent les âmes qui ne les ont pas reçues. Que pouvons-nous répondre à de tels arguments ?  

 

1, La vie est beaucoup trop courte pour nous satisfaire. Si nous y réfléchissons, qu'est-ce que la durée de notre existence ? Le terme extrême que Dieu lui fixe est de cent-vingt ans, selon Genèse 6.3. Mais très peu nombreux sont ceux qui deviennent centenaires. Nous pouvons bien plutôt nous exprimer comme le psalmiste : « Eternel ! dis-moi quel est le terme de ma vie, quelle est la mesure de mes jours, que je sache combien je suis fragile. Voici, tu as donné à mes jours la largeur de la main, et ma vie est comme un rien devant toi. Oui, tout homme debout n’est qu’un souffle », Ps. 39.5-6. En face du Dieu d’éternité, « nous voyons nos années s'évanouir comme un son. Les jours de nos années s'élèvent à soixante et dix ans, et, pour les plus robustes, à quatre-vingts ans; et l'orgueil qu'ils en tirent n’est que peine et misère, car il passe vite et nous nous envolons... Enseigne-nous à bien compter nos jours afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse », Ps. 90.9-12. L’Ecriture a bien raison de dire : « Qu'est-ce que votre vie ? Vous êtes une vapeur qui paraît pour un peu de temps, et qui ensuite disparaît », Jac. 4.14. « Toute chair est comme l’herbe, et tout son éclat comme la fleur des champs. L’herbe sèche, la fleur tombe, quand le vent de l’Eternel souffle dessus... mais la parole de notre Dieu subsiste éternellement », Es. 40.6-8.  

Non seulement notre vie individuelle est peu de chose, mais que sont les quelques millénaires de l’histoire humaine? Avant un passé récent, où étions-nous ? et, dans quelques années, qu’en sera-t-il de nous ? Ne vaut-il pas la peine de savoir si quelque chose nous attend après la mort ? Et si nous devons passer ailleurs la presque totalité de notre existence, n'est-il pas urgent que nous nous en préoccupions ? Car, que sont soixante-dix ou quatre-vingts ans en face de la vie éternelle ?  

 

2. Dieu a mis dans notre cœur la pensée de l'éternité, Eccl. 3.11. Dieu nous a créés à son image, et nous a donné le sens de ce qui est éternel et parfait. Rien de passager ni d’incomplet ne peut nous satisfaire. Nous voudrions aimer et être aimés sans réserve, aussi les amours terrestres nous déçoivent-elles toujours. Les artistes recherchent passionnément la perfection, et détruisent parfois des œuvres splendides parce qu’ils les trouvent toujours en dessous de leur idéal. La jeunesse s’imagine qu’elle a un temps infini à vivre, et trouve une année interminable; les vieux voient le temps s’enfuir et s’accrochent d’autant plus à l’existence qu’elle leur échappe. Que de personnes soignent à grands frais leur visage et leur beauté, et se désespèrent de voir inéluctablement la décrépitude les envahir! Le drame est que le cœur humain est insatiable: le viveur est emporté par une frénésie de plaisir, l’homme d’affaires veut gagner toujours plus, le dictateur ne sait pas s'arrêter et pousse l'orgueil de ses conquêtes jusqu’à la ruine; celui qui se rend esclave du travail va jusqu’à se tuer littéralement à la peine; le savant se passionne sans fin pour de nouvelles découvertes, et l’aviateur veut aller toujours plus vite et plus haut. Si beaucoup d'hommes végètent dans une existence plus terne, ils ne sont pas heureux et portent en eux l’amertume d’ambitions non réalisées. Dieu nous destine à toutes les gloires de la vie éternelle : c’est pourquoi rien de terrestre ne pourra jamais remplir vraiment notre cœur. Jésus disait à la Samaritaine qui avait beaucoup vécu : « Quiconque boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai... jaillira jusque dans la vie éternelle », Jean 4.14. La parole de saint Augustin est vraie : Notre cœur est agité, jusqu’à ce qu’il se repose en Dieu.   

 

3. Si l'au-delà n'existe pas, tout perd son sens ici-bas. Notre existence ne prend une signification qu’en fonction de l’éternité.  Si tout finit à la tombe, à quoi bon tous les efforts et toutes les jouissances ? L’Ecclésiaste exprime cela d’une façon désabusée : « Vanité des vanités, tout est vanité. Quel avantage revient-il à l’homme de toute la peine qu’il se donne sous le soleil ? Une génération s’en va, une autre vient. J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil; et voici, tout est vanité et poursuite du vent », 1.2-4, 14.  Plus qu'aucun autre, cet homme avait voulu boire à toutes les coupes: plaisirs, boisson, maisons, terres, richesses, amour, gloire,  science. Sa conclusion est qu’« il n’y a aucun avantage à tirer de tout ce qu’on fait sous le soleil... la mémoire du sage n'est pas plus éternelle que celle de l’insensé, puisque déjà les jours qui suivent, tout est oublié... Et j'ai haï la vie... j’ai haï tout le travail que j'ai fait sous le soleil et dont je dois laisser la jouissance à l’homme qui me succédera.… Et j'en suis venu à livrer mon cœur au désespoir.  Que revient-il en effet à l’homme de tout son travail et de la préoccupation de son cœur. Tous ses jours ne sont que douleur,  et son partage n’est que chagrin; même la nuit, son cœur ne repose pas. Il n’y a de bonheur pour l’homme qu’à manger et à boire,  et à faire jouir son âme du bien-être, au milieu de son travail;  mais j’ai vu que cela aussi vient de la main de Dieu », Eccl. 2.11.24. (Voyez encore 3. 19; 4. 8; 6.3; 6.9; etc.)    

C’est ainsi que pensent les matérialistes. Puisque rien ne dure, et qu'il faudra bientôt tout quitter, « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons !» 1 Cor. 15.32. Cette philosophie existentialiste tellement à la mode est l’expression d’une révolte et d’un désespoir. Car s’il est facile de manger et de boire quand on est jeune, pourvu d'argent et en bonne santé, que faire lorsque l'on est triste, ruiné, malade, ou que les infirmités de l’âge font de vous une misérable loque ? Alors, si la foi en une vie meilleure manque, c’est le trou noir et la dépression; pour les plus désespérés, c’est le suicide, qui ne résout rien mais accélère encore le jugement.    

 

4. La terre ne satisfait pas plus notre sens de la justice qu’elle n’étanche notre soif de durée et de perfection. Que de crimes ne sont jamais punis, que d’inégalités jamais rectifiées ici-bas !  (Voyez Eccl. 4.1-3; 7.15.) Ce problème troublait déjà le psalmiste : « Mes pas étaient sur le point de glisser, car je portais envie aux insensés, en voyant le bonheur des méchants. Rien ne les tourmente jusqu’à leur mort... ils n’ont aucune part aux souffrances humaines... Voilà pourquoi son peuple (de Dieu) se tourne de leur côté. Ainsi sont les méchants: toujours heureux, ils accroissent leurs richesses La difficulté fut grande à mes yeux jusqu’à ce que… j’eusse pris garde au sort final des méchants. Oui, tu les places sur des voies glissantes… Eh quoi ! en un instant les voilà détruits ! Ils sont enlevés, anéantis par une fin soudaine ! Comme un songe au réveil, Seigneur, à ton réveil, tu repousses leur image », Ps. 73.2-20. « Ne t'irrite pas contre celui qui réussit dans ses voies, contre l’homme qui vient à bout de ses mauvais desseins… Encore un peu de temps, et le méchant n’est plus... le Seigneur se rit du méchant, car il voit que son jour arrive », Ps. 37. 7-13. Certains péchés sont punis immédiatement,  mais le grand règlement de comptes aura lieu dans l’autre monde. Dieu laisse l’homme libre de suivre sa propre voie. Il retarde aussi son jugement, dans l'espoir que le pécheur se repentira;  mais il serait immoral et souverainement injuste qu’il n’y ait pas un jour une rétribution générale.    

Reconnaissons aussi que les hommes de bien ne sont pas toujours récompensés ici-bas. Les épreuves, les persécutions même ne leur sont pas épargnées. Le nombre des martyrs et des victimes innocentes ne se compte pas. N’y aurait-il jamais pour eux un juste retour des choses ? La Bible dit que Dieu permet ces épreuves pour les éduquer et les sanctifier; mais cela n'aurait aucun sens si tout s’arrêtait à la mort. Alors les croyants eux-mêmes seraient les plus malheureux des hommes et beaucoup seraient tentés de dire avec les matérialistes : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons », 1 Cor. 15.19, 32.    

 

5. Enfin, après avoir connu ici-bas le deuil et la séparation, il nous faut la consolante certitude de revoir nos bien-aimés morts dans la foi. Devant une tombe ouverte, nous avons besoin de savoir que nous retrouverons celui qui nous a quittés. Toujours, et sous tous les cieux, l’humanité a été soulevée d’un immense espoir à l'idée de la survie et du revoir. Quel bonheur que la Bible nous apporte sur ce point comme sur tous les autres, les certitudes de la Parole de vérité !    

 

6. La destinée de l'homme est de voir Dieu face à face et de lui être fait semblable. Dieu ne nous a pas créés seulement pour les choses éternelles, la justice et la perfection : Il nous a créés pour lui-même. Sur la terre, nous sommes éloignés de lui par l'écran de la matière et les chaînes du péché. Que notre horizon serait borné si nous n’avions pas la glorieuse assurance de passer l'éternité dans la présence même de l’Auteur de toutes choses !    

Mais il ne suffit pas d’affirmer que l'au-delà est nécessaire. Il existe, Dieu nous en parle, et nous devons étudier avec zèle ses révélations. Il suffit de considérer les diverses religions pour constater qu’en face de ce grand problème, l'humanité livrée à elle-même est dans les ténèbres. Que de choses absurdes et dangereuses   les hommes n’ont-ils pas dites à ce propos ! Aujourd’hui, la confusion est plus grande que jamais, même dans le monde soi-disant christianisé. En s’éloignant du clair message de l’Ecriture, on ne peut que donner une image erronée de l’autre monde, de nos rapports avec les morts, et des possibilités de salut après cette vie.   On ne prend plus au sérieux les solennelles déclarations de la Bible, on nie la perdition et on fausse ainsi toute la perspective de l'éternité. Des sectes extravagantes profitent de ce désarroi pour faire croire aux âmes mal affermies les choses les plus invraisemblables et antiscripturaires. C’est pourquoi nous désirons   ici nous placer avec humilité et soumission en face de la seule Ecriture. Avec Pierre, nous nous écrions : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle », Jean 6.68 […]

 

René PACHE     

 

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