LES DANGERS DE L’HIVER
« En ce jour-là... il y aura du froid et de la glace... » Zacharie 14 : 6-9
« … la charité du plus grand nombre se refroidira. » Matthieu 24 : 12
Après le long et pénible hiver de la dispensation de la loi — Exode à Malachie — temps pendant lequel l’homme fit de vaines tentatives pour plaire à Dieu et lui obéir, le printemps de la première venue de Jésus-Christ est arrivé.
Sa prédication, sa mort expiatoire, puis sa résurrection, furent un vrai souffle de fœhn qui fit fondre la neige, préparant un printemps divin, l’éclosion des feuilles, des fleurs, des fruits, en un mot la Pentecôte et la formation de l'Eglise primitive. Depuis lors, ce fut l’été, un été entrecoupé de nombreuses et longues périodes de pluie où le soleil fut souvent caché, un été qui vit des orages, des grêles terribles; mais ce fut tout de même l’été: la Parole de Dieu a été traduite dans de nombreuses langues, elle s’est répandue, le nombre des disciples a augmenté; beaucoup de pays se sont ouverts à l'Evangile, et dans un bon nombre d’entre eux une piété sincère a régné dans de multiples foyers.
Hélas ! depuis l’apparition de la critique biblique, combien le niveau spirituel et moral a baissé! Que pensent des multitudes de la sainte et infaillible Parole de notre Dieu, de ce qu’elle dit de la justice divine, ainsi que du mal et du péché ? (2 Timothée 4: 3-4). Dans combien de ménages rend-on grâces pour les aliments que Dieu donne ? Combien peu lisent régulièrement la Bible ! Et que sont devenus le zèle et l’ardeur dans le service pour Dieu ? Est-ce que Dieu ne pourrait pas dire à beaucoup: « J’ai quelque chose contre toi, c’est que tu as abandonné ton premier amour » ? (Apocalypse 2: 4). Oui, l'amour se refroidit, l’amour pour Dieu, l'amour pour les perdus, l'amour et le respect entre frères, entre parents et enfants, entre camarades, etc. C’est l’hiver qui vient rapidement sur nous. Combien de temps durera-t-il ? Quels froids devrons-nous traverser ? Nul ne le sait, mais Dieu seul (Matthieu 24: 36). Cependant une chose est certaine, c’est que cet hiver précède un nouveau printemps : le glorieux et inévitable retour de Jésus-Christ, sa deuxième venue sur la terre, son règne de gloire pendant mille ans. Et Jésus a dit: « Quand vous verrez toutes ces choses arriver, levez vos têtes, parce que votre délivrance approche» (Luc 21: 28). Ce n’est pas le moment de nous décourager: persévérons, rendons témoignage autour de nous, luttons et vainquons en comptant sur lui seul.
Mais, pour lutter efficacement, il faut connaître le mieux possible les temps où nous vivons. À cet effet, nous voulons étudier ensemble les leçons que nous pouvons tirer de l’hiver, puisque c’est la Parole de Dieu elle-même qui compare notre temps à une période de froid et de glace, c’est-à-dire à un hiver.
1. Le premier danger de l'hiver, c’est le sommeil
Le premier danger de l’hiver, provenant de l’abaissement de la température, c’est un engourdissement, une torpeur, un sommeil général qui envahit toute la nature.
Les oiseaux cessent de chanter, tous les insectes se cachent et s’engourdissent, beaucoup descendent profondément dans la terre; les plantes et les arbres perdent leurs feuilles, il n’y a plus de fleurs et plus de fruits. Or, dans cet état général, on peut distinguer trois catégories d’êtres qui souffrent de l’hiver.
a) Il y a tout d’abord les animaux dits à sang froid, c’est-à-dire dont le sang a la température de l’air environnant. De ce nombre sont tous les insectes ; ils s’engourdissent complètement et parfois même ils gèlent. Les chenilles deviennent cassantes et peuvent être brisées comme de petits morceaux de verre. Mais si l’on a soin de ne pas les briser, elles dégèlent au printemps et reprennent vie. Quelle image frappante ! — Le sommeil spirituel n’est-il pas répandu partout aujourd’hui, et ne sommes-nous pas tous exposés à ce danger? N’avons-nous pas toujours plus de peine à réaliser une parfaite communion avec Dieu ? N'est-ce pas tous les jours plus difficile de trouver du temps pour étudier la Bible, pour faire silence devant Dieu, et ne devenons-nous pas toujours plus inconscients nous- mêmes du niveau que Dieu nous demande ? Notre esprit n’est-il pas très souvent comme engourdi, insensible, lent à comprendre? (Hébreux 5: 11; Luc 22: 46; 24: 25). Et, d’autre part, n’y a-t-il pas toujours plus de cette glace dure, cassante, coupante, dans les relations entre les hommes et souvent, hélas ! entre chrétiens, entre frères ? (Galates 5: 15). Les chenilles gelées ne peuvent se plier; que de gens, de même, ne se plient pas à la discipline de leurs parents, de leur patron, même à celle de Dieu; on regimbe à la première contrariété, on devient de plus en plus susceptible, on n’accepte aucune remarque, mais par contre on se croit autorisé à critiquer les autres à tort et à travers. Partout c’est la haine, la jalousie, l’animosité, l’amertume, la révolte (2 Timothée 3: 1-5). C’est l'hiver qui vient, et l'amour du plus grand nombre qui se refroidit.
Les animaux dont nous venons de parler, dont le sang est à la température de l'air, illustrent plus spécialement les hommes qui n’ont pas encore passé par la nouvelle naissance, qui ont encore le cœur de pierre dont parle Ezéchiel 36: 26. En contact avec des chrétiens, dans une belle réunion, ils sont tout feu et flamme, brûlants comme une pierre au soleil, mais sitôt qu’ils sont rentrés dans la vie ordinaire, qu’ils ont retrouvé leurs anciens camarades, tout est oublié, et ils sont de nouveau froids. Oh ! combien il est dangereux d’en rester là, à l’entrée de « l’hiver» ! « Il faut que vous naissiez de nouveau » a dit Jésus (Jean 3: 7), il faut que vous ayez tous ce cœur de chair qui se maintient désormais à la même température.
b) S'il y a des animaux à sang froid, il y a aussi des animaux à sang chaud, et ceux-ci peuvent illustrer les chrétiens qui ont vraiment passé par la nouvelle naissance et qui ont même une certaine piété personnelle, puisqu'ils ne connaissent plus ces hauts et ces bas, ces changements de température qui sont la caractéristique d’un cœur non affermi. Or, il y a des animaux à sang chaud qui s’engourdissent et dorment pendant l’hiver et cette illustration nous montre que même les croyants sont exposés à ce danger dans un temps de refroidissement spirituel comme le nôtre. Les marmottes, par exemple, approfondissent leurs galeries en automne, et dans une loge, tout au fond de leur retraite, se pelotonnent et s’endorment. Inconscientes, inertes et inactives, elles attendent tout simplement le printemps. Que de chrétiens — et prenons garde de n'être pas du nombre — se sont endormis dans la retraite égoïste qu’ils se sont creusée eux-mêmes, loin du monde et de ses détresses, et ils dorment profondément, attendant, sans rien faire pour Dieu et pour le monde, le printemps, c’est-à-dire le Retour du Seigneur.
Y a-t-il donc un remède à ce terrible état de choses, comme à celui décrit plus haut? — Oui, gloire à Dieu, et ce remède est infaillible : la Parole de Dieu nous le dit et la Nature en donne la confirmation éclatante :
Ce qui provoque cet engourdissement des animaux, ce sommeil léthargique, c’est tout simplement la diminution de la chaleur solaire et celle-ci est produite par l’inclinaison progressive de l’axe de la terre. Le soleil s’abaisse sur l'horizon, ses rayons doivent traverser une couche de vapeurs toujours plus épaisse, et sa chaleur diminue considérablement. L'homme alors emploie toutes sortes de moyens artificiels pour se chauffer et ainsi, il ne souffre plus guère du froid. Mais nous, au point de vue spirituel, n’essayons pas d'employer les moyens contre nature que le monde nous offre: la philosophie et la science faussement ainsi nommée (1 Timothée 6: 20-21), ou les plaisirs et le péché (Tite 2: 12). C’est le Soleil de la justice (Malachie 4: 2), Dieu lui-même, qui est la source de la vraie chaleur, de la vraie vie, de la vraie santé. Ne suivons pas la multitude pour faire le mal » (Exode 23: 2). Ne tournons pas le dos à Dieu et à sa Parole, comme le fait la terre vis-à-vis du soleil. Montons sur «la montagne» où il n’y a plus de brouillard et où le soleil bronze la peau et guérit les maladies, même en plein hiver, et où, de plus, le silence est complet (Matthieu 14: 23; Luc 6: 12). Par les ailes de la foi, faisons comme les hirondelles et allons là où le Soleil est toujours chaud ; c’est le Soleil de la justice qui fait fondre la glace, c’est lui qui dissipe tout engourdissement, qui nous remplit de force et de courage, c’est lui qui nous rend souples et dociles, pleins d'amour et de zèle.
Cherchons un lieu tranquille et approchons-nous du trône de la grâce, prions, prions beaucoup plus, prions toujours davantage. La prière fervente du juste a une grande efficace, et c’est la prière seule, le contact continuel avec le Soleil, qui nous gardera éveillés, vigilants et fidèles pendant tout l’hiver que nous allons traverser (1 Chroniques 16: 11; Jacques 5: 13-18; Hébreux 4: 7; Ephésiens 5: 14).
c) L’homme qui reste éveillé tout l’hiver et qui travaille malgré le froid, nous parle des vrais chrétiens qui comprennent leur vocation, qui prient, qui agissent et qui travaillent pour Dieu. Mais voici, l’homme lui-même risque d’être surpris par le froid. Cela arrive surtout lorsqu'il faut marcher longtemps dans la neige, et c’est un fait bien connu que celui qui, épuisé de fatigue, se couche au bord du chemin et s’endort dans la neige, est perdu. Il est saisi insensiblement par le froid et, en général, ne se réveille même pas […]
Au milieu de la lutte et du travail, qui n’a pas senti la fatigue, la lassitude, qui n’a pas été tenté de s’arrêter, de se décourager, d'abandonner la partie ? (Hébreux 12: 3) […]
Nous sommes en hiver, la neige tombe, la marche devient difficile, mais l’issue sera merveilleuse et certaine pour celui qui restera toujours étroitement encordé à son Guide divin, qui marchera dans l'empreinte de ses pas et qui acceptera sa discipline (Psaume 48: 15).
(à suivre : le deuxième danger de l’hiver, c’est la stérilité)
Paul-A. ROBERT

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