PREMIERE REALISATION DES TROIS PROMESSES
Abraham, centenaire, eut de sa femme Sara, qu’il appelait princesse, un fils unique : Isaac. C'était aussi le fils de la « promesse » (Genèse 17:19 et Galates 4: 23). Isaac épousa la belle et charmante Rebecca. Il leur naquit des jumeaux : Esaü et Jacob. En troquant un plat de lentilles contre le droit d’aînesse, Jacob supplanta Esaü. Alors commença la discorde entre les frères. Jacob s’enfuit en Mésopotamie, chez son oncle Laban. Lorsque, vingt ans plus tard, il revint sur la terre promise, accompagné de Rachel et de Léa ses épouses, de ses enfants, de ses serviteurs, de ses servantes, de ses troupeaux, Dieu changea son nom en celui d'Israël. Et, fait curieux, peu après voir remis pied sur la terre promise, le nom d'Israël a été donné le 15 mai 1948 à la nouvelle nation du peuple israélite ! Commencement et recommencement de l’histoire : « Exil, retour », avec leurs similitudes frappantes ! Hasard ? Coïncidences ? Non ! mais dessein de Dieu, dans l’histoire d'Israël.
Jacob appela Béthel l'endroit où Dieu lui avait parlé. Là, Dieu renouvela la promesse faite à son grand-père Abraham : « Dieu lui dit: « Je suis le Dieu tout-puissant. Sois fécond et multiplie ; une nation et une multitude de nations naîtront de toi, et des rois sortiront de tes reins. Je te donnerai le pays que j'ai donné à Abraham et à Isaac, et je donnerai ce pays à ta postérité après toi ».
Jacob eut douze fils qui donnèrent leurs noms aux douze tribus du peuple d’Israël. L'un des fils, nommé Joseph, fut vendu par ses frères à des Ismaélites qui l'emmenèrent en Egypte. C'est là que Joseph, devenu gouverneur du pays, fit venir son père et toute sa famille, au nombre de soixante-dix personnes. Jacob et Joseph y moururent et y furent embaumés. Après leur mort commença la persécution du peuple d'Israël qui n’a cessé à travers le monde jusqu’à ce jour. Après quatre-cents années, dont plusieurs d’esclavage et de terribles souffrances, le peuple quitta le pays miraculeusement sous la direction de Moïse. Ce grand prophète lui transmit la Loi. Il la reçut de Dieu au Sinaï, après la traversée de la Mer Rouge.
Première promesse : un peuple
Dans le désert, après la fuite d'Egypte, ce peuple devait compter, estime-t-on, trois à quatre millions de personnes. La première promesse faite à Abraham était réalisée: « Je te ferai devenir une grande nation ». Il était réellement devenu un peuple qui allait s’organiser pendant quarante ans à travers le désert, sous les directives du grand envoyé de Dieu : Moïse.
Deuxième promesse : un pays
Après la traversée du désert qui dura quarante ans, cette nation mouvante passa le Jourdain sous la direction de Josué, successeur de Moïse. La ville de Jéricho fut prise et la conquête du pays de la promesse se fit rapide. Le peuple d’Israël avait un pays. La seconde promesse était devenue réalité.
Installés dans leur patrie, les Israélites rejetèrent bien vite la théocratie instituée par Moïse et ils se donnèrent des rois.
Avec le roi David qui fit de Jérusalem la capitale, et le roi Salomon qui fit édifier un temple magnifique, ce fut alors toute la gloire du peuple d'Israël. Gloire terrestre par le fait que toutes les richesses et toute la civilisation de cette époque se trouvaient concentrées en ce pays, mais aussi gloire divine par le haut degré d'inspiration et de piété. Cette valeur spirituelle apparaît notamment dans les Psaumes de David qui fut à la fois roi, prophète, sacrificateur, un homme de Dieu comme il n’y en a pas eu en Israël depuis.
Début de l’exil, il y a 2 600 ans environ.
Après David et Salomon, ce fut la période de décadence durant laquelle le peuple se lia aux nations païennes pour se prosterner devant les idoles muettes. Ce recul loin de la foi au Dieu vivant aboutit, malgré les appels réitérés des prophètes, à la catastrophe nationale et à l’exil. Dieu en avait averti son peuple : « Lorsque tu auras des enfants, et des enfants de tes enfants, et que vous serez depuis longtemps dans le pays, si vous vous corrompez, si vous faites des images taillées, des représentations de quoi que ce soit, si vous faites ce qui est mal aux yeux de l'Eternel votre Dieu, pour l’irriter… l’Eternel vous dispersera parmi les peuples » (Deutéronome 4 : 25-31).
« Parce qu’ils ont abandonné ma loi… parce qu'ils sont allés après les Baals… Je les disperserai parmi des nations que n’ont connues ni eux ni leurs pères » (Jérémie 9 : 13-16).
Ce fut d’abord la destruction de l’un des deux royaumes qui se partageaient alors le pays: le royaume d’Israël. Né de la révolte des dix tribus qui se donnèrent Jéroboam pour roi à la mort de Salomon, ce royaume avait pour capitale Samarie. Les rois d’Assyrie déportèrent la population vers l'Asie centrale. Des Assyriens les remplacèrent et se mêlèrent aux quelques Israélites laissés dans le pays. Leurs descendants eurent pour nom les « Samaritains » dont quelques-uns ont survécu aux tribulations de l’histoire et ont conservé dans la région de Samarie leurs traditions ancestrales. Cette déportation eut lieu en 720 avant Jésus le Messie. Plusieurs périrent dans des camps étrangement comparables aux camps d’extermination nazis.
Le second royaume, celui de Juda, comprenant les tribus de Juda et de Benjamin, restées fidèles à Roboam, l'héritier légitime du roi Salomon son père, connut aussi la destruction. En 586 avant Jésus le Messie, Nebucadnetsar, roi de Babylone, entra dans Jérusalem, la capitale, abattit les murailles et fit crouler le temple après en avoir pillé les trésors. Il emmena des milliers d’Israélites en captivité où ils continuèrent à pratiquer leur foi sans se mêler au peuple babylonien.
Retour à la Terre promise, après 70 ans de captivité des tribus de Juda et de Benjamin.
Jérémie avait prophétisé ce retour : « Voici ce que dit l'Eternel: dès que soixante-dix ans seront écoulés pour Babylone, je me souviendrai de vous, et j'accomplirai à votre égard ma bonne parole, en vous ramenant dans ce lieu. Je ramènerai vos captifs ; je vous rassemblerai... et je vous ramènerai dans le lieu d’où je vous ai fait aller en captivité » (Jérémie 29 : 10 à 14). Les Israélites obtinrent de Cyrus, nouveau roi de Babylone, le droit de rentrer chez eux. Il leur rendit les objets de culte pris au temple de Jérusalem.
Sous la conduite de Zorobabel, des milliers d’Israélites se mirent en marche vers leur patrie en chantant : « Quand l'Eternel ramena les captifs de Sion, nous étions comme ceux qui font un rêve...» (Psaume 126). Le temple fut reconstruit. Le peuple se regroupa autour de Jérusalem. Les murailles furent remises debout aux prix de grands efforts et en des circonstances difficiles à cause des ennemis. Néhémie dirigeait cette remise en état des fortifications. Environ 60 000 revinrent de la captivité chargés d’or, d'argent et des choses précieuses de Babylone (Esdras 1 et 2).
La première déportation et la première destruction du temple auraient pu faire croire à la fin du peuple d'Israël, mais la promesse faite à Abraham était irrévocable, immuable. Et le monde étonné apprit le retour du peuple d’Israël, la reconstruction du temple et des murs de Jérusalem, quoiqu’une partie seulement du peuple était revenue.
Mais de nouvelles souffrances attendaient le peuple d'Israël réinstallé en la Terre promise. Après la décadence de l'empire Babylonien, ce fut le grand roi grec Alexandre qui fit dominer la Judée par ses généraux. Lorsqu'il entra à Jérusalem, après qu’un grand-prêtre vint lui présenter les clefs de la ville, il offrit un sacrifice au Dieu d'Israël. À sa mort, Ptolémée prit la succession. Il déporta une partie de la population en Egypte. Puis vint la domination du pays par Antiochus IV qui voulut imposer sa religion aux Israélites. Ceci déclencha un soulèvement inimaginable.
Un siècle et demi avant Jésus-Christ, une poignée de paysans israélites se dressèrent contre les conquérants gréco-syriens. Pendant trente ans, ce fut une lutte sans équivalent dans l’histoire humaine de résistance contre les occupants. Ce fut l’épopée héroïque des Macchabées. Quand l’ennemi fut chassé du pays, le temple fut purifié et consacré à l’adoration de l'Eternel. Cette dédicace donna lieu à une fête annuelle appelée « Hanouka », ou « fête de la dédicace » (Jean 10:22), ou « fête des lumières ». On brûle ce jour-là des bougies en souvenir de celles qui furent allumées au jour de la première célébration de cet événement et surtout en souvenir de l’huile miraculeusement préservée dans une amphore et qui avait brûlé pendant huit jours dans le temple. Cette fête est célébrée encore aujourd’hui en Israël chaque année.
Ayant reconquis leur liberté et leur indépendance, les Israélites, dirigés par les princes Asmonéens, connurent en leur pays des conflits intérieurs. C’est alors que Pompée, partant de Rome, trouva peu de résistance en Israël et envahit le pays.
L’occupation romaine durait encore lorsque naquit à Bethléem le Sauveur du monde au moment d’un recensement obligatoire de tous les habitants du pays sur ordre de l'Empereur Romain. Le temps de l’accomplissement de la troisième promesse était arrivé : celle de la bénédiction.
Troisième promesse : être en bénédiction au monde entier
C'est par Israël que Dieu s'est révélé au monde comme étant le Dieu unique, le Dieu d'Abraham, d‘Isaac, de Jacob.
C’est Israël qui a été choisi par Dieu comme instrument de transmission de la connaissance de la création et du Créateur, de l’'incarnation et du Rédempteur, de la chute de l’humanité et de son salut.
C'est en Israël et par des Israélites que cette révélation de Dieu a été inscrite dans le Livre, la Bible.
C'est d'Israël que sont partis jusqu'aux extrémités de la terre les messages bibliques, les messages de Dieu aux hommes. La Bible, Parole de Dieu, a été répandue depuis Jérusalem au sein de toutes les nations. Traduite en plus de 1 000 langues*, elle est diffusée à des dizaines de millions d'exemplaires.
À tous ceux qui la lisent et qui y croient, la Bible est le livre qui apporte la bénédiction spirituelle.
En l’écrivant, la postérité d’Abraham a été en bénédiction au monde entier.
C'est par Israël que Dieu a fait connaître son Fils unique, le Messie. C’est en Israël, à Bethléem, qu'il naquit de Marie, vierge israélite. Ce sont des prophètes israélites qui en firent l’annonce :
« C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : voici la vierge (ou la jeune fille) deviendra enceinte, elle enfantera un fils et elle lui donnera le nom d'Emmanuel ».
« Et toi Bethléem, Ephrata, petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui dominera Israël, et dont l’origine remonte aux temps anciens, aux jours de l’éternité » (Michée 5 : 1 et Luc 2 : 1-20).
L’apôtre Matthieu mentionne dès le début de son évangile cette naissance miraculeuse et la prophétie la concernant. Par la généalogie allant de Joseph, le père adoptif de Jésus, jusqu’à Abraham en passant par David, il fait découvrir le lien de parenté du Messie.
Le Sauveur est israélite. Il est né israélite. Il vécut en Israël. Il accomplit sa mission en Israël. Il mourut en Golgotha sur la terre d'Israël. Il reviendra en Israël pour délivrer et sauver le peuple d'Israël et le monde.
Oui, « le salut vient des Juifs ». Le Messie lui-même l’a dit (Jean 4 : 22). C’est assurément une grande bénédiction.
Avant que Jean-Baptiste, le précurseur du Messie, se mette à baptiser et à proclamer son message de repentance dans la vallée du Jourdain, le peuple, asservi par l’armée ennemie, attendait la venue du Messie annoncé par les prophètes. Il voyait dans ce Messie le libérateur de la puissance occupante, le triomphateur qui devait, sur le plan temporel, le conduire à la domination du monde. Ayant oublié qu’il était le peuple choisi de Dieu pour apporter la révélation divine aux nations, il ne pouvait discerner en Jésus celui que l’Ecriture appelle en hébreu Yechoua Hamachia, le Sauveur, le Rédempteur de l’âme. Il ne comprenait pas que le Messie venait d’abord délivrer les hommes de la servitude du péché. A cause de cet aveuglement, la nation israélite n’est pas entrée dans la nouvelle alliance de la grâce que le Fils unique de Dieu apportait en la scellant dans son propre sang. Elle a manqué sa mission spirituelle.
Toutefois, après la résurrection et l’ascension de Jésus, des milliers d’Israélites crurent en lui (Actes 2:41, 4:4, 5:14 et 21: 20 : « Tu vois, frère, combien de milliers de Juifs ont cru…»). Ces milliers ne représentaient cependant qu’une minorité au sein d’une population évaluée à environ cinq millions à cette époque, y compris ceux de la dispersion.
La première « Assemblée chrétienne », disons « messianique », c’est-à-dire composée de personnes croyant au Messie venu en chair mourir sur le calvaire pour la rémission des péchés, fut constituée uniquement par des Israélites.
Des apôtres israélites, parmi eux l’apôtre Paul, partirent annoncer, à travers les nations, la bonne nouvelle du salut par Jésus le Messie.
En certaines villes, des Israélites se refusaient à croire au message de la nouvelle alliance. Ils s’y opposaient parfois : « Beaucoup de juifs et de prosélytes pieux suivirent Paul et Barnabas… mais d’autres s'opposèrent à ce que Paul disait…» (Actes 13 : 43-45), « une grande multitude de Juifs et de Grecs crurent… mais ceux des Juifs qui ne crurent pas excitèrent et aigrirent les esprits des païens contre les frères » (Actes 14 : 1-2). Ces faits se reproduisirent à diverses reprises (voir Actes 17 : 5 et 13).
La grâce fut acceptée par un nombre croissant de « païens », tandis que les « Israélites » se tenaient à l'écart. L’Apôtre Paul signala ce fait aux Israélites qui ne voulaient pas croire : « Sachez que ce salut de Dieu a été envoyé aux païens et qu’ils l'écouteront » (Actes 28 : 28). Quelques années auparavant, il leur avait déjà dit : « C’est à vous, premièrement, que la Parole de Dieu devait être annoncée ; mais, puisque vous la repoussez, et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle, voici, nous nous tournons vers les païens » (Actes 13 : 46).
C’est ici qu'intervient le mystère de l’endurcissement d'Israël dans l’histoire du monde : « Je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous regardiez pas comme sages, c’est qu'une partie d’Israël est tombée dans l’endurcissement, jusqu’à ce que la totalité des païens soit entrée. Et ainsi tout Israël sera sauvé » (Romains 11 : 25).
C'était à toute la nation d'Israël qu’incombait tout d’abord l'acceptation de Jésus comme Messie et Sauveur. Pourquoi seulement une partie l’a accepté ? C’est ici le mystère. Ce qui est certain, c’est que tout Israël sera sauvé à la fin des temps dans lesquels nous sommes. « Le Sauveur a été suscité à Israël, de la postérité de David, et selon la promesse. C’est aux fils de la race d'Abraham que le salut a été envoyé d’abord » (Actes 13 : 23-26).
La venue du Messie constitue l'événement central et capital dans la vie du peuple d'Israël.
Sa venue est la charnière entre l’Ancien et le Nouveau Testament : annoncé dans l’Ancien, révélé et manifesté dans le Nouveau. Tout Israël le comprendra bientôt.
Dieu a donné son Fils et le Fils a donné sa vie. C’est à cause du péché de tous les hommes, qu’ils soient israélites ou non-israélites, que le Messie est mort volontairement, s’offrant en sacrifice expiatoire. « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3 : 16).
« Toutes les familles de la terre seront bénies en toi » (Genèse 12 : 3).
C. LE COSSEC
* L’article a été publié en 1958

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