DOSSIER : NOËL
LE BERGER DE BETHLEHEM
Lecture biblique : 1 Samuel 16.1-13
Introduction
L’histoire de David occupe une très grande place dans les Ecritures. Plus de soixante chapitres lui sont consacrés. La moitié des Psaumes lui sont attribués. Seul le Seigneur Jésus lui-même occupe la plus grande place.
Dans le Nouveau Testament, David est cité 58 fois ; c’est dire l’importance que la vie de cet homme de Dieu tient dans la révélation divine. Notons aussi que c’est le personnage de l’Ancien Testament le plus cité dans le Nouveau Testament.
David est un type remarquable de Christ, soit dans plusieurs épisodes de son histoire, soit à travers les Psaumes.
Nous pouvons étudier sa vie sous divers aspects :
- Historique : la formation et la vie d’un homme de Dieu.
- l’enseignement moral : ce que nous apprenons de sa vie ; en quoi nous pouvons l’imiter ; comment éviter les écueils qu’il a rencontrés.
- La signification prophétique et typique : sa vie nous présente, prophétiquement, le Seigneur Jésus lui-même, ainsi que le résidu futur d’Israël.
C’est à cette signification prophétique et typique que nous nous limiterons ici.
1. L’homme de Bethléhem
« L'Éternel dit à Samuel: Quand cesseras-tu de pleurer sur Saül? Je l'ai rejeté, afin qu'il ne règne plus sur Israël. Remplis ta corne d'huile, et va; je t'enverrai chez Isaï, Bethléhémite, car j'ai vu parmi ses fils celui que je désire pour roi… Samuel fit ce que l'Éternel avait dit, et il alla à Bethléhem. » (1 Samuel 16.1, 4)
Voyez encore le verset 18 : « L'un des serviteurs prit la parole, et dit: Voici, j'ai vu un fils d'Isaï, Bethléhémite… »
Comment ne pas voir l’annonce prophétique du « fils de David » (Matthieu 1.1) ? Que dit le récit évangélique ? « Jésus étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode… » (Matthieu 2.1) ; et encore : « Le roi Hérode, ayant appris cela, fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. Il assembla tous les principaux sacrificateurs et les scribes du peuple, et il s'informa auprès d'eux où devait naître le Christ. Ils lui dirent: A Bethléhem en Judée; car voici ce qui a été écrit par le prophète: Et toi, Bethléhem, terre de Juda, tu n'es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda, car de toi sortira un chef qui paîtra Israël, mon peuple.(Matthieu 2.3-6)
Bethléhem signifie « maison du pain ». Quel Evangile magnifique ! Le « pain de vie » (Jean 6.48) naissant dans « la maison du pain » ! Avant même la naissance du « saint enfant », Marie chante : « Il a rassasié de biens les affamés » (Luc 1.53). Plus tard le Christ déclarera : « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés! » (Matthieu 5.6) ; et encore : « En vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel, mais mon Père vous donne le vrai pain du ciel; car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. Ils lui dirent: Seigneur, donne-nous toujours ce pain. Jésus leur dit: Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n'aura jamais faim… Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. » (Jean 6.32-35, 51)
Ayons une plus grande faim de Jésus !
2. Une arrivée heureuse
« Samuel fit ce que l'Éternel avait dit, et il alla à Bethléhem. Les anciens de la ville accoururent effrayés au-devant de lui et dirent: Ton arrivée annonce-t-elle quelque chose d'heureux? Il répondit: Oui; je viens pour offrir un sacrifice à l'Éternel. » (1 Samuel 16.4-5)
Samuel, le prophète venu pour oindre le futur roi donne une réponse rassurante à la question angoissée des anciens. La raison de sa venue est quelque chose d’heureux. Pensons alors à l’heureuse nouvelle de la venue de Jésus en notre monde. Des bergers gardaient leurs troupeaux dans les champs. « Et voici, un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d'eux. Ils furent saisis d'une grande frayeur. Mais l'ange leur dit: Ne craignez point; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d'une grande joie: c'est qu'aujourd'hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. » (Luc 2.9-11)
En ce qui concerne le récit de 1 Samuel 16, le texte hébreu porte la mention de paix : « Les anciens de la ville tremblèrent pour le rencontrer, et ils dirent : Ta venue est-elle la paix ? Et il dit : la paix. » Que dire de la venue de Jésus lui-même ?
« Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, Et la domination reposera sur son épaule; On l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. » (Esaïe 9.5)
« … Grâce aux entrailles de la miséricorde de notre Dieu, en vertu de laquelle le soleil levant nous a visités d'en haut, pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour diriger nos pas dans le chemin de la paix. » (Luc 1.78-79)
« Il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin, et la paix à ceux qui étaient près » (Ephésiens 2.17)
Jésus donne la paix après qu’il ait guéri le corps. A la femme guérie d’une perte de sang dont elle souffrait depuis douze ans, « Jésus lui dit: Ma fille, ta foi t'a sauvée; va en paix. » (Luc 8.48).
Il donne la paix après le pardon des péchés. A la femme pécheresse à laquelle il vient de pardonner les nombreux péchés, il dit : « Ta foi t'a sauvée, va en paix. » (Luc 7.50)
3. Une venue liée au sacrifice
« Il répondit: Oui; je viens pour offrir un sacrifice à l'Éternel. Sanctifiez-vous, et venez avec moi au sacrifice. Il fit aussi sanctifier Isaï et ses fils, et il les invita au sacrifice. » (1 Samuel 16.5)
La venue heureuse, la venue qui apporte la paix est liée au sacrifice.
« Samuel dit: Comment irai-je? Saül l'apprendra, et il me tuera. Et l'Éternel dit: Tu emmèneras avec toi une génisse, et tu diras: Je viens pour offrir un sacrifice à l'Éternel. Tu inviteras Isaï au sacrifice; je te ferai connaître ce que tu dois faire, et tu oindras pour moi celui que je te dirai. » (16.2-3). Dans les versets 2 à 5, le mot « sacrifice » revient 5 fois.
David, futur roi, a donc vu le sacrifice. Jésus, lui, s’est sacrifié. Sur « l’autel » du sacrifice, la croix, il fut écrit : « le roi des Juifs ». Entendons les paroles du prophète : « Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. » (Es.53.5) Relisons les écrits de Paul : « Il a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix. » (Colossiens 1.20)
La pensée du sacrifice (et de toutes les souffrances qui l’ont précédé) est donc bien présente avant celle de la royauté, que ce soit dans l’ombre des choses à venir avec David, que ce soit dans la réalité avec Christ :
« Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde, et qui, étant le reflet de sa gloire et l'empreinte de sa personne, et soutenant toutes choses par sa parole puissante, a fait la purification des péchés et s'est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts… » (Hébreux 1.2-3)
« … ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l'ignominie, et s'est assis à la droite du trône de Dieu. » (Hébreux 12.2)
C’est pourquoi la prière du brigand repentant témoigne d’une foi et d’une illumination intérieure extraordinaires. Il prie Jésus disant : « Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne. » (Luc 23.42)
4. Le berger
« Puis Samuel dit à Isaï: Sont-ce là tous tes fils? Et il répondit: Il reste encore le plus jeune, mais il fait paître les brebis. » (1 Samuel 16.11)
David est ici encore, un magnifique type de Christ :
Jésus est le berger. Il dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand. Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. » (Jean 10.1-2)
Jésus est le bon berger. Il dit aussi : « Je suis le bon berger… Je suis le bon berger. » (Jean 10.11, 13)
Jésus est l’unique berger. Il déclare : « J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie; celles-là, il faut que je les amène; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger. » (Jean 10.16)
Jésus est le grand berger : « Que le Dieu de paix, qui a ramené d'entre les morts le grand pasteur des brebis, par le sang d'une alliance éternelle, notre Seigneur Jésus… » (Hébreux 13.20)
Jésus est le souverain berger : « Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire. » (1 Pierre 5.4)
5. La beauté de Jésus
« Isaï l'envoya chercher. Or il était blond, avec de beaux yeux et une belle figure. » (1 Samuel 16.12)
La beauté de Jésus n’était physique : « Il n'avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, et son aspect n'avait rien pour nous plaire. » (Esaïe 53.2) La beauté de Jésus était morale et spirituelle. Le psalmiste l’avait chanté prophétiquement : « Tu es le plus beau des fils de l'homme, la grâce est répandue sur tes lèvres. » (45.3) La gloire morale rayonnait sur Christ, et faisait la lumière autour de lui.
C’est la beauté de la force, préfigurée en David : « L'un des serviteurs prit la parole, et dit: Voici, j'ai vu un fils d'Isaï, Bethléhémite, qui sait jouer; c'est aussi un homme fort et vaillant… » (1 Samuel 16.18). La force de Christ était spirituelle, celle de l’homme fort et vaillant pour ses frères ; celui qui calme la tempête ; celui devant la majesté duquel ses ennemis reculent et tombent en arrière ; celui qui dit « je veux » et la chose est faite ; celui qui lie « l’homme fort » et qui, par ses miracles, le dépouille de ses biens ; celui qui a vaincu Satan et détruit ses œuvres.
C’est la beauté du guerrier vainqueur : « … un guerrier… » (1 Samuel 16.18). Souvenons de la parole du psalmiste : « Vaillant guerrier, ceins ton épée, ta parure et ta gloire, oui, ta gloire! Sois vainqueur, monte sur ton char, défends la vérité, la douceur et la justice, et que ta droite se signale par de merveilleux exploits! Tes flèches sont aiguës; des peuples tomberont sous toi; elles perceront le cœur des ennemis du roi. » (Psaume 45.4-6).
C’est la beauté de l’intelligence spirituelle : « … parlant bien… » (1 Samuel 16.18). Le texte hébreu dit : « intelligent de parole ». La version Darby traduit : « parlant avec intelligence ». Citons ici le prophète Esaïe : « L'Esprit de l'Éternel reposera sur lui: Esprit de sagesse et d'intelligence… » (Esaïe 11.2) Devant ses nombreux détracteurs, dans ses réponses aux questions vicieuses des religieux, dans son enseignement, dans ses paroles consolantes, libératrices, pleines de la grâce divine, Jésus a été « intelligent de parole ».
6. La communion avec Dieu
« et l'Éternel est avec lui. » (1 Samuel 16.18)
Voyez alors Jésus :
« vous savez comment Dieu a oint du Saint Esprit et de force Jésus de Nazareth, qui allait de lieu en lieu faisant du bien et guérissant tous ceux qui étaient sous l'empire du diable, car Dieu était avec lui. » (Actes 10.38)
Jésus dit à ses disciples : « Voici, l'heure vient, et elle est déjà venue, où vous serez dispersés chacun de son côté, et où vous me laisserez seul; mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi. » (Jean 16.32)
Aux Juifs rebelles, il déclare à propos de ses œuvres divines : « Mais si je les fais, quand même vous ne me croyez point, croyez à ces œuvres, afin que vous sachiez et reconnaissiez que le Père est en moi et que je suis dans le Père. » (Jean 10.38)
A son disciple Philippe, il dit : « Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; et le Père qui demeure en moi, c'est lui qui fait les œuvres. Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi; croyez du moins à cause de ces œuvres. » (Jean 14.10-11)
L’apôtre Paul écrit : « Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même… » (2 Corinthiens 5.19)
7. L’onction
« Samuel prit la corne d'huile, et l'oignit au milieu de ses frères. L'esprit de l'Éternel saisit David, à partir de ce jour et dans la suite. » (1 Samuel 16.13)
Contemplons Jésus, le Messie, le Christ, l’Oint de l’Eternel :
« Tu as aimé la justice, et tu as haï l'iniquité; c'est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t'a oint d'une huile de joie au-dessus de tes égaux. » (Hébreux 1.9)
« Tout le peuple se faisant baptiser, Jésus fut aussi baptisé; et, pendant qu'il priait, le ciel s'ouvrit, et le Saint Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. » (Luc 3.21-22)
« Jésus, rempli du Saint Esprit, revint du Jourdain… Jésus, revêtu de la puissance de l'Esprit, retourna en Galilée… Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture, et on lui remit le livre du prophète Ésaïe. L'ayant déroulé, il trouva l'endroit où il était écrit: L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint… » (Luc 4.1, 14, 16-18)
« Vous savez comment Dieu a oint du Saint Esprit et de force Jésus de Nazareth… » (Actes 10.38)
Conclusion
Avant de régner, la foi de David devra être mise à l’épreuve par toutes sortes de souffrances. Il devra apprendre la dépendance de Dieu. Il faudra qu’il soit l’homme humilié, méprisé, haï, persécuté. Dans tout son cheminement, fait de renoncements et de combats, il fera l’expérience que Dieu suffit à tout. L’oint de l’Eternel sera ainsi éprouvé de longues années pour manifester aux yeux du peuple toutes les qualités de la grâce lui donnant les droits au trône d’Israël et à la gloire.
Jésus, dont David ne fut qu’un type bien imparfait et incomplet, dut emprunter ce même chemin aux épreuves incontournables qui le menèrent à la perfection. « Méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance, semblable à celui dont on détourne le visage, nous l'avons dédaigné, nous n'avons fait de lui aucun cas… Il a été maltraité et opprimé, et il n'a point ouvert la bouche, semblable à un agneau qu'on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent; il n'a point ouvert la bouche… Il a plu à l'Éternel de le briser par la souffrance... Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, il verra une postérité et prolongera ses jours; et l'œuvre de l'Éternel prospérera entre ses mains… C'est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands; il partagera le butin avec les puissants, parce qu'il s'est livré lui-même à la mort, et qu'il a été mis au nombre des malfaiteurs, parce qu'il a porté les péchés de beaucoup d'hommes, et qu'il a intercédé pour les coupables. » (Esaïe 53.3, 7, 10, 12)
Paul BALLIERE

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