L’EGLISE PRIMITIVE

 

 

L’EGLISE PRIMITIVE

 

 

Nous voulons vous parler de la toute première Église, celle des deux premiers siècles. Pourquoi est-ce important ? Parce que si l’on ne comprend pas comment l’Église est née, on ne saisit pas ce qu’elle est vraiment, notamment dans son lien avec Israël. On va voir que l’Église primitive n’était pas une nouvelle religion détachée d’Israël, mais une communauté juive ayant reconnu en Jésus le Messie, et qui s’est ensuite ouverte aux nations. Actes 2 :46-47 « Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de coeur, louant Dieu, et trouvant grâce auprès de tout le peuple » 

 

 

Jésus au milieu d’Israël 

 

Tout commence avec Jésus. Jésus n’apparaît pas dans le vide. Il naît au milieu du peuple juif, dans une histoire déjà très longue : Abraham, Moïse, David, les prophètes… Il vit en Israël, il enseigne dans les synagogues, il cite l’Ancien Testament en permanence. 

Luc 4 :16 « Jésus se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du shabbat. Il se leva pour faire la lecture, et on lui remit le livre du prophète Esaïe. » 

Quand Jésus parle du « Royaume de Dieu », il parle de ce que les prophètes ont annoncé pour Israël… un royaume de justice, de paix, de restauration. Et quand il meurt et ressuscite, il ne dit pas à ses disciples : « On va créer une nouvelle religion. » Il dit : « Vous serez mes témoins… à Jérusalem, en Judée, en Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre. » (Actes 1 :8). Donc le point de départ est très clair : L’Église naît en Israël, au milieu du peuple juif. 

 

 

Une communauté juive messianique 

 

Après la Pentecôte, dans le livre des Actes, on voit la première forme de l’Église. Où se trouve-t-elle ? À Jérusalem. C’est le point de départ de l’Eglise, et c’est aussi le lieu de son accomplissement lorsque le Seigneur viendra comme Roi des rois. Qui compose cette communauté ? Essentiellement des Juifs qui ont reconnu Jésus comme le Messie. 

Actes 2 :4-5 « Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. Or, il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux, de toutes les nations qui sont sous le ciel… » 

Comment vivent-ils ? ils continuent de monter au Temple, ils participent à la vie juive normale, ils prient, ils se réunissent dans les maisons pour « rompre le pain », ils écoutent l’enseignement des apôtres. Autrement dit, l’Église primitive, c’est Israël qui accueille son Messie, et qui commence à vivre une vie nouvelle dans l’Esprit. 

Actes 2 :42 : « Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières » 

 

 

Les nations invitées 

 

Comme nous le savons, Dieu va élargir le cercle. D’abord, l’Évangile touche les Juifs de la diaspora, ceux qui viennent à Jérusalem pour les Fêtes. Puis, dans les Actes, Dieu surprend tout le monde : il envoie Pierre chez Corneille, un nonjuif, un Romain, et l’Esprit Saint descend aussi sur lui. 

 

Actes 10 :34–35 « Alors Pierre, ouvrant la bouche, dit : En vérité, je reconnais que Dieu ne fait point acception de personnes, mais qu'en toute nation, celui qui le craint et qui pratique la justice lui est agréable. » 

C’est un choc : pour les premiers disciples, c’était clair que le Messie était pour Israël, mais là, ils découvrent que les nations sont aussi invitées dans l’Alliance. Ensuite, avec Paul, l’Évangile part dans tout le monde méditerranéen : Antioche, Éphèse, Corinthe, Philippes, Rome… Les païens se mettent à croire, mais Paul précise : « Vous qui étiez des goyim, des nations, vous êtes greffés à présent sur l’olivier d’Israël » (Rom. 11 :17). La première Église est donc juive à la racine, puis ouverte aux nations, sans que cela supprime la place d’Israël. 

 

 

Les premières persécutions

 

 Très rapidement, les chrétiens vont rencontrer l’opposition. D’abord, il y a des tensions avec les autorités juives à Jérusalem : Étienne est lapidé, Jacques, le frère de Jean, est mis à mort, Pierre et Jean sont emprisonnés. Puis les chrétiens refusent d’adorer l’empereur comme un dieu. On assiste alors à plusieurs vagues de persécutions. Et ce qui est frappant, c’est que plus on persécute l’Église, plus elle se répand. Les Pères de l’Église diront plus tard : « Le sang des martyrs est une semence de chrétiens ». 

 

 

Les Pères apostoliques 

 

Les Pères apostoliques sont la continuité des apôtres, c’est une nouvelle génération de leaders, des hommes qui ont connu les apôtres personnellement, ou qui sont très proches de leur époque : 

– Polycarpe (70–155), disciple de Jean, et pasteur (ou évêque) de Smyrne, ancré dans la Torah et les Prophètes. 

– Papias (début IIᵉ), pasteur de Hiérapolis, et compagnon de Polycarpe. 

– Irénée de Lyon (130–200). Né à Smyrne, il est disciple de Polycarpe, enraciné dans toute l’Écriture. Il serait mort à Lyon. 

– Clément de Rome (fin 1er siècle) est très proche des apôtres. Il est l’un des premiers leaders de l’Église de Rome. 

– Ignace d’Antioche (vers 110) est le leader de la communauté d’Antioche, martyr à Rome sous l’empereur Trajan. 

Que font donc les Pères apostoliques ? Ils encouragent les Églises à rester fidèles à l’enseignement reçu. Ils défendent la foi contre les faux enseignements. Ils insistent sur l’unité, la sainteté et l’amour fraternel. À cette période, l’Église est encore très proche des racines juives, de la Bible, de la simplicité des origines. Elle n’est ni impériale, ni riche, ni puissante politiquement. C’est une Église persécutée, mais vivante. 

 

 

L’influence du monde grec 

 

Entre l’an 70, année de la destruction du Temple par les Romains, et l’an 135 qui voit la mort de Bar Kokhba, considéré comme le Messie, le judaïsme va lui aussi traverser une grande crise – le Temple détruit, Jérusalem dévastée, le judaïsme rabbinique doit se reconstruire. 

Les Juifs messianiques sont alors rejetés par leurs frères, et les païens qui croient en Jésus sont rejetés par les Juifs messianiques. L’Église se trouve « entre deux » ; elle n’est plus totalement reconnue comme juive, elle n’est pas acceptée complètement par le monde païen. Dans ce contexte, les influences grecques commencent à pénétrer doucement, l’Église se met à penser moins « hébraïque » et plus « philosophique ou humaniste ». 

Ce qu’il faut retenir ici, c’est qu’au IIᵉ siècle, le processus de séparation avec Israël commence, mais n’est pas encore total. 

 

 

Le témoignage de l’Église primitive 

 

Nous avons vu comment l’Église primitive, simple, biblique, enracinée dans Israël, représente le « Fil rouge de la foi ». Aujourd’hui, ce même appel retentit : revenir à la source, revenir au Messie d’Israël, revenir à la Parole dans son entier. Car c’est dans la fidélité aux racines que l’Église retrouve sa force. 

Jérémie 6 :16 « Ainsi parle l’Éternel : Placez-vous sur les chemins, regardez, et demandez quels sont les sentiers d’autrefois, quel est le bon chemin. Marchez-y, et vous trouverez le repos de vos âmes ! … J’ai mis près de vous des sentinelles : Soyez attentifs au son du shofar ! ». 

 

Les premiers disciples nous ont transmis un héritage précieux : la Parole vivante, la fidélité, l’espérance du Royaume. À nous maintenant de garder ce trésor, comme l’Église primitive l’a conservé au milieu des tempêtes. Le Fil rouge n’est pas rompu, c’est à nous de le saisir.  

 

Gérald FRUHINSHOLZ

 

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