LES DANGERS DE L’HIVER
(2° partie)
2. Le deuxième danger de l’hiver, c’est la stérilité
A part les Ellébores, dont fait partie la Rose de Noël, aucune plante ne fleurit et ne porte du fruit en hiver, du moins en Europe centrale et septentrionale. La plupart des arbres, les insectes et toutes les bêtes deviennent stériles. Les oiseaux, en grande partie, suivent aussi le mouvement. Mais, gloire à Dieu! parmi les nombreuses espèces d’oiseaux que nous avons en Suisse, deux peuvent faire leur nid et élever leur couvée en plein hiver, même dans la montagne, alors que des monceaux de neige recouvrent tout. Ce sont le Casse-noix et le Bec-croisé; et ce miracle extraordinaire est possible parce que ces deux oiseaux se nourrissent des graines oléagineuses des conifères, spécialement de celles de l’Epicéa élevé ou Sapin rouge. Ah ! les combinaisons du Créateur sont admirables : pour que ces oiseaux ne manquent jamais de nourriture en hiver, il a multiplié à l'infini le sapin rouge sur nos montagnes, et il l’a rendu si fécond qu’il est rare de voir un exemplaire d’une certaine taille sans cônes. Ensuite, pour que ces cônes soient accessibles aux oiseaux, il les a suspendus verticalement sous les branches, en sorte que même lorsque celles-ci sont recouvertes par des paquets de neige, les cônes pendent à l’air libre. Pour que les graines restent en parfait état tout l’hiver et ne pourrissent pas, il fallait qu’elles soient à l’abri de l'humidité, c’est pourquoi les écailles qui les protègent sont toutes dirigées en bas et se recouvrent comme les tuiles d’un toit. Seulement, les écailles s’ouvrant par le bas, les graines risquaient fort de tomber. C’est pour cela que Dieu a fait des écailles dures et raides, qui restent bien appliquées tout l’hiver les unes contre les autres. Mais alors, direz-vous, comment le bec-croisé, à peine plus gros qu’un moineau, va-t-il s’y prendre pour extraire de leur prison si hermétique les grains qu’il convoite ? De nouveau, là, Dieu a trouvé une solution merveilleuse, et il a fait à notre passereau un bec littéralement « croisé » et très vigoureux qui lui permet, lorsqu'il saisit une écaille, de la plier en arrière et de cueillir les graines. Le casse-noix lui, beaucoup plus grand et plus fort, détache le cône entier, le tient entre ses pattes sur une branche, et, avec de grands coups de son bec pointu, il brise une à une les écailles. Mais ce n’est pas tout : au fur et à mesure que ces oiseaux mangent ces petites graines tout imprégnées d’huile, les voilà qui deviennent gros et gras. De vrais matelas de graisse recouvrent bientôt le corps tout entier et remplissent les plus petits interstices entre les organes internes. Désormais, l'oiseau n’a plus à craindre le froid et la neige: avec ses plumes garnies de duvet à leur base et son revêtement intérieur adipeux, il va, il vient, il chante, et il fait son nid en hiver, comme les autres oiseaux le font au printemps ou en été; il pond de jolis œufs, et il nourrit sans peine des petits, qui, bientôt engraissés eux-mêmes par les graines de sapin, seront assez robustes pour supporter l'hiver sans la protection des plumes maternelles, se nourrir tout seuls et se reproduire à leur tour.
Oh! quelle belle leçon! Gloire à Dieu! En Jésus-Christ, il y a toujours possibilité de vaincre (Romains 8: 37; 2 Corinthiens 2: 14), de supporter les plus grands froids, de porter du fruit dans les circonstances les plus difficiles (Genèse 41 : 52). Mais la condition, c’est de se nourrir sans cesse de la Parole de Dieu, cette Parole toute pleine de l’huile du Saint-Esprit (Josué 1: 8). Et remarquez ce petit détail qui a pourtant une immense importance : chaque graine est cachée sous une écaille qu’il faut briser. De même aussi la nourriture précieuse, cachée dans chaque verset de la Bible, est contestée par le diable qui cherche toujours à nous en voiler le sens profond, la beauté, « la splendeur », pour employer le langage de Paul (2 Corinthiens 4 : 4). « Ce sont les violents qui ravissent le Royaume des cieux » (Matthieu 11: 12); luttons donc, chaque fois que nous ouvrons la Bible, pour que les écailles soient brisées et que Dieu nous donne son Esprit de sagesse et de révélation (Ephésiens 1 : 17), afin que l'étude que nous faisons de sa Parole ne soit pas théorique, mais qu’elle nous communique cette force qui nous permettra de marcher, de vaincre et de porter du fruit même en plein hiver (1 Rois 19: 7-8).
Pourquoi la Parole de Dieu at-elle perdu sa valeur, son intérêt, son attrait pour tant de gens? C’est parce qu’on ne leur présente plus la graine précieuse et cachée qui rassasie et remplit le cœur de joie; on donne au monde une étude scientifique du sapin, du cône, des écailles, de tout ce qui frappe les yeux, et cette étude est froide, sèche et dure comme les écailles elles-mêmes ; c’est pourquoi les âmes meurent de faim et de soif, et tout naturellement elles se détournent des chrétiens et de la Bible, pour chercher ailleurs de quoi étancher leur soif (Jérémie 2: 13). Lorsque nous voulons parler de la Parole de Dieu, ne nous contentons jamais de son aspect extérieur, si beau soit-il, mais prions, brisons les écailles en résistant à l’ennemi qui s’oppose, et ne donnons aux autres que cette manne cachée (Apocalypse 2: 17) qui, après nous avoir nourris et fortifiés nous-mêmes, fera à coup sûr son œuvre dans les cœurs, parce qu’elle est pleine du Saint-Esprit, parce qu’elle est la vie même. Alors, comme l’Ellébore, nous porterons du fruit qui glorifiera notre Dieu, comme le bec-croisé, nous aurons des enfants spirituels, malgré l’hiver (Jean 15: 8, 16).
Encore un petit détail intéressant : jusqu’à leur sortie du nid, les jeunes becs-croisés ont le bec droit comme tous les autres oiseaux, et pour commencer, ils suivent leurs parents de branche en branche ou de cône en cône, et tendent simplement la tête pour recevoir la becquée. Mais tout en nourrissant leurs petits, les parents leur montrent comment faire, et lentement, insensiblement, les jeunes se mettent à l’ouvrage, ils s’exercent, ils s’acharnent. Leur bec s’allonge, leurs mandibules se croisent, leurs muscles se développent. Cet apprentissage dure longtemps. C’est pendant des semaines qu’on peut voir les petits suivre toujours leurs parents. Enfin, après de nombreux exercices, les muscles atteignent la force voulue, le bec sa longueur normale et désormais toute la nichée est capable de se nourrir elle-même.
Exerçons-nous donc, nous aussi, avec zèle et persévérance, à chercher les petites graines savoureuses cachées partout dans le Saint Livre (1 Timothée 4: 13-16), sans oublier que le Seigneur Jésus a dit: « Cherchez et vous trouverez » (Matthieu 7: 7) et que notre Dieu est « le Dieu de la persévérance » (Romains 15: 5; Hébreux 10: 36).
(à suivre : Le troisième danger de l’hiver est celui des ennemis affamés)
Paul-A. ROBERT

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