LES SOUFFRANCES DE JESUS
(13° partie)
La trahison de Judas
Jésus-Christ fut trahi et livré par l’un des siens qui l’avait suivi tout au long de son ministère ! Judas a eu part au même ministère que les autres apôtres. « Il était compté parmi nous, et il avait part au même ministère », rappellera Pierre après l’ascension de Christ (Actes 1.17).
« Il a été le guide de ceux qui ont saisi Jésus » (Actes 1.16).
« Voici, une foule arriva ; et celui qui s’appelait Judas, l’un des douze, marchait devant elle » (Luc 22.47).
Quelle souffrance pour Jésus ! Judas avait été au bénéfice des soins de son Maître. Jésus lui avait manifesté une confiance toute particulière : « … tenant la bourse » (Jean 12.3). Mais il était voleur : « il prenait ce qu’on y mettait » (Jean 12.6).
Le Saint-Esprit attache une importance toute particulière à cette trahison de Judas ; dans l’évangile de Jean, chaque fois que le nom de Judas est mentionné, une mention est ajoutée : « qui le livra ».
« N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze ? Et l’un de vous est un démon ! Il parlait de Judas Iscariot, fils de Simon ; car c’était lui qui devait le livrer, lui l’un des douze » (Jean 6.70-71).
« Un de ses disciples, Judas Iscariot, fils de Simon, celui qui devait le livrer… » (Jean 12.4).
« Pendant le souper, lorsque le diable avait déjà inspiré au cœur de Judas Iscariot, fils de Simon, le dessein de le livrer… » (Jean 13.2)
« Judas, qui le livrait, connaissait ce lieu, parce que Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis » (Jean 18.2).
« Et Judas, qui le livrait, était avec eux » (Jean 18.5).
Ainsi nous pouvons comprendre un peu ce que fut, pour le Seigneur, le fait d’avoir dans son sillage celui qui allait le livrer. Car Jésus le savait ! « Ce n’est pas un ennemi qui m’outrage, je le supporterais ; ce n’est pas mon adversaire qui s’élève contre moi, je me cacherais devant lui. C’est toi que j’estimais mon égal… » (Psaume 55.13-14, Psaume messianique).
La trahison de ce disciple n’a d’autre source que son amour de l’argent : « Alors, l’un des douze, appelé Judas Iscariot, alla vers les principaux sacrificateurs, et dit : Que voulez-vous me donner, et je vous le livrerai ? Et ils lui payèrent trente pièces d’argent. Depuis ce moment, il cherchait une occasion favorable pour livrer Jésus » (Matthieu 26.14-16). Trente pièces d’argent lui ont suffi pou trahir et livrer à la mort le Fils de Dieu !
Ami lecteur, qui peux être concerné par ce que tu lis ici, quelle est la source de ta propre trahison et de ton état spirituel actuel ? Qu’est-ce qui, dans ta vie, attriste le Seigneur, et le « trahit » ?
Après avoir examiné le « pourquoi » de la trahison, considérons le « comment », la manière perfide et infâme employée par Judas. Car il s’agit bien d’une manière, soulignée par l’Ecriture :
« Et Judas alla s’entendre avec les principaux sacrificateurs et les chefs des gardes, sur la manière de le leur livrer » (Luc 22.4).
A partir de là, Judas cherchait une « bonne » occasion :
« Depuis ce moment, il cherchait une occasion favorable pour livrer Jésus » (Matthieu 26.16 ; voyez Marc 14.11 ; Luc 22.6).
Il le livra par un baiser – marque particulière d’affection. Mais ici il s’agit d’une affection feinte, hypocrite :
« Celui qui le livrait leur avait donné ce signe : celui que je baiserai, c’est lui ; saisissez-le. Aussitôt, s’approchant de Jésus, il dit : Salut, Rabbi ! Et il le baisa » (Matthieu 26.48-49 ; voyez Marc 14.44-45).
« Il s’approcha de Jésus, pour le baiser. Et Jésus lui dit : Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ! » (Luc 22.47-48).
Quelle souffrance pour Jésus !
Le reniement de Pierre
« Cependant, Pierre était assis dehors dans la cour. Une servante s'approcha de lui, et dit: Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen. Mais il le nia devant tous, disant: Je ne sais ce que tu veux dire. Comme il se dirigeait vers la porte, une autre servante le vit, et dit à ceux qui se trouvaient là; Celui-ci était aussi avec Jésus de Nazareth. Il le nia de nouveau, avec serment: Je ne connais pas cet homme. Peu après, ceux qui étaient là, s'étant approchés, dirent à Pierre: Certainement tu es aussi de ces gens-là, car ton langage te fait reconnaître. Alors il se mit à faire des imprécations et à jurer: Je ne connais pas cet homme. Aussitôt le coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole que Jésus avait dite: Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. Et étant sorti, il pleura amèrement. » (Matthieu 26.69-75)
Considérons tout d’abord, là aussi, la manière dont Pierre a renié Jésus. Le texte de Matthieu montre une gradation dans les trois paroles de reniement de Pierre :
En premier lieu : il nie devant tous : « Mais il le nia devant tous, disant: Je ne sais ce que tu veux dire. » (v.70)
En second lieu, il nie avec serment de connaître Jésus : « Il le nia de nouveau, avec serment: Je ne connais pas cet homme. » (v.72)
En troisième lieu, il fait des imprécations et il jure : « Alors il se mit à faire des imprécations et à jurer: Je ne connais pas cet homme. » (v.74 ; voyez Marc 14.71)
Notez les mots employés par Pierre lors de son reniement : « cet homme » (v.72). Quel contraste avec sa magnifique déclaration : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Matthieu 16.16) ! Quel abîme avec sa ferme résolution, quelques heures avant l’arrestation de Jésus : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort » (Luc 22.33).
Mes amis, si nous parlons de l’homme Jésus, nous ne gênerons ni le monde, ni l’enfer ! Mais que nous confessions que Jésus est le Seigneur, le Christ, le Fils du Dieu vivant… le monde ne tardera pas à nous persécuter, et l’enfer se déchaînera contre nous.
Quelle tristesse pour le Seigneur de voir la lâcheté de son disciple !
« Un des serviteurs du souverain sacrificateur, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, dit: Ne t'ai-je pas vu avec lui dans le jardin? » (Jean 18.26) ; Pierre va alors renier même ses élans charnels et ses défaillances toute récentes !
Le chant du coq a marqué la consommation du reniement parvenu à son comble, mais c’est tout. C’est le regard de Jésus qui a proclamé la grâce offerte, le pardon, et le relèvement. Ne nous trompons donc pas : ce n’est pas le coq qui, en chantant a réveillé le cœur de Pierre pour l’amener dans la grâce, mais c’est le regard de Jésus. Dans nos églises, nous avons de plus en plus de « coqs » qui chantent, et de moins en moins de cœurs repentants, parce qu’il nous manque le regard de Jésus !
Nous savons avec quelle persévérance, et avec quel touchant amour, le Seigneur poursuivra son œuvre de restauration jusqu’au dernier chapitre de l’évangile de Jean, où il confie à Pierre rien de moins que le soin de paître ses brebis. Ne restonen pluss donc pas dans nos chutes. Regardons à Jésus, repentons-nous, relèvons-nous !
Considérons maintenant la pression que le monde va exercer en quelques instants sur l’apôtre Pierre. Cette pression n’aurait-elle pas dû parler à son cœur, et le ramener dans la bonne voie ? Matthieu nous parle d’une servante, puis d’une autre, puis de ceux qui étaient là et qui s’entretinrent avec Pierre. Marc, lui, mentionne une servante, puis à nouveau la même servante, et enfin ceux qui étaient présents. Luc parle d’une servante, d’un « autre », puis d’un « autre » encore. Quant à Jean, il évoque une servante (portière) ; ensuite « on » parle avec Pierre, et plus tard il fait allusion à l’un des serviteurs du souverain sacrificateur, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille lors de l’arrestation de Jésus.
Loin des contradictions dans les récits des évangiles, il faut plutôt rassembler tous ces « détails » et considérer la pression dont Pierre fut l’objet en peu de temps. Au lieu de l’amener à se ressaisir pour afficher sa foi, il s’endurcit dans le reniement. Notons aussi que, selon Marc, le coq a chanté pour la deuxième fois entre le premier et le deuxième reniement (14.68-69). Pierre n’y a pas été sensible au point de se laisser avertir et de changer d’attitude.
Ecoutons maintenant le langage des gens. Il a accentué l’ampleur et la gravité du reniement de Pierre :
« Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen » (Matthieu 26.69). Mais Pierre renia son Maître, sa propre position de disciple (comparez Jean 18.17, 25), et ses « racines » (la Galilée). Pourtant, « ceux qui étaient là, s’étant approchés, dirent à Pierre : Certainement, tu es aussi de ces gens-là, car ton langage [son accent galiléen] te fait reconnaître » (Matthieu 26.73).
« Celui-ci était aussi avec Jésus de Nazareth » (Matthieu 26.71). Pierre renia son acceptation du mépris et du rejet par amour pour Jésus.
« Certainement tu es aussi de ces gens-là » (Matthieu 26.73). Pierre renia ses frères en la foi. Il est impossible de renier Jésus-Christ sans renier en même temps son peuple. Cela se vérifie malheureusement dans le langage, les comportements des chrétiens infidèles.
« Un des serviteurs du souverain sacrificateur, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, dit: Ne t'ai-je pas vu avec lui dans le jardin? » (Jean 18.26). Renier le Seigneur entraîne le reniement de nos propres défaillances humaines et spirituelles, et le reniement de nos élans charnels.
La parenthèse faite par Jean entre le premier et le deuxième reniement de Pierre est riche d’enseignements :
«Alors la servante, la portière, dit à Pierre: Toi aussi, n'es-tu pas des disciples de cet homme? Il dit: Je n'en suis point. Les serviteurs et les huissiers, qui étaient là, avaient allumé un brasier, car il faisait froid, et ils se chauffaient. Pierre se tenait avec eux, et se chauffait. Le souverain sacrificateur interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine. Jésus lui répondit: J'ai parlé ouvertement au monde; j'ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s'assemblent, et je n'ai rien dit en secret. Pourquoi m'interroges-tu? Interroge sur ce que je leur ai dit ceux qui m'ont entendu; voici, ceux-là savent ce que j'ai dit. A ces mots, un des huissiers, qui se trouvait là, donna un soufflet à Jésus, en disant: Est-ce ainsi que tu réponds au souverain sacrificateur? Jésus lui dit: Si j'ai mal parlé, fais voir ce que j'ai dit de mal; et si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu? Anne l'envoya lié à Caïphe, le souverain sacrificateur. Simon Pierre était là, et se chauffait. On lui dit: Toi aussi, n'es-tu pas de ses disciples? Il le nia, et dit: Je n'en suis point. » (Jean 18.17-25).
Dans ce récit, l’accent est mis sur la parole de Jésus :
« sa doctrine » (v.19).
« j’ai parlé… j’ai toujours enseigné, je n’ai rien dit en secret » (v.20).
« ce que je leur ai dit… ce que j’ai dit » (v.21).
Renier Jésus, c’est renier du même coup sa parole : « Celui qui me rejette et qui ne reçoit pas mes paroles a son juge; la parole que j'ai annoncée, c'est elle qui le jugera au dernier jour » (Jean 12.48).
Nous n’irons pas jusqu’à dire que ce fut ce jour-là les dispositions de cœur de Pierre, mais notez ici le lien entre Christ et sa parole, comme dans de multiples autres textes de l’Ecriture. « Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désires, détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables » (2 Timothée 4.3-4).
Après tous ces événements, « Anne l’envoya lié à Caïphe… » (Jean 18.24). Le vrai disciple est identifié à son Maître ; nous en avons un magnifique exemple en la personne de l’apôtre Paul : « Souviens-toi de Jésus Christ, issu de la postérité de David, ressuscité des morts, selon mon Évangile, pour lequel je souffre jusqu'à être lié comme un malfaiteur » (2 Timothée 2.8-9).
Certes Pierre aimait Jésus-Christ, mais il se confiait dans son propre amour pour son Maître. N’avait-il pas déclaré : « Je suis prêt à aller… » ? Le Seigneur l’a laissé faire sa douloureuse expérience après l’avoir averti : « Je te le dis, cette nuit même, avant que le coq chante, tu me renieras trois fois » (Matthieu 26.34). Dans l’évangile de Luc, il est ajouté : « Le Seigneur, s’étant retourné, regarda Pierre. Et Pierre se souvint… » (22.61) Oh ! le regard de Jésus ! Un regard de tristesse, à cause de Pierre ; un regard de grâce, à cause de lui-même, Jésus. Le Seigneur avait en vue la restauration de Pierre.
En conclusion
Quelle somme de souffrances pour Jésus dans ces heures qui précédèrent la croix ! Veillons à ne pas attrister le Seigneur.
L’absence de prière engendra la faiblesse des disciples dans une heure d’épaisses ténèbres.
La prière est ce qui fera notre force dans ces temps de la fin : « Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous ayez la force d'échapper à toutes ces choses qui arriveront, et de paraître debout devant le Fils de l'homme » (Luc 21.36).
Paul BALLIERE

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