Le ciel, 2° partie

 

 

LE CIEL

 

Comment le ciel est-il dépeint ?

(2° partie)

 

 

2. La nouvelle Jérusalem.  

 

Jérusalem représentait pour les Israélites la demeure du Seigneur et le lieu des plus grandes bénédictions. Nous aurons, nous, le privilège d’entrer dans la Jérusalem céleste, la cité du Dieu vivant, qu’il a préparée expressément pour nous, Hébr. 12.22; 11.16. Jean nous fait une description de cette cité en un langage imagé qui doit être accessible aux plus simples, Apoc. 21.10-27.  

L'architecte et le constructeur de cette ville, c’est Dieu Lui- même, Hébr. 11.10.  Les matériaux qui la composent sont l’or pur, les perles, et les pierres précieuses de toutes couleurs, symboles de beauté et de richesse inaltérables (voyez également Es. 54. 11-12). Chose frappante, c’est avec ces matériaux-mêmes que, selon Paul, nous devons bâtir notre vie dès ici-bas, car seuls ils résisteront au feu du jugement, 1 Cor. 3. 12-14.  

Une muraille de jaspe entoure la ville, haute de soixante-dix mètres, Apoc. 21.17-18. Elle en assure la parfaite sécurité — comme aussi la séparation d'avec tout ce qui serait indigne d’y entrer. « Je serai pour elle (Jérusalem), dit l'Eternel, une muraille de feu tout autour, et je serai sa gloire au milieu d’elle », Zach. 2.5.  

Les douze fondements de la muraille portant les noms des douze apôtres (et non d’un seul) en garantissent la solidité, Apoc. 21.14. Ceci nous fait penser à la parole de Paul : « Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire », Eph. 2.20.  

Les dimensions de la cité sont considérables : elle forme un cube transparent de deux mille kilomètres de côté, Apoc. 21.16. Le lieu très saint dans le Temple juif était également un cube, 1 Rois 6.20, tout comme ici le sanctuaire céleste. Une ville aussi immense n’est évidemment pas de notre monde matériel — mais elle est assez vaste pour contenir toutes les générations de tous les temps.    

Il y a douze portes, trois de chaque côté, signifiant qu'un large accès est ouvert à ceux qui viennent de tous les points de l'horizon, Apoc. 21.12-13. Sur les portes sont inscrits les noms des douze tribus d'Israël. Jean marque ici que « le salut vient des Juifs » — et d'autre part que le ciel est ouvert aux croyants de l’Ancienne et de la Nouvelle Alliance. Nous venons de citer Paul, d’après lequel l’Eglise est fondée sur les apôtres et les prophètes, Eph. 2.20. Devant le trône de Dieu sont assis les vingt-quatre vieillards — sans doute douze patriarches et douze apôtres, Apoc.  4.4. Parmi les serviteurs de Dieu qu’entrevoit Jean dès Apoc 7,  il y a cent quarante-quatre mille des douze tribus d'Israël et la foule innombrable qui vient de toutes les nations, v. 4,9. Chaque porte est constituée par une seule perle, symbole d'unité, de pureté, de beauté, de valeur, 21.21. À chaque porte se tient un ange pour veiller sur les élus admis dans la ville, et empêcher que rien de souillé n’y pénètre avec eux, v. 12, 27. Les portes enfin ne sont jamais fermées : aucun ennemi n’est à redouter, et le libre accès dans la présence de Dieu est toujours assuré, v. 25.    

La place de la ville est également d’or pur, v. 21. Tout son trafic et toute son activité sont en harmonie avec sa gloire et sa perfection. Là, tout est comme du verre transparent, v. 21 : la fraude,  les émeutes, les accidents sont bannis.    

Il n'y a point de temple dans la ville, v. 22. Dans la Jérusalem terrestre, le temple était l'essentiel, et dans nos villes pieuses, les églises et les lieux de culte sont innombrables. Ici, au contraire,  plus de temple — ou plutôt, la ville est devenue elle-même un sanctuaire : le Seigneur Dieu tout puissant est son temple, ainsi que l’Agneau. Il est « tout en tous », sa présence remplit également toute la ville et tous les cœurs : quel besoin y a-t-il encore d’un temple comme autrefois ?    

Par contre, le trône de Dieu et de l’Agneau se trouve là, 22.3.  Il indique que le Seigneur gouverne sans conteste la sainte cité : il n’y a plus ni révolte ni désordre. Sur ce trône, les rachetés eux-mêmes sont appelés à prendre place, Apoc. 3.21.    Quels sont les habitants de la cité céleste ? Uniquement ceux qui sont inscrits dans le livre de vie de l’Agneau, 21.27. « Heureux ceux qui lavent leur robe (dans le sang de l’Agneau, 7.14),  afin… d'entrer par les portes dans la ville », 22.14.    

La nouvelle Jérusalem est illuminée par la gloire et la présence de Dieu. Elle « n’a besoin ni du soleil ni de la lune pour l’éclairer; car la gloire de Dieu l’éclaire, et l’Agneau est son flambeau. Les nations marcheront à sa lumière... Il n’y aura plus de nuit; et ils n'auront besoin ni de lampe ni de lumière, parce que le Seigneur Dieu les éclairera », Apoc. 21.23; 22.5. La ville tout entière a l'éclat d'une pierre de jaspe, transparente comme du cristal, et son or pur ressemble à du verre transparent, 21.11, 18, 21. Ceci nous semble à la fois normal et glorieux : la demeure de celui qui est la lumière du monde pourrait-elle être illuminée autrement ?    

Remarquons enfin que la nouvelle Jérusalem est faite à la mesure des hommes rachetés qu’elle doit recevoir. Si le chiffre sept est celui de Dieu (Apoc. 4. 5; 5.6), le chiffre six avec ses composes est celui de l’homme (Apoc. 13.18). Or dans l’Apocalypse 21.12 à 22. 9, les chiffres douze, cent quarante-quatre et douze mille reviennent en tout douze fois, pour bien marquer sans doute que la « mesure d'homme » caractérise la cité céleste. Aucun autre séjour ne pourrait mieux assurer le bonheur et le parfait épanouissement de la personnalité et de la race humaines.    

Telle est «l’Epouse, la femme de l’Agneau », la ville sainte qui va bientôt descendre d’auprès de Dieu, Apoc. 21.9-10. Les Juifs avaient — et ont encore — un amour exclusif pour la Jérusalem terrestre. Ils s'écriaient dans leur captivité : « Si je t'oublie, Jérusalem, que ma droite m'oublie ! Que ma langue s'attache à mon palais… si je ne fais de Jérusalem le principal sujet de ma joie!  Ps. 137.5-6. Nous qui sommes citoyens d’une ville infiniment plus glorieuse, ne devrions-nous pas l'aimer et l’attendre bien plus encore ? Pour en avoir constamment la vision sanctifiante, sachons nous élever en esprit, comme Jean, sur la haute montagne de la foi,  Apoc. 21.10. Ne pensons pas qu'aux choses de la terre car « notre cité à nous est dans les cieux », Phil. 3. 20. Attendons, comme les patriarches, « la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l'architecte et le constructeur ». Comme le fameux Pèlerin de Bunyan, marchons toute notre vie vers la ville glorieuse que Dieu lui-même a préparée pour nous, Hébr. 11.10, 16.

 

(à suivre : Le paradis)

René PACHE  

 

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