LES DANGERS DE L’HIVER (3° partie)

 

 

LES DANGERS DE L’HIVER

(3° partie)

 

 

 

3. Le troisième danger de l'hiver est celui des ennemis affamés

 

C’est à l'entrée de l’hiver, en effet, que les souris et les rats se rapprochent des maisons, surtout des habitations de campagne, et qu’ils pénètrent partout, travaillant de nuit et si sournoisement que, bien souvent, on constate leur présence quand le mal est fait. Les souris se rendent dans les greniers, dans les garde-manger, dans les armoires à provisions: elles percent les sacs et en éparpillent le contenu sur les rayons ou à terre; elles courent dans la farine, la piétinent et la salissent et rendent parfois des marchandises complètement inutilisables. Et ce n’est pas tout : si le local n’est pas trop froid, elles cherchent les habits, la laine, les matelas, et ne manquent pas d’entamer et d’abimer la plus belle pièce de tissu pour se faire, avec les déchets ainsi obtenus, un nid chaud et douillet, capitonné à souhait, où elles élèveront leur nichée. Que de dégâts causés en hiver par les souris ! Si l’on n’y prenait garde, le contenu d’armoires entières serait dévasté !  

Mais il n’y a pas seulement les souris qui se rapprochent des maisons en hiver : les geais et les corbeaux sont aux aguets et tâchent de dérober à la hâte quelques bonnes bouchées. Les renards, les fouines, les hermines rôdent autour des poulaillers et des clapiers et profitent de la moindre issue pour y pénétrer et pour dévorer ou saigner tous les êtres vivants qui s’y trouvent. Si le fond du poulailler n’est pas cimenté, le renard n’hésite pas à creuser un terrier qui passe sous la paroi ou le mur, et une fois qu’il est dans la place, il se précipite sur les volailles et les égorge en un clin d'œil, les unes après les autres. Chez nous, où les renards ne sont pas rares, plusieurs de nos voisins ont eu des surprises de ce genre. Dans un poulailler, 23 poules étaient déjà tuées, quand, attiré par le bruit, le propriétaire est venu voir ce qui se passait. C’est en hiver aussi que les loups sont tellement à craindre en Russie et qu’ils poursuivent sans merci et trop souvent avec succès, les traîneaux qui se sont aventurés dans les chemins solitaires.  

Tous ces animaux qui agissent surtout de nuit et qui n’ont qu’un but, celui de détruire ou de tuer, représentent « les dominations, les autorités, les princes de ce monde de ténèbres, les esprits méchants » décrits par Paul dans Ephésiens 6: 12 et qui ne sont autres que des émissaires de notre grand ennemi qui est meurtrier dès le commencement (Jean 8: 44). De tout temps, il a eu ses serviteurs sur la terre: « mauvais esprits, esprits malins, esprits impurs, esprits muets et sourds, esprits de mensonge», etc. (1 Samuel 16: 23; Luc 8: 2; Marc 9: 25; Matthieu 12: 43-45; 1 Rois 22: 22; Luc 9: 55; Matthieu 16: 23); et l’emploi de ces esprits est une des méthodes favorites de Satan « pour séduire même les élus, si c’est possible » (Matthieu 24: 24).  

Or si cette terrible et dangereuse méthode a été employée en tout temps, elle l’est bien plus encore maintenant que nous sommes entrés dans cette période de la fin, annoncée par les prophètes et par Jean. Apocalypse 3: 10 nous parle de « l’heure de la tentation qui va venir sur le monde entier pour éprouver les habitants de la terre». Au chapitre 9: 1-3, il est question du puits de l’abîme qui s'ouvre, laissant échapper une fumée d’où sortent des sauterelles qui se mettent à ravager la terre. Dans Apocalypse 12: 12, il est dit que « le diable lui-même descend sur la terre, animé d’une grande colère, sachant qu’il a peu de temps ». La perspective de cet hiver spirituel glacial s’annonce déjà par certains signes précurseurs : les esprits méchants sont plus nombreux que jamais, et il faut à tout prix les dépister et leur faire la guerre, sans cela nous serons infailliblement vaincus. Ne fermons pas les yeux; ne faisons pas comme l’autruche qui cache sa tête dans un buisson et croit que, parce qu’elle ne voit plus son ennemi, lui ne la verra pas non plus! Regardons les choses en face et soyons précis. Demandons à Dieu la sagesse et le discernement des esprits dont parlent 1 Corinthiens 12: 10 et Jean 4: 1. Demandons-lui qu’il nous donne d’être comme un bon médecin, d’avoir un diagnostic sûr, et dès l'instant où il nous révèle un point sur lequel il y a défaite, prions et luttons jusqu’à ce que la victoire soit complète. […] Et ce n’est pas seulement pour nous que nous devons prier ainsi ; dans Néhémie 4: 14 il est dit: « Combattez pour vos frères, pour vos fils et vos filles, pour vos femmes et pour vos maisons. » […]

 

a) Un des esprits les plus fréquents aujourd’hui — car nous sommes dans la période où le diable a reçu le pouvoir d’ôter la paix de la terre (Apocalypse 6: 4) — c’est un esprit de division. Partout on parle d’incompatibilité d’humeur, de divorces, de révoltes, de grèves, de mésententes etc. et au lieu de discerner dans toutes ces choses l’œuvre de l'ennemi, au lieu de s’en tenir aux ordres si clairs de la Parole de Dieu (Matthieu 5: 44-48; 6: 14-15; 18: 21-35; Colossiens 3: 8-15; 1 Jean 4: 7-21) on s’habitue à cette situation et — ce qui est pire — on se laisse envahir soi-même par ces esprits. Au lieu que nos foyers, nos maisons soient des sanctuaires où Dieu habite, de ces lieux où la présence de Dieu règne et fait du bien à ceux qui entrent, ce sont, beaucoup trop souvent, hélas! des lieux où l’on entend des murmures, des critiques, des mots secs et durs ; il y a sans cesse des chocs entre les membres de la famille, chacun veut avoir le dernier mot, ou alors on suspend toute relation sans tenir compte de la recommandation du Seigneur (Matthieu 5: 23- 24). Si les choses sont ainsi, ayons le courage et la droiture de le reconnaître; mais alors ne nous jetons pas sur notre visage comme Josué, ne commençons pas à gémir ou à nous lamenter, cela ne sert à rien. Voyez comme Dieu a repris son cher serviteur parce qu’il agissait ainsi: « Lève-toi! Pourquoi restes-tu ainsi couché sur ton visage? Israël a péché... je ne serai plus avec vous, si vous ne détruisez pas l’interdit du milieu de vous... » (Josué 7: 1-26). Voyez comme Dieu a repris les Israélites devant la mer Rouge: « Pourquoi ces cris, parle aux enfants d’Israël et qu’ils marchent » (Exode 14: 15).  

Oh! comme la solution de Dieu est simple et directe : confesser son péché, puis regarder l'obstacle en face, et par la foi et la prière, foncer directement sur lui. Et voici la mer Rouge qui se fend, voici la ville d’'Aï qui tombe, voici tout le pays de Canaan qui s’ouvre devant le peuple conquérant. Plus nous serons précis dans la prière et plus les exaucements aussi seront précis. Si certains comprennent déjà cette grande vérité, ce n’est pas juste qu’ils combattent et agonisent seuls ; il faut que nous soyons tous des combattants, plus que cela, des vainqueurs, une armée à bannière déployée.  

 

b) Un autre esprit qui fait de grands ravages de nos jours, c’est l’esprit d’orgueil, de présomption, de confiance en soi-même. Partout on voit des gens qui, sans savoir grand-chose, se démènent et s’évertuent, par des performances, des écrits ou des inventions, à faire parler d’eux. Partout ce ne sont que concours, prix, lauriers ; partout on se vante, on fait étalage de ses connaissances, on fait tout pour se faire remarquer. On se croit même autorisé à critiquer la révélation divine et l’on essaye de prouver par la science (mais une science faussement ainsi nommée, 1 Timothée 6: 21) qu'il y a des erreurs dans la Bible.  

C’est cet esprit d’orgueil qui a fait tomber Satan lui-même, alors qu’il était un chérubin protecteur dans le jardin de Dieu (Ezéchiel 28: 12-19). C’est à cause de ce péché-là que Dieu a frappé Nébucadnetsar (Daniel 4: 28-36) et le troisième Hérode (Actes 12: 21-23). Du point de vue humain, il semble que les agissements des premiers Hérode, cherchant à faire mourir le Seigneur Jésus-Christ, enfant puis homme, étaient mille fois plus graves que ceux du troisième qui se glorifia d’un beau discours. Mais Dieu en a jugé autrement et ce simple détail montre à quel point le péché d’orgueil est grand devant Dieu, plus grand qu'aucun autre. Pour l’éviter le plus possible, Dieu a placé « ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu et non pas à nous » (2 Corinthiens 4: 7); « Il a choisi les choses faibles… folles et viles du monde, celles qui ne sont point... afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu » (1 Corinthiens 1: 26-29). Il a choisi Moïse qui n’avait « pas la parole facile », mais « la bouche et la langue embarrassées » (Exode 4: 10), Ehud qui était gaucher (Juges 3: 15), Gédéon, « le plus petit de la famille la plus pauvre en Manassé » (Juges 6: 15), David, ce pâtre si humble qu’il n’avait pas même demandé à son père de rester à la maison pour la visite du prophète (1 Samuel 16: 11), et qui devait dire plus tard, après la victoire sur le Philistin: « Moi, je suis un homme pauvre et de peu d'importance » (1 Samuel 18: 23). Il a choisi Salomon, « un jeune homme sans expérience » (1 Rois 3: 7), Jérémie, « un enfant qui ne savait pas parler » (Jérémie 1: 6), Pierre et d’autres disciples, pêcheurs sans instruction (Luc 5: 11; Actes 4: 13). Enfin, s’il a choisi Paul, le savant, l’érudit, il l’a laissé d’abord suivre sa propre voie, jusqu’à persécuter l'Eglise de Dieu pour que toute sa vie, ce souvenir soit comme un aiguillon qui le ferait s’écrier : « Je suis le moindre des apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé apôtre, parce que j’ai persécuté l’Eglise de Dieu » (1 Corinthiens 15 : 9) et encore « moi, qui suis le moindre de tous les saints » (Ephésiens 3: 8), «le premier des pécheurs » (1 Timothée 1: 15). Puis Dieu lui fit comprendre que toute sa science, toute sa justice, tous ses sujets de gloire étaient pour lui « une perte, de la boue, un linge souillé » (Philippiens 3: 4-9). Enfin, il a mis « une écharde dans sa chair pour l’empêcher de s’enorgueillir » (2 Corinthiens 12: 8-9). Oh quel soin Dieu a mis à garder son cher serviteur de ce grand danger ! L'exemple de Saül est aussi très typique : « Lorsque tu étais petit à tes yeux, n’es-tu pas devenu le chef des tribus d'Israël ?... mais puisque tu as rejeté la Parole de l'Eternel, il te rejette aussi comme roi,» (1 Samuel 15: 17-26).  

Lisez encore attentivement et avec prière les passages suivants :  

Genèse 41: 15-16; Proverbes 28: 26; Luc 18: 9-14; 22: 24-27; Jean 13: 1-17 ; 15: 5; Romains 3: 27; 1 Corinthiens 4: 7; 13: 4; 2 Corinthiens 4: 7; 13: 4; Philippiens 2: 3-8, 13; Jacques 1: 16-17; 1 Pierre 5: 5-6; puis demandez à Dieu qu’il lie en vous cet esprit d’orgueil et qu’il vous maintienne continuellement dans l’humilité.  

Nous sommes les témoins d’un Maître rejeté. Acceptons joyeusement d’être rejetés nous aussi, méprisés par le monde, mis de côté, critiqués, calomniés même (1 Corinthiens 4: 9-13). C’est là une raison, nous dit le Seigneur Jésus, de nous réjouir et d’être dans l’allégresse (Matthieu 5: 11-12 ; Actes 5: 41). Mettons notre vie propre à la croix et cessons d’essayer de jouer un rôle, de nous faire admirer car « celui qui voudra sauver sa vie la perdra » et « quiconque s'élève sera abaissé » (Matthieu 16: 24-25; Luc 18: 14).  

 

c) On pourrait écrire encore de longs chapitres sur tous les autres ennemis qui nous guettent dans l’ombre, comme les bêtes sauvages en hiver; mais citons seulement, pour terminer, les esprits de critique, de jalousie, d’amertume, de mécontentement, de murmure et de révolte, de contradiction et de discussion, d’exagération, de dissimulation et de mensonge, d'indépendance et de désobéissance, d’immoralité et d’impureté, tous si répandus aujourd’hui.  

 

d) A côté de tous ceux-là, il y en a encore d’autres qui ne nous incitent pas directement à pécher, mais qui nous empêchent d’être en communion avec Dieu et de le servir ; ce sont par exemple les esprits de confort, d’égoïsme, de paresse, de sommeil, de superficialité, de timidité, d'accusation et enfin de distraction, de dispersion et de loi, ce dernier, surtout pour le travail. Ces esprits, agissant de pair avec ceux que nous avons examinés ci-dessus, envahissent la vie et s'emparent des plus petits moments, créant une atmosphère chargée dans laquelle il devient toujours plus difficile de lire la Bible et de prier, de se concentrer et surtout de « contempler la gloire du Seigneur », condition pourtant indispensable pour être « transformés à son image » (2 Corinthiens 3 : 18)  

Mais gloire à Dieu! notre Seigneur Tout-Puissant « a dépouillé les dominations et les autorités, tous ces esprits méchants, et les a livrés publiquement en spectacle en triomphant d’eux par la croix » (Colossiens 2: 15); « nous avons tout pleinement en lui, qui est le Chef de toute domination et de toute autorité » (Colossiens 2: 10). Dieu peut même nous rendre « plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés » (Romains 8: 37). Ne craignons rien (Luc 12: 32), mais soyons comme de petits enfants aux pieds de notre Père (Matthieu 18: 3); examinons-nous chaque jour dans le miroir des Ecritures, avec beaucoup de droiture et sans aucune pitié (2 Corinthiens 13: 5; Actes 17: 11; 1 Corinthiens 9: 24-27; Jacques 1 : 22-25). Prions. […]

N'oublions jamais que toute l'humanité a été entraînée dans le péché et dans la mort parce qu’Adam a négligé la surveillance du « jardin » (Genèse 3 et Luc 8 : 11-15). De même, si nous ne veillons pas (1 Timothée 6: 20; 2 Timothée 1: 14) le précieux dépôt que Dieu nous a confié sera infailliblement souillé, abîmé, ou rendu inutilisable par les « souris », saigné et privé de vie par « l’hermine », dévoré par les « loups », et alors. que ferons-nous quand nous devrons rendre compte de nos vies à Dieu ? (Proverbes 4: 23; Matthieu 7: 21-27; Luc 12: 35-48; 2 Timothée 3: 14-17; Hébreux 2: 1-4; 10: 26-31 ; 12:25-29 ; Apocalypse 2:25; 3:1-3, 11). 

 

Paul-A. ROBERT 

 

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