LE CIEL
Comment le ciel est-il dépeint ?
(3° partie)
3. Le paradis.
L'Eden terrestre, séjour de l’homme innocent directement en contact avec Dieu, est demeuré le type de la félicité céleste. Déjà les Juifs nommaient paradis — ou sein d'Abraham — le lieu qui accueillait les morts croyants jusqu’à la résurrection du Christ : Luc 23. 43: 16. 22. Mais l’Ecriture appelle surtout paradis, le ciel même où Dieu nous attend. C’est là que Paul a été ravi en extase, 2 Cor. 12.4. Et Christ nous fait cette promesse: « À celui qui vaincra, je donnerai à manger de l'arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu », Apoc. 2.7. Etudions le parallèle remarquable que la Bible établit entre Genèse 2 et Apoc. 22.1-5, et mesurons la distance qui sépare l’Eden du céleste paradis.
Le fleuve d’eau de la vie coule, non plus simplement d'Eden, mais du trône de Dieu et de l'Agneau, 22.1. Ezéchiel avait déjà vu l'eau vive jaillir de l’autel et porter partout la vie sur son passage, 47.1,9. Sur la nouvelle terre s’accomplira pleinement la parole du psalmiste: « Il est un fleuve dont les courants réjouissent la cité de Dieu... Dieu est au milieu d’elle : elle n’est point ébranlée », Ps. 46. 5-6.
L'arbre de vie se trouve « au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve », suffisant pour entretenir la vie de tous les élus, Apoc. 22.2. Les fruits de l'arbre sont produits chaque mois, signe de fécondité et de fraîcheur constamment renouvelées. Sur la terre, il fallait attendre de la floraison à la maturité, de la promesse à l’accomplissement. Ici, la nourriture divine est toujours disponible, et les feuilles de l'arbre suffisent à assurer la santé perpétuelle. « À celui qui vaincra, je donnerai à manger de l'arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu. A celui qui vaincra, je donnerai de la manne cachée. Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d’avoir droit à l'arbre de vie», Apoc. 2.7,17; 22.14. Remarquons aussi que « le chemin de l'arbre de vie » est de nouveau pleinement ouvert. Après la chute, l'épée flamboyante des chérubins en interdisait l'accès, Gen. 3.24. Dans le ciel, il n’y a plus d’anathème ni d'interdiction pour les élus, Apoc. 22.3-4.
Qui représente en somme cet arbre de vie ? On peut dire que c'est le Seigneur lui-même, symbolisé déjà dans la Bible par la manne, le rocher d'Horeb, l'eau vive, l'agneau pascal, etc. La vie éternelle qui nourrit notre âme, c’est le Seigneur lui-même se communiquant à nous, Apoc. 2.7. « Celui qui me mange, dit Jésus, vivra par moi », Jean 6. 57. « La vie éternelle, c’est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ», Jean 17.5.
La vie de Dieu sera pour nous la nourriture et le breuvage du paradis, la manne et l’eau vive, l'arbre et le fleuve, comme ici-bas le pain et le vin, la chair et le sang de la communion. Que pourrions-nous souhaiter de plus ?
Une intéressante comparaison peut être faite entre le paradis terrestre et le paradis céleste. Nous tirons sur ce point quelques idées du livre remarquable d’Erich Sauer, « Der Triumph des Gekreuzigten », p. 212 : Le commencement et la fin se confondent, la première et la dernière page de la Bible se ressemblent : l'Ecriture débute et s'achève par le paradis. Mais la fin est plus belle que le commencement, l’oméga plus grandiose que l’alpha, le paradis futur n’est pas seulement l’ancien retrouvé, c’est le paradis céleste éternellement glorifié. Le psalmiste s’écrie : « D’éternité en éternité, tu es Dieu », Ps. 90.2. C’est lui qui est le point de départ comme l’aboutissement de toutes choses.
(à suivre : Le tabernacle de Dieu avec les hommes)
René PACHE

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