L’HISTOIRE COMMUNE ENTRE ISRAËL ET L’EGLISE

 

 

L’HISTOIRE COMMUNE ENTRE ISRAËL ET L’EGLISE

 

Nous voulons partager quelque chose d’essentiel pour comprendre la foi biblique marquée par l’histoire commune entre Israël et l’Église. 

Pourquoi ? Parce que beaucoup de chrétiens connaissent bien le Nouveau Testament… mais ne savent presque rien de l’histoire d’Israël, ni de celle de l’Église. Et pourtant, ces deux histoires ne peuvent pas être séparées. Elles forment un seul récit, un seul dessein divin. Lisons cette grande promesse faite à Abraham, à la fois père d’Israël et père des nations. 

Genèse 12 :1-3 « Je ferai de toi une grande nation, Je te bénirai, Je rendrai ton nom grand et tu seras une source de bénédiction… et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. » 

 

 

Deux peuples, un seul dessein 

 

Jésus - Yeshoua’ signifiant « Dieu sauve », parle des deux peuples, Israël et l’Eglise, comme deux frères que Dieu veut réunir. Son projet : en faire « un homme nouveau », une nouvelle humanité composée de Juifs et non-juifs réconciliés, renouvelés en Christ, « notre Paix ». 

Ephésiens 2 :14-15 « Car Yeshoua’ est notre Paix, des deux il n’en a fait qu’un … afin de créer en lui-même à partir des deux, un seul homme nouveau. » 

Notons que le mot Shalom a une profondeur bien plus grande que le mot paix qui suggère une fin de conflit ou de guerre. Shalom exprime l’accomplissement, la plénitude, la restauration parfaite que Dieu réalisera pleinement dans le Royaume messianique. Mais jusqu’à ce jour, inimitiés et jalousies subsistent - et elles doivent disparaître. 

 

 

Ce n’est pas une nouvelle religion 

 

En lisant les Évangiles, on comprend que Jésus n’a pas fondé une nouvelle religion appelée « christianisme ». Il vient accomplir les promesses faites à Israël. Il naît en Israël, il prie et chante les psaumes de David, il célèbre les fêtes d’Israël, il enseigne dans les synagogues, et il annonce le royaume promis aux prophètes d’Israël. Et surtout, Jésus est le Messie d’Israël, le Fils de David. Autrement dit, pour comprendre Jésus, il faut comprendre Israël. Rappelons-nous les paroles de l’ange Gabriel à Myriam/Marie : Dieu donnera à Yeshoua’ « le trône de David ». Luc 1 : 30-32 « L'ange Gabriel lui dit : … Tu le nommeras Yeshoua’. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son ancêtre. » 

 

 

Une Communauté 100% juive 

 

Après la résurrection, les premiers croyants sont tous juifs. Ils reconnaissent Yeshoua’ comme Messie, mais restent enracinés dans la vie d’Israël : ils prient au Temple, lisent la Torah, et vivent au rythme de la Parole et des promesses données à leurs pères. 

Quand Sha’oul/Paul annonce l’Évangile aux nations, il donne une image puissante : les croyants des nations sont des branches greffées sur l’olivier d’Israël. L’Église ne remplace pas Israël, elle est greffée sur Israël, et partage la même racine et la même sève. 

Romains 11 :17 « Toi qui, par ton origine païenne, étais comme un rameau d'olivier sauvage, tu as été greffé au milieu des branches, et tu as part avec elles à la sève de la racine de l'olivier cultivé. » 

 

 

Comment l’Église s’est éloignée d’Israël 

 

Et pourtant… très vite, quelque chose va changer. L’Évangile se répand dans le monde romain. Des Grecs, des Égyptiens, des Européens deviennent disciples de Jésus. C’est magnifique : le projet de Dieu avance ! 

Mais petit à petit, les croyants juifs deviennent minoritaires, puis presque absents. L’Église, désormais composée de non-juifs, commence à penser différemment. Elle se dit : « Finalement, nous ne dépendons plus d’Israël. Nous sommes le nouveau peuple de Dieu. » C’est là qu’apparaît une idée qui fera énormément de dégâts : la théologie de remplacement. L’idée que l’Église aurait pris la place d’Israël. 

Alors on se détache de l’Ancien Testament et des prophéties, on ne voit plus le rôle de la terre d’Israël, et on oublie que Jésus revient à Jérusalem. Dès l’origine, Dieu avait averti Noé que son fils Yafet, représentant l’esprit grec, serait une bénédiction, mais à condition de demeurer dans les tentes de Shem, c’est-à-dire en lien avec l’identité juive et la pensée hébraïque. 

Genèse 9 :27 « Noé dit : Béni soit l'Eternel, Dieu de Shem … Que Dieu étende les possessions de Yafet, qu'il demeure dans les tentes de Shem ». 

 

 

Quand l’Église oublie ses racines 

 

Quand l’Église se coupe d’Israël, elle se coupe aussi du Dieu de l’Alliance, de la pensée hébraïque, de la continuité des prophètes, et du sens concret du salut dans l’histoire. Alors la foi devient abstraite, « spiritualisée », influencée par la philosophie grecque qui sépare ciel et terre. 

On oublie que Dieu se révèle dans une histoire, dans une famille, dans une terre. Et on lit le Nouveau Testament comme un livre détaché de la Bible hébraïque… alors qu’il en est l’accomplissement. 

Romains 11 :18 « Ne te glorifie pas aux dépens de ces branches. Si tu te glorifies, sache que ce n'est pas toi qui portes la racine, mais que c'est la racine qui te porte ». 

 

 

Israël dispersé, mais jamais abandonné 

 

Pourtant, malgré l’exil et les persécutions des nations, Dieu n’a jamais abandonné Israël son peuple. Il l’a promis : « Je ne détruirai pas entièrement la maison de Jacob » (Amos 9 :8). Par la suite, il dira : « Je les rassemblerai de toutes les nations » (Ezéchiel 36 :24). Pendant 2000 ans, les Juifs sont dispersés… mais leur identité ne disparaît pas. Ils gardent la langue, les Écritures, les fêtes, la mémoire. 

Et au 20ᵉ siècle, un événement unique dans l’histoire du monde se produit : un peuple dispersé pendant deux millénaires revient sur sa terre. Israël renaît en 1948. C’est plus qu’un événement politique : c’est un signe éclatant de la fidélité de Dieu à ses promesses. 

Esaïe 66 :8 « Qui n’a jamais entendu pareille chose ? Qui n’a jamais vu rien de semblable ? Un pays peut-il naître en un jour ? Une nation est-elle enfantée d'un seul coup ? A peine en travail, Sion a enfanté ses fils ! » 

 

 

Deux témoins, un seul plan 

 

Nous devons retenir ceci : Israël et l’Église ne sont pas des rivaux. Ils sont les deux témoins de Dieu dans le monde. 

– Israël est la racine, la mémoire, l’Alliance. 

– L’Église représente les nations qui entrent dans la bénédiction. 

Ensemble, ils préparent l’avènement du Messie. Un Messie qui revient sur la terre d’Israël, à Jérusalem, comme l’ont annoncé les prophètes. 

 

 

Revenir au cœur du plan de Dieu 

 

En réalité, revenir vers Israël, ce n’est pas adopter une culture étrangère. C’est revenir à nos propres racines, c’est retrouver la cohérence de toute la Bible, et c’est se préparer à l’œuvre que Dieu accomplit aujourd’hui. Aimer et soutenir Israël, ce n’est pas faire de la politique. C’est aimer ce que Dieu aime, marcher avec lui dans ses promesses, et entrer dans sa vision pour la rédemption du monde. 

Jérémie 31 :10 « Nations, écoutez la parole de l’Éternel… Celui qui a dispersé Israël le rassemblera et le gardera comme le berger garde son troupeau. » 

Les Evangiles reprennent l’image prophétique du berger et des brebis : Jésus est notre bon berger. Le Seigneur est celui qui est fidèle, qui rassemble et qui unit. L’amour de Dieu pour Israël et l’Eglise est le même. Elargissons notre cœur, et aimons le peuple premier-né de l’Eternel - Israël.».

 

Gérald FRUHINSHOLZ

 

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