LES SOUFFRANCES DE JESUS
(14° partie)
Vers l’ultime étape du chemin de Jésus
La condamnation de Jésus.
Elle est double.
Premièrement, Jésus a été condamné par les chefs religieux de son peuple. « Ceux qui avaient saisi Jésus l'emmenèrent chez le souverain sacrificateur Caïphe, où les scribes et les anciens étaient assemblés. Pierre le suivit de loin jusqu'à la cour du souverain sacrificateur, y entra, et s'assit avec les serviteurs, pour voir comment cela finirait. Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus, suffisant pour le faire mourir. Mais ils n'en trouvèrent point, quoique plusieurs faux témoins se fussent présentés. Enfin, il en vint deux, qui dirent: Celui-ci a dit: Je puis détruire le temple de Dieu, et le rebâtir en trois jours. Le souverain sacrificateur se leva, et lui dit: Ne réponds-tu rien? Qu'est-ce que ces hommes déposent contre toi? Jésus garda le silence. Et le souverain sacrificateur, prenant la parole, lui dit: Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit: Tu l'as dit. De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l'homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. Alors le souverain sacrificateur déchira ses vêtements, disant: Il a blasphémé! Qu'avons-nous encore besoin de témoins? Voici, vous venez d'entendre son blasphème. Que vous en semble? Ils répondirent: Il mérite la mort. Là-dessus, ils lui crachèrent au visage, et lui donnèrent des coups de poing et des soufflets en disant: Christ, prophétise; dis-nous qui t'a frappé. » (Matthieu 26.57-68 ; voyez aussi Marc 14.53-65)
Secondement, Jésus a été condamné par l’autorité instituée par Dieu, autorité civile destinée à faire régner la justice !
a) La condamnation du Juste par les chefs religieux de son peuple ! Notez que dès le début du procès, leur décision était déjà prise :
« Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus, suffisant pour le faire mourir. » (Matthieu 26.59)
« Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus, pour le faire mourir, et ils n'en trouvaient point; car plusieurs rendaient de faux témoignages contre lui, mais les témoignages ne s'accordaient pas. » (Marc 14.55-56)
Ces hommes ne cherchaient pas à établir la vérité, ni entendre de vrais témoignages, mais ils en cherchaient de faux ! Ils étaient tous sous l’empire du Diable, « le père du mensonge ». Le Saint-Esprit a veillé à ce que ce point soit bien consigné dans les Ecritures pour faire ressortir l’entière responsabilité de ces juges coupables qui se sont comportés comme des criminels.
Lorsque les faux témoins exposent leurs faux témoignages, le Seigneur garde le silence :
« Jésus garda le silence. » (Matthieu 26.63). Comparez Esaïe 53.7 : « Il a été maltraité et opprimé, et il n'a point ouvert la bouche, semblable à un agneau qu'on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent; il n'a point ouvert la bouche. »
« Et moi, je suis comme un sourd, je n'entends pas; je suis comme un muet, qui n'ouvre pas la bouche. Je suis comme un homme qui n'entend pas, et dans la bouche duquel il n'y a point de réplique. » (Psaumes 38.14-15)
Intervient alors le souverain sacrificateur :
« Et le souverain sacrificateur, prenant la parole, lui dit: Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. » (Matthieu 26.63 ; voyez aussi Marc 14.61)
Jésus, celui qui est la vérité, répond : « Tu l’as dit » (Matthieu 26.64). Et il ajoute une parole solennelle : « De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l'homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. » (voyez aussi Marc 14.62)
« Ils dirent: Si tu es le Christ, dis-le-nous. Jésus leur répondit: Si je vous le dis, vous ne le croirez pas; et, si je vous interroge, vous ne répondrez pas. Désormais le Fils de l'homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu. Tous dirent: Tu es donc le Fils de Dieu? Et il leur répondit: Vous le dites, je le suis. Alors ils dirent: Qu'avons-nous encore besoin de témoignage? Nous l'avons entendu nous-mêmes de sa bouche. » (Luc 22.67-71)
Après ces paroles de Jésus-Christ, Caïphe provoque la décision :
« Alors le souverain sacrificateur déchira ses vêtements, disant: Il a blasphémé! Qu'avons-nous encore besoin de témoins? Voici, vous venez d'entendre son blasphème. Que vous en semble? » (Matthieu 26.65 ; voyez aussi Marc 14.63-64)
Notons ici un point très important : devant le sanhédrin, comme devant Pilate plus tard, ce ne sont pas les faux témoignages des hommes qui ont constitué le motif de la condamnation de Jésus, mais le vrai témoignage du Fils de Dieu.
La haine violente qui se manifeste alors contre Jésus se poursuit sans trêve jusqu’au moment de sa crucifixion :
« Là-dessus, ils lui crachèrent au visage, et lui donnèrent des coups de poing et des soufflets en disant: Christ, prophétise; dis-nous qui t'a frappé. » (Matthieu 26.67-68 ; voyez aussi Marc 14.65 ; Luc 22.63-65)
Esaïe avait prophétisé en ces termes : « J'ai livré mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe; je n'ai pas dérobé mon visage aux ignominies et aux crachats. » (50.6)
Certains textes prophétiques révèlent les sentiments du Seigneur dans ces moments-là, face à cette condamnation injuste et à ces traitements odieux endurés de la part des chefs de son peuple :
« Car c'est pour toi que je porte l'opprobre, que la honte couvre mon visage; je suis devenu un étranger pour mes frères, un inconnu pour les fils de ma mère. » (Psaumes 69.8-9)
b) La condamnation de Jésus par l’autorité civile.
Jésus est traduit devant Pilate :
« Dès que le matin fut venu, tous les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus, pour le faire mourir. Après l'avoir lié, ils l'emmenèrent, et le livrèrent à Ponce Pilate, le gouverneur… Jésus comparut devant le gouverneur. Le gouverneur l'interrogea, en ces termes: Es-tu le roi des Juifs? Jésus lui répondit: Tu le dis. Mais il ne répondit rien aux accusations des principaux sacrificateurs et des anciens. Alors Pilate lui dit: N'entends-tu pas de combien de choses ils t'accusent? Et Jésus ne lui donna de réponse sur aucune parole, ce qui étonna beaucoup le gouverneur. A chaque fête, le gouverneur avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que demandait la foule. Ils avaient alors un prisonnier fameux, nommé Barabbas. Comme ils étaient assemblés, Pilate leur dit: Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus, qu'on appelle Christ? Car il savait que c'était par envie qu'ils avaient livré Jésus. Pendant qu'il était assis sur le tribunal, sa femme lui fit dire: Qu'il n'y ait rien entre toi et ce juste; car aujourd'hui j'ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. Les principaux sacrificateurs et les anciens persuadèrent à la foule de demander Barabbas, et de faire périr Jésus. Le gouverneur prenant la parole, leur dit: Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche? Ils répondirent: Barabbas. Pilate leur dit: Que ferai-je donc de Jésus, qu'on appelle Christ? Tous répondirent: Qu'il soit crucifié!
Le gouverneur dit: Mais quel mal a-t-il fait? Et ils crièrent encore plus fort: Qu'il soit crucifié! Pilate, voyant qu'il ne gagnait rien, mais que le tumulte augmentait, prit de l'eau, se lava les mains en présence de la foule, et dit: Je suis innocent du sang de ce juste. Cela vous regarde. Et tout le peuple répondit: Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants! » (Matthieu 27.1-2, 11-25) ; voyez Marc 15.1-15 ; Luc 23.1-5 ; Jean 18.28-19.16)
Lorsque Jésus-Christ comparaît devant Pilate, nous voyons que là encore, ce ne sont pas les fausses accusations des Juifs qui ont été le motif de la condamnation, mais ce que dit Jésus lui-même lors de son interrogatoire :
« Jésus comparut devant le gouverneur. Le gouverneur l'interrogea, en ces termes: Es-tu le roi des Juifs? Jésus lui répondit: Tu le dis. » (Matthieu 27.11)
Mais Jésus ne répond rien aux accusations des chefs religieux, ni même à Pilate.
Notez encore un point important :
Devant son peuple, Jésus a proclamé qu’il était Fils de Dieu : « Et le souverain sacrificateur, prenant la parole, lui dit: Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit: Tu l'as dit. De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l'homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. » (Matthieu 26.63-64)
Devant l’autorité civile, Jésus proclame qu’il est le roi des Juifs : « Jésus comparut devant le gouverneur. Le gouverneur l'interrogea, en ces termes: Es-tu le roi des Juifs? Jésus lui répondit: Tu le dis. » (Matthieu 27.11)
Ce qui signifie qu’à chacun est présentée l’identité du Messie selon la place qu’il occupe à ce moment-là. Et c’est sur ce point-là (« roi des Juifs ») que va reposer la condamnation du Seigneur par Pilate :
« L'inscription indiquant le sujet de sa condamnation portait ces mots: Le roi des Juifs. » (Marc 15.26 ; voyez aussi Luc 23.38)
Il est clair que le monde religieux ne veut pas du Fils de Dieu et de son message. Quant au monde politique, il ne veut pas de Jésus-Christ comme roi ! Ce sera le grand état d’esprit planétaire de la fin des temps. C’est pourquoi le monde religieux sera séduit par le faux-prophète, et le monde politique par l’antichrist.
Notez encore que le sujet de la condamnation de Jésus fut écrit en trois langues :
« Pilate fit une inscription, qu'il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue: Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville: elle était en hébreu, en grec et en latin. » (Jean 19.19-20)
L’hébreu est la langue de la religion. Le grec, celle de la sagesse et de la science. Le latin, celle de la politique. La condamnation de Jésus fut universelle !
« Les principaux sacrificateurs des Juifs dirent à Pilate: N'écris pas: Roi des Juifs. Mais écris qu'il a dit: Je suis roi des Juifs. Pilate répondit: Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit. » (Jean 19.21-22)
Sans s’en rendre compte, Pilate fut un instrument dans les mains de Dieu pour proclamer qu’effectivement celui qui était crucifié à était bien le Messie, le roi de son peuple.
Paul BALLIERE

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