COMMENT DIEU FORME SES SERVITEURS (2° partie)

 

 

 

COMMENT DIEU FORME SES SERVITEURS

(2° partie)

 

Les aspects de cette formation

 

« Celui qui laboure pour semer laboure-t-il toujours?» (Esaïe 28.24). 

Lire : Esaïe 28. 23-29.  

 

Bien que le divin Cultivateur permette l’action du soc de la charrue et la herse de l’affliction ou de la douleur dans la vie de ses enfants, Il la guide et la contrôle de sa main suprêmement habile. Son but final est toujours la récolte. Esaïe utilise les trois phases principales de la culture pour illustrer la sagesse avec laquelle Dieu forme notre caractère et modèle notre esprit.  

Si nous considérons les opérations successives du labourage, des semailles et du battage comme image des disciplines de la vie, nous découvrons les trois vérités suivantes dans cette parabole :  

 

 

La durée de cette formation  

 

« Celui qui laboure pour semer laboure-t-il toujours ? Ouvre-t-il et brise-t-il toujours son terrain ?» (v. 23-24). Certes non! « Son Dieu lui a enseigné la marche à suivre, il lui a donné ses instructions » (v. 26). Il pratique le labourage pour arriver à ses fins, mais le but une fois atteint, il ne laboure plus. Nous voyons le discernement de Dieu dans l’histoire d'Israël. Durant quatre cent trente ans, la charrue de la tyrannie égyptienne retourna le sol dur du peuple des Hébreux, désert aride dans lequel Dieu discernait la possibilité de récolter beaucoup de fruit. Mais sans labourage, pas de moisson. La discipline du fouet des chefs de corvées fut supprimée dès que le but fut atteint. Dieu ne permit pas que les Israélites opprimés souffrent un jour de plus qu’il n'était nécessaire à l’accomplissement du but divin qu’il se proposait pour leur bien. Aussitôt qu’ils furent prêts à accueillir sa délivrance, il les conduisit dans le repos et l'abondance du pays de Canaan. Il ne fallut pas moins qu’une terrible discipline pour les détacher de l'Egypte.  

Un fermier avisé fait la distinction entre un terrain et un autre. La terre meuble et sablonneuse se laboure facilement et légèrement, tandis que la terre lourde et dure exige un traitement tout à fait différent si l’on veut qu’elle produise du fruit. Il faut qu’elle soit ensoleillée et asséchée. La charrue doit la retourner en profondeur. Elle sera hersée à plusieurs reprises jusqu’à ce que les mottes soient complètement broyées pour donner une bonne couche arable dans laquelle la précieuse semence pourra germer et croître. L’agriculteur agit avec discernement. Il sait quelle doit être la durée du labour : il ne retourne pas ses champs ni ne les herse à tout moment. Chaque terrain est traité selon sa nature. Cela ne nous montre-t-il pas pourquoi Dieu permet, de manières diverses, la souffrance, les peines, les épreuves ? Nous pouvons accorder confiance au divin Cultivateur qui sait choisir le moment et régler la durée des disciplines que son amour dispense. Entre ses mains, nous n’avons rien à craindre.  

 

La discipline est toujours précurseur de bénédiction et ne peut rien nous apporter d’autre si elle est accueillie correctement. C’est là que réside notre responsabilité. La nourriture mal digérée ne profite pas, elle est pernicieuse. La discipline mal reçue aigrit le caractère plutôt qu’elle ne l’adoucit. N’est-ce pas accuser de caprice le Dieu de sagesse et d'amour que de récriminer et dire « pourquoi ? » lorsqu'il nous châtie ? Il ne déchire pas le cœur simplement pour manifester sa puissance et sa souveraineté, mais en vue d’un fruit plus abondant. Il émonde chaque branche qui porte du fruit pour augmenter sa productivité. Il discipline en vue d’un but précis. Comment réagissons-nous au labourage de Dieu ? Nous rend-il plus souples, plus soumis, plus modérés ? Ou bien nous raidissons-nous, nous durcissons-nous devant sa volonté ? Est-ce que la discipline nous adoucit ou nous aigrit ?  

Notre réaction face aux problèmes familiaux et aux revers matériels, à la souffrance et aux contre-temps, aux ambitions perdues et aux espoirs déçus, est de toute importance. Si nous nous soumettons en estimant que la résistance serait vaine, cela vaut mieux que de nous rebeller. Si nous acceptons la manière d’agir de Dieu, mais sans joie, c’est mieux encore. Mais si nous accueillons les voies inexplicables de notre Père céleste dans la louange, c’est alors seulement que Dieu pourra être pleinement glorifié et que nous pourrons recevoir les plus grandes bénédictions.  

 

Samuel Rutherford, enfermé dans la prison d’Aberdeen, avait l'habitude d'écrire, en guise d’en-tête à ses lettres : « Palais de Dieu, Aberdeen ».  

Madame Guyon fut emprisonnée pour sa foi à Vincennes, de 1695 à 1705. Au lieu de se plaindre de son sort, elle accepta joyeusement la volonté de Dieu. « Lorsque j'étais en prison, écrivait-elle, j'étais dans une paix parfaite. Je chantais des hymnes de louange ; et la personne qui me servait les apprenait par cœur à mesure que je les composais. Et nous chantions ensemble tes louanges, ô mon Dieu ! Les pierres des murs de la prison scintillaient à mes yeux comme des rubis. Mon cœur était plein de la joie que tu donnes à ceux qui t'aiment et qui sont au sein des plus grandes eaux. » C'est alors qu’elle écrivit l’un de ses plus beaux cantiques.  

Job fut aussi déchiré par le soc de la charrue, mais par son attitude, il réduisit au silence l’adversaire qui avait l'intention d’exploiter contre Dieu sa chute. Satan eut la bouche fermée quand Job déclara : « L'Eternel a donné, et l’Eternel a ôté ; que le nom de l’Eternel soit béni ! » La confiance que Dieu accordait à Job était pleinement justifiée.  

« Nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire, parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles : car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles » (2 Cor. 4.17-18). C'est au moment où nous détournons les yeux de l'immédiat pour les fixer sur le but final que nous sommes vraiment capables d'interpréter correctement les expériences disciplinaires de la vie. 

 

 

L'épreuve nous façonne  

 

« N'est-il pas vrai qu'après l'avoir aplanie il y parsème la nigelle et répand le cumin, puis met le blé et l'orge, enfin l’épeautre sur les bords ? Celui qui lui apprend cette règle, c’est son Dieu qui l'instruit » (v. 25, 26, version de Jérusalem). Le cultivateur avisé choisit soigneusement les diverses semences et les place aux endroits convenables. Il ne fait rien au petit bonheur. Il donne la place la plus favorable aux semences de valeur. Les autres remplissent les espaces inutilisés. La nielle (ou nigelle) et le cumin sont de petites semences employées comme assaisonnement, donc beaucoup moins importantes que les aliments de base, tels que le blé et l’orge. Le fermier calcule toujours ce qui lui rapportera le plus et comment il pourra tirer parti de ses terrains au mieux.  

 

Il en est de même avec Dieu. Il ne gaspille pas ses disciplines. Il sait lesquelles produiront la moisson la plus abondante. Il les choisit avec une sagesse infinie. Il considère nos vies comme des parcelles de terrain de l'éternité et se préoccupe non seulement de la semence, mais du sol. Le moment choisi et la durée des épreuves qu'’il dispense sont scrupuleusement justes. Celui qui instruit le paysan n'’use pas de moins de sagesse pour la « culture » du cœur humain. Son choix est infaillible, quoi qu’il permette : contrariétés ou empêchements, refus ou privations,  prospérité ou adversité, joie ou souffrance. Il a toujours une récolte en vue.  

 

Faisons-nous preuve de moins de perspicacité que le cultivateur dans l’estimation que nous faisons de la valeur relative des choses et dans le choix de nos priorités ? C’est là que réside le succès, qu’il soit de nature temporelle ou spirituelle. Nous récoltons ce que nous avons semé. Si nous semons des graines charnelles et frivoles dans le terrain de notre vie, il produira un fruit en conséquence. Mais si nous y semons ce qui est essentiel et spirituel, nous récolterons une abondante moisson de sainteté et de joie.  

 

 

L'épreuve ne survient pas au hasard  

 

« Certes la nigelle ne doit pas être écrasée, on ne fait pas tourner le traîneau sur le cumin, mais c’est au bâton qu’on bat la nigelle et le cumin se frappe au fléau. Broie-t-on le froment ? Non pas ; ce n’est pas indéfiniment qu’on le foule. Après y avoir fait tourner le traîneau, on le vanne sans le broyer. Cela aussi vient de Yahvé Sabaot, qui se montre d’un conseil admirable et réussit de grandes choses » (v. 27-29, version de Jérusalem).  

Le cultivateur a égard à la nature de Ia semence ainsi qu’à sa valeur et il adapte sa méthode de battage en conséquence. S'il traitait chaque espèce de graine de manière identique, les unes seraient irrémédiablement abimées et les autres ne seraient pas extraites de la balle.  

Pour bien faire, il doit procéder au battage dans un temps précis. Il suffit de frapper doucement la nigelle avec un bâton ; mais pour le blé il faut utiliser un lourd traîneau de battage, appelé « tribulum». L'intelligence et l'expérience du paysan l’empêchent d'adopter un système excessif de battage. Dès que le grain est séparé de la balle qui l’entoure, l’opération est terminée.  

Dieu use du même discernement et de la même modération dans les différentes méthodes qu'il emploie pour produire du fruit dans la vie de ses enfants. Il ne se sert pas du lourd « tribulum » (mot duquel dérive le terme « tribulation ») dans le cas où un léger bâton suffirait à l’accomplissement de son dessein. Son but n’est pas de battre, de détruire le grain, mais de le purifier et de le préserver. S'il dispense la tribulation, c’est parce qu'aucun autre moyen ne produirait le même résultat. Il ne fait pas durer l'épreuve plus longtemps qu'il ne faut. Le fruit est la fin de toute discipline.  Celui qui accueille favorablement la tribulation, sachant qu’elle produira une abondante récolte pour le Seigneur, fait preuve de spiritualité. « … je suis comblé de joie au milieu de toutes nos tribulations », disait Paul (2 Cor. 7.4) ; et il savait de quoi il parlait. On ne peut imaginer nature plus sensible que la sienne et rarement un homme a fait pareille expérience de la discipline de Dieu.

 

(à suivre : le but de cette formation)

Oswald SANDERS  

 

 

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