L'INSPIRATION DU NOUVEAU TESTAMENT (3° partie)

 

L'INSPIRATION DU NOUVEAU TESTAMENT

(3° partie)

 

 

3. L’inspiration de l’apôtre Paul.  

 

1. Paul est un véritable apôtre, témoin du Christ ressuscité.

  

Bien qu’il n’ait pas été l’un des douze, et qu’il se considère comme un avorton, un ancien persécuteur, le moindre des apôtres, il peut cependant s’écrier :  

« Ne suis-je pas apôtre ? N’ai-je pas vu Jésus notre Seigneur ? » (1 Cor. 9. 1). 

 « Je n’ai été inférieur en rien aux apôtres par excellence. Les preuves de mon apostolat ont éclaté au milieu du vous » (2 Cor. 12. 11-12). 

Il est en effet « apôtre, non de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus-Christ et Dieu le Père » (Gal. 1.1).  

 

2. Paul reçoit des révélations directes et uniques.  

 

Le Seigneur le lui avait annoncé par Ananias, dès sa conversion : « Le Dieu de nos pères t’a destiné à connaître sa volonté, à voir le Juste, et à entendre les paroles de sa bouche ; car tu lui serviras de témoin » (Act. 22. 14-15). Aussi l’apôtre peut-il dire: « L’Evangile qui a été annoncé par moi n'est pas de l’homme ; car je ne l’ai ni reçu ni appris d’un homme, mais par une révélation de Jésus-Christ… Il plut à celui qui m'avait mis à part dès le sein de ma mère. de révéler en moi son Fils » (Gal. 1. 11-12, 15-16).  

« C’est par révélation que j'ai eu connaissance du mystère... de Christ… A moi, qui suis le moindre de tous les saints, cette grâce a été accordée d’annoncer aux païens les richesses incompréhensibles de Christ » (Eph. 3. 3-4, 8).  

Ce mystère « a été révélé maintenant. aux saints apôtres et prophètes de Christ » (v. 5 ; notez que Paul affirme ici en même temps l’inspiration des autres auteurs du Nouveau Testament).  

Ailleurs il n'hésite pas à dire : « J'ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné... Je vous ai enseigné avant tout, comme je l’avais aussi reçu… Voici, en effet, ce que nous vous déclarons d’après une parole du Seigneur » (1 Cor. 11.23 ; 15.3 ; 1 Thess. 4.15). « L'Esprit dit expressément que dans les derniers temps quelques-uns abandonneront la foi » (1 Tim. 4.1).  

 

3. Dieu accorde à l’apôtre la capacité de transmettre fidèlement à l'Eglise les révélations reçues.  

 

À propos des vérités divines communiquées d’En-Haut, Paul écrit : « Nous en parlons, non avec des discours (« logoi » en grec : mots) qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l'Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles… Or nous, nous avons la pensée de Christ » (1 Cor. 2. 13, 16).  

Il peut donc affirmer avec une pleine assurance : « Nous ne falsifions point la parole de Dieu, comme font plusieurs ; mais c'est avec sincérité, mais c’est de la part de Dieu, que nous parlons en Christ devant Dieu… Nous n’altérons point la parole de Dieu... publiant la vérité » (2 Cor. 2. 17 ; 4. 2). « Car notre prédication ne repose ni sur l'erreur. ni sur la fraude ; mais selon que Dieu nous a jugés dignes de nous confier l'Evangile, ainsi nous parlons… pour plaire à Dieu, qui sonde nos cœurs » (1 Thess. 2. 3-4). « … Selon la charge que Dieu m’a donnée auprès de vous, afin que j’annonçasse pleinement la parole de Dieu, le mystère caché de tout temps et dans tous les âges, mais révélé maintenant » (Col. 1. 25-26).  

« Le Dieu qui ne ment point… a manifesté sa parole en son temps par la prédication qui m’a été confiée d’après l’ordre de Dieu notre Sauveur » (Tite 1. 2-3).  

Il y a donc identité entre la révélation divine et le message de l'apôtre, qui peut à juste titre parler de « son » Evangile : Dieu « peut vous affermir selon mon Evangile et la prédication de Jésus-Christ, conformément à la révélation du mystère caché pendant des siècles, mais manifesté maintenant par les écrits des prophètes » (Rom. 16. 25-26).   

Car cet Evangile de Paul est l’unique et le seul vrai. Si un ange du ciel, si Paul même par aberration prêchait autre chose, qu’il soit anathème (Gal. 1. 8-9).  

 

4. Paul considère que son message est revêtu de l'autorité divine. 

 

Il dit aux Corinthiens : « Si quelqu'un croit être prophète où inspiré, qu’il reconnaisse que ce que je vous écris est un commandement du Seigneur... j’ordonne, non pas moi, mais le Seigneur... C’est ainsi que je l’ordonne dans toutes les Eglises… Et moi aussi, je crois avoir l'Esprit de Dieu... Si quelqu’un se plaît à contester, nous n’avons pas cette habitude, non plus que les Eglises de Dieu » (1 Cor. 14.37 ; 7.10, 17, 40 ; 11.16).     

Paul écrit encore aux Thessaloniciens : « En recevant la parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu » (1 Thess. 2. 13) ;… « celui donc qui rejette ces préceptes ne rejette pas un homme, mais Dieu » (4.8). « Et si quelqu'un n’obéit pas à ce que nous disons par cette lettre, notez-le,  et n’ayez point de communication avec lui, afin qu’il éprouve de la honte » (2 Thess. 3. 14).    

En effet, les révélations transmises par Paul sont indispensables à la vie de l'Eglise : « Je vous en conjure par le Seigneur, que cette lettre soit lue à tous les frères » (1 Thess. 5. 27). « Ainsi donc, frères, demeurez fermes, et retenez les instructions que vous avez reçues, soit par notre parole, soit par notre lettre » (2 Thess. 2. 15).  Dans ses rapports avec les Thessaloniciens, l’apôtre marque que son inspiration est exclusive et suffisante. Ce qu’il leur a dit dans sa première lettre ne peut être contredit « soit par quelque inspiration, soit par quelque parole, ou par quelque lettre qu’on dirait venir de nous » (2.2).    

 

5. Les lettres de Paul, de son vivant, sont mises au rang des Saintes Ecritures. 

   

Pierre exprime à ce propos l’opinion de l’Eglise primitive :  «… notre bien-aimé frère Paul vous l’a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. C’est ce qu’il fait dans toutes les lettres… dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Ecritures, pour leur propre ruine » (2 Pi. 3. 15-16).    

Il est remarquable que, pour Paul lui-même, ce qui était déjà écrit du Nouveau Testament faisait autorité. Dans 1 Tim. 5. 18, il introduit par l’expression « l’Ecriture dit » aussi bien une citation de De. 25. 4 («Tu n’emmuselleras point le bœuf... ») qu’une autre de Luc 10. 7 (« L’ouvrier mérite son salaire »).    

Si l’apôtre est à plein titre l’un des auteurs sacrés, ses révélations touchant la Nouvelle Alliance ont en un sens le pas sur celles de l’Ancien Testament qui sont maintenant accomplies et complétées. Dans l’épître aux Galates, Paul se fait le défenseur de l'inspiration verbale. Il cite l’Ecriture (3. 11, 13), insiste sur la portée d’un seul mot (sa postérité, celle d'Abraham, au singulier, v. 16) et justifie le rôle essentiel de la loi (v. 21-24). Mais, après avoir présenté Christ le Libérateur, il s’écrie : « Comment retournez-vous à ces faibles et pauvres rudiments (la loi), auxquels vous voulez vous asservir encore ? Vous observez les jours, les mois, les temps et les années (selon Moïse) ! Je crains d’avoir inutilement travaillé pour vous » (4. 9-11).    

Le Nouveau Testament est donc aussi pleinement inspiré que l’Ancien. Achevons notre démonstration par deux derniers exemples. 

 

(A suivre : L’inspiration du Nouveau Testament selon l’épître aux Hébreux,

et l’inspiration de l’Apocalypse)

René PACHE  

 

 

 

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