L'INSPIRATION DU NOUVEAU TESTAMENT
(4° partie)
4. L'inspiration du Nouveau Testament selon l’épître aux Hébreux.
Nous relèverons plus loin la confirmation sans réserve que l’épitre aux Hébreux apporte à l'inspiration de l’Ecriture. En fait, elle attribue au même Seigneur les deux grandes parties de la révélation :
« Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes (voilà pour l'Ancien Testament), Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils » (c’est ainsi qu'est résumé tout le Nouveau, 1.1-2). |
Le thème de toute l’épitre est que la Nouvelle Alliance est supérieure à l’Ancienne, et par conséquent que le Nouveau Testament, revêtu de l'autorité du même Dieu, accomplit et dépasse l’Ancien.
« Si la parole annoncée par les anges (au Sinaï, Act. 7.38, 53) a eu son effet… comment échapperons-nous en négligeant un si grand salut, qui, annoncé d’abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu (les apôtres, Hbr. 2.2-3)? »
« Gardez-vous de refuser d'entendre celui qui parle ; car si ceux-là n’ont pas échappé qui refusèrent d'entendre celui qui publiait des oracles sur la terre, combien moins échapperons-nous si nous nous détournons de celui qui parle du haut des cieux » (12. 25). Les oracles publiés sur la terre étaient ceux de la loi, tandis que l'Evangile nous est apporté directement du ciel par Dieu s’incarnant en la personne de Jésus-Christ. Le message du Nouveau Testament est donc d’autant plus merveilleux et redoutable, et son inspiration encore plus assurée, si c’est possible.
Dans cette perspective, la loi a été abolie « à cause de son impuissance et de son inutilité », pour faire place à la « meilleure espérance », à « l'alliance plus excellente », au « ministère supérieur... établi sur de meilleures promesses » (7.18-19, 22 ; 8.6). Le culte lévitique était « l’image et l'ombre des choses célestes », dont le Nouveau Testament nous apporte maintenant la réalité (8.4-5). (Paul s'exprime de façon analogue en Gal. 4 9-11 : abandonner l'Évangile de Christ pour se replacer sous la loi, c’est retourner à l'esclavage de ces « faibles et pauvres rudiments » qui rendrait vaine toute l’œuvre de l’apôtre.) |
5. L’inspiration de l’Apocalypse.
Le dernier livre de la Bible se présente également comme étant un message divinement communiqué à l’apôtre Jean.
D’après Apoc. 1.1-2,
Dieu lui-même a donné
à Jésus-Christ la révélation (en grec : l’apocalypse)
qu’un ange
vient faire connaître à Jean
pour l'Eglise tout entière.
Le rôle de l’apôtre est d’attester la parole de Dieu et le témoignage de Jésus-Christ (v. 2). Il reçoit pour cela l’ordre d’écrire un livre accessible à tous (v. 11).
Chaque lettre aux sept Eglises est doublement signée (ch. 2 et 3) : au début se trouve la formule : Voici ce que dit… Jésus-Christ ; à la fin revient l’avertissement : Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises.
Au chap. 10, ayant avalé symboliquement un livre à la fois doux et amer, Jean est appelé à prophétiser de nouveau sur beaucoup de peuples et de rois. Cela signifie qu'ayant reçu un message de grâce et de jugement, il doit se l’assimiler et le proclamer tout autour de lui (v. 8-11 ; cf. Jér. 15.16).
L'ordre d’écrire lui est renouvelé au ch.14, v.13.
Solennellement il est répété par trois fois :
« Ces paroles sont les véritables paroles de Dieu » (19.9).
« Ecris ; car ces paroles sont certaines et véritables » (21.5).
« Et il dit : Ces paroles sont certaines et véritables » (22.6).
C’est pour cela que des bénédictions et des malédictions particulières sont attachées à l’acceptation ou au rejet du message de l’Apocalypse :
« Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie, et qui gardent les choses qui y sont écrites » (1.3).
« Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre» (22.7).
« Si quelqu'un y ajoute quelque chose… si quelqu'un retranche quelque chose du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l’arbre de vie» (v.18-19).
Conclusion.
Le Christ et tous les auteurs du Nouveau Testament ne cessent d’affirmer que leurs paroles sont identiques à la Parole de Dieu qui leur a été communiquée. Pour les Juifs, l'inspiration et l’autorité des anciennes Écritures ne faisaient aucun doute : elles étaient les oracles mêmes de Dieu. Pareillement, les apôtres et l'Eglise primitive s’unissent à Jean pour dire de tout le Nouveau Testament : Ces paroles sont les véritables paroles de Dieu (Apoc. 19. 9).
Qu’on ne dise donc pas que nous ne pouvons démontrer l'inspiration du Nouveau Testament, par ses propres déclarations sur ce point. C'est déjà le reproche fait à Jésus : « Tu rends témoignage de toi-même ; ton témoignage n’est pas vrai. Jésus leur répond : Quoique je rende témoignage de moi-même, mon témoignage est vrai, car je sais d’où je viens et où je vais » (Jn. 8.13-14). Nul si ce n'est Dieu ne peut révéler sa personne et ses perfections insaisissables. De même, Jésus seul peut parler de ce qu’il est, et ce n’est pas d’un homme qu’il reçoit le témoignage (5.34). Lorsque nous l’avons reçu par la foi, il nous a donné la vie et nous a convaincus de sa divinité.
De même, l’Ecriture touche le cœur et l'esprit du lecteur sincère. Le Seigneur qui l’a inspirée et qui l’anime y fait entendre la voix du ciel, cette voix que les brebis du bon Berger connaissent d’instinct. Elles croient et sont convaincues, non par une argumentation rationaliste, mais parce qu’elles ont rencontré le Dieu vivant qui les a sauvées.
René PACHE

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