LES SOUFFRANCES DE JESUS
(16° partie)
Jésus parvient à l’ultime étape de ce douloureux chemin : la croix ! Jésus l’a appelée, à plusieurs reprises « mon heure » :
Jean 2.4 : « Jésus lui répondit: Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi? Mon heure n'est pas encore venue. »
Jean 12.23 : « Jésus leur répondit: L'heure est venue où le Fils de l'homme doit être glorifié. »
Jean 12.27 : « Maintenant mon âme est troublée. Et que dirais-je?... Père, délivre-moi de cette heure?... Mais c'est pour cela que je suis venu jusqu'à cette heure. »
Jean 19.17 : « Jésus, portant sa croix, arriva au lieu du crâne, qui se nomme en hébreu Golgotha. » Jésus est venu dans ce monde pour cette heure horrible ! Il a été envoyé par le Père comme le Sauveur du monde. Il est venu comme un petit enfant né dans une étable, couché dans une crèche, et jusqu’à la croix il a été « l’homme de douleurs ». L’heure de la croix est la plus douloureuse de toutes.
Au nombre des malfaiteurs
Jésus-Christ n’est pas seul à porter une croix. Deux brigands, deux criminels, condamnés à mort lui font escorte. Telle est la compagnie dans laquelle le Seigneur a été placé par les chefs du peuple.
Jean 19.18 : « C'est là qu'il fut crucifié, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. »
Matthieu 27.38 : « Avec lui furent crucifiés deux brigands, l'un à sa droite, et l'autre à sa gauche. »
Luc 23.32-33 : « On conduisait en même temps deux malfaiteurs, qui devaient être mis à mort avec Jésus. Lorsqu'ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, ainsi que les deux malfaiteurs, l'un à droite, l'autre à gauche. »
Marc 15.27-28 : « Ils crucifièrent avec lui deux brigands, l'un à sa droite, et l'autre à sa gauche. Ainsi fut accompli ce que dit l'Écriture: Il a été mis au nombre des malfaiteurs. »
Esaïe 53.12 : « C'est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands; Il partagera le butin avec les puissants, Parce qu'il s'est livré lui-même à la mort, Et qu'il a été mis au nombre des malfaiteurs, Parce qu'il a porté les péchés de beaucoup d'hommes, Et qu'il a intercédé pour les coupables. »
Notez un point remarquable : les quatre évangélistes mentionnent ce fait.
Jésus descend au rang le plus bas pour sauver l’humanité. Ô, la profondeur de son amour, et l’immensité de la grâce divine !
Que le plus vil des pécheurs saisisse le salut qui lui est offert en Jésus-Christ !
Pouvons-nous nous représenter le cortège de ces trois hommes ? L’un est le Fils de Dieu, s’avançant sans se défendre, suivant son chemin d’obéissance avec un seul but : accomplir la volonté du Père.
L’accomplissement de cette volonté comportait tout ce qu’il était en train de subir : les soldats, la foule, les chefs du peuple, tout le peuple de Jérusalem, tout ce cortège bruyant et rempli de haine.
Jésus sort de Jérusalem. Quelques jours plus tôt, il avait déclaré en pleurant : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés… » (Matthieu 23.37)
Il va donc souffrir hors de la porte. « Le corps des animaux, dont le sang est porté dans le sanctuaire par le souverain sacrificateur pour le péché, sont brûlés hors du camp. C'est pour cela que Jésus aussi, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte. » (Hébreux 13.11-12)
Jésus est le parfait « bouc Azazel » de la Nouvelle Alliance, chargé des péchés de son peuple, chassé du camp d’Israël : « Il recevra de l'assemblée des enfants d'Israël deux boucs pour le sacrifice d'expiation et un bélier pour l'holocauste… Il prendra les deux boucs, et il les placera devant l'Éternel, à l'entrée de la tente d'assignation. Aaron jettera le sort sur les deux boucs, un sort pour l'Éternel et un sort pour Azazel… Et le bouc sur lequel est tombé le sort pour Azazel sera placé vivant devant l'Éternel, afin qu'il serve à faire l'expiation et qu'il soit lâché dans le désert pour Azazel… Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant, et il confessera sur lui toutes les iniquités des enfants d'Israël et toutes les transgressions par lesquelles ils ont péché; il les mettra sur la tête du bouc, puis il le chassera dans le désert, à l'aide d'un homme qui aura cette charge. Le bouc emportera sur lui toutes leurs iniquités dans une terre désolée; il sera chassé dans le désert. » (Lévitique 16.5, 7-8, 10, 21-22)
La crucifixion
Elle est l’accomplissement des paroles de Jésus : « Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, alors vous connaîtrez ce que je suis, et que je ne fais rien de moi-même, mais que je parle selon ce que le Père m'a enseigné. » (Jean 8.28)
Golgotha est le lieu où Jésus-Christ a accompli pour nous une rédemption éternelle ; le lieu où il a pleinement glorifié Dieu ; le lieu où, dans une solitude totale, descendant dans les profondeurs des abîmes, il est frappé de Dieu, qui détourne de lui sa face ; le lieu où se sont déroulés les événements qui touchent à l’éternité et qui constitueront le thème éternel de notre louange, lorsque nous serons réunis autour de lui, dans la maison du Père.
Au milieu des criminels
Jean 19.18 : « C'est là qu'il fut crucifié, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. »
Luc 23.33 : « Lorsqu'ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, ainsi que les deux malfaiteurs, l'un à droite, l'autre à gauche. »
Remarquons la sobriété de la Parole de Dieu. Aucun lyrisme, aucun détail. Mais nous découvrons avec une évidence flagrante ce que l’homme a fait de Dieu manifesté en chair. Voilà la place que l’homme a donnée au Seigneur Jésus-Christ : une croix au milieu de deux malfaiteurs ! Quelle souffrance morale pour Jésus !
« C'est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands; Il partagera le butin avec les puissants, Parce qu'il s'est livré lui-même à la mort, Et qu'il a été mis au nombre des malfaiteurs, Parce qu'il a porté les péchés de beaucoup d'hommes, Et qu'il a intercédé pour les coupables. » (Esaïe 53.12)
Les Psaumes et les livres prophétiques nous aident à comprendre cette souffrance. Voici quelques exemples :
La solitude
Psaume 102.7-8 : « Je ressemble au pélican du désert, je suis comme le chat-huant des ruines; je n'ai plus de sommeil, et je suis comme l'oiseau solitaire sur un toit. »
Les disciples l’ont abandonné. Ses ennemis farouches sont au pied de la croix et l’insultent. Et Dieu va l’abandonner – nous en connaissons les raisons.
Notez que le pélican et le chat-huant sont deux oiseaux impurs : « Voici, parmi les oiseaux, ceux que vous aurez en abomination, et dont on ne mangera pas:… le chat-huant, le plongeon et la chouette; le cygne, le pélican et le cormoran… » (Lévitique 11.13, 17-18). Jésus serait donc traité par les hommes comme un impur, un transgresseur. C’est ce que le prophète avait annoncé.
Paul écrit à propos de Christ : « Celui qui n'a point connu le péché, il l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu » (2 Corinthiens 5.21) ; et encore : « Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous - car il est écrit: Maudit est quiconque est pendu au bois » (Galates 3.13).
La « bande » au pied de la croix
Psaume 22.17-22 : « Car des chiens m'environnent, une bande de scélérats rôdent autour de moi, ils ont percé mes mains et mes pieds. Je pourrais compter tous mes os. Eux, ils observent, ils me regardent; ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique. Et toi, Éternel, ne t'éloigne pas! Toi qui es ma force, viens en hâte à mon secours! Protège mon âme contre le glaive, ma vie contre le pouvoir des chiens! Sauve-moi de la gueule du lion, délivre-moi des cornes du buffle! »
Tous ces gens sont appelés « chiens » (animal impur lui aussi), « une bande de scélérats », « lion », « buffle ». Quelle souffrance pour Jésus-Christ en proie à cette atmosphère de grande hostilité !
Dans ce dernier texte cité plus haut, notez la précision prophétique et les détails des versets 17 et 19. Pensez au fait que ces textes ont été écrits dis siècles avant que les événements prophétisés s’accomplissent. Quelle perfection dans la Parole de Dieu !
Les souffrances physiques
Les souffrances physiques des crucifiés étaient horribles. Essayons d’imaginer…
« Je suis comme de l'eau qui s'écoule, et tous mes os se séparent; mon coeur est comme de la cire, il se fond dans mes entrailles. » (Psaume 22.15)
Est-ce un langage symbolique ? Par ces paroles, le Saint-Esprit veut exprimer les souffrances physiques de la croix ; souffrances si horribles que, pour les abréger, on brisait les jambes des suppliciés. Jésus était déjà mort lorsque les soldats vinrent pour le faire.
« Dans la crainte que les corps ne restassent sur la croix pendant le sabbat, -car c'était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, - les Juifs demandèrent à Pilate qu'on rompît les jambes aux crucifiés, et qu'on les enlevât. Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes au premier, puis à l'autre qui avait été crucifié avec lui. S'étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes; mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l'eau. Celui qui l'a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai; et il sait qu'il dit vrai, afin que vous croyiez aussi. Ces choses sont arrivées, afin que l'Écriture fût accomplie: Aucun de ses os ne sera brisé. Et ailleurs l'Écriture dit encore: Ils verront celui qu'ils ont percé. » (Jean 19.31-37)
Lui, le Tout-Puissant, qui a déployé la force divine tout au long de son ministère, a été crucifié « à cause de sa faiblesse » (2 Corinthiens 13.4).
Considérons maintenant…
Les souffrances morales
Jésus les a éprouvées dans les trois premières heures de sa crucifixion.
« Les passants l'injuriaient, et secouaient la tête, en disant: Toi qui détruis le temple, et qui le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même! Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix! Les principaux sacrificateurs, avec les scribes et les anciens, se moquaient aussi de lui, et disaient: Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même! S'il est roi d'Israël, qu'il descende de la croix, et nous croirons en lui. Il s'est confié en Dieu; que Dieu le délivre maintenant, s'il l'aime. Car il a dit: Je suis Fils de Dieu. Les brigands, crucifiés avec lui, l'insultaient de la même manière. » (Matthieu 27.39-44).
Quelle première constatation pouvons-nous faire de ce passage de l’Ecriture ? Le grand nombre de personnes mentionnées ! Les passants, les principaux sacrificateurs, puis les scribes, puis les anciens, et pour finir les brigands.
Cette horrible scène avait été prophétisée : « Mon âme est parmi des lions; je suis couché au milieu de gens qui vomissent la flamme, au milieu d'hommes qui ont pour dents la lance et les flèches, et dont la langue est un glaive tranchant. » (Psaume 57.5)
En cet instant de la crucifixion, Jésus subit les injures, le mépris, les moqueries, les insultes, et un défi : descendre de la croix. Il a été la victime de ce « venin mortel » dont parle Jacques (3.8). Quelles souffrances pour Jésus !
Psaume 22.8-9, 13-14 : « Tous ceux qui me voient se moquent de moi, ils ouvrent la bouche, secouent la tête: Recommande-toi à l'Éternel! L'Éternel le sauvera, il le délivrera, puisqu'il l'aime!... De nombreux taureaux sont autour de moi, des taureaux de Basan m'environnent. Ils ouvrent contre moi leur gueule, semblables au lion qui déchire et rugit. »
Psaume 69.5 : « ls sont plus nombreux que les cheveux de ma tête, ceux qui me haïssent sans cause; ils sont puissants, ceux qui veulent me perdre, qui sont à tort mes ennemis. »
Cependant, Jésus-Christ n’a jamais douté de la délivrance de Dieu le Père. Sa confiance en Dieu ne l’a jamais quitté. Voyez à ce propos la parole prophétique du Psaume 3.2-4 : « O Éternel, que mes ennemis sont nombreux! Quelle multitude se lève contre moi! Combien qui disent à mon sujet: Plus de salut pour lui auprès de Dieu! Mais toi, ô Éternel! tu es mon bouclier, tu es ma gloire, et tu relèves ma tête. »
Quel encouragement pour nous dans nos épreuves !
Paul BALLIERE

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