COMMENT DIEU FORME SES SERVITEURS
(3° partie)
Le but de cette formation
« Celui qui laboure pour semer laboure-t-il toujours ? » (Esaïe 28.24)
Lire : Esaïe 28.23-29.
Le caractère et la portée des voies de Dieu varient suivant les individus. Il ne traite pas deux personnes de façon identique. Il tient compte de la personnalité de chacun dans ses méthodes disciplinaires.
La manière d'agir de Dieu comporte un triple but :
Formation individuelle
Ce que nous sommes est bien plus important que tout ce que nous faisons. Dieu se préoccupe avant tout du développement de notre caractère à l'image du Christ. Il veut que tout chrétien devienne « semblable à l’image de son Fils » (Rom. 8. 29). Ce n’est du reste qu’au travers de la souffrance que son Fils a pu être amené à la maturité dans son expérience humaine rendue nécessaire pour sa fonction de Souverain Sacrificateur. Il n’existe pas de substitut. Si l'on ne fait pas son profit de la discipline ou qu’on n’y prête pas attention, on ne pourra pas récolter le fruit de la sanctification et de la ressemblance au Christ.
L’Ecriture nous rapporte que lorsque Dieu prodigua sa bonté à son peuple, il ne reçut pas de reconnaissance en retour, mais la rébellion. « Il l’a fait monter sur les hauteurs du pays... Il lui a fait sucer le miel du rocher, l’huile qui sort du rocher le plus dur ; la crème des vaches et le lait des brebis, avec la graisse des agneaux... avec la fleur du froment… Israël est devenu gras, et il a regimbé » (Deut. 32.13-15).
Le caractère se développe souvent de manière inégale. « Ephraïm est un gâteau qui n'a pas été retourné » (Osée 7.8) ; un gâteau bien cuit d'un côté et pas de l’autre. Dieu ne se contente pas d’une sanctification partielle, de chrétiens « surdévelop- pés » dans certains domaines et déficients par ailleurs. C’est pour corriger l'inégalité du côté sous-développé de notre caractère qu'il se sert du feu de l'épreuve.
Servir le prochain
Lors du battage, le blé n’est pas écrasé, sinon il perdrait sa valeur ; cela se fera plus tard. Notre texte dit: « On bat le blé mais on ne le bat pas toujours » (v. 28). Le cultivateur n’écrase pas inutilement la céréale avec le « tribulum ». On ne mange pas le grain entouré de sa balle. Le but du battage est justement de le séparer afin de rendre le blé propre à la consommation. Ce n'est qu’une fois battu qu’il est broyé et moulu.
Notre Seigneur a été « brisé pour nos iniquités » (Es. 53.5) afin de devenir le pain de vie qui nous nourrit. « Le disciple n’est pas plus grand que son maître, ni le serviteur plus que son Seigneur. Il suffit au disciple d’être traité comme son maître, et au serviteur comme son Seigneur » (Matth. 10.24, 25). Nous ne devrions plus alors nous étonner que le brisement soit le prix d’un ministère spirituel.
Nous préparer à notre vraie vie
Cette vie n’est rien d’autre que l’école préparatoire pour le ciel, où Dieu veut nous enseigner la leçon spirituelle élémentaire suivante : sans croix, pas de couronne. Si nous refusons le joug, nous ne pourrons jouir des autres bénédictions.
Mais nous sommes des élèves lents et la leçon doit nous être sans cesse répétée. « Nous cessons de nous étonner du soin que Dieu prend à former le caractère humain, écrit Alexander Whyte, et du prix qu'il y attache, au moment où nous comprenons que seule l’œuvre de sa main subsistera éternellement. Les choses éphémères ont aussi de la valeur, car par elles nous recevons des leçons durables, comme tout ce qui, ici-bas, résistera et survivra à ce monde ; tout ce que nous pouvons posséder encore ou que nous recherchons flétrira et périra ; seule notre vraie identité subsistera. Les richesses, les possessions, les plaisirs de toutes sortes, la mort, d’un coup de sa main dévastatrice, nous en dépouillera ; elle nous arrachera à toutes ces choses auxquelles nous aspirons follement et nous laissera nus, enveloppés d’un linceul ».
Oswald SANDERS

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