L'empire perse, un destin lié à celui du peuple juif

 

L’EMPIRE PERSE

 

Un destin intimement lié à celui du peuple juif et à

l’accomplissement des prophéties bibliques

 

« La première année de Cyrus, roi de Perse, afin que s'accomplisse la parole de l'Éternel par la bouche de Jérémie, l'Éternel réveilla l‘esprit de Cyrus, roi de Perse, qui fit faire de vive voix et par écrit cette publication dans tout son royaume :  

« Le Seigneur, le Dieu des cieux, m’a donné tous les royaumes de la terre, et il m'a chargé de lui bâtir un temple à Jérusalem, en Juda. Tous ceux de son peuple qui sont parmi vous pourront y monter, et que le Seigneur leur Dieu soit avec eux » (2 Chroniques 36.22-23, Esdras 1.1-3).    

 

Cette déclaration étonnante, prononcée par le roi Cyrus le Grand, un roi païen, le fondateur du vaste empire perse au VI° siècle av. J.C., s'adresse à une population juive en exil, un peuple dans la souffrance, déraciné, déporté par Nebukadnetsar, le roi de Babylone, 70 ans plus tôt, en 586 av. J.-C., déportation et captivité annoncées par le prophète Jérémie.

  

Cette parole du deuxième livre des Chroniques et reprise dans le livre d'Esdras est la première mention dans la Bible du grand empire Perse, que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de l'Iran et dont l'histoire est intimement liée à l'histoire du peuple juif, à l'accomplissement prophétique, aux temps bibliques lointains mais aussi aujourd'hui sous nos yeux. 

 

L'Iran - La Perse… Il y a près de 3 000 ans, des peuplades d'origine indo- européenne sont venues s'établir sur les plateaux où se situe l'Iran aujourd'hui. Et le nom actuel de ce vaste pays, officiellement adopté seulement en 1935, trouve son origine dans un terme sanskrit (arya) signifiant « excellent, honorable, noble ».  

 

Un empire à maintes reprises cité dans la Bible  

 

La Bible parle à de nombreuses reprises de ce grand empire qui, dans l'Antiquité, a souvent dominé toute cette partie du monde, de l'Inde jusqu'aux rivages de la Méditerranée et même l'Égypte et l'Éthiopie sur le continent africain, un empire qui, à plusieurs reprises, a joué un rôle important, capital même, dans la réalisation du plan de Dieu pour son peuple... et aussi pour le monde dans son ensemble.  

 

Outre le texte cité dans le Deuxième livre des Chroniques et le livre d'Esdras, il nous est parlé de la Perse dans les livres d'Esther, de Néhémie, de Jérémie, d'Ézéchiel, de Daniel, d'Aggée et de Zacharie, ainsi que dans le Nouveau Testament. Parfois, le texte concerne une région particulière de l'empire, comme la prophétie de Jérémie sur la restauration de l'Élam, région située dans le sud-ouest de l'Iran (Jérémie 49.39).  

L'histoire de plusieurs personnages bibliques de tout premier plan se déroule, non pas en terre d'Israël, mais dans ce vaste empire, loin de la terre que Dieu avait donnée à son peuple.  

 

L'exemple de Daniel et ses compagnons  

 

Parmi les exemples les plus connus, citons celui de Daniel et ses compagnons, Chadrak, Méchak et Abed-Nego, déportés lors de la prise de Jérusalem par Nebukadnetsar, ces hommes qui, dans ce contexte si contraire, dans ce milieu hostile, résolurent de rester fidèles au Dieu d'Israël, quel qu'en soit le prix à payer, et qui, par leur fidélité inébranlable et par leur courage, furent des témoins puissants, d'abord auprès du roi Nebukadnetsar, puis devant plusieurs de ses successeurs. Lorsque Chadrak, Méchak et Abed-Nego refusèrent de s'agenouiller devant la statue d'or que tout le monde devait adorer et furent jetés dans la fournaise ardente, le roi lui-même fut témoin de leur délivrance miraculeuse, découvrant à leur côté un quatrième homme dont « l'aspect ressemblait à celui d'un fils de Dieu » (Daniel. 3.25). Bouleversé, il ne put que constater combien le Dieu d'Israël avait déployé sa puissance pour sauver ses serviteurs fidèles. Et plus tard, lorsque, sous le roi Darius, Daniel, qui avait été promu à un poste très élevé, fut condamné à être jeté dans la fosse aux lions pour avoir bravé l'interdiction du roi d'adresser des prières à quiconque sauf à lui-même, là aussi, Dieu sauva Daniel, et Darius dut reconnaître combien le Dieu de Daniel, le Dieu d'Israël, était le seul vrai Dieu.    

 

C'est aussi, dans ce contexte, loin de la terre de ses ancêtres, que Daniel fut un instrument puissant pour révéler le plan de Dieu pour l'avenir. Par l'interprétation des rêves nocturnes qui troublaient profondément Nebukadnetsar, et par plusieurs visions, Daniel donna à ses contemporains et à toutes les générations futures une vision surnaturelle de l'avenir, non seulement des empires babylonien et perse mais des différents empires qui devaient leur succéder, notamment en annonçant la conquête de l'empire perse par Alexandre le Grand au IV° siècle av J.-C., puis   par l'empire romain.      

 

La fête de Pourim rappelle la délivrance du peuple juif en exil      

 

Un autre exemple frappant de l'intervention de Dieu en faveur de son peuple déporté dans le vaste empire perse est celui d'Esther, la jeune fille juive orpheline, déracinée qui, devenue reine, épouse du grand roi Assuérus, connu davantage   sous son nom grec Xerxès, qui régnait sur un territoire de 127 provinces s'étendant de l'Inde jusqu'en Éthiopie, sauva le peuple juif à un moment critique. Un édit de mort avait été promulgué par le roi à l'instigation d'Haman, descendant des Amalécites, un ennemi juré du peuple de Dieu, ordonnant « d'exterminer, de tuer et faire périr tous les Juifs, du jeune garçon au vieillard, les enfants comme les femmes, en un seul jour... ». Exhortée et encouragée par son parent Mardochée, la reine Esther accepta alors de risquer sa vie en se présentant devant le roi sans y avoir été invitée. Dévoilant son appartenance à ce peuple méprisé, elle plaida sa cause auprès du roi puissant, obtenant sa délivrance, un événement qui marqua profondément les Juifs, et la fête de Pourim est là pour rappeler comment Dieu a utilisé une nation païenne pour délivrer son peuple.      

 

La naissance du roi Cyrus annoncée   plus de cent ans avant sa naissance      

 

Mais revenons au roi Cyrus, le fondateur de l'empire perse, qui occupe une place particulière et de tout premier plan dans le récit biblique. Ce roi est cité plus de 20 fois dans la Bible, et le prophète Ésaïe prophétise sa venue plus d'un siècle avant sa naissance. Au chapitre 45 de son livre, Ésaïe parle de lui comme « l'oint de Dieu » (v.1), et celui qui « rebâtira ma ville (Jérusalem) et laissera partir mes déportés... » (v. 13). Ainsi donc, dans un de ces moments douloureux pour les Juifs qui connaissent le jugement de Dieu et ses conséquences, Dieu montre qu'il n'a pas abandonné son peuple et utilise ce roi d'une nation étrangère à l'alliance de Dieu, pour libérer les captifs et même les exhorter à retourner à Jérusalem pour bâtir « la maison de l'Éternel », et ceci juste à la fin des 70 années de captivité annoncées par Jérémie, un fait qui nous souligne, une fois encore, combien Dieu est souverain et qu'il peut utiliser qui il veut pour accomplir ses desseins.      

 

Les tombes de Cyrus, d'Esther, de Daniel et du prophète Habacuc sont encore là sur les terres de la Perse comme témoins de ces faits historiques.        

 

Après la mort de Cyrus, son successeur Darius confirma le décret de Cyrus et promit même de fournir aux Juifs de Jérusalem « les choses nécessaires pour les holocaustes du Dieu des cieux... » (Esdras 6.9). Et le roi Artaxerxes, dans une    lettre adressée à Esdras montre que cette bienveillance envers le peuple juif demeure. « J'ai donné l'ordre, écrit-il entre autres, de laisser aller tous ceux du peuple d'Israël, de ses sacrificateurs et de ses Lévites, qui se trouvent dans mon royaume... » (Esdras 7.13).         

 

L'étoile du Messie apparue en Orient        

 

Dans le Nouveau Testament, nous trouvons aussi des allusions à l'empire Perse.        Sans doute, les mages, dont parle l'Évangile de Matthieu, venus de l'Orient pour adorer l'enfant Jésus, étaient des astronomes du sud de l'Iran. Connaissant certainement les prophéties de l'Ancien Testament, ils ont reconnu « l'étoile du    Messie » et sont venus lui apporter « de l'or, de l'encens et de la myrrhe » (Matthieu 2.11).        

Dans Actes 2, nous lisons également le récit de la venue, à Jérusalem, des hommes pieux de toutes les nations qui sont sous le ciel : des Parthes, Mèdes, Élamites et habitants de la Mésopotamie, tous originaires de différentes régions situées dans l'Iran d'aujourd'hui. Ils ont été témoins de l'effusion de l'Esprit Saint et entendu, chacun dans sa langue, les merveilles de Dieu. |        

 

Et lorsque l'Église des premiers temps s'étend géographiquement, l'actuel Iran fait partie de ces terres évangélisées de bonne heure, notamment par l'apôtre Thomas, appelé l'apôtre des Parthes, peuple qui habitait une région du nord-est de l'Iran.        

 

Origène, un des pères de l'église, confirme dans ses écrits que « le champ de travail attribué à Thomas était la Parthie, où il travaillait aux côtés de Bartholomée, plantant des graines de foi dans les territoires perses avant de poursuivre sa mission en Inde. »        

 

Oui, dans bien des passages de la Bible, nous trouvons les traces de l'empire perse, sous différentes formes et parfois sous différents noms.        

 

Nul doute : tout au long de l'histoire mouvementée du peuple juif, la Perse antique, devenue l'Iran moderne, a joué et continue à jouer un rôle important.    

 

AA.  

(Les Documents « Expériences »)   

 

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